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Enfin une vraie équipe nationale !

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André Jalex Jr

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Depuis de nombreuses années déjà, l’équipe nationale de football avait perdu la foi et par là même le soutien de tous les amoureux de vrai football. Avant chaque match, c’était pitié de voir des joueurs omettre d’entonner leur hymne national, soit par paresse, soit par défaut de culture musicale, soit - et c’est sans doute le pire - par dérision. Parfois certains simulaient de chanter mais on voyait bien sur leurs lèvres qu’ils ignoraient le premier mot de ce qui aurait du être leur honneur sur le terrain ainsi que leur profession de foi dans leur pays. D’autres feignaient de s’ennuyer pendant l’exécution des hymnes et en profitaient même pour des livrer à des exercices d’assouplissement ridicules lorsqu’on songe qu’ils allaient avoir près de deux heures, parfois plus, à courir et batifoler sur le terrain avec leurs petits camarades. Le spectacle était douloureux pour les authentiques patriotes du ballon rond, cruellement humiliés dans ce qu’ils avaient de plus cher. Certains prétendaient qu’il s’agissait d’une génération de joueurs trop payés, ce qui était indiscutable si l’on rapportait leurs salaires à leurs aptitudes musicales et patriotiques. Il leur arrivait parfois de gagner des matches mais cela paraissait immérité sinon illégitime quand on le rapprochait de leur inadmissible indifférence vis-à-vis du drapeau national. Il y avait certes des supporters (irresponsables !) qui attachaient au résultat sportif une importance un peu ridicule si l’on veut bien prendre en considération qu’il ne s’agit que d’un jeu, assez peu intellectuel quoiqu’on puisse prétendre.

Les vrais patriotes s’indignaient de voir des joueurs dépourvus de la moindre notion de patriotisme, même pas toujours blancs de surcroît, monopoliser les plus belles places de l’équipe nationale. Il leur arrivait parfois, si d’aventure ils marquaient un but, de se rouler par terre les uns sur les autres comme des sauvages, au lieu de se signer en remerciant le ciel de la générosité avec laquelle il avait récompensé leurs efforts ou leur chance. Cela choquait beaucoup les âmes les plus nobles, d’autant qu’il apparaissait que la joie des joueurs provenait davantage de l’augmentation de leur cote sur le marché des transferts que de l’intérêt bien compris de la nation. L’équipe nationale se traînait à un rang européen ou mondial certes indigne d’une grande nation sans que cela paraisse avoir grande importance puisque dans le monde raisonnable tous les êtres qui pensent semblaient se moquer de cet aspect comme d’une guigne quand ils ne l’ignoraient pas tout simplement.
Cependant le pouvoir, dans sa suprême intelligence et son infinie bonté, voulut faire quelque chose pour son équipe nationale. Il nomma donc une commission qui, à son tour, lança une enquête. Deux ans après seulement (ou peut-être trois) un volumineux rapport parvint au Ministère des Sports après s’être un moment égaré chez celui des Anciens Combattants. Les experts avaient relevé cinq cas d’indiscipline de joueurs refusant carrément de chanter l’hymne national dont les paroles leur paraissaient débiles et la musique totalement dépassée. Six joueurs ne savaient pas chanter et sur les douze qui prétendaient savoir, huit chantaient franchement faux. Seul le libéro avait fourni une prestation convenable si l’on voulait bien accepter un certain relâchement dans les notes de passage. Le gardien de but ne connaissait pas les paroles de l’hymne qu’il n’avait jamais réussi à apprendre malgré une bonne volonté évidente, d’autant plus méritoire qu’il se heurtait à la dérision de ses partenaires. Si l’on ajoute à cela qu’il chantait faux, on se doute bien que la garde de la cage nationale posait un problème aigu. Il convenait de le remplacer au plus vite (ou de le recycler dare-dare, par exemple à la distribution de citrons à la mi-temps), surtout quand on connaît l’importance de ce poste dans une équipe.
Devant l’urgence du problème la Fédération nationale de football, heureusement composée de techniciens aussi brillants que désintéressés, décida de faire appel à une école de chant dont le nom, « Chantons gaiement », avait tout de suite retenu tous les suffrages. Le directeur de cet établissement réputé jouissait comme son établissement d’une excellente réputation qu’il avait acquise lors d’une carrière précédente dans la joaillerie. Le choix se révéla de surcroît judicieux puisqu’il apparut que les élèves de l’école de chant aimaient le football dans leur ensemble. Aussi l’opération fut-elle saluée d’emblée comme une réussite majeure lorsque se concrétisa l’embauche, au poste d’entraîneur principal de l’équipe, du titulaire de la chaire de solfège, connu pour son sérieux auprès de toutes les personnes de la rue et même de la rue parallèle. Naturellement on lui adjoignait comme second l’ancien entraîneur qui n’avait pas démérité, même si ses connaissances musicales étaient apparues un peu frustes. Cela paraissait d’autant plus pertinent que la Fédération, dans sa sagesse unanimement reconnue de ses dirigeants, prévoyait la survenue de questions strictement sportives où ses connaissances pourraient se montrer utiles.
L’entraînement commença bientôt. Il n’y avait pas de temps à perdre. Tout de suite furent programmés les cours de solfège mais il fallut bien vite déchanter devant la difficulté de la tâche. Seul l’arrière droit progressait d’une manière sensible malgré sa lenteur. L’avant-centre n’arrivait pas à reconnaître le fa du la, lacune dont il s’excusait en faisant valoir qu’il n’y avait après tout qu’une lettre de différence. Aucun de ses petits camarades de la sélection n’était parvenu à réciter par coeur les sept notes de la gamme. Mais une cruelle déception attendait les courageux dirigeants lorsqu’on apprit que plus de la moitié des joueurs étaient incultes en matière religieuse quand ils n’étaient pas franchement mécréants. Une formation de catéchisme fut programmée à la hâte, dont on peut dire qu’elle ne fut pas franchement accueillie avec faveur.
Certes l’avenir apparut soudain s’éclaircir lorsque le nouveau gardien de but titulaire lâcha à la volée, sur une balle aérienne, un contre-ut tonitruant en voix de poitrine, de façon parfaitement inattendue sinon inopinée. Une fois la première joie passée, l’enthousiasme retomba quand on s’aperçut que l’hymne national ne comportait pas de contre-ut. Des progrès finirent cependant par se manifester au bout de quelques années, mais les joueurs retenus à l’origine commençaient à prendre de l’âge, ce que fit remarquer avec aigreur l’ancien entraîneur promu entraîneur-adjoint, qui avait d’ailleurs vieilli d’autant. Pendant ce temps les résultats de l’équipe nationale n’étaient guère brillants et c’était un vrai déchirement pour les amateurs de vrai football de voir leur équipe souvent ridiculisée au moment des hymnes nationaux par des phalanges musicalement bien meilleures. Nous n’évoquerons pas ici les résultats purement sportifs dont nous n’avons pas jugé utile de prendre note, bonne ou mauvaise.
Pourtant la recherche de nouveaux talents était maintenant effectuée très en aval auprès de jeunes chanteurs à la Croix de Polystyrène Expansé.

C’est à ce moment précis ou peut-être un peu avant à moins que ce ne soit juste après, qu’un philosophe du football fit paraître dans une gazette spécialisée une étude de choc qui mettait en évidence, dans une équipe nationale, l’importance de la notion d’« amour du maillot ». L’article fit sensation chez les dirigeants du football, d’autant que le mot « amour » ne pouvait que contribuer à souder l’équipe. On fit donc appel à une animatrice célèbre, spécialiste de l’amour et fort appréciée de tous ceux qui souffraient d’un manque de cette nature. Le résultat fut surprenant bien que ne correspondant pas tout à fait à l’attente initiale. Les joueurs du onze national avaient gagné en décontraction et en confiance en eux-mêmes. Il s’agissait, maintenant qu’on avait décrypté et démystifié le mot « amour », de se pencher sans plus attendre sur le mot « maillot ». Un éminent spécialiste, apôtre de la célèbre méthode Coué, accepta, pour quelques dizaines de millions d’euros à peine, d’« inséminer », selon son expression imagée qui avait d’emblée séduit les membres de la Direction Technique Nationale, cet attachement indéfectible à la tenue de l’équipe nationale. Les joueurs reçurent tous un walkman leur instillant sans cesse en boucle, dans l’oreille, une très séduisante cantilène qui s’intitulait « Ah ! Que j’aime mon maillot ! » sur quelques notes extraites d’un passage de l’hymne national mâtiné de « Sambre et Meuse ». La nuit on les avait dotés d’un casque reprenant la même antienne sur un air mêlant habilement les mélodies de « Maman, les petits bateaux » et de « Chez nous soyez reine ! ». Par la suite, un perfectionnement de choix fut apporté, prenant en compte l’amour du drapeau, corollaire du précédent.
Le résultat fut à la hauteur des espérances, et même au delà. Lorsqu’on rassembla les maillots pour les donner à la laverie, on s’aperçut que les joueurs obéissants avaient libéré dans les maillots même leur trop plein d’amour du maillot (un journaliste sportif précisa même qu’ils avaient enfin « mouillé le maillot »). On dut aussi confier au pressing les drapeaux, également bénéficiaires de cette manne patriotique. Le Président, ému, dit simplement : « ce sont de braves petits, ces petits, qui savent se donner à leur sport !» Et le capitaine de l’équipe d’ajouter avec humour : « j’aime mon maillot comme j’aime ma maman, na ! ».
Mais un autre progrès considérable fut à mettre à l’actif du journaliste d’un magazine sportif qui fit la remarque judicieuse que, dans de nombreuses équipes, notamment italiennes et sud-américaines, les joueurs faisaient leur prière sur le terrain avant la rencontre avec d’ostensibles signes de croix, des statistiques montrant que le résultat sportif de cette technique de communication avec l’au-delà était généralement bon. Certes l’argument était séduisant mais le vice-Président, homme cultivé et réfléchi, posa la question suivante : qu’advenait-il lorsque l’équipe opposée faisait la même chose ? Un théologien consulté d’urgence répondit, en conclusion d’un important et coûteux travail d’étude, que la préférence céleste allait logiquement à l’équipe dont la foi était la plus vive et la plus sincère, ce que tout le monde admit sans difficulté. Il fallait donc veiller à l’âme des joueurs bien plus qu’on ne l’aurait pensé de prime abord. On s’aperçut alors avec surprise que les considérations mystiques ne figuraient pas dans les préoccupations premières des joueurs internationaux de football dont on pouvait même craindre qu’elles fussent un peu négligées au profit de considérations plus matérielles.
Les candidats à l’équipe nationale furent donc dotés à titre personnel d’une bible et d’un petit précis de théologie ascétique et mystique. Chacun de ces ouvrages faisait quelques centaines de pages et l’on dut rafraîchir la mémoire des joueurs postulants dont la lecture n’était pas l’occupation majeure, du moins celle de traités religieux ou philosophiques. Il était apparu que les joueurs, dans leur majorité, préféraient, quand il leur arrivait de lire, les bandes dessinées pour adultes. On embaucha un prêtre pour les aider sur les points les plus délicats dans cet apprentissage de la lecture philosophique. En effet, certains commettaient des erreurs tragiques, mêlant dans une confusion regrettable les Noces de Cana, la multiplication des pains voire la résurrection de Lazare avec les exploits de Maradona, de Ronaldhino, de Zoltan Ibrahinovitch ou des épisodes de Tintin au Tibet, quand ce n’était pas de « Gorge profonde ». L’entraînement comportait, en parallèle avec les exercices physiques, une formation religieuse accélérée. Il fallait en effet faire vite si l’on voulait obtenir rapidement de bons résultats.
Cependant le temps passait et l’on arrivait à proximité d’un grand match dont la date avait été retenue pour tester la réussite de la formation reçue. La semaine précédant l’évènement fit l’objet d’un redoublement des efforts jusque là consentis. Les exercices musicaux défilèrent donc à une cadence accélérée. D’abord consacré à une épuisante répétition de gammes, l’entraînement se porta rapidement sur l’hymne national que tous commençaient à connaître assez bien. Le gardien de but, que tout le monde considérait comme surdoué depuis son exploit initial, consentit pour la première fois à descendre en dessous du contre-ut, au grand soulagement du staff et de ses petits camarades. On put constater aussi que de son côté le libéro avait bien assimilé la consigne donnée de passer en voix de tête lorsqu’il éprouvait des difficultés en voix de poitrine. Par ailleurs les autres joueurs, joliment appelés « joueurs de chant », arrivaient presque, maintenant, à chanter ensemble, performance que personne n’aurait crue possible seulement dix ans avant. On était enfin parvenu à convaincre l’arrière gauche qu’il n’y avait pas de tyrolienne dans l’hymne national. On put constater aussi que les joueurs avaient appris le « Chez nous soyez reine », même si certains, à la mémoire un peu fragile, en avaient discrètement copié les paroles dans le creux de leurs mains. On ne chercha pas à les démasquer car c’étaient de braves petits, comme l’avait dit, dès le début, le Président.
La veille du match, le capitaine de l’équipe, que l’on avait soigneusement choisi pour ses aptitudes patriotiques, musicales et religieuses, fut invité à réciter par cœur les paroles de l’hymne national et du « Chez nous soyez reine », ce dont il s’acquitta parfaitement sous les regards envieux de ses petits camarades et triomphants de l’entraîneur.


Enfin arriva- il fallait bien que cela arrive- le jour du match, puis l’heure du match. La tension était extrême chez les joueurs, le staff et les supporters. L’équipe adverse était redoutable. Composée en totalité de joueurs dangereux, méchants, indisciplinés, mécréants et sans aucun respect pour la nation qu’ils représentaient (d’ailleurs mal connue des géographes). On disait qu’ils étaient dopés à mort, utilisant des substances indécelables aux contrôles antidoping. Leur moralité était exécrable : certains étaient même allés, disait-on, jusqu’à commettre le péché de chair en dehors des liens sacrés du mariage, parfois même plusieurs fois, et avec des hétaïres grassement rémunérées. On prétendait aussi, mais cela mériterait d’être confirmé, que certains joueurs de cette triste équipe se trouvaient en état de péché mortel (!). Par précaution on avait caché ces détails sordides aux joueurs de notre formation afin d’éviter tout risque de contagion. L’entrée des équipes sur le terrain fut extrêmement spectaculaire mais tandis que nos joueurs se présentaient dans un ordre impeccable (celui de leurs numéros, du numéro 1 de notre gardien au numéro 11 de notre ailier gauche), l’équipe adverse fit preuve d’un laisser-aller fort coupable. Bien que nous soyons soucieux d’objectivité et que nous voulions éviter à tout prix de jeter la première pierre, il faut reconnaître qu’il apparut dès ce moment qu’il s’agissait d’une très mauvaise équipe animée d’un très sale esprit. Après l’échange des fanions (on put voir que celui des adversaires n’était pas des plus propres, on y devinait des taches de vin rouge) on en vint à la cérémonie des hymnes nationaux. Il faut reconnaître que celui de nos ennemis, qu’on avait pourtant eu la gentillesse de jouer en premier, fut proprement massacré par des individus n’en ayant rien à faire. Une honte ! Au contraire, lorsque vint le tour de notre hymne national, on s’aperçut avec émerveillement que la musique en avait légèrement été aménagée par une extension subtile jusqu’au ré bécarre. Notre gardien de but fut sublime : il donna la note difficile en voix de poitrine, déchaînant des ovations enthousiastes. On se serait cru à une corrida, c’est tout dire. Mais ce ne fut pas tout. A peine l’hymne national terminé, notre team choral entonnait un vibrant « Chez nous soyez reine » à soulever des montagnes. Dans les tribunes nous avions le sentiment que nous ne pouvions plus perdre. Le match s’engagea presque aussitôt, les ennemis ayant eu la chance (par la triche ?) de gagner l’engagement.
Dans la tribune de presse le commentateur sportif, un jeune homme issu de la meilleure école de journalistes, ne parvenait pas à cacher son émerveillement et commençait ainsi « le match a débuté il y a vingt-huit secondes et le score est toujours de zéro à zéro... », ce qui fit dire au Président « Il parle comme un vrai journaliste professionnel ! ».
Dès lors la rencontre prit une tournure réellement féerique pour ne pas dire fantasmagorique. Les shoots succédaient aux passes, les dribbles déroutants aux débordements les plus inattendus par les ailes, les tirs au but aux parades des gardiens. Dans un environnement technique presque magique les exploits se succédaient et ce n’était que centres au cordeau, débordements sur les ailes, passes lobées, feintes de corps ou de tir, passings meurtriers, panenkas, smashs pervers, tacles glissés, accélérations de coups droits, amortis gagnants, démarrages en côte, uppercuts en contre, sauts d’obstacles, balles piquées, services liftés, sprints massifs, essais, passages de témoins, coups francs (d’autant plus dangereux qu’il étaient pour la plupart vicieux), penaltys, exclusions temporaires ou définitives, transformations, morphèmes positionnels, dégagements en touche, mêlées, triples axels, ballons coupés au premier poteau, services gagnants, têtes plongeantes, drops millimétrés, montées aux filets, véroniques simples ou doubles, et même de remarquables hors-jeu... bref toute la panoplie du football de haut niveau.
Sur le banc de touche l’entraîneur et son adjoint étaient fiévreusement blottis l’un contre l’autre tandis que les joueurs remplaçants, agenouillés, adressaient au ciel d’ardentes prières. Dans la tribune officielle le Président, confortablement assis dans son fauteuil présidentiel en croûte de vachette, s’entretenait avec quelques présidents de banques, de compagnies d’assurances et de grands laboratoires pharmaceutiques, tandis que des salariés de la Fédération apportaient à profusion caviar, champagne et foie gras. En sa qualité de président il ne laissait rien paraître de son angoisse et jouait une décontraction superbe devant ses hôtes, sans même s’apercevoir que notre avant-centre, d’un magnifique heading, venait de loger le cuir dans les ficelles de l’ennemi. C’est toujours ainsi que se comportent les êtres d’élite, habiles à drainer l’admiration du bon peuple. On ne leur en voudra certes pas !

Nous ne commenterons pas davantage ce match de rêve, laissant le champ libre à des commentateurs spécialisés dans des gazettes spécialisées, match dont les détails, sans grande importance, ne sauraient de toute façon trouver leur place dans un ouvrage littéraire. Le score de la partie pourra être trouvé sans problème dans ces mêmes gazettes. Nous dirons seulement que l’équipe adverse, notre ennemie, fut écrasée, bien que très forte, excessivement méchante, scandaleusement tricheuse (pas moins de huit joueurs adverses étaient restés au sol, simulant des blessures imaginaires pour en imputer aux nôtres la culpabilité et obtenir des coups francs immérités), archi-dopée et exécrable joueuse, et d’une insupportable mauvaise foi puisqu’elle aurait voulu gagner le match malgré la domination incontestable de nos braves petits !... Lamentable équipe adverse ! Fort heureusement l’arbitrage fut parfait, l’homme en noir n’hésitant pas à sanctionner comme il le fallait ces tristes individus. Il n’eut d’ailleurs pas à le regretter et le Président, qui tenait ses promesses, tint personnellement à le remercier à la fin du match, comme il savait le faire, de son impartialité.
Mais la mauvaise foi de nos adversaires ne s’en tint pas là et le lendemain on put lire dans les journaux de ce pays (de vrais torchons !) des suspicions de dopage selon lesquelles nos joueurs auraient utilisé une nouvelle forme de dopage, à l’eau bénite. Nous n’insisterons pas davantage sur ces calomnies qui ne résultent que d’une jalousie d’adversaires surclassés dans tous les domaines. Notre Président bien aimé, qui plafonnait à l’époque dans les sondages à quatre vingt dix huit pour cent d’opinions favorables, n’hésita pas à exprimer toute sa reconnaissance à notre valeureuse équipe dans une homélie que certains n’hésitèrent pas à comparer aux meilleures pages de Bossuet.
Depuis les vrais amateurs de vrai football attendent avec impatience la future prestation de leur équipe nationale sans tenir compte des inévitables ragots.
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Guy Bellinger · il y a
S'il ya une chose et une seule à dire : le rire était de la partie. Votre humour bouffon et pince sans-rire m'a conquis de la première à la dernière ligne. En plus, vous dites des choses bien senties sur le football international actuel. Allez, osons le mot, ce texte est tout simplement génial.
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Cajocle · il y a
Mais que vous êtes drôle !
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Joëlle Brethes · il y a
Vous êtes apparemment aussi fin connaisseur du foot que des boissons anisées ;-) J'attends impatiemment des textes sur vos autres domaines d'excellence !
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Malau.j · il y a
C'est drôle tout le temps, fin, et plein de sous-entendus délicieux !!! Quelle superbe équipe, je la verrais bien transformée en court métrage ;) Bravo !
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Fantec · il y a
Je suis morte de rire. Les soubresauts m'empêchent d'écrire mon fabuleux commentaire. Mais je vois que je règne ici en souveraine, chez vous, chez vous...
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