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HarukoSan

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Chapitre 9

Monsieur BERTON et Laura quittent le pub en silence c’est alors que Laura réalise:
- ma valise est restée dans la Porsche, voulez-vous bien que je la récupère, nous passerons à mon hôtel la déposer et nous irons déjeuner ensuite, c’est possible?
- mais oui, justement je me disais que j’oubliais quelque chose, j’avais l’esprit ailleurs! de toute façon il me faut déplacer  “le bolide“ il n’est pas prudent de le laisser stationné là, je préfèrerai un parking si possible...
- oui je comprends, il y en a un tout près de chez moi je vous l’indiquerai.

Laura a retrouvé son entrain, Philippe reprend le volant et quelques instants plus tard il gare la Porsche sur les conseils de Laura.

La jeune femme hésite une fois devant l’hôtel, elle s’est avancée en proposant à Philippe de l’accompagner jusque là mais réalise soudain que l’endroit ne peut rivaliser avec ceux qu’il fréquente habituellement.
Elle cherche une excuse mais Philippe la devance et propose de l’attendre sur le perron de l’hôtel.

Elle s’échappe en riant, retrouve un Monsieur Raphaël souriant, heureux de la revoir, qui la rassure en lui disant que les travaux sont quelque peu retardés et que sa présence lui manquait tout de même! Il s’empresse de porter la valise de Laura qui le remercie.
Le temps de poser ses bagages, un coup d’oeil à sa chambre toujours aussi démunie de confort et cette odeur de solitude ancrée dans les murs, le robinet pleurniche un goutte à goutte lancinant mais le ménage a été fait récemment et les draps sont propres.
Elle se change en quelques minutes, quitte son jean pour une petite robe, une veste et remet ses escarpins.

Elle referme la porte sur le peu de biens qu’elle possède et rejoint Monsieur “Chesterfield“ qui ne cache pas son admiration en la voyant revenir:
- ravissante!
- merci et désolée de ne pas vous avoir proposé d’entrer mais...
- non, ne dites rien, ne soyez surtout pas gênée ni désolée il n’y a vraiment pas de quoi. Alors où aimeriez vous aller déjeuner, êtes vous plutôt poisson ou plutôt viande, seriez vous du genre carnivore ? Philippe semble d’humeur taquine.
- plutôt viande mais j’aime tout, je ne suis pas particulièrement difficile.
- je connais du moins j’ai entendu parler d’un petit restaurant côté mer qui propose une carte pour tous les goûts, nous devrions trouver notre bonheur. Nous prendrons la corniche, j’aime beaucoup la mer, elle permet d’évacuer les tensions, de faire le vide, je ne vous l’impose pas, si vous préférez passer par le centre ville nous le pouvons aussi.
- non, j’aime aussi la mer, imaginer l’autre côté au bout de l’horizon, rêver à un ailleurs"...

Ils prennent la route pour quelques kilomètres, après une demi-heure ils s’installent à une table en terrasse, le restaurant surplombe une petite crique à l’abri du vent.
Laura n’en revient pas, cet homme lui fait découvrir un paysage magnifique, elle aime sa compagnie et ne peut s’empêcher de penser que les limites de sont contrat sont en train de s’évanouir.
Cette invitation ne lui semble pas être incluse dans les prestations que Flo lui avait décrites, mais plutôt à un rendez-vous amoureux.
Le dilemme se pose aurait-elle du refuser la proposition de Philippe alors que Monsieur Max l’encourageait à accepter? Que lui proposerait-il après? Serait-elle capable de garder ses distances, le voudrait-elle vraiment?
Et puisqu’elle doit retourner au pub rien ne dit qu’elle reverra Monsieur Chesterfield!

Pendant que Laura s’évertue à trouver des réponses à toutes ces questions Philippe a choisi un menu, à son tour elle choisit une pièce de viande grillée, le vin est servi, tous deux apprécient leur repas.

Monsieur BERTON observe Laura, son silence, n’y tenant plus il engage une conversation qu’il sait pouvoir dévier sur la vie personnelle de Laura mais il a envie de la découvrir, de savoir. Il souffre des sentiments qu’il éprouve pour la jeune femme, il ne peut se contenir davantage et l’idée qui le hante depuis plusieurs jours dont celle de la quitter ce soir lui est insupportable...

- Laura, allez vous bien, vous êtes silencieuse tout à coup, quelque chose vous préoccupe puis-je vous aider? j’aimerais tant... pardonnez mon audace, mais...
Laura lui sourit et pour toute réponse elle ose:
- je me sens tellement bien ici, c’est comme un rêve pourtant je m’attends à un réveil plutôt brutal.
- et bien racontez moi ce rêve qui sait, je pourrais peut-être faire en sorte qu’il se réalise, un sourire éclaire son visage lorsque le serveur apporte la carte des desserts, il sait combien Laura est gourmande et se réjouit de voir ses yeux pétiller.
- vous me tentez avec ces douceurs, vous êtes incorrigible, je ne saurai refuser.
- choisissez donc...et de dire au serveur: je prendrai la même chose que Mademoiselle.

Desserts, cafés sont pris sans que Laura ne révèle ce à quoi elle rêvait quelques instants plus tôt.
Le calme de la salle leur fait réaliser qu’ils sont les derniers clients, tous deux éclatent de rire, Philippe demande l’addition et ils quittent le restaurant.

La vue est superbe depuis le perron de l’hôtel, ils s’accoudent à la rambarde, une légère brise froisse les eaux de la grande bleue, Laura frissonne sa veste a glissé, ses épaules sont nues et Philippe s’empresse de les recouvrir... ses mains frôlent la peau douce de la jeune femme chez qui il surprend un nouveau frisson qui ne semble pas être dû au froid.

Il pourrait faire comme s’il ne s’était aperçu de rien et s’écarter de Laura une fois sa veste replacée mais il ose une caresse du bout des lèvres sur la nuque de la jeune femme.
L’odeur de sa peau l’émeut son parfum l’enivre, elle frémit se serre contre lui alors il comprend ce qu’elle ressent et s’enhardit, prenant Laura par les épaules, son visage tourné vers lui nul besoin de mots quand leurs bouches se frôlent, leur lèvres s’entrouvrent pour un long baiser...
Philippe s’étonne à peine de la fougue avec laquelle la jeune femme lui répond, quelle douceur et quelle tendresse elle dégage.
Lorsqu’il la libère de son étreinte Laura est émue, ses joues ont rosi mais l’expression qu’il peut lire dans ses yeux trahit autre chose.
Il a senti son corps trembler contre le sien, c’était fort et ne ressemblait en rien à un simple frisson, non elle vibrait de toute son âme.

Remis de leurs émotions c’est Philippe qui engage la conversation:
- je n’aurai pas osé plus tôt Chère Laura mais la tentation était trop forte, je peux vous avouer que depuis notre première rencontre je n’ai cessé d’espérer. Je ne suis pas très fleur bleue je vous l’avoue mais cette attirance pour vous, savoir que nous devons nous séparer me rend fou. J’ai pris sur moi de ne rien entreprendre avant.

Laura a repris ses esprits, elle ne se dérobe pas:
- un moment d’égarement, je n’ai pas honte d’avoir répondu à votre baiser, c’est juste que ce soir vous repartez, que je ne vous accompagnerai pas et même si je sais que tout est possible, qu’être “escort girl“ permet beaucoup de choses je ne suis pas sûre qu’il soit bon de mêler le travail au plaisir.
- Chère Laura, je suis tout à fait d’accord, ne vous méprenez pas sur mes intentions, ce que je ressens pour vous est différent. Je comprends que vous soyez sur vos gardes, le métier que vous faites n’est pas sans danger mais je vous ai vu faire et vous me semblez tout à fait capable de refuser une relation qui vous déplaise.
- oui Philippe vous avez raison, Flo m’a bien fait comprendre que si prestations il y avait, des limites s’imposaient, libre à nous de les enfreindre ou pas. Monsieur Max m’a toujours tenue éloignée de ce genre de propositions. Je suppose qu’il ne vous a pas vu comme un dangereux “vieux bonhomme pervers“ en acceptant que je sois votre compagne pour le salon!
L’expression “vieux bonhomme pervers“ Laura l’a choisie pour surprendre Philippe et devant son air étonné elle éclate de rire!
- oh! mais je vous trouve bien taquine Chère Laura, “vieux bonhomme pervers“ le croyez vous vraiment, une dizaine d’années d’écart tout au plus, cela vous gêne-t-il vraiment?
- justement je me posais la question de savoir votre âge, d’habitude je sais donner un âge aux personnes mais avec vous j’ai du mal...elle fronce les sourcils, prend un air sérieux: une dizaine d’années, ça fait une sacrée différence!

En fait Laura se fout de la différence d’âge elle veut être aimée, aimer, connaître la passion, et plaire à Monsieur BERTON sous-entend une relation plus intime avec le risque qu’elle ne soit pour lui qu’une simple aventure.

Ils reprennent la route, Laura retient tout un tas de questions comme savoir si Philippe est marié, s’il a une vie amoureuse actuellement, des enfants, elle a l’insolence de son âge et une perspicacité qui déroute Philippe.

Arrivés devant l’hôtel de Laura, Philippe est silencieux, il coupe le moteur, sort de la voiture en fait le tour pour ouvrir la portière à la jeune femme...
Tous deux sont appuyés contre la portière quand Laura bredouille:
- je vous offrirai bien un thé je n’ai rien d’autre mais il faut que je vous dise, chez moi c’est loin d’être comparable avec les hôtels que vous fréquentez habituellement.
- sachez ma Chère que ce que vous avez vu ou plus exactement découvert ces derniers jours ce n’est pas moi, ce sont les affaires qui imposent un certain standing. Votre chez vous quel qu’il soit je le découvrirai avec plaisir soyez en certaine, alors un thé, oui bien sur que j’accepte... il sourit de ce sourire qui fait fondre Laura.
- allons-y, il faut monter un étage dont les escaliers semblent s’effondrer à chaque pas mais jusque là je ne suis jamais passée au travers!

La jeune femme est soulagée de ne pas croiser Monsieur Raphaël à l’entrée, elle n’aurait pas su comment présenter Philippe et qu’il interprète mal la venue de Monsieur Chesterfield dans sa chambre.

Une fois la porte refermée Laura invite Philippe à s’asseoir s’excusant encore du peu de confort qu’elle lui offre, il hésite et demande l'air moqueur:
- la chaise ou le lit?.
- là où vous voulez, le choix n’est pas vraiment difficile, je vais mettre l’eau à chauffer pour le thé.
- oui le fameux “five ô clock“ il prend place au bord du lit, la chaise ne semble pas très solide, en un coup d’oeil il a fait le tour de la pièce, minuscule et d’une tristesse effrayante. Quatre murs à la peinture délavée, au plafond une lampe accrochée à un semblant de lustre qui vacille au moindre pas du voisin du dessus, un chevet et la petite table où repose la bouilloire électrique seul petit signe de confort comme le rideau de buis qui sert de séparation pour le coin douche, vraiment Laura est étonnante.

Le thé est bientôt prêt il infuse, Laura aime le savourer quand l’eau n’a pas encore bouilli, quand les feuilles de thé se déroulent et libèrent leur parfum, c’est tout un art que celui de le préparer.
Elle s’installe à côté de Philippe, rapproche la petite table et verse le thé dans les tasses, unique vaisselle avec deux assiettes "arcopal" qu’elle a pu s’offrir en s’installant ici.
- avec ou sans sucre Philippe?
- sans sucre, je crois qu’il convient de le boire ainsi pour vraiment l’apprécier mais je ne suis pas un fin connaisseur.
- oui c’est le plus souvent sans sucre, mais c’est selon le goût de chacun.
Elle boit à petite gorgée, surveille du coin de l’oeil son invité, il n’a rien dit sur sa chambre, son installation modeste, elle s’inquiète:
vous voyez je n’ai pas besoin de plus, c’est largement suffisant, j’ai de quoi prendre une douche, je peux me faire un thé ou une tisane le soir, j’ai quelques provisions de douceurs en cas de petits creux, et j’ai de quoi dormir... elle se laisse alors tomber sur le lit les bras en croix en soupirant profondément.

Philippe termine son thé, tend l’oreille...
La robinetterie n’est plus toute jeune et Laura s’est habituée au goutte à goutte de la chasse d’eau qui fuit.
- il faudrait peut-être signaler la fuite au concierge de l’hôtel propose Philippe à voix basse.
- je n’aurai pas à le faire Monsieur Raphaël le sait déjà et de toute façon des travaux sont prévus d’ici quelques jours.
- pour combien de temps?
- quelques mois, le service d’hygiène de la ville a contraint le propriétaire à exécuter les travaux sous peine de ne plus l’autoriser à exercer, du coup je vais devoir trouver un autre logement, je vous avoue que c’est une priorité qui m’effraie.

Monsieur BERTON réfléchit longuement:
- laissez moi une semaine, le temps de régler cette histoire d’inauguration, vous reprenez votre travail au pub, je vous recontacte à mon retour et nous aviserons, je pense avoir une idée...
- c’est gentil mais vous ne pouvez pas m’en dire plus? je suis curieuse et attendre une semaine c’est long, allez...dites moi...

Elle trépigne, capricieuse puis joue de son pouvoir de séduction, se rapproche de Philippe, de son visage et de plus en plus près jusqu’à frôler sa bouche, y dépose un baiser et lui souffle à l’oreille: dites moi, votre idée...

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De l'Air ! · il y a
J'aime beaucoup ce récit et même s'il s'arrêtait là (ce qui serait dommage !) on aurait passé un excellent moment de lecture, où la vraie vie bat son plein, avec ses doutes et ses espoirs merveilleux ...
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HarukoSan · il y a
Merci Cher Ami, Escort girl ne s'arrêtera pas là, je prends le temps pour continuer les aventures de Laura à qui je suis très attachée, et en même temps je peaufine d'autres textes, mon premier bouquin ce qui est nouveau pour moi avec tout ce que cela comporte d'à côtés dont on ne se doute pas. Pas d'inquiètude Laura a son douzième chapitre sur short la suite est dans les tuyaux!, et je reviendrai mais je vous lirai encore avec grand plaisir...Je veille -:)))
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De l'Air ! · il y a
Merci chère amie (!) Je ne "publie désormais ici que quelques rares textes et poèmes en "libre", excédé par cette épouvantable course aux votes. Je vous redécouvre avec plaisir et vous souhaite bon vent...
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HarukoSan · il y a
Et bien nous sommes donc d'accord ce que je pressentais et d'où ce Cher(e) Ami(e)-:) comme vous le dites si bien cette course folle aux votes me dépasse mon texte" plaisir personnel" est assez explicite! à bientôt!
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Chironimo · il y a
Je te préviens HarukoSan, si tu nous prépares une fin cul-cul-la-praline genre "fleur bleue", je démissionne de Short! HA HA HA
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HarukoSan · il y a
Oooohhh toi!!!! sois patient mon Cher Chironimo, de suite les grands mots ! tu démissionnerais pas quand même, -:)))) merci en tout cas d'être passé par chez moi!
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Evelyne Comaille · il y a
A bientôt j'espère pour la suite.
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HarukoSan · il y a
Merci! Evelyne...la suite est en préparation mais il me faut le temps d'en discuter avec Monsieur Chesterfield!-:) Amitiés
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Utilisateur désactivé · il y a
Une suite vraiment très intéressante, ma chère Haruko San et l'on ne regrette point de s'être laisser allé à attendre. Et l'on se prend à sourire de la curiosité de votre héroïne qui n'est pas sans en rappeler une autre. Continuez ainsi , ma chère, les lecteurs sont comblés..
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HarukoSan · il y a
-:))) Merci Jocelyn, la curiosité de mon héroïne vous fait sourire...souriez oui bien sur je vois ....je vois même très bien! .
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Brocéliande · il y a
attendre encore...et.."trepigner"...d'
impatience...c'est trop bien...

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Pierre Tryda · il y a
"La séduction. .." Probablement ce qu'il y a de plus beau et de délicat dans la rencontre.Tout un art.Mon vote !
Vite, vite la suite ...

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HarukoSan · il y a
Oui je trouve aussi ...merci beaucoup de me suivre.
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Margue · il y a
et alors, et alors...jolie page de séduction.....
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HarukoSan · il y a
Oui Margue..j'adore! -:)
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Ghislaine Barthélémy · il y a
ah... ça se précise...!
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Didier Poussin · il y a
Belle avancée
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Philippe Barbier · il y a
Ah ! Les femmes c'est du rêve et du désir, de la poésie et du mystère....Seul les poètes les connaissent vraiment et encore......
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HarukoSan · il y a
Et encore !!! comme tu dis mais c'est ce qui fait le charme de certaines Cher Philippe-:)
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Philippe Barbier · il y a
ABSOLUMENT
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