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Français langue étrangère : le Français de CADA

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Hamad GAMAL

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Le hasard fait que ​nous​ nous retrouvons ​des​ quatre coins de monde, avec nos diversités culturelles, ethniques, géographiques et linguistiques. Il y a ceux qui sont venus d’Afghanistan, Iran, Syrie, et Bosnie, mais il y a ​aussi ceux qui sont venus du Soudan, Érythrée, Somalie, et Guinée, avec nos langue​s​ différentes.Arabe, Farsi, Pashto, Tegringa, Kurd, anglais .Nous sommes les réfugiés ou” les nouveaux arrivants” comme certains aiment à nous appeler, nous retrouv​ant​ en France pour des motifs divers, mais nous avons tous/tes le même but c'est de nous intégrer dans la société française et ​donc​ nous apprendrons sa langue et sa culture . La plupart de​s​ réfugiés ne maîtrisent pas la langue française, surtout ceux ​qui viennent des pays non francophones, mais la langue française ​n’a jamais été ​un obstacle pour eux pour communiquer avec les autres, surtout avec leurs amis qui sont dans la même situation(étrangers, demandeurs d'asile, et non francophone) , soit dans les centres d'accueil de réfugiés soit ailleurs. En fait, dans chaque centre d'accueil il y a un certain nombre de demandeurs d'asile, de différent​e​s nationalités et bien sûr ils parlent différentes langues, mais pour communiquer entre nous, nous avons une langue commune, c'est le français . Nous ne le maîtrisons pas bien, mais nous essayons de le parler quand même, avec nos niveaux et nos accents qui sont différents .Je me souviens quand je suis arrivé au foyer où j'ai passé six mois ​en​ tant que demandeur d'asile , j'avais même pas le niveau A2 en français mais ​je m’exprimais tout le temps en français sur différents sujets, tel que politique, social et administratif avec mes amis qui ne maîtrisaient pas non plus le français comme moi, mais j’avais​ confiance en eux et j'étais sûr que personne ​ne​ me jugeait .​ J’avais l'impression que je m'exprimais ​bien plus ​ facilement quand je parlais avec eux dans le CADA que avec les français pour deux raisons :
1/ Quand nous avons passé beaucoup de temps ensemble nous avons réussi à établir une langue commune entre nous, une langue ​qui n’est​ pas forcément ​du français correct, mais c'est une langage compréhensible et ​reconnaissable ​pour nous, avec son accent, ses fautes, sa manière de parler,c'est une langue qui est composée de très peu des mots, ( genre : moi, toi, aller, dormir, manger, rendez-vous) mais avec ces mots, nous arrivons toujours à décrire nos sentiments, nos besoins, nos blagues , et d'autres discussions concernant nos démarches administratives.
2/ La confiance , je pense que si vous faites confiance ​à​ quelqu'un, avec qui vous n​’avez pas la peur d’​être jugé​, vous pouvez parler de tout facilement, même si vous savez que vous ​ne​ maîtrisez pas la langue Notre exemple a prouvé clairement cela, En fait le sentiment général que nous avons tous/tes dans nos CADA ​est ​que nous sommes tous/tes dans la même situation ; personne n'a aucun privilège​ sur​ l'autre, ni social ni économique, nous sommes tous/tes exilés, et tous/tes habitants de CADA, et tous/tes demandeurs/es d'asile en France,
C'est pourquoi nous sentons comme nous sommes tous/tes frères et sœurs, pour parler avec quelqu'un ; nous ​ ​n’avons​​ pas besoin de réfléchir pour construire une bonne phrase, nous​ n’avons​ pas besoin de suivre les conjugaisons (présent, passé composé, imparfait, futur simple), nous ​n’avons​ pas besoins non plus de faire attention à la grammaires ( premier groupe, deuxième groupe,et troisième) nous parlons naturellement car nous n’avons pas peur de jugement, nous ne sentons pas que l'autre maîtrise la langue beaucoup mieux que nous, nous ne sentons pas que l'autre ​a une​ classe sociale​ plus élevée​ que nous, nous ne sentons pas que l'autre se moque de nos accent, de nos fautes, des bêtises que nous faisons pendant que nous parlons en français. Donc c'est la confiance, la sécurité, le respect, la politesse qui nous a rendu capable de nous 'exprimer​ en français comme les français comme nous parlons entre nous, nous les réfugiés dans nos CADA et ailleurs.
À part l’expérience du CADA, nous nous retrouvons souvent aux associations ​qui accompagnent​ les réfugiés soit pour leur démarche administratives soit pour les aider à s'intégrer dans la société et à apprendre la langue française soit pour d'autres activités, mais en tout les cas ces réfugiés parlent en français avec ces​ personnes solidaires, et ils le font ​ toujours, sans difficultés, avec ces personnes solidaires d'origine française ou pas, nous avons remarqué qu’il y a un sentiment de confiance qui est très fort entre les deux (réfugiés, et solidaires) . C’est ​ce​ qui leur permet de parler facilement sans difficultés, même si nous ne maîtrisons pas la langue comme eux. Souvent nous avons le sentiment qu'il y a aucune différence au niveau de la langue grâce à la confiance qui nous est donnée : avec les personnes solidaires tu parles mais personne ne te juge, tu fais des fautes mais personne ne rigole sur toi .Il arrive un moment où tu ne peux plus t’exprimer mais personne ne te critique. Tout ça et leur gentillesse nous permet de nous sentir en sécurité quand on parle avec eux. Avec les personnes solidaires tu parles et tu vois un grand sourire sur leur visage..., tu parles et elle/il t'écoute, tu parles et tu ne rends même pas compte que tu es en train de parler en langue étrangère, tu parles et t'as envie de dire plus, tant que tu parle avec eux .Tu te sens de confiance plus en plus, et même t'as envie de dire plus, grâce à respect, confiance, sécurité,la langage n’a jamais été un obstacle un seul jour pour nous pour communiquer avec les personnes avec qui nous nous entendons bien. Aussi dans les écoles où nous suivons des cours de français avec des profs qui sont pas forcément professionnels mais grâce à leur gentillesse et la sécurité qu’ ils nous ont donnée, nous avons l'impression de comprendre les leçons avec eux beaucoup plus et mieux qu’avec un/e prof professionnel et qui fait partie de l'académie française . ils nous expliquent gentiment, et re-explique deux ou trois fois selon nos besoin , ils nous demandent de répéter avec eux et nous on répète, ils posent des questions et nous on répond avec plaisir , si t'as répondu correct tout le monde applaudit pour toi, si t'as pas répondu personne te juge et ils te demandent de transférer la question pour quelqu'un d'autre avec un grand sourire ​même parfois en riant ,Ils ne nous demandent pas de faire un exercice difficile, il y a pas de note, ni de premier de la classe ni de dernier de la classe, tout le monde ensemble, nous avons le sentiment que nous sommes​ tous/tes élèves ,​ et nous sommes tous/tes prof, tout le monde savant, et tout le monde ignorant au même temps .Voilà ce qu'elle fait la confiance, ce qu'il fait le respect, ce qu'elle fait la sécurité, qui rendent ​à chacun/e​ confiance en soi même et aux autres, tant qu'il y a la sécurité il n'y a pas de peur, et tant qu'il y a le respect il n'y a pas de jugement. Nous ​insistons pour ​dire à nouveau que les manières par lesquelles on nous renseigne nous ont beaucoup influencé soit sur nos niveaux de français soit sur nos vies en terme de physiologie et socialement, également les manières par lesquels la plupart des solidaires nous traitent a une énorme influence sur nous.
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