Giselle

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Imager les choses, parler de concepts, trouver de l'originalité, de la dérision, c'est ce qui me plait dans l'écriture ! mon blog : mottown.eklablog.com  [+]

Giselle aspirait son jus d’orange à la paille, les yeux dans le verre.

Dans sa tête, des ruminations intempestives se répondaient les unes aux autres.

Ca ressemblait à une pièce de théâtre jouée par une troupe déchaînée.

Autant vous dire que le théâtre français perdait peut-être une pièce d’un génie littéraire hors du commun.

Mais au moment où nous parlons, Giselle devait faire face à une multitude de problèmes :

Sans travail, des dettes à rembourser sans oublier les conflit familiaux.

Aspirer à la paille ne serait pas le remède à ses tracas.

Ses entretiens d’embauche n’aboutissaient pas.

Alors qu’elle avait sa tête dans son ambition liquide, le serveur demanda :

-          Vous avez terminé ?

-          Oui répondit-elle hagard, déçue par un énième entretien inutile.

Elle régla la note avec une monnaie qu’elle avait bien sûr pondue la veille.

Giselle avait un prénom qui ne lui correspondait pas.

Il évoquait une vieille dame, pourtant elle, était jeune avec l’allure d’un doux bébé gazouilleur.

Elle hérita de ce prénom car une vielle dame du nom de Giselle veillait sur sa mère quand elle était petite.

Elle aurait voulu s’appeler Caroline. Pour elle, ça sonnait « bonne copine ».

On était maintenant en milieu de matinée et elle était bien décidée à se présenter à son prochain entretien qui se profilait dans l’heure qui suivait.

Une réplique lancinante de sa mère lui revenait ces jours ci :

   « Un salaire de plus à la maison, ça met du beurre dans les épinards ».

Puis, après avoir fait les cents pas et observé des vitrines sans les voir pour autant, elle vit arriver ce qui constituerait sa « future patronne ».

L’entretien se passait dans un café, tout proche du bistrot où elle avait eu sa première entrevue.

Autant dire que jamais dans toute l’histoire de l’emploi un entretien n’avait été si diurétique.

Elle s’installa et la questionneuse commença à la questionner.

-          Bonjour, Mme DUBERNE.

C’est alors qu’une impression étrange l’envahit.

-          Bonjour, Caroline MARTIN.

Son nouveau personnage commença à lui conter ses expériences professionnelles qui devenaient alors inédites.

Madame DUBERNE l’écoutait incarner l’employée idéale.

Une sorte de charisme attractif s’échappait d’elle dès qu’elle avait prononcé le nom Caroline.

Madame DUBERNE la regardait éblouie et affichait en grand écran dans ses pensées un sourire béat satisfaite de sa nouvelle recrue nommée Caroline, qui lui rappelait le doux nom de la vielle dame qui l’avait gardé dans son enfance.
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