Fanta : Épisode 18: Une soirée pas comme les autres ( SUITE )

il y a
4 min
4
lectures
2

Au bord du fleuve, j'ai planté des fleurs, au cœur d'un jardin. Là chaque jour, le guetteur des mots surgit pour donner voix à la poésie moderne, bon vent à la plume que j'envie! Enseignant  [+]

Après le départ de Karim, Concernant la fête, on sentait plus ou moins que les hostilités allaient commencer. La maison se gonflait de plus en plus de monde, le son aussi venait de changer, ça divulguait à présent, un genre Salsa et les gens battaient les mains en faisant des pas de danse classique. Bachir dansait impeccablement avec Aida, la fille qui lui avait apporté à boire. Il s’animait de la prendre par la taille sous les acclamations des invités. Hawa ne perdit pas de vue cette scène, qui se passait d’ailleurs à deux mètres près d’elle. Elle les regarda furieusement un instant, puis elle se porta à accueillir Mr Nadaré et Soumaila qui venaient d’entrer élégamment dans leurs smokings respectifs, ils étaient magnifiques.

__ Tiens, tiens, je ne m’attendais pas à vous voir aussi tard, parvint-elle à articuler. Elle tendit sa main que Nadaré baisait avec modestie. Soumaila aussi le fit à son tour avec plus de précision.
Fanta se sentit délaisser et abandonner, elle traînait sa silhouette près d’eux et chuchota :

__ Hawa, il est déjà 00h39, je dois rentrer, tu ne m’en veux pas après tout ?
__ Non, tu ne partiras pas sans pouvoir faire connaissance...
Fanta lui confie une grimace, mais elle a joué à la sourde oreille.
__ Je vous en prie messieurs, intervint Hawa, je vous présente une amie, elle s’appelle Fanta.
Les deux hommes restèrent sans voix face à cette beauté naturelle, à cette peau fraîche et jeune, à ce visage plein de vie.
__ Oh ! fit Nadaré, je suis enchanté. Je crois que je vous ai une fois rencontrée, n’est-ce pas ?
__ Oui, c’est vrai, lui coupa Hawa. C’était lors du procès de votre ami, si j’ai bonne mémoire...
__ Merveilleusement votre, mademoiselle, reprit aussitôt Soumaila en s’acharnant à lui faire une accolade.
__ N’est-ce pas toi qui vas se marier les jours à venir ?

Mr Nadaré venait de troubler la jeune fille. Elle ne trouva pas aussi vite les mots. Vu sa situation de détresse, Hawa prit les commandes :
__ Oh, sieurs ! Ne la prenez pas sous cet angle, elle est trop fragile en ce moment. C’est vrai, mon amie va se marier dans peu de temps, mais je vous dis, ce n’est pas de son vouloir.
Les deux hommes restèrent intrigués un moment. L’un la trouva très jeune pour ce genre d’histoire, par contre, l’autre la prit trop attirante et désirable. Tous deux la dévisagèrent avec une suprême admiration, très touchante.

__ Vous savez, poursuivit Nadaré sur un ton sérieux, c’est Karim qui m’a raconté ces trucs à la légère. Vous m’écoutez ? Au début, Je ne l’avais pas cru, que le monde est cruel...
Des larmes lui étreignirent la gorge et jamais elle n’aurait désiré sangloter devant ces hommes beaux et séduisants.
Fanta continuait de trimballer son sac à main.

__ Que vous êtes joliment habillés ! Attaqua Soumaila en clignotant les yeux.
Hawa répliqua en souriant :
__ Merci ! Cela me va droit au cœur !
__ Mais...dis donc, poursuivit Nadaré, où est votre père ?
Il apporta plus de précision sur le nœud de sa cravate bleu-clair.
__ Ah ! Virgile, le voilà là-bas, en chemise noir et pantalon kaki.
Bientôt, elle fit signe de son doigt vers un groupe de gens, qui était resté bavarder sur des salons immenses.
__ Okay, merci !
Sans plus tarder, ils roulèrent majestueusement sur le dos. Après quoi, Hawa prit soin de raccompagner Fanta jusqu'à la petite porte. Il y avait là nombre de gens à qui on a refusé l’entrée, à cause de leurs tenues délabrées. Au retour, elle jeta un coup d’œil effaré, elle aperçut Bachir, qui s’offrit une assiette de méchoui d’ailleurs. __ Bonsoir mon ange ! Avait-elle attaqué avec un sourire qui laissait voir ses fauchettes.
Bachir leva les yeux, son regard rencontra le sien, il se détourna automatiquement. Maintenant, il ne tendit que son profile austère.
__ Je suis ton ange de merde, oui. Qualifie-moi de tous les noms dont tu voudras, mais une chose est certaine. La prochaine fois que je verrai ce monsieur te faire la cour, je lui casserai les dents. Est-ce que je me suis fait comprendre ?
Consciente de son état délirant, Hawa ne se découragea pas. Elle arrangea un peu le col de sa chemise, qui dégageait une odeur de whisky.
__ Mais, Bachir, c’est Nael, l’oncle dont je t’avais parlé plutôt... il m’a juste donné des conseils sur les études...
Il la fixa d’un air si sévère, qu’elle ne put s’empêcher de se sentir gêner.
__ En tout cas, il a intérêt à se distancer de toi, sinon je le démolirai d’une seconde à une autre. D’ailleurs même, tu me connais assez, donc je n’ai pas besoin de me faire de publicités...
Sur ces mots, il fit quelques fourchetées dans son assiette, ça sentait le piment et la moutarde.
__ Oh, messieurs ! fit Virgile de l’autre coté, le samedi passé, j’ai lu dans votre hebdo, le droit de réponse de l’ex ministre des arts. Je trouve ce monsieur, très drôle. D’après ses propos, il n’est pas de bonne foi...
__ Je ne sais pas, poursuivit Nadaré sur un ton sûr, si réellement, vous aviez pu lire l’avant dernier numéro. Nous l’avons juste taquiné sur ce qui s’est passé entre lui et son secrétaire...
__ Le malheureux, intervint Soumaila. Il n’a pas su contenir ses mots, il nous a tout déversé. C’est ainsi, qui se sent morveux se mouche...
A présent, Mr Virgile venait d’allumer une cigarette et croisait ses jambes, qui faisaient voir des souliers bouts carrés.

__ Vous savez maintenant, siffla Nadaré sur un ton grave, les donnés vont changer, vous êtes conseiller principal à la présidence...
__ Absolument... C’est le seul mot que Virgile prononça, sa femme, Leïla lui parla dans le creux de l’oreille. Il se redressa net et pointa directement vers la foule. Ce qu’il vit, ne le rassura point. Bachir était retenu par Hawa qui le suppliait de rompre bagarre, mais ne l'écoutait guère. De l’autre coté, Nael commençait déjà à retrousser les manches d’une chemise déchirée par les empoignements.
__ Bon sang ! Cria Virgile en laissant tomber son mégot, qu’y a-t-il, donc ?
__ Laissez-moi donc lui casser la figure, se défendit Nael en faisant des gestes de boxeur.
Bachir se détacha furieusement d’entre les bras de Hawa, et donna un sérieux coup de tête à Nael. Il reçut ça fatalement entre le nez et la bouche qui saignent en même temps. __ Ce cafard là, rétorqua Bachir les yeux grandement ouverts, tu crois que je me bagarre avec des types de ton genre.
Le chef de la gendarmerie porta ses deux paumes sur son visage déjà enflé.
__ Que vous êtes insolents, dit Virgile, hé là-bas, évacuez-moi ce jeune homme tout de suite et maintenant...
__ Ne me touchez pas, reprit Bachir aux deux portiers qui arrivèrent précipitamment.
Il ajusta le col de sa chemise, Hawa voulut le suivre, mais Virgile lui criait :
__ Reviens vite ici, petite vipère, n’est-ce pas toi la cause de tout ça, hein ?
__ Mais, papa...
Elle voulut protester, c’est alors que Virgile lui donna une lourde claque.

Après tout au long du dîner, Mr Virgile ignora ses invités ; ils n’eurent même pas droit au plus léger coup d’œil. Nadaré et Soumaila étaient assis en face de lui, des verres à la main. Ils attendaient une réaction de sa part ; mais il continuait toujours à fumer incessamment. De l’autre coté de la terrasse, un homme à la cinquantaine fit rire la table entière, sauf Aida qui mordit de temps à autre ses lèvres.

À la fin de la fête, les deux hommes de média partirent sans dire au revoir à Virgile qui s’enferma plus tôt dans sa chambre.
Il était dépassé!
2
2

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,

Vous aimerez aussi !

Nouvelles

Célestin

Marie Roy

À la période où débute ce récit, la plupart des hommes jeunes avaient été enrôlés, embarqués dans une guerre immonde, loin de chez eux, loin dans le nord, dans la boue et le froid... [+]