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Exister

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« Exister », vivre dirait l’autre. Ce mot au sens fort qui serait pour certains le poumon de la vie terrestre.
Qu’est-ce que l’on ne pourrait pas faire pour vivre ? Cette question est sujette à plusieurs interprétations. C’était le cas d’Edgar. Ce jeune homme se demandait encore comment il pourrait vivre après ce qui venait de se passer. Jeune dynamique, travailleur, voué surement à un avenir radieux. Il était passionné de la technologie depuis son enfance et c’est tout naturellement qu’il avait emprunté ce domaine après de brillantes années d’études universitaires marquées de nombreuses distinctions. Ce dernier aussi bien doué que populaire avait un énorme secret.
L’Homme dans toute sa grandeur est un être aussi fragile qu’un verre quittant une table se brisant en milles morceaux. Cela dit, Edgar y avait trouvé en l’Homme son terrain de jeu favorable. Celui de tester la réaction de personnes face à des situations aussi difficiles qu’il en pouvait trouver.
Ce matin là, tout se passait comme il l’avait imaginé. Tous les pions du puzzle étaient réunis. Il savait que ce jour arriverait tôt ou tard, où la vérité éclaterait mais le fait de le provoquer revêtait un caractère particulier et il en tirait une certaine satisfaction.
Monsieur Sander, officier de police a perdu sa femme malheureusement par la faute d’un chauffard qui a pris la fuite après ce funeste forfait. Père d’un enfant âgé de 20 ans nommé Alex, il ne vivait que pour son fils et aussi pour l’arrestation de chauffard qui était toujours en cabale qui lui avait arraché l’amour de sa vie, son épouse depuis plus de 20 ans. Alex, étudiant dans l’une des prestigieuses universités de l’Etat, était un respectueux et brillant étudiant. Admiré de tous, il était le model de tout étudiant et aussi le président des étudiants de tout l’Etat. Derrière tous ces éloges se cachait un criminel. En effet, depuis la mort de sa mère, Alex avait changé et se lança dans le milieu de la drogue. Grâce ces atouts et son ingéniosité, il gravit rapidement les échelles et se propulsa ainsi dit baron de la drogue de l’Etat. Personne ne pouvait penser que c’était lui qui tirait les ficelles de ce trafic qui grandissait sans cesse et qui faisait des victimes par milliers. Alex savait au fond de lui qui était est meurtrier.
Monsieur Igor, inspecteur de police précédemment à la brigade des mineurs, s’était enrôlé dans l’unité anti-drogue afin de retrouver ce baron de la drogue, ce dangereux criminel qui avait causé tant de pertes en vie humaine dont celle de sa regretté épouse. Cette dernière avait fait une dépression après la mort de son deuxième enfant âgé de quelques mois et s’était refugiée dans la consommation de substances peu recommandables pour oublier sa peine. Elle fut retrouvée après trois jours de disparition, morte dans l’un des fumoirs appartenant à ce baron, le corps rempli de plusieurs piqures de seringues. L’autopsie avait révélé que sa morte était due à une overdose d’une nouvelle substance psychotrope mise sur le marché récemment par ce dernier. Monsieur Igor, se promit de retrouver ce dernier coûte que coûte pour venger sa femme. Le couple Igor avait une fille du nom de Béthanie, ravissante elle était. Fraichement admise au baccalauréat, elle se préparait à rentrer à l’Université. Elle venait également d’avoir son permis de conduire. Pleine de vie, tout son monde s’écroula à la fin d’une soirée bien arrosée où elle prit le volant de la voiture de location de ce jour et provoqua un accident avec délit de fuite.
Toutes ces personnes susmentionnées consultaient un spécialiste, c’était Edgar. Parti pour un long séjour à l’extérieur de l’Etat, il étudia la psychologie pendant quelques temps et obtint un certificat de praticien psychologue. A son retour il ouvrit un cabinet anonyme pour y exercer en tant que psychologue et avait quelques petits succès. Mais personne de son entourage le savait psychologue tant il était discret sur cette partie de sa vie. A vrai dire, l’étude de l’Homme était sa passion sécrète et dans la vie courante il se donnait à cœur joie de mettre les gens dans des situations afin d’analyser leurs réactions.
Après plusieurs séances avec ces personnes, Edgar avait fait le rapprochement entre ces familles dont les pères respectifs ne se doutaient du terrible secret que pouvait cacher leurs enfants.
C’est ainsi qu’il planifia ce projet aussi machiavélique qu’il soit. Il procéda d’abord par la mise en contact des deux enfants. Ce qui se passa sans grande difficulté connaissant le caractère attractif du jeune brillant étudiant. Le courant passait bien entre eux au fil des rencontres et l’amour s’installa. Après trois mois de relation, Béthanie tomba en grosse. C’était la nouvelle qu’attendait Edgar pour parfaire son fameux plan. Réunir tous ces protagonistes en un même lieu et révéler toute la vérité. Il programma alors comme il l’appelait l’ultime rendez-vous à ces quatre personnes le même jour et à la même heure.
Arrivé sur les lieux en premier, monsieur Sander était en tenue de service et se posait la question de savoir qu’est-ce qu’il pouvait bien faire là vu qu’ils s’étaient déjà vus la veille. Ensuite, vint l’inspecteur, surpris de voir quelqu’un d’autre dans la salle sachant que c’était son heure de consultation habituelle. Ce fut au tour d’Alex d’arriver sur le lieu. Il remarqua deux voitures de police à l’entrée du bâtiment et se demandait que pouvait faire la police en ces lieux. Le psy l’avait-il balancé ? Perplexe était-il avant d’entrer dans le bâtiment. A la vue de son père en compagnie d’un autre homme, le doute s’installait de plus en plus. Enfin arriva Béthanie, qui une fois dans la salle découvrit les deux hommes de sa vie, son père et son amoureux, s’arrêta net très surprise de se retrouver dans ce lieu avec eux.
L’intervalle de temps entre les différentes arrivées était très court que les différents membres de cette petite assemblée n’eurent le temps d’échanger des mots et de savoir que pouvait faire l’autre dans cet endroit. Ce psychologue Edgar entra et il prit la parole en annonçant aux deux parents qu’ils allaient bientôt être grand parents mais qu’ils n’auront pas sûrement l’occasion de voir cet enfant naître. Continuant sur sa lancée, il dit aux parents qu’ils pouvaient désormais prendre leurs retraites car ils venaient d’atteindre le but ultime fixé par chacun, celui de boucler leurs différentes enquêtes. Il expliqua aux parents qu’en effet ils se trouvaient devant les deux coupables de leurs affaires criminelles. Le baron de la drogue de l’Etat et le chauffard en fuite. Il poursuivit en s’adressant aux enfants en leur disant que chacun d’eux était en face du meurtrier de sa mère et ils allaient sans doute se marier puisqu’ils attendaient un enfant. L’un par la production et la commercialisation de sa drogue et l’autre par l’accident mortel qu’il avait provoqué. Les parents n’arrivaient pas à croire cela mais leurs enfants avouaient leurs délits. Le tableau était ainsi peint, Edgar ce psychopathe déguisé en psychologue s’en réjouissait, s’installa en vue de contempler ces différents visages qui en disaient long. Il eu alors la brillante idée de corser le tableau. Sander avait laissé son arme à la consigne, Edgar s’en alla la prendre et la déposa sur la table au centre de la pièce et prononça ces paroles. « Voici l’objet qui peut mettre fin à toute cette histoire. Vous avez le choix entre un suicide celui d’Alex, deux suicides ceux des parents, mon meurtre et ne rien faire qui condamnera Béthanie à la pendaison dans les vingt jours car c’était la peine encourue par les accidents commis avec délit de fuite. L’enfant qu’elle attendait était aussi condamné. Aussi il insista sur le fait que la pièce était filmée en direct via un serveur externe donc qu’il n’y avait aucune échappatoire ». Chaque protagoniste se regardait se demandant si l’idée de la caméra était un bluff de ce fou. Dure était la décision à prendre quant on se rend compte de l’amour d’un père pour son enfant orphelin de mère et également de l’amour entre ces deux jeunes personnes. Les secondes passaient et personne ne se décidait. On commençait à voir sur les différents visages de la sueur malgré le fait qu’il y avait de l’air conditionnée dans cette salle. Au bout de quelques instants Alex prit l’arme et la pointa sur Béthanie en disant ces mots « je vous aime tous, je dois le faire ». Il tira sur elle, ensuite vint le tour de son père et par la suite l’inspecteur Igor. Il mit l’arme à sa tempe et la chaleur du bout du canon lui fit mal et la retira de sa tête. Mais contre toute attente, il la mit au niveau de la bouche et tira à nouveau.
Le sang était partout dans la salle. Edgar n’avait pu rien faire, lui qui aimait tant tester la réaction des autres, il en était bien servi. Tout tremblant devant l’horreur sous ses yeux, il remuait sa tête et disait « non, non, non cela ne devait pas se passer de la sorte ».Il courut, sortit de la salle, les vêtements colorés par ces quatre sangs et avait à présent ces mots à la bouche « Exister, exister ! Comment pourrais-je exister après cela ».
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