GIFT LIFE - 4ème épisode

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J'écris pour partager ma joie de vivre, pour partager ma joie d'aimer, j'écris contre les démons du nauséabond, contre les démons du facile et du factice, j'écris aussi pour ceux qui ont peur du  [+]

.../... L’appel du Capitaine se meurt dans un silence dont je comprends l’expression « de plomb ».

Après le déploiement d’efforts surhumains dans la fumée, au bord des flammes et à l’assaut des parois métalliques et glissantes du véhicule agonisant, après le charroi des corps mutilés et d’autres simplement choqués, après la désincarcération du conducteur de train et de celui du camion-citerne, les sapeurs-pompiers tentaient de décompresser. Qui s’aspergeait d’eau directement à la bouche d’incendie, qui s’isolait dans un coin pour satisfaire un besoin pressant ou laisser ruisseler des larmes sur un visage maculé de gris, qui, assis sur un muret, s’était mis à siffler pour conjurer le sort...

Mais tous, instantanément, à la voix interrogative et suppliante de leur Chef, abandonnèrent la détente dans laquelle ils avaient commencé à s’immerger.

........................... Epaules baissées...................
..................... Ils s’avancent, se regroupent,.......
.......................... Casques resserrés..................

Chacun se redresse avant même l’énoncé lapidaire de son nom et du lieu exact où il doit aller. Pas un seul anneau du gisant serpent et de ses abords ne doit échapper aux recherches.

Jeannot, d’un pas assuré, grimpe contre le flanc de ce qui était la première voiture de voyageurs, se laisse glisser à l’intérieur et disparaît.

Un souffle venu d’Espagne commence à agiter le paysage. Aux abords de Pamiers, la barlaguière achève sa course.

....................... Embrassant Eole...........................
...................... Héphaïstos se délecte.......................
...................... Et reprend ses droits.......................

Légère, puis de plus en plus compacte, la fumée entoure à nouveau les carcasses mêlées de la locomotive et du camion-citerne. Le lance-canon est ré-actionné mais les flammes n’entendent plus se laisser vaincre. Retrouvant leur piste de bal, elles l’étendent inexorablement. Eau et feu se font face, se heurtent, s’abattent mutuellement puis se redressent l’une contre l’autre, furies en proie à leur sauvage animalité.

Autour de nous la nuit s’est installée, les feuilles des arbres cessent, une à une, de s’agiter. Eole s’enfuit, chassé par quelques gouttes de pluie.

......................... Miracle puissant.......................
........................ Héphaïstos esseulé.....................
........................ Se laisse assommer.....................

Titiou-le-Basque n’a été retrouvé dans aucun des sept wagons accrochés au premier, nulle trace de son béret sur la voie ou le talus.

Prévenant tout retour de flammes, les hommes commis à la lance à eau demeurent vigilants tandis que cinq de leurs collègues entrent à leur tour dans la bouche tordue du monstre de fer qui a avalé le Géant.

Dans les heures qui suivent, alors que les braises se sont définitivement éteintes, que d’énormes projecteurs se sont substitués à la clarté du jour, et à celle de l’incendie, une équipe médicale intervient à l’intérieur-même du wagon calciné. L’état des deux derniers blessés, Titiou-le-Basque et Jeannot, requiert de méticuleuses précautions me précise un médecin du S.A.M.U., me demandant de joindre le Centre Hospitalier de Toulouse ; l’hôpital de Foix n’est pas suffisamment équipé pour les graves interventions, d’ores et déjà pressenties.

Cramponné à l’espoir distillé par cet homme de l’Art, je reprends mon rôle de coordinateur, m’assure que l’hélicoptère sera prêt au moment voulu, que les cartes de groupe sanguin des deux pompiers blessés étaient à leur place dans la voiture du Capitaine et que leurs données sont transférées au service d’urgence de Toulouse. Ensuite, passant outre les limites de mes fonctions, sans en référer à mon homologue toulousain, je réquisitionne deux chirurgiens, professeurs en orthopédie, m’a-t-on assuré, leurs assistants et deux anesthésistes. Puis je donne ordre à la police nationale de se rendre au domicile de chacun et de les escorter sans délai jusqu’au centre hospitalier.

Après, le regard tendu vers le tas de ferrailles qui me dissimule le déroulement du drame où continuent de s’activer les sauveteurs, je reprends mon attente tout en formulant des prières en direction des étoiles clignotant derrière quelques halos de nuages. Enfin, encadrant deux civières, les soldats du feu et ceux de la vie sortent de l'antre maléfique.

........................... La lune blanchit................................
......................... Une belette s’enfuit..............................
........................ Clin d’œil de Jeannot.............................



.................................................................................................... A suivre

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