GARÇON, UN BOCK !... (d'après la nouvelle de Maupassant)

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Charles Dubruel grand-père, passionné de littérature et particulièrement de Maupassant  [+]

J’entrai un soir
Dans un café et allai m’asseoir
Quand, par hasard, un homme âgé
M’a lentement dévisagé
Puis s’est exclamé : «Me reconnais-tu ?»
-Non. « Edmond Martu.
Nous étions copains au collège du Puy. »

Huit soucoupes étaient empilées devant lui
Sur la table mais il réclama :
-Garçon, deux bocks. Et une voix répéta :
-Et deux bocks pour la neuf !

Edmond me demanda : «Alors, quoi de neuf ?»
Je n’avais rien à lui dire, en vérité :
-Rien, mon vieux. Je suis député.
-Moi, je ne fais rien. Je suis rentier.
Si l’on manque d’argent, je l’admets volontiers,
On doit travailler. Moi, je me laisse aller.
Albert, un bock ! Ça me donne soif de parler.
-Tu fais, me semble-t’-il, plus vieux que ton âge.
As-tu fait la fête avec quelques catins ?
-Non, j’ai été sage. « As-tu du chagrin ? »
-Oui, ça date du temps où j’étais enfant.

Je vénérais ma maman
Mais je redoutais mon père.
Il avait parfois de terribles colères.
Il lui demandait sans cesse de l’argent.
Une fois, il lui dit : ‘‘Donne-moi cent louis.’’ « Non,
Lui répliqua maman. Je ne toucherai pas
Aux économies gardées pour Edmond
Je ne veux pas
Que tu le manges encore
Avec des servantes
Et des filles galantes. »

Papa la frappa si fort,
Que je me mis à pleurer.
Mon père se retourna vers moi.
Je crus qu’il allait me massacrer.
J’ai dû m’enfuir dans nos bois.
Depuis, je n’ai plus de goût pour rien.
Je n’ai plus envie de rien.
Je n’ai jamais voulu revoir mon père.
Un bock, et vite, Albert !
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