En attendant ces petits riens

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En attendant ces petits riens
Le réveil sonna à 6 heures du matin. Elle s’étira et arrêta la sonnerie. Elle voulait bien se rendormir, mais elle ne pouvait pas. Puis, le réveil du téléphone se mit à sonner.
- Mince, je veux bien le casser ! Ouf ! Des minutes de plus de sommeil seront un beau cadeau du ciel !
Désespérée, Mina s’assit dans son lit et étouffa un bâillement. Sa bouche délicate souriait facilement, elle avait souvent un air jovial. Or, ces derniers jours, ses yeux étaient assombris, elle était très fatiguée.
Avec un soupir à fendre l’âme, elle se met à préparer le petit déjeuner. Elle connait trop bien que ses enfants ont du mal à sortir du lit avant 7 heures. C’est le marathon du matin, elle ouvre les fenêtres, hurle, s’énerve, toujours le même stress.
- Doucement ! Arrête de crier ! demanda Jenny, son mari.
Il refuse d’être dérangé, il exige que tout se passe dans le calme et la sérénité.
- Mais, j’ai vraiment besoin de ton aide, Jenny !
- Ne me demande rien, je suis très fatigué. Le stress du travail me suffit !
Jenny quitte son lit, fait convenablement sa toilette. Il s’occupe de son paraître. Il attend que son pantalon et sa chemise soient repassés. Il exige un café au lait et un autre café noir pour la suite de la journée. Il veut voir ses enfants propres, bien éduqués, très polis et brillants dans leurs études. Comme par un coup de chance, ses trois enfants sont très beaux et très bons.
L’ainé est le plus responsable, il assume parfois le rôle du troisième parent. En plus qu’il est responsable, il est sérieux et très rigoureux. Le cadet est un sportif brillant, très ambitieux. Il se sent parfois transparent, il n’en est pas pour autant timide. Il est sociable, il sait bien s’amuser et amuser toute la famille grâce à son humour. Fille ou garçon, grand ou petit, il sait s’adapter à tout le monde. Là où il passe, il laisse son empreinte.
Le benjamin est plus détendu que ses deux frères ainés. Ses parents étaient plus indulgents avec lui, il a eu rapidement le droit de faire ce qu’il voulait. Chouchou de ses parents, il sait bien faire pour arriver à ses buts en usant de ses charmes.
- Ma chemise est prête ? Demande Jenny
- Oui, elle est sur le lit. Répond Mina
Il la prend, la regarde de haut en bas, en disant :
- Mais il y a encore des plis, quand on fait un travail, on le fait convenablement, cria-t-il en jetant la chemise.
Mina la prend, la repasse encore une fois, il ne lui reste pas beaucoup de temps pour se préparer et sortir à son travail. Elle n’ose pas lui demander d’accomplir cette tâche, car il avance toujours le même prétexte : «  Je ne sais pas faire, ou tu le fais mieux que moi. »
Il porte soigneusement ses vêtements, coiffe ses rares cheveux qui couvrent sa petite calvitie. Il se regarde longuement dans le miroir puisqu’il fait trop attention à son apparence. Assis confortablement dans sa voiture, il attend Mina, qui le rejoint, très pressée au point qu’elle n’a pas eu le temps de nouer les rubans de ses chaussures. Du coin de l’œil, Jenny la regarde avec un air de dégoût : « Tu es toujours en retard, tu me laisses toujours à ton attente. » « C’est de ta faute si on est en retard ! » « Pourquoi as-tu pris ce sac ? Il n’est pas du tout assorti. » «  Tu ne possèdes pas une chemise plus longue pour cacher ton gros cul ? »
Mina s’est habituée à ses critiques continuelles, qui finissent par devenir des humiliations profondes. Il n’est jamais content, rien ne le satisfait. Il lui manque de respect, la rabaisse et se moque de ses opinions. Ce comportement récurrent la submerge d’émotions négatives : colère, tristesse, dégoût... Là voilà, ruminant, broyant du noir, sa journée gâchée par ses agressions quotidiennes.
De retour le soir, Mina refuse de l’attendre, elle décide de prendre les transports en commun, malgré leur faible fréquence. Elle préfère la longue attente et l’insécurité que les mauvais reproches. Les doigts crispés sur le robinet, elle soupire essayant de se détendre sous le mouvement de l’eau pour laver la montagne de vaisselle. Elle prépare le dîner, d’habitude, elle mange peu le soir, pour des raisons de ligne.
Fidèle à ses habitudes, Jenny rentre tard le soir. Il prend son léger diner pour rejoindre rapidement le lit se laissant bercer par le bruit de la télé. Epuisée par les tâches interminables, Mina s’approche de lui en lui demandant :
- Qu’est-ce qui se passe ? À propos de quoi ils discutent ?
- Laisse moi tranquille, je veux dormir, tu viens bouleverser mon sommeil !
- Voici les commandes, choisis la chaîne qui te plait, mais SURTOUT n’éteint pas la télé avant que tu écoutes mes ronflements. L’avertit-il
Livrée à sa solitude, Mina se met à zapper sans tomber sur une émission intéressante. Puis, elle se livre à un sommeil chargée de pensées. Elle se sentait triste, elle qui était de nature joyeuse, ne souriait plus. Il lui arrivait d’exploser de colère. Entre eux chacun avance à son rythme. Le décalage devient de plus en plus grand. Elle a l’impression de porter seule le couple, d’avoir toujours l’initiative d’une ballade, d’une conversation, d’une tasse de thé, d’un café. La relation s’épuise. Elle en a parlé, mais il n’a pas compris l’importance des difficultés. Des attentes non abouties, des malentendus accumulés. Elle ne cesse de répéter : « Je n’ai plus la force. » Mais Jenny ne l’entend et ne la comprend pas.
Mina sentait depuis plusieurs années que son couple n’allait pas bien. Elle demandait des actes d’attention. Mais rien ne venait car son mari était tétanisé par son travail. Il était incapable de répondre à ses demandes. Pour lui, le travail est un amant magnifique, il s’y éclate qu’il ne compte pas les heures passées.
La mort dans l’âme, Mina se demandait à quoi aurait ressemblé son existence, si elle continue à vivre avec un mari fantôme ?
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Amina Jf Baraer Diki · il y a
c'est difficile de vivre avec un mari de l'ancienne époque,qui n'a aucun intérêt à la vie de couple,pour lui sa femme c'est une personne qui sert juste à s'occuper de lui et de la famille,et de la mal traiter moralement.
Bonne continuation!

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Nicolas Auvergnat · il y a
Sonnerie, sonne, sonne... Moi aussi j'ai des problèmes comme ça : les répétitions. Continuez à écrire ! C'est un bon début..
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Mouna Mouna · il y a
Merci beaucoup, je continuerai .....
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Safia Salam · il y a
Je rejoins le commentaire de Loodmer. Votre texte est un constat d'une vie de couple qui n'en est plus une. Mais il y manque un scénario pour en faire une nouvelle. A la lecture, je m'attendais à ce qu'elle le quitte ou à ce qu'elle le tue (pas très imaginatif de ma part, haha !). Mais je trouve que vous décrivez avec beaucoup de justesse les humiliations quotidiennes. C'est je pense un point fort de votre style d'écriture. Mon conseil : peut-être vous pourriez vous concentrer sur l'élaboration d'un scénario, puis avec ce senario pour base vous réorganiseriez le texte actuel (je pense que la méthode de prendre le scénario pour base d'écriture est plus aisée que de prendre le texte déjà rédigé pour le transformer).
Il y a également des questions de syntaxe et de concordance des temps, si vous voulez, je peux faire une relecture et vous l'envoyer en mp.

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Dranem · il y a
Un texte qui demanderais à être un peu plus aéré... c'est vrai . Écrire sur le quotidien est une mine d'informations ... ces petits riens de nos vies minuscules... peut être aussi prendre un certain recul sur ce présent " fantôme".
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Mouna Mouna · il y a
J'en conviens, mon texte n'est pas aéré. Il lui manque une bonne mise en texte! Quoi! une petite scénographie. Merci !
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Long John Loodmer · il y a
Amère constat, mais rien de plus. C'est un peu juste pour attirer le lecteur et les changements de temps gênent un peu la lecture. Séparer les paragraphes permettrait d'aérer le texte.
Tu excuseras ma franchise, mais tu as demandé un avis.

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Mouna Mouna · il y a
Merci beaucoup, j'accepte de bonne foi vos critiques et commentaires constructifs.

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