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<< Fanta >>: Épisode 5: Un poète à l'horizon

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Arrivé à destination, une harmonieuse maison. Elle se dressait d'ailleurs joliment à l'intérieur d'un immense jardin.

Karim décida de tout mettre en ordre. Dès qu'il déverrouilla la porte de la splendide maison, il s'étala confortablement sur un grand lit en fer.

Il croisa ses longues jambes poilues, puis ramenait ses mains derrière la tête.
Karim observait davantage le plafonnage à travers lequel, tournait lentement un ventilateur gris. Ça faisait croire à une chambre forte, une cellule toute faite.

Cette même boîte comportait encore un buffet marron très solide où il rangeait ses bouquins et autres documents importants.

Quinze heures sonnaient à l'horloge, accrochée somptueusement au dessus de la fenêtre dont le rideau était tiré. Tout à coup, il entendit un ruissellement constant qui le poussait d'ailleurs vers la fenêtre. C'est alors qu'il aperçut les fines gouttelettes d'eau s'abattirent massivement sur la petite ville.

Son oncle et sa femme n'étaient pas encore rentrés. Monsieur et Madame Bakary détenaient un cabinet médical qu'occupait la partie ouest de Goroubery.

Automatiquement, Karim mit en marche le mini-CD qui divulgua aussitôt un son du genre Reggae. Il s'assit convenablement sur un tabouret, se releva précipitamment, alla jusqu'au réfrigérateur, et s'offrit quelques gorgées d'eau fraîche. Une fois à sa place initiale, il réunit tout ce qu'il a comme documents et s'est mis à écrire.
Il commençait ainsi:

« La noirceur de ce jour
Blanc, se dénombre
Inexorablement à travers une
Image fascinante et accablante,
Ne détient-elle pas une
Identification assez rassurante
Et palpitante ?
Oh si! Néanmoins, elle doit
Advenir mélancoliquement et
Historiquement sur ses traces,
Cela fera sa force...»

Soudain, il fut interrompu dans ses écritures par un bruit de moteur. Indiscutable, ça venait du véhicule Peugeot de M.Bakary.

À travers les intervalles de la fenêtre, Karim aperçut les deux silhouettes du couple de médecins. Tous deux paraissaient épuisés complètement, après toute une journée de consultations naturelles, ya quoi de plus à l'aise que de rentrer chez-soi. Ils claquèrent les deux portières à même le temps.

Tout en contemplant les tableaux d'arts dans le salon, le médecin se pointa directement vers sa chambre et s'enferma tout d'un coup. Quant à sa femme Linda, elle se faufilait d'abord dans la cuisine, afin de s'arroser une bonne tasse de lait.

Une jolie dame, celle-là, elle demeurait
encore jeune avec ses quarante-trois ans. Elle possédait à chaque coin des joues, une fossette qui accentuait son charme. Avec son voile de sage femme, elle faisait croire à une musulmane toute faite, une vraie croyante de classe.

Malgré la bonne compréhension qui régnait au sein de cet échantillon social; ils n'arrivaient point à donner suite à leur postérité. Multiples diagnostics ont été faits, mais en vain. Ils sont allés même au delà de leurs moyens, à chaque fois le même résultat négatif.

« Que la vie n'est pas juste », se disait toujours l'oncle Bakary. Il venait tout juste d'avoir ses vingt-deux ans lorsqu'il se maria avec Linda, maintenant qu' il a ses trente-deux ans de plus, il a compris finalement qu'ils ne pouvaient guère avoir de petits enfants.

Alors pour briser le silence sous cet abri fabuleux, le couple a décidé de faire venir Karim. Ce dernier est d'ailleurs le neveu solennel du médecin, du côté de sa sœur divorcée à un retraité de la fonction publique.

Une fois soulagée par la soupe, Linda décida de rejoindre son époux. Elle frappait légèrement à la porte et entendit dans un grommellement d'homme:

— Oui...C'est qui?
Avec une voix de femme en détresse, elle lâcha :

— C'est moi, chéri! Tu veux bien...ouvre, j'ai à te parler...

À l'intérieur de cette même pièce, une odeur de médicaments traînait inlassablement. Peut-être, le vieux Bakary dût prendre une bonne dose pour se calmer les nerfs. Dès que Linda pénétra, elle s'assit à ses côtés, prit ses mains entre les siennes, tout en lui souriant bonnement.

Au même moment, un tonnerre grondait, ça lâchait de grosses étincelles qui venaient s'abattre sur la coquette maison. Simultanément, la femme du docteur se leva, alla jusqu'à tirer sur le rideau de la fenêtre.

Tout d'un coup, la fraîcheur s'inclinait dans la chambre carrée. Il faisait précisément dix-huit heures quand sonna le téléphone. Linda décrocha, une voix d'homme à l'autre bout de fil.

— Allô! Qui est à l'appareil?
— C'est Monsieur Moctar, dites au docteur que c'est urgent, mon fils ne va pas bien du tout...

Dix minutes plus tard, Bakary renoua sa cravate bleu-foncé, remit sa veste noire. Il prit soin convenablement d'emporter tous les instruments utiles pour une bonne examination.

Dehors, la pluie avait cessé et il faisait furieusement beau temps sur Goroubery.

L'oncle Bakary redémarra sa vieille voiture qui toussait en laissant derrière elle une épaisse fumée. Elle enveloppait aussitôt les hautes fleurs de la coquette maison.

Entre temps, Karim rejoignit la merveilleuse Linda, restée au salon, pensive et déterminante.

— Mais tante Linda, qu'est-ce qui ne va pas? J'ai vu mon oncle ressortir aussitôt qu'il est rentré...

— Ton oncle doit sécourir une vie d'enfant à l'autre extrémité de la contrée.

Après avoir dévisagé le jeune homme, Madame Bakary lâcha :

— Ou plutôt toi, tu deviens qui avec tes études, mon cher neveu...?

— Oh! Sur ce point, vous pouvez être tranquilles, ton neveu sait ce qu'il veut et ce qu'il fait....

— Et bien, raisonne un peu...fit Linda en ne le quittant pas du regard.

— Comme tu voudras, lui dit Karim. Je passe en classe de terminale avec quatorze de moyenne. En plus de cela, le journal « Canal news » me promet une page que je dois remplir chaque semaine...

— Une page pour toi seul, mon neveu...?
— Oui, à mon honneur !

Elle caressa les cheveux lisses du jeune poète avec ses petits doigts.

— Je te félicite mon garçon, je suis totalement émue de tes exploits...

— Mais, tante Linda, il ya une chose qui m'est désagréable ces moments-ci...

— Ah bon! Quoi donc...?

— C'est à dire que ma Fanta a été promise en mariage...

— À qui?

— À un vieillard du coin...

Mure réflexion faite, Linda lui répondit :

— Mais, ne t'en fais pas, tu sais très bien que ta cousine Aïcha est là, et elle est prête à s'adonner pour toi...

— Non, même pas, j'aime Fanta de tout mon cœur, donc je ne suis pas intéressé par cette paysane de Aïcha, m'entends-tu? Jamais et jamais...

— Ne me dis pas que tu as aussi perdu la raison, Karim...

— Non, ce que tu ne peux pas me comprendre. À quoi sert de se marier avec une fille dont on n'est guère amoureux...?

— Mais, mon garçon, comme l'appétit vient en mangeant, l'amour tout de même, apparaît bonnement avec le temps.

Avec une voix haute et forte, Karim rétorqua :

— C'est hors de question que je hasarde dans une telle aventure, j'adore ma Fanta. Alors, tu veux bien n'en parlons plus...

Après quoi, Karim se retira fermement dans sa chambre, il était déçu.
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Felix CULPA · il y a
Une belle histoire, une belle romance ! Il est vrai que parfois l'amour vient avec le temps ! J'aime votre oeuvre ! C'est toujours un plaisir de passer un agréable moment à vous lire ! Merci BOUBACAR pour ce beau récit !
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Boubacar Mamoudou · il y a
Je vous remercie aussi Félix. C'est vrai l'amour peut apparaître avec le temps. Mais si l'on est déjà amoureux.(:)
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