FANTASMES AU FÉMININ

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Pétillante, un brin de folie. J'aime écrire, une préférence pour l'érotisme, sa sensualité délicate, le rêve, la Vie, l'Homme! Faire fi des interdits, suggérer, oser, c'est juste moi  [+]

Fantasmes...


Déjà son prénom faisait rêver certains bizarrement avec un rapport au film « Emmanuelle »
Une beauté naturelle , simple et délicate. Une allure, une féminité et une sensualité qu’elle ne travaillait nullement, mais qui faisait partie de son charme. Non pas qu’elle eut un corps de rêve sans défaut mais elle restait belle simplement.
Lorsqu’elle écrivit son premier roman sur les fantasmes ce fut un comble, le succès lui tomba dessus comme une tuile lorsqu’on est dans la mouise.
Où allait-elle chercher ces mots, ces images?
Elle ne savait quoi répondre sauf que pour elle les fantasmes ressemblaient à une fuite de la réalité et à ne pas être sous son emprise.
Elle disait être libre de son plaisir et se refusait à croire que seules les femmes étaient capables de les imaginer.

Les hommes en avaient aussi ils les lui avaient bien souvent contés. Elle les utiliserait pour savoir ce qu’ils éprouvaient.

Son inconscient naviguait et l’entrainait malgré elle.
Les rêves érotiques qu’elle faisait lui donnaient le ton de son roman un peu comme un journal intime ou une lettre adressée à un inconnu qu’elle découvrirait dans un de ses rêves fous.

Elle imaginait un scénario dans sa tête et s’endormait en ayant le premier rôle. Surprise elle-même de l’effet que produisaient sur son corps ses tendres moments, elle les détaillait le lendemain encore sous le charme de l’émoi ressenti.
Des fantasmes, tout le monde en a, mais beaucoup préfèrent les garder secrets comme si l’interdit tenait le rôle du geôlier.
Elle s’en libérait au fur et à mesure, dans ses relations intimes, elle les divulguait par petites doses de peur de gêner ses partenaires mais quand elle les leur fit partager leurs relations n’en furent que plus intenses .

Pourquoi un simple bandeau sur les yeux faisait autant frémir celui qui le portait? La caresse d’une plume promenant sur un corps d’homme à demi-dénudé faisait-il le même effet que sur celui d’une femme.
Que ressentait-il?

Lorsqu’elle posa le satin sur les yeux de son amant, prenant le temps de le nouer sans trop serrer, vérifiant l’obscurité en passant une main devant, elle lui demanda ce qu’il imaginait et quelles étaient ses sensations

Il se laissa aller et répondit:
— la surprise, l’attente, le fait de ne pas savoir où et quand?

— j’aime la sensation de sentir un frôlement, un parfum autour de moi sans savoir où tu te trouves ni quand tes doigts, tes mains se poseront sur moi.
— J’aime quand ton souffle à mon oreille murmure un tendre « chut »
— J’aime sentir l’approche de tes mains, imaginer quand tes lèvres effleureront les miennes.

C’était un tout. Ce qui lui plaisait bien évidemment c’était le plaisir de l’attente délicieusement imposée.

Puis ce fut la douceur d’une plume qui viendrait caresser le cou en descendant le long du dos jusqu’aux reins qui se cambreraient d’envie , elle écoutait le souffle court de l’homme Non ce n’était pas pour le voir soumis mais juste pour lui laisser éprouver ces sensations dont il ne connaissait bien souvent pas la sensualité, nul besoin de passer à l’acte, le temps ferait et il faisait, si bien et tellement bien que résister devenait une torture, une douce torture l'amenant à la limite du plaisir. Il en redemanderait.

Elle ne tentait jamais la soumission ni la douleur, pour elle les fantasmes restaient essentiellement dans le ressenti de la douceur, la provocation, l’interdiction parfois, comme celle d’imposer le silence, de ne rien demander et d’attendre.

Attendre dans l’ombre, écouter des pas, un froissement, puis toujours les yeux bandés se faire dévêtir lentement. Sentir son coeur battre plus fort , retenir sa respiration, soupirer parfois comme si cette attente obscure pouvait faire mal, un mal qui faisait du bien.

Elle prit le temps de défaire bouton après bouton une chemise qu’elle laissa entrouverte découvrant un torse que de ses ongles elle fit mine de griffer. Observant le ventre se creuser comme dans l’espoir d’un plus loin . Elle faisait planer le doute, l’envie.

Ses fantasmes lui revenaient à l’esprit, l’idée de les transférer, elle renversait ainsi les rôles et son plaisir décuplait.
D’une langue experte elle venait de temps autre parcourir le lobe d’une oreille, son souffle était chaud et l’autre trépignait, serrant les mains, les doigts crispés espérant encore et encore.
Elle laissait l’attente faire son chemin, faisant glisser ses mains sur le ventre qui se tendait juste au dessus de ce qu’elle devinait étouffer sous le coton devenu trop étroit.

L’instant magique, la sueur sur le front l’amant en transe , ses lèvres entrouvertes suscitaient l’envie, lorsqu’elle s’en approcha , il tendit les siennes comme pour y boire à plus soif mais non pas encore.
Emmanuelle savait que le jeu ne se terminerait que lorsqu’elle l’aurait décidé.
Elle s’agenouilla alors, délestant le supplicié de toute les entraves d’un tissu superflu , libérant ainsi une turgescence affolée, douloureusement enflée. Ses doigts s’activaient tout le long allant et venant, sa bouche s’en approchait, ses lèvres s’entrouvraient et sa langue y promenait une chaleur indécente.

Elle savait, il retenait son plaisir, il ne voulait pas que tout cela s’arrête, il retenait son souffle et son esprit chavirait, languissant le moment intense de la délivrance tant attendue.
Avec douceur ses mains caressaient les fruits soyeux les sentant murir fiévreusement.
Lui, c’était son odeur, son parfum qui effleurait ses narines, les yeux dans l’obscurité il essayait de deviner quand elle l’achèverait, il ne maitrisait plus rien, totalement abandonné, souffle saccadé entre ses lèvres qu’il mordillait à se faire mal.

Elle entama une danse langoureuse entre ses doigts, sa langue si douce flirta sur son bourgeon à la couleur du désir gonflé , elle suçota, lapa, aspira lentement et relâcha la prise une fraction de seconde qui, pour lui devint une éternité. Il était au bout de ce qu’il pouvait supporter, et elle fit ce qu’il fallait au moment où son plaisir en devenir allait enfin s’exprimer.

Dans un dernier va-et vient, elle sentit l’humide éclore entre ses lèvres audacieusement indécentes, parfaitement arrondies et accueillantes où enfin il exulta en des spasmes venus du plus loin qu’il ne pouvait l’imaginer.
Un instant il cessa de respirer, son souffle s’entrecoupa comme le jet de son nectar se libérant d’avoir trop attendu, la douleur s’estompait. Elle se retira lentement, caressant une dernière fois la hampe dressée , comme en remerciement pour s’être laissé emporter là où fantasme et réalité venaient de s’unir.
Emmanuelle se redressa elle avait eu plaisir à le voir s’abandonner ainsi, lui ôtant son bandeau, elle put lire dans son regard la couleur du désir assouvi de l’homme qui lui avait permis d’assumer son fantasme.
Alors elle lui offrit ses lèvres comme un au revoir...
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