GIFT LIFE 1er épisode

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J'écris pour partager ma joie de vivre, pour partager ma joie d'aimer, j'écris contre les démons du nauséabond, contre les démons du facile et du factice, j'écris aussi pour ceux qui ont peur du  [+]

..................................................... "Rivière Ariège...............................................
.................................................Voyageurs appaméens.........................................
................................................... Ont soif d’Espagne"...........................................

Tel est l’objet de la mission qui m’est impartie en ce mardi dix-huit mai deux-mille-dix. D’un pas alerte, je me dirige vers le gymnase de verre flanqué d’une annexe de béton rose, salle de réunion des habitants de la Communauté de Communes du Pays de Pamiers.

............................................. Clin d’œil de pensées.........................................
............................................. La mésange zinzinule...................................
................................................. Un lilas s’exhale......................................



Avec une sureté qui ne trompe que son égo, le gringalet secrétaire de mairie m’accueille :

– Courage, Monsieur le Sous-Préfet, la F.N.S.E.A. a frappé fort. Ils sont au moins cinquante à vous attendre pour faire échouer votre projet.

Je ne réponds pas, feins de freiner un éternuement et prends le temps de me maudire. Pourquoi diable me laisser, toujours, excéder par des types comme lui ? Conserver mon calme et ma bonne humeur était pourtant la promesse faite à ma douce Emeline approuvant que je parcours à pied les six-cent mètres séparant la Sous-préfecture du Chemin de Chartreuse, juste de l’autre côté du passage-à-niveau bordant la cité médiévale. Tentant de retrouver un ton affable, j’interpelle l’intrus qui s’est tu.


– Monsieur le Maire est-il déjà là ?


– Oh, vous savez, les paysans c’pas son truc ! C’pas comme vous, Monsieur le Sous-Préfet. Vous, vous venez parce que vous vous sentez obligé...


– Aucune obligation, Cher Monsieur, le simple plaisir d’accomplir ma tâche dans une si belle contrée !

Méprisant, le secrétaire de Mairie me devance, pousse les battants de la porte et, avec une ébauche de circonvolution, annonce ma présence. Happé par les dizaines de regards francs émergeants de faces rougeaudes, mon agacement retombe. Quelle que soit l’issue du débat, ce sera un vrai débat, un débat d’hommes responsables et fiers de l’être. Sans autre préséance, je me dirige vers le seul fauteuil qui contraste avec les chaises en bois aux pieds métalliques placées autour de tables de même facture disposées en U. Bons enfants dont la hardiesse s’est forgée sur les bancs de l’école, tous attendent pour se rasseoir. Tous, sauf un.


............................................... Chevelure rousse.....................................
........................................... Phalanges démesurées.................................
.................................................. La sérénité..........................................

- Jeannot, arrête de réviser : tu le sais ce que tu dois dire au Sous-Préfet, ne te prends pas la tête pour rien ! lui assène en riant un jeune gaillard coiffé d’un béret basque.

Jeannot, dont le prénom ne m’est encore que l’appellation de ce géant inconnu aux cheveux couleur carotte, répond à son camarade par un immense sourire prolongé d’un regard dans ma direction, à la fois scrutateur et bienveillant. Il est temps que j’ouvre la séance. Inutile de laisser au secrétaire de mairie l’occasion de me devancer par une phrase dissonante.

– Messieurs, je vous remercie d’être venu...

Puissante et cristalline, la voix de Jeannot m’interrompt :

– Non, Monsieur le Sous-Préfet, c’est nous qui vous remercions. Vous allez, ce soir, nous écouter. Vous allez entendre ce qu’ont à vous dire ceux qui continuent de faire vivre la moindre de ces parcelles de terres qui jalonnent l’hypothétique tracé de T.G.V. devant relier Toulouse, Pamiers et Foix à la Castagne et autres contrées du versant sud de nos Pyrénées. Oui, Monsieur le Sous-Préfet, quand notre terre sera bétonnée, ferrée, bâillonnée, nous serons, nous, agriculteurs, réduits à l’état de lézards. Que ferons-nous chaque matin, dans nos lits, autre qu’écouter la Cathédrale égrener cinq heures, puis six, puis sept... sans que rien ne nous convie au-dehors ? Laissez de côté les indemnités que l’Etat vous a chargé de nous faire miroiter. L’argent sans le travail, c’est bon pour ceux qui savent voyager, ceux qui sont instruits, ceux qui vivent sans connaître les trésors croissant sous leurs pieds dans la chaleur ou le froid de...


A cet instant précis, le discours de Jeannot, remémoré chaque jour depuis lors, est stoppé par un crissement violent suivi d’un ouragan de déflagrations. Tous, portons instinctivement nos mains à nos oreilles et tournons nos regards vers la baie vitrée. Jaillies de nulle part, des flammes se reflètent dans la paroi du gymnase. Le premier, Jeannot se lève et sort en courant. Nous l’imitons. A nos pieds, git un serpent de wagons démantibulés desquels grouillent des hurlements étouffés menacés par l’incendie dont le galop a tôt fait de suivre la naissance.

.............................................. Déesses de feu.............................................
.......................................... Flamencos ensorcelés.......................................
............................................... Le diable danse...........................................





.../... A suivre

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