En terres écossaises

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J’arrive après une longue traversée en mer sur cette terre étrangère. Le port d’Edinbourg est bruyant sale et le ciel est gris. Ma chère terre natale, la Castille, où le ciel est toujours bleu, le soleil brulant et la langue plus familière me manque déjà. Mon mari a pensé que ce serait une bonne idée de m’éloigner un temps, de notre domaine afin que je prenne le frais. L’air des terres d’Ecosse serait, semble-t-il propice à soigner le mal dont je souffre. Je respire une bouffée de cet air humide et tente de sortir de ce port, où le vacarme et la puanteur m’oppressent. L’oncle de mon mari m’a fait chercher, nous devons traverser deux jours d’étendues vertes pour arriver au château familial. Les paysages sont d’un vert éclatant, même en cette période de l’année, où chez nous, tout est sec et brulé par le soleil. Des paysans s’affairent aux travaux des champs ou aux soins donnés aux troupeaux. Les chemins sont cabossés et la voiture conduite par quatre lourds chevaux semble d’un âge certain. Nous dormons une nuit dans une auberge. Je dîne à la même table que le cocher et la dame de compagnie qui m’accompagne. Lui finit sa soirée du côté des écuries et Susan dort sur une couche dans ma chambre, je ne suis pas rassurée dans cette contrée. Le lendemain pluvieux nous mène à la demeure de l’oncle Angus. L’accueil est chaleureux et se veut rassurant, mais l’oncle Angus ne connaît pas le mal dont je souffre. Susan me conduit à ma chambre, une grande pièce aux tentures rouges et or d’un autre temps. La cheminée est allumée et me réchauffe les os. Aidée d’une autre servante, elle emplit la baignoire d’eau chauffée, afin que je me détente du voyage interminable effectué depuis Salamanque.
Je me prélasse dans ce bain, le contact de l’eau sur ma peau nue, me libère du corset dans lequel j’étais enfermée de longs jours pendant la traversée en mer.
Cette terre me sauvera- elle du feu ardent qui brule mes entrailles ? Nous dinons de très bonne heure pour profiter ensuite de moments de lecture dans le salon. L’ambiance est conventionnelle. Nous partageons le repas avec le vieil oncle. Au moment de passer au salon le petit John, le fils de la gouvernante, nous rejoint pour écouter la lecture. Mon accent ne me permet pas de m’adonner à cette activité pour l’instant, alors, John et moi écoutons l’oncle Angus.
Les jours qui suivent, je fais connaissance peu à peu avec les lieux, les différentes pièces du château et le jardin vert et romantique entretenu par deux jardiniers roux et bourrus, dont je ne comprends pas un mot.
Aucune envie, sauf mes plaisirs solitaires, ne vient troubler mon âme ! A Salamanque, le feu qui me brulait ne me laissait pas en paix, et chaque jour, mon corps sollicitait les caresses de mon époux, qui me suffisaient seulement, que dans un premier temps. Ensuite, j’ai découvert la douceur d’un corps de femme, les courbes de Dolorès, ses lèvres douces, et la moiteur de son entre-jambe. Et tour à tour, je multipliais les expériences, Dolorès, Don Juan, certains domestiques... ma préférence allait au duo des palefreniers Miguel et Roberto. J’avais pris l’habitude de me promener vers les écuries, et je les provoquais chaque fois davantage. Je les allumais en me servant une louche d’eau que je portais à ma bouche en laissant couler l’eau entre mes seins. Une fois, ils m’ont prise tous les deux, comme une chienne en chaleur dans l’écurie. Sur la paille fraiche, ils ont soulevés mes jupes pour combler les ouvertures béantes qui se présentaient à eux.
Je remercie le ciel, il semblerait qu’ici, aucunes ondes sexuelles ne viennent me perturbées. Les lectures que me propose l’oncle Angus, et le château triste et d’un autre temps, ne sont pas vraiment propices aux pensées perverses. Chaque jour, mon anglais s’améliore, puisque je le pratique avec les domestiques et avec le vieil oncle. Je deviens plus à l’aise et me charge désormais de la décoration de la maison, en fleurs. Je parcours au matin, la roseraie à la découverte de quelques merveilles qui embellissent l’intérieur de la demeure.
Mes ballades ne se cantonnent plus maintenant au jardin et à la propriété, je sors jusqu’au bourg, je suis reconnue dans le village comme la Castillane. On trouve au bazar du bourg, du fils et des aiguilles, de quoi occuper les longues soirées.
Good morning Señora ! me lance-t-on parfois, ou, « Señora, au bazar, ils ont reçu du nouveau tissus, très beau pour une dame ». James, le cocher, m’accompagnais au début, mais maintenant je me déplace comme une bourgeoise écossaise, à l’aise, dans ces lands. Cela fait déjà un mois que les journées sont ponctués par ces rituels.
Au retour de ses petites sorties je visite la campagne, et ses merveilles d’un autre temps. A l’écart du chemin principal se trouve une petite chapelle. Elle est située sur le chemin entre le bourg et le domaine de l’oncle. Il suffit de faire un petit détour, de prendre une allée un peu arpentée pour arriver à cet endroit paisible en surplomb de la vallée. La chapelle est entourée de quelques arbres. Une croix celte en granit gris, posée là, il y a des siècles, rappelle l’importance du catholicisme dans cette région. Je me sens un peu chez moi, devant cette chapelle. A l’intérieur, le décor est bien plus sobre que dans nos églises castillanes, mais la paix règne entre ces murs, et je m’y recueille régulièrement.
J’ai fini par avoir un rituel, deux fois par semaine je descends au bourg, faits quelques menues emplettes, dépose le courrier que j’envoie en Castille et remonte tranquillement en amazone sur une jument docile et robuste qui m’a été attribuée. Je passe par le petit chemin qui mène à la chapelle et là, je prends un temps pour admirer le paysage, la magnifique forteresse toute en granit, que l’on voit sur la colline opposée et je me recueille un peu à l’intérieur de cette chapelle dédiée à Saint Anne. A chaque fois tout y est paisible. Je redescends ensuite jusque la demeure de l’oncle Angus.
Je prie ou me repose dans cette chapelle, environ une demi-heure ; aujourd’hui le vent souffle dans les branches des arbres, je l’entends faire vibrer la nature. L’intérieure de la chapelle est un havre de paix où l’on se sent à l’abri. La porte de la chapelle s’ouvre soudain d’un coup brusque et presque sauvage, je me retourne est suis effrayée. Un homme en jupe écossaise, monté à cheval se tient devant la porte. Il me regarde attentivement un moment et me salue en baissant une sorte de béret qu’il porte sur une oreille et sur son crâne lisse. Il est grand et fort, un peu rustre avec de larges épaules. Mon cœur bondit de surprise ! Qu’est-ce que cet individu qui ose ouvrir la porte d’un lieu saint de la sorte ? Le vent s’engouffre dans l’édifice et soulève, au passage, la jupe du mâle, laissant entrevoir ses cuisses musclées au-dessus de ses bottes en cuir.
Il tourne la bride de son cheval et s’en va au galop. Je suis toute retournée par la peur que m’a flanquée cet individu. A mon tour, je quitte la chapelle pour rejoindre la demeure de l’oncle Angus. La vision de ce grand gaillard en jupe me hante, comme un fantôme qui habiterait mon esprit pour le tourmenter.
Je me couche avec cette apparition, je sens encore la bise me frôler, m’entourer, me caresser. Je me prête au jeu, et de mes doigts habiles, suis le souffle qui parcourt mon corps. Je sens mes seins pointés de désir, ma peau est douce et les mains descendent sur les courbes de ma taille et finissent dans mon entre-jambes. Je caresse d’une main le petit bouton de fleur gonflé de plaisir et de l’autre main, m’insinue dans les plis de mon con pour en sentir la chaude moiteur. J’effectue des va-et-vient de plus en plus rapides, le plaisir est à son paroxysme, et mes cuisses reçoivent ce liquide qui coule de mon sexe, alors que mon esprit pense à cet écossais animal qui m’a surprise en prière.
Mes draps sont trempés mais je m’endors fatiguée et apaisée par mes caresses.
Les jours suivants sont monotones, je trouve mon quotidien un peu trop routinier, et je ne pense qu’à me faire prendre. Je m’enferme alors dans la bibliothèque et abreuve mon esprit de lecture, malgré mes difficultés à comprendre parfaitement l’écriture anglo-saxonne, je lis un ou deux romans par jour.
Je retourne au village la semaine suivante, l’âme apaisée, je parcours les lands, le visage au vent à la recherche de sensations fortes. Ma monture traverse la contrée à vive allure, je la dirige vers la chapelle, pour profiter de ma petite demi-heure de méditation. Quand je descends de la bête, je me rends compte que mes jupes sont froissées, et mes cheveux ne tiennent pratiquement plus en chignon. Je retire les pinces et laisse mes cheveux détachés. Heureusement, je ne rencontrerais personne jusqu’au château, et en rentrant Suzan, arrangera cette pagaille.
J’entre dans l’édifice, ferme la porte et m’agenouille sur un prie-Dieu en face de l’autel, je sors mon chapelet pour réciter un rosaire. Je suis en paix, les yeux fermés, dans la quiétude du lieu. Je devine un souffle chaud dans ma nuque à travers mes cheveux. Ma prière me réchauffe le corps et l’esprit, j’ai l’impression d’être enveloppé toute entière par des bras puissants. Des bras puissants qui me soulèvent et m’arrache au prie-Dieu. Je suis comme en lévitation, les pieds décollés du sol. Un baisé se pose dans mon cou, je sens la chaleur et l’humidité de ce contact. Je reprends contact avec une surface dure sous mes fesses et ouvre les yeux. Je suis assise sur l’autel de la chapelle, mon chapelet à terre, et l’écossais plaqué vers moi. Son regard pénètre tout mon être. Il ne dit pas un mot, moi non plus. Il écarte mes jambes, soulève mes jupes, mes bas sont à moitié décrochés, mais il regarde avec intérêt le haut de ces bas et mon sexe sans rempart. Il caresse mes jambes, et dégrafe légèrement mon corsage, mes seins sortent du corset, il les embrasse avec avidité, me faisant basculée de plaisir. Ses mains puissantes serrent ma taille, il se rapproche d’avantage et je devine une exubérance sous sa jupe, je tente alors de me redresser pour assouvir ma curiosité et touché l’objet de mes fantasmes, mais il me plaque sur l’autel. Il fait glisser mon corps sur le bord de la pierre, mes fesses sont presque sans appuis, et frottent contre le tissus épais de son kilt. Il soulève l’étoffe qui sépare nos peaux, et caresse de son membre durci mon sexe humide. Une sensation de chaleur me pénètre malgré la pierre froide sous mon corps. Je le sens puissant à l’intérieur de moi, il effectue des va-et-vient légers et doux puis, de plus en plus vifs. Il sort son phallus et frôle encore le clitoris, de son gland, pour ensuite, me prendre de plus belle. Chaque coup de reins lui provoque un son roque et bestial qui m’excite. Il est beau, il est fort, il est différent de tous les hommes que j’ai pu connaitre en Castille. Il est brutal aussi, mais cette sensation ne me déplait pas. Je sens qu’il se gonfle de plus en plus, ses ralles sont plus rapprochés, il sort alors sa queue, qu’il secoue et arrose mes bas de sa semence.
Il se réajuste, me fixe du regard et me dit : « vous êtes très belle madame », il pivote et sort de la chapelle.
L’Ecosse ne m’a pas guérit de ce feu intérieur, et je ne sais pas si je pourrais m’en défaire.
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