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Et le Germe fut (>>>suite de ''Un monde plus loin'')

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Serge

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>>> Ce texte est la suite de la nouvelle : « Un monde plus loin » dont voici les dernières lignes :

« Plutôt un coquillage d’ailleurs, et de taille ! Recouvert de corail et de petits crustacés, mais beaucoup plus régulier que ses prises les plus insolites. Il l’empoigna par sa partie la plus effilée, fut surpris par son faible poids, l’éleva très haut dans l’air bleuté et humide, et le brisa d’un seul coup sur la première pierre venue. Une poussière volatile se déposa sur la roche pourpre, il la palpa prudemment..., du sable ! Du sable blanc, de la poussière d’étoile !

La lourde brume recouvrait toujours Terä, mais pour le banni ∞Ω, l’univers venait de frémir, et quelque chose de capital était en train de se produire pour l’humanoïdité. Quoi ? Il ne le savait pas encore... ».


*****
....Sur le côté, un autre objet roulé sur lui-même attira son attention ; parfaitement plat, très fin, doux au toucher comme une enveloppe vitale d’humanoïde, mais en beaucoup moins humide. Il le déroula avec précaution, comme il le faisait pour son propre corps au sortir du sommeil, et l’étala sur le sable. Juste après le choc, au contact de l’atmosphère – ou du moins ce qu’il en restait –, les quatre coins avaient déjà commencé à se consumer, et la peste noire progressait à présent plus doucement, mais inexorablement, vers le centre.

Au début, il avait cru reconnaître dans une scène étonnante, trois humanoïdes. Deux d’entre eux, dont il ne voyait pas le visage – et qui disparurent bientôt sous une large trainée noire –, semblaient se blottir dans les bras ouverts du troisième. Du centre n’émergeait maintenant plus qu’un visage, celui du troisième précisément ; de même apparence – quoique beaucoup moins hirsute – que le sien. La première trace d’humanoïde qu’il lui était donné de croiser depuis bien longtemps ! La dernière peut-être. Il plongea dans son regard brûlant, mima, puis adopta – avant qu’elle ne disparaisse entièrement –, l’expression si particulière de ce visage ; il resta dans cette position, tendu vers son effort, jusqu’au bout, et bien au-delà de la combustion complète, pour garder en lui la magie de cette rencontre, de ce mirage. Il n’avait toujours pas bougé, quand la brise du matin dispersa pour l’éternité les cendres du mystérieux visage, dérobant au passage une poignée de sable blanc.

Élevons-nous à présent, observons encore quelques instants, agenouillé sur le sable et le visage figé dans un rictus insolite, celui qui n’avait jamais cessé d’attendre une révélation, un signe. À ses pieds, un drôle de coquillage, brisé en quelques éclats, dont l’intérieur parfaitement lisse et arrondi, ne contenait plus que le pâle reflet de l’aube frémissante. Observons-le toujours, de plus en plus haut, jusqu’à ce que le point minuscule de son corps immobile, se fonde enfin avec cette étendue hostile et sans âme – la face de Terä.

Terä la maudite, repoussée par son astre et vomie des dieux.


*****
A l’heure où nous quittons ∞Ω, prostré sur son immensité, l’humanoïdité indifférente à sa quête et à son destin, vivait son histoire, disséminée dans les mondes lumineux de Terä. En quinze décades, les premières colonies avaient été développées dans les profondeurs de Vénus, Uranus, et même Pluton, et l’on songeait déjà à d’autres galaxies... À son sommet, le Grand Ordonnateur, vénéré et redouté – garant de l’avenir de l’espèce –, régnait sans partage sur cet empire abyssal, secondé par ses Commandeurs ; issus de la caste des Elites, ils poursuivaient tous avec des talents différents, le même but : placer l’humanoïde au sommet de l’univers.
Le Commandeur βΨϴ élu par ses pairs ‘’Grand Découvreur de la décade’’ faisait, par des avancées majeures, progresser la cause à pas de géants. Agé de vingt décades au moment de ce récit et né du bon côté – dans la caste des Elites –, il avait très rapidement acquis une notoriété que personne n’osait lui disputer : s’étant rendu incontournable par l’étendue de ses travaux, il était devenu le bras droit – que dis-je, le favori, l’éminence grise –, du Grand Ordonnateur en personne. Ce dernier, qui connaissait pourtant en temps réel, les moindres impulsions bio-numériques de plusieurs milliers de ses Commandeurs, avait il faut bien le dire, renoncé à sonder celles du Commandeur βΨϴ, tant la complexité de ce qu’il risquait d’y trouver lui donnait par avance le vertige – à chacun a ses limites.

Grâce au ‘’Grand Découvreur’’, la téléportation devenait à présent possible au-delà des proches colonies solaire – et il ne comptait pas en rester là. Il avait significativement développé l’efficacité de l’enveloppe vitale, celle qui équipait les Elites, par un exosquelette intégré se développant progressivement au-delà de trente décades. Cette avancée majeure leur permettrait bientôt de vivre deux fois plus longtemps que la population lambda, équipée de l’ancien dispositif. La nouvelle enveloppe vitale du Grand Ordonnateur conçue par le Commandeur βΨϴ – un chef d’œuvre en concentré de bactéries réparatrices, permettant de vivre jusqu’à cent décades –, avait nécessité plusieurs dizaines de milliers de cristallisations d’humanoïdes, pour des raisons d’ailleurs plus ou moins avouables. Nécessité et noblesse oblige !

Nous mettons ici le doigt sur une problématique au centre des préoccupations du Commandeur βΨϴ : Pour assurer la pérennité de l’espèce, dont le rythme de développement prévu par le Grand Ordonnateur s’accélérait régulièrement, il fallait produire autant d’enveloppes vitales, donc cristalliser de plus en plus d’humanoïdes... 

Sachant qu’une enveloppe vitale de type lambda absorbait vingt humanoïdes – contre cinquante pour les Elites –, qu’elle s’autodétruisaient en fin de vie, que quatre-vingt-dix-neuf pour cent des condamnés à la peine capitale choisissaient la cristallisation volontaire, et qu'une majorité de bannis provisoires sur Terä finissaient ''cristallisés'' avant le terme de leur peine, il ne restait plus – l’équation est simple – qu’à augmenter de manière significative le nombre de condamnés, donc à durcir arbitrairement le code ; ce que proposait régulièrement le Commandeur βΨϴ au Grand Ordonnateur, qui, fantasmant sur une enveloppe vitale personnelle toujours plus performante, validait l’affaire sans même sourcilier.

La révolution de la décade était arrivée avec la dernière réalisation du Grand Découvreur : les Scruteurs. Il en avait développé plus de cinquante millions – une armée d’espions bio-numériques à ses ordres – dans les entrailles abyssales de Terä, occupant la surface d’une ville entière surplombée par le mont Peru, en Améraustralie : quelque part dans les profondeurs lumineuses, les têtes hypertrophiées des Scruteurs – le crâne flasque retombant sur l’arrière, privés de tronc et de membres jugés inutiles par le Commandeur βΨϴ, munies de globes oculaires disproportionnés capables de traiter sur leur rétine des millions d’images simultanées – flottaient dans un espace infini et lumineux, un halo télépathique d’intelligence liquide.

Recouverts d’une enveloppe vitale spécialement programmée pour maintenir leur vigilance durant cent cinquante décades, les Scruteurs – maintenus dans cet état bio-végétatif –, avaient pour mission de veiller en temps réel sur l’ensemble de l’activité bio-numérique de l’humanoïdité, de déclencher des alertes proportionnées aux éventuelles menaces et d’élaborer les réponses appropriées, sous le contrôle direct du Commandeur βΨϴ. Le dispositif ne serait pas complet, sans l’escadron de mercenaires aveugles qu’il avait lui-même élaboré, dont la cécité garantissait le meilleur degré de cruauté possible et le secret absolu des missions les plus sensibles ; il avait de manière fort pragmatique optimisé leur morphologie, en dotant leurs membres supérieurs d’accélérateurs de rayons cristallisants, leur permettant ainsi – passez-moi l’expression – de cristalliser du condamné à tour de bras.

Ainsi, le Commandeur βΨϴ s’était-il affranchi de tout scrupule – si tant est qu’il en ait jamais eu. Il contribuait par l’importance de ses découvertes, au développement de l’humanoïdité, tout en participant avec la complicité du Grand Ordonnateur en personne, et la férocité d’une bande de mercenaires aveugles, à son élimination systématique. Étrange paradoxe.


*****
Quand les Scruteurs détectèrent une ‘’activité subversive contagieuse de classe majeure’’ sur la surface de Terä, le banni ∞Ω, toujours agenouillé sur la grève, fixait encore, avec cette expression sur son visage, les éclats d’une très singulière conque brisée.

Le Commandeur βΨϴ suivait de près chacune des interventions de ses mercenaires sur Terä. Il était le seul à pouvoir ordonner le processus de cristallisation. Depuis quelques temps, il observait l’étrange transformation d’un condamné à la peine capitale, d’un rebelle qui n’avait pas choisi la cristallisation, un cas unique : aucun humanoïde n’avait jusqu’à présent franchi le cap des quinze décades – privé d’enveloppe vitale et déconnecté du système bio-numérique –, à la surface de Terä. Et voilà que ce phénomène sans précédent, son sujet de recherche, continuait à faire des siennes et violait cette fois ouvertement le Code, le mettant, lui, le Grand Découvreur, de l’ordre des Commandeurs dans une position bien délicate !...

Devait-il donner l’ordre fatal et mettre un terme à cette expérience – à ses yeux capitale – pour l’avenir de l’humanoïdité, ou bien annuler le processus de destruction, risquant ainsi de développer une contamination à la surface de Terä, susceptible d’atteindre tôt ou tard les villes abyssales. Tel furent du moins les paramètres de décision, présentés par ses Scruteurs hautement procéduriers. À son grand dépit, il trancha pour la cristallisation et dépêcha ses mercenaires en surface.

Ses guerriers aveugles furent surpris d’enregistrer sur leur bio-détecteur, une déformation de la cible – caractérisée par une modification parfaitement symétrique de sa géométrie – qu’ils analysèrent comme un danger imminent. Aussitôt, plusieurs jets simultanés de rayons cristallisants neutralisèrent l’objectif.La bio-numérique était en effet incapable d’interpréter le geste non identifié que venait d’inventer ∞Ω, qui, le visage encore transfiguré par sa découverte, avait étendu les bras pour accueillir ses bourreaux, dans lesquels il ne voyait – à travers le prisme de son nouveau regard – poindre aucune menace.

Les zélés mercenaires téléportèrent dans le plus grand secret et avec le sentiment du devoir accompli, la très étrange et encombrante cristallisation de ∞Ω jusqu’à la base secrète du Commandeur βΨϴ, dans les profondeurs de Terä, exactement à l’aplomb du mont Peru.
Depuis cet instant précis, le Commandeur βΨϴ, bras droit du Grand Ordonnateur, pris du recul, nomma des responsables dans la caste des Elites pour poursuivre ses travaux, délégua ses diverses fonctions et se retira pour un temps indéterminé, fasciné par l’objet de son étude : un rebelle récemment cristallisé dans une étrange position, dont le visage et le regard dégageaient toujours une mystérieuse énergie, une source insondable de lumière. Il tenait là, il en avait l’intuition, sa plus grande découverte, un spécimen rare dont il se proposait de percer le mystère.


***
Trente décades s’écoulèrent, quand le Grand Ordonnateur en personne le pria de mettre fin à sa réclusion, pour le bien de l’humanoïdité, etc...etc... En réalité, le grand – et fort âgé – monarque totalisant bientôt cent décades au compteur, n’était pas prêt à tirer sa révérence et voyait arriver la fin de son sursis avec effroi. Le Commandeur βΨϴ était en effet le seul à lui offrir sur un plateau – sacrifiant quelques milliers d’individus lambda, une broutille –, l’enveloppe vitale révolutionnaire qui lui permettrait de tyranniser ses loyaux sujets, jusqu’à l’âge vénérable de cent cinquante décades. Il serait toujours temps d’aviser par la suite...

Lorsque le Commandeur βΨϴ réapparu à ses pairs, il constata qu’il n’avait rien perdu de son aura, le mystère entourant sa retraite volontaire lui avait donné une autre dimension, de nature presque mystique. Il trouva cependant l’humanoïdité en fort mauvais état : le pire – pour ne pas dire la fin –, était à présent en marche et de manière irréversible. Ses Scruteurs et ses Mercenaires, gérés de manière inconséquente par des Elites privées de discernement, avaient précipité l’humanoïdité dans une chute démographique exponentielle sans précédent. Il tenta pourtant de se rassurer, constatant que ses travaux sur la téléportation avaient avancés à pas de géant : il serait possible au cours de la prochaine décade d’atteindre ainsi tout le système solaire et se téléporter au cours des décades suivantes au-delà de la Galaxie ; enfin s’il restait des humanoïdes pour le faire, rien de moins sûr !

Lui-même atteignait cinquante décades, très affaibli, il ne souhaitait pas prolonger sa vie d’humanoïde, il aurait pu, il en avait le pouvoir. Il avait aussi et il ne le savait que trop, le pouvoir de prolonger celle du Grand Ordonnateur. Cette idée le répugnait à présent, mais il décida d’en jouer habilement en lui affirmant – avec la parfaite bonne foi d’un transfuge diplômé – que l’enveloppe vitale sensée lui assurer au moins soixante-dix décades supplémentaires, attendait désormais ses derniers réglages. Le vénérable dictateur sanguinaire ratatiné dans son exosquelette en frémit de contentement.

Le Commandeur βΨϴ savait mieux que personne, détecter les derniers signes annonciateurs. Il allait bientôt disparaître, il le savait, du reste il le souhaitait. Durant ces trente dernières décades vécues en solitaire, il avait effectué une découverte majeure qu’il s’apprêtait à léguer à l’humanoïdité. Il s’était cependant profondément transformé de l’intérieur et posait à présent, sur son titre pompeux de Grand Découvreur un regard désabusé : n’avait-il pas largement contribué à provoquer le désastre qu’il avait sous les yeux ? Les jours de l’humanoïdité étaient désormais comptés, il fallait agir vite, très vite ! Sans plus tarder, il exigea la réunion du Grand Conseil afin de déposer – comme le veut la règle pour chaque Commandeur parvenu au terme de sa mission –, son Héritage dans la Mémoire Collective, sous le regard du Grand Ordonnateur et celui de ses pairs rassemblés.

Ainsi commença, en guise de testament, son grand discours télépathique d’adieu :
« Nous nous apprêtons à conquérir l’univers, j’ai moi-même travaillé pour cela de nombreuses décades, mais aujourd’hui, je vous l’affirme, nous faisons fausse route et l’humanoïdité doit trouver une autre voie, ou disparaître !
[......]
Vous rêvez de vous éloigner du soleil, toujours plus loin dans la Galaxie, mais dans votre aveuglement et vos délires de grandeur, vous n’avez même pas remarqué la naissance d’une petite planète, dans la direction opposée à vos folles ambitions, tout près du soleil. Je l’ai appelée Novä vous la reconnaîtrez facilement à son halo bleu et à son pâle satellite.
[......]
Dans les profondeurs de l’Amérocéanie, sous le mont Peru, vous trouverez le lieu secret où j’ai, durant toutes ces décades, travaillé sans relâche sur un virus nanoscopique, un germe prélevé sur un banni, un exclu de notre civilisation, un rebelle ; une menace pour l’humanoïdité que j’ai moi-même exilé à vie à la surface de Terä, puis fait exécuter pour protéger notre Système. Il vous faudra comme moi accepter et dépasser cette insupportable contradiction, de toute façon, nous n’avons plus le choix.
[......]
Vous déposerez le Germe sur Novä, et les enfants de vos enfants qu’il engendrera connaîtront une vie différente. Le soleil caressera leur peau délivrée de l’enveloppe vitale, ils cohabiteront en totale harmonie avec d’autres formes de vies pacifiques et étonnantes. Ils communiqueront directement à l’aide de leur corps, leur visage, leurs yeux, et même leur bouche qui émettra d’agréables vibrations. Tout cela produira une forme évoluée de nos impulsions bio-numériques, que j’ai appelée ''émotions'' et ''sentiments''. Il est même possible que deux espèces complémentaires voient le jour pour peupler Novä. Bien sûr, nous aurions du mal à les reconnaître tant leur corps et leur environnement se seront modifiés [......] ».

Il termina sur ces mystérieuses prédictions probablement empruntées à quelque lointain et obscur prophète, jadis déclaré persona non grata et rayé sans autre forme de procès de la Mémoire Collective :

« Ils seront les témoins de nombreux prodiges que nous sommes aujourd’hui incapables de concevoir, et aucun d’entre eux ne devra – en théorie – détruire quiconque pour survivre. Chaque nouvel humanoïde portera en lui ce germe indestructible que j’ai appelé AΩ – Alpha et Oméga –, de sa naissance jusqu’après sa mort. Cela non plus, vous ne pouvez aujourd’hui le concevoir. Vous ne verrez pas tout cela, mais vous devez agir dès aujourd’hui, car demain il sera – s'il n'est pas déjà – trop tard ! ».

Le Grand Ordonnateur valida l’Héritage et referma la Mémoire Collective de l’humanoïdité avec l’empressement d’un gamin au pied du sapin ; piaffant d’impatience en songeant à sa nouvelle enveloppe vitale sur mesure, dans laquelle il s’apprêtait à embarquer pour les soixante-dix prochaines décades !

En s’éteignant en plein Conseil, comme un simple humanoïde – sans laisser le moindre résidu –, le Commandeur βΨϴ laissa le vieux monarque sur sa faim, mais également face à sa fin imminente et annoncée. C’est ainsi que feu le Grand Ordonnateur – au terme de ses cent décades révolues –, le suivit immédiatement, comme d’habitude, mais cette fois-ci dans l’éternité. Les dés étaient jetés, une nouvelle ère pouvait enfin s’ouvrir pour l’humanoïdité. Enfin plus rien à présent ne s’y opposait.

Le germe contenait, – le Commandeur βΨϴ l’avait voulu ainsi –, et cela, aucun membre du conseil n’aurait pu le comprendre ni même l’accepter, la mémoire holographique d’un paria, une sorte de Corcovado de cristal agenouillé et nu, les bras étendus vers l’infini, dont l’expression et le regard brûlant l’avaient si fortement troublé ce jour-là...

Ce jour où pour le bien commun, il se résolu à donner l’ordre fatal à ses guerriers aveugles. Il ne pensait pas alors, que sa décision se prolongerait bien au-delà de son acte, et sauverait peut-être l’humanoïdité qui s’apprêtait à plonger dans le néant. Le condamné ∞Ω en avait-il eu – durant ce trop long séjour en surface – l’intuition, la révélation ?

Le Commandeur βΨϴ n’avait pas eu le temps de lever entièrement ce grand mystère, une partie resterait à jamais dans l’ombre. Il s’était fait une raison, se disant que c’était là peut-être un mal nécessaire, un appel à plus d’humilité, un nouveau sentiment – aussi complexe que protéiforme – par lequel il venait tout juste d’achever ses travaux.

Dans les abysses lumineux de Terä, sous un ciel de plasma sans étoiles ni nuages, l’humanoïdité en déclin abordait à présent une décade décisive – où tout était désormais possible, le meilleur comme le pire –, celle de la Vierge.

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Patricia Burny-Deleau · il y a
Merci pour cette suite !! Passionnante !
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Ludo Laplume · il y a
Une belle suite à ton texte, dans le script, le ton et le style. Des images très nettes.
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Serge · il y a
Merci à toi Ludo !
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Serge · il y a
Aurais-je peut-être abusé de brainstormings où autres ''délires marketing'' débridés en fin de carrière ?... En tout cas un Grand Merci à vous Francine, et belle année d'écriture !
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Francine Lambert · il y a
Eh bien ce texte serait-il prémonitoire Serge ? J'avoue que j'ai'un petit faible pour vos "scruteurs" dont les têtes flottent dans "un halo télépathique d'intelligence liquide", quelle trouvaille étonnante !
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