Églé

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J'ai lu un jour : "l'entre-les-lignes est l'espace merveilleux où le lecteur, à bout de raisonnement, ramasse la lumière magique qui lui donne ce qu'il veut : être persuadé." Voilà ce qui porte  [+]

Image de Été 2021
Philippe tient sa main et regarde sa poitrine se soulever par saccades sous le léger souffle de vie tendu encore au bout d'un fil.
Comme il chérit cette main qui l'accompagne dans ce monde avide et tentaculaire, qui le rassure sur la nature des Hommes !
Désormais, elle n'est plus que soupir évanescent, les doigts décharnés s'abandonnent sans résistance à ses caresses et ne répondent plus à leur pression.
Ce corps avant si robuste et plein de vigueur n'est plus qu'une brindille que la moindre rafale pourrait emporter.
Il la regarde quitter son monde, partir dans les limbes secrets du néant. Il est là, mais las d'attendre l'issue dictée de son combat et se prend même à espérer que la bataille sera bientôt finie tant la vue de cette souffrance lui est insupportable.

Pour occuper ce temps suspendu, il ressasse les souvenirs et la revoit, imprévisible et tourbillonnante, toisant la vie avec ce verbe haut et ce regard farouche qui l'avaient attiré dès leur première rencontre.

Ce jour-là, elle était assise sur un banc du parc, les yeux plongés dans un livre, ignorant le froid mordant de cet hiver sans fin. Il l'observait depuis quelques minutes et sentait monter en lui la curiosité, l'envie d'en savoir plus sur elle. Ce sentiment était nouveau pour lui et lui faisait un peu peur, lui qui restait la plupart du temps dans l'ombre des autres, discret, muet et insipide.

Du coin de l'œil, elle avait remarqué son manège et s'en amusait, devinant d'emblée qu'elle n'avait rien à craindre de lui.
― Eh bien, ne restez pas planté là, asseyez-vous, je ne vais pas vous manger, lui lança-t-elle.
Honteux de s'être fait prendre, il s'assit sur le banc et se présenta :
― Bonjour, je m'appelle Philippe, enchanté de vous connaître.
― Bonjour, Philippe, je suis Églé, enchantée. Pourriez-vous garder le silence quelques instants, ce passage est formidable et je veux rester concentrée.

Interloqué par cette entrée en matière, il s'exécuta sans broncher. Quand sa lecture fut terminée, elle se tourna vers lui.
― Je vous conseille ce livre, il est formidable. Si nous marchions un peu, je commence à avoir froid.
Décidément, cette femme cassait tous les codes auxquels il se pliait habituellement. Il accepta l'invitation et cette promenade dans le parc à ses côtés devint bientôt un rituel quasi quotidien dont il savourait chaque minute. Églé lui ouvrait des horizons inconnus, soufflait sur son cœur une confiance qu'il n'était pas conscient de posséder. Autour d'elle gravitait un univers de planètes brillantes et fantastiques et elle animait chaque minute de son humeur facétieuse. Philippe attendait avec impatience chacun de leurs rendez-vous qu'elle rendait toujours imprévisibles et captivants.

Jusqu'à cette rencontre, sa vie s'écoulait tranquillement entre son travail au bureau d'Études et son petit appartement de banlieue qu'il avait décoré avec soin et qui lui permettait de reprendre des forces après des journées à lutter contre sa nature timide et discrète.
Ses soirées solitaires étaient souvent l'occasion de bilans sur sa vie et les conclusions qu'il tirait de ces introspections ne lui apportaient aucun réconfort.
Les amitiés qu'il avait tenté de forger n'avaient pas tenu plus de quelques semaines et il subissait ce désert social comme une malédiction sans en comprendre la cause. Il savait qu'il ne pouvait pas répondre aux exigences de ces rapports sociaux compliqués qui le mettaient mal à l'aise, mais essayait de lutter chaque jour contre sa nature renfermée pour nouer des relations. Dans ce combat quotidien, l'amour était une chimère à laquelle il ne croyait plus et il se pensait asexué ou victime d'un mauvais tour de la nature qui aurait oublié de le doter de cette sensibilité. Finalement, était-il un humain comme les autres ? Quelle planète maléfique avait gravité autour de son berceau pour orienter ainsi sa vie ?

Ses parents, aujourd'hui disparus, ne lui avaient été d'aucuns secours et il avait toujours évité de s'ouvrir de ses angoisses et de ses questionnements auprès de son frère aîné avec qui il avait des relations conflictuelles. Au lycée, il avait été un élève brillant, mais solitaire. Il adorait depuis tout petit la technologie, dessiner des machines infernales capables, selon lui, de nettoyer les océans, ramasser les déchets dans l'espace ou produire de la nourriture sur les étoiles. Il passait pour un doux rêveur auprès de ses camarades de classe qui le laissaient tranquille et se contentaient de copier ses devoirs de mathématiques pour rattraper leur moyenne désastreuse.
L'adolescence était passée, telle une comète au milieu de son champ de vie, sans qu'aucune relation amoureuse ne vienne troubler ou enjoliver sa solitude. Cela ne lui avait pas paru anormal, mais son entourage se questionnait sur son devenir et les raisons de la distance qu'il s'évertuait à mettre entre lui et les gens de son âge.

Son diplôme de Créateur industriel en poche, il avait dû quitter le cocon familial pour se rendre en ville à la suite d'une promesse d'embauche reçue d'un grand groupe de génie civil. Il était content de rompre pour un temps avec la monotonie de cette vie rurale à l'ombre de ses parents qui l'étouffaient.
Leur décès suite à un accident de la route fut le commencement d'un sentiment de culpabilité qui ne le lâcherait plus. Il n'avait pas su être le fils qu'ils attendaient, il en était certain.

C'est à ce tournant de sa vie qu'il avait rencontré Églé et il sut dès leur premier échange que les jours qui suivraient ne lasseraient pas de le surprendre. Au fond de lui, il craignait cette nouveauté qui le déstabilisait, mais Églé électrisait tant ses pensées qu'il devenait insatiable et dépérissait littéralement quand il ne pouvait pas la voir, ne serait-ce qu'une journée.

Un jour qu'ils se promenaient au parc à l'heure du déjeuner, un jeune homme s'approcha d'eux et demanda à Philippe s'il avait l'heure, prétextant une panne de batterie de son téléphone portable.
Philippe lui donna la réponse et le regard insistant du garçon pénétra le sien avec une telle intensité qu'il en resta immobile quelques minutes, ne répondant pas aux appels d'Églé qui avait regardé la scène de loin.
― Dis donc toi, lui dit-elle après qu'il l'eut rejointe, tu ne serais pas sous le charme de ce bel inconnu ?
― M... mais non... n'importe quoi !
― Tu sais, moi ça m'est égal si tu préfères les garçons.
―, Mais, qu'est-ce que tu racontes ? Je ne comprends rien.
― Ben... en fait, je me pose pas mal de questions à ton sujet depuis qu'on s'est rencontré. Il y a de la retenue dans tout ce que tu fais, tu marches sur des œufs tout le temps, on dirait. Tu te comportes différemment avec moi, pas comme les autres hommes.
― Je ne suis pas comme les autres peut-être, mais moi je ne rigole pas. C'est toi que je veux à côté de moi et personne d'autre.
― Moi quoi ? Tu dis des bêtises. Je ne suis pas ta petite amie, je ne suis pas ta sœur, je ne suis pas ta mère ni ta cousine. Alors, je suis quoi, moi ?
― Tu... tu es... eh bien ! tout ça à la fois.
― Carrément ! Eh bien, j'ai du boulot ! En tout cas, je refuse d'être ton ombre, de marcher derrière toi et de ramasser les feuilles mortes que tu sèmes. Il va falloir te bouger si tu veux le revoir, ce type.
― Qu'est-ce qui te dit que je veux le revoir ? Tu es spécialiste en relations humaines maintenant ?
― C'est évident, Philippe, tu n'as pas vu à quel point ton attitude a changé quand tu lui as parlé. J'ai vu un autre Philippe tout à l'heure, c'était incroyable.

Après cet épisode, leurs discussions tournèrent principalement autour du sujet sans jamais nommer le trouble qui envahissait Philippe à l'évocation du jeune homme rencontré dans le parc.

C'est au cours d'une de ces soirées animées que Églé avait montré les premiers signes d'une fatigue extrême qui la clouerait au lit pendant une semaine entière. À son chevet dès que son travail lui en laissait la possibilité, Philippe passait une partie de ses nuits sur le canapé du salon dans l'appartement exigu de son amie. Un soir, après un énième épisode de vomissements, Églé accepta de se rendre chez le médecin dès le lendemain.
Ce dernier lui demanda de faire des analyses et prolongea son arrêt de quelques jours, le temps d'avoir les résultats.
Églé vécut cette attente en pyjama, se nourrissant de fruits et de yaourts, seuls ingrédients ayant grâce à ses yeux, malgré l'insistance de Philippe pour qu'elle avale quelque chose de plus consistant. Un soir qu'ils étaient en train de regarder un vieux film, le médecin appela Églé et lui demanda de passer à son cabinet le lendemain matin.
― Nous devons parler, je vous donnerai les résultats de vos analyses directement. À demain, bonne soirée.
Églé était restée interdite après ce coup de fil, en proie à des questions restées en suspens.
― Le médecin avait une voix bizarre, révéla-t-elle à Philippe. Il m'a fichu la trouille. Tu peux m'accompagner demain ? S'il te plaît...
― Ben, j'ai une réunion tôt le matin, mais je vais essayer de décaler. Ne t'inquiète pas, je viendrai avec toi.
― C'est pour ça que tu es unique et que je t'aime comme une folle, répondit Églé en l'enlaçant.
Philippe savoura ce moment volé à tous les prétendants que Églé passait son temps à éconduire, prétextant qu'aucun d'entre eux ne valait la peine d'être connu. Il sentait sourdre en lui une panique qu'il essayait de contenir. Quelque chose allait arriver, il en était sûr.

― Bonjour Madame, bonjour Monsieur, asseyez-vous, je vous en prie, les invita le médecin, tôt le lendemain.
― Bonjour Docteur...
Le médecin se racla la gorge plusieurs fois avant de poursuivre.
― Eh bien, je voulais vous voir rapidement parce que vos résultats... enfin vos analyses... ne sont pas très bonnes.
―... ?
À cet instant, Philippe saisit la main de Églé et ne la lâcha pas de tout l'entretien. Les mots égrenés par le médecin résonnaient entre eux, se catapultaient d'un bord à l'autre de leur cerveau sans contenir de sens tangible.
― Lymphome... ganglions lymphatiques... Hodgkin... traitement...
Églé écoutait en pétrissant la main de Philippe, mais ses pensées avaient rejoint d'autres contrées. Un cheval au galop filait en haut d'une colline verdoyante et elle avait envie de suivre sa course folle, d'échapper à cette litanie de mots incongrus et abscons. Le cheval ne s'arrêtait pas et elle plissait les yeux pour ne pas le perdre de vue, se concentrait de tout son être pour suivre sa trajectoire qui se perdit dans les noirceurs d'une forêt décadente et nauséabonde où le bois mort jonchait le sol et l'empêchait d'avancer. Alors, son regard se posa enfin sur le médecin, puis sur Philippe, un regard perdu, apeuré. Elle se leva et sortit de la pièce, laissant les phrases suspendues, sans se retourner, et alla s'assoir sur le trottoir devant le cabinet médical. L'air frais lui fit du bien et elle put rassembler ses pensées en une seule : elle avait un cancer, elle !
Philippe la rejoignit après avoir pris les consignes auprès du médecin et réglé la consultation.
― Alors, ça n'arrive pas qu'aux autres ! Mais est-ce que ce truc sait que moi je n'ai pas envie de l'avoir, que je n'ai pas envie de vivre avec lui ?
― Je comprends ta colère et je la partage. On va se battre, ensemble, et il n'aura pas le dernier mot ; les traitements sont au point maintenant, ce sera réglé dans pas longtemps, tu verras.
― Tu es gentil de me rassurer, dit-elle le corps pris de tremblements, mais là, j'ai la trouille !
― Allez viens, on rentre, il fait froid. Je vais téléphoner au bureau et leur dire que je ne peux pas venir aujourd'hui. On va monter le plan de bataille.
Ils rentrèrent, encore sous le choc de l'annonce et s'affalèrent dans le canapé. Le meilleur comme le pire défilaient dans leurs esprits échauffés et Églé finit par s'assoupir, la tête sur l'épaule de Philippe.
N'osant bouger de peur de la réveiller, il resta là, incapable d'un raisonnement cohérent tant l'avenir lui paraissait soudain incertain et vide.

C'est alors que le visage du jeune homme rencontré dans le parc s'invita dans ses pensées et tint Philippe aux aguets. Le film de son enfance et de son adolescence refit surface aussi et il entrevoyait désormais les réponses à toutes les questions qui le taraudaient depuis toujours et maintenaient son entourage aux abois.
Son attirance pour les garçons était une évidence à laquelle il se rendait petit à petit et la découverte de cette réponse à tous ses désarrois le fit sourire.
Au moment où Églé émergea d'un sommeil peuplé de monstres, il en était arrivé à la conclusion que la vie n'était finalement qu'un coup de théâtre.
― Que me vaut cette tête réjouie ? demanda-t-elle en bâillant.
― Tu sais, j'ai réfléchi sur ma situation et je pense que j'aime... enfin... que je suis homosexuel...
― Ah ben, quand même ! Il t'en a fallu du temps ! Bravo, je suis fière de toi, on va pouvoir passer à autre chose !
Encore sous le choc de sa révélation, il ajouta :
― Finalement, on est deux êtres complètement exceptionnels, extraordinaires. Toi avec ton truc de Hodgkin et moi avec mon « penchant différent » comme j'ai entendu dire.
― C'est ça, tu as raison. Sauf que moi je risque d'y rester dans l'histoire. Il va falloir en tenir compte dans le scénario.
Philippe prit la jeune femme dans ses bras et se mit à danser, entraînant son corps dans un mouvement langoureux et fluide. Ils restèrent enlacés un long moment, le temps qu'il fallait à leur esprit pour envisager un avenir au milieu de tant d'inconnu.

Pendant les mois qui suivirent le diagnostic, Églé supporta tant bien que mal les traitements médicaux et continuait à travailler avec un horaire aménagé.
Ils passaient presque toutes leurs soirées ensemble et échafaudaient des projets d'avenir tous plus fous les uns que les autres : acheter un immense terrain à la campagne pour y recueillir les chevaux de course en fin de carrière, y construire des maisons-bulles communicantes et transparentes pour garder un œil sur la nature alentour, faire un élevage de coccinelles dressées à manger les pucerons de la roseraie qu'ils auraient plantée, faire un voyage dans l'espace pour rencontrer d'autres civilisations et ramener de la poussière d'étoiles censée guérir le cancer, boucher les puits de pétrole pour forcer les États à utiliser de nouvelles sources d'énergie. Autant d'idées folles qui maintenaient le fil de la vie.

Le froid s'installant à nouveau, les promenades au parc s'espacèrent petit à petit et Philippe avait relégué sa rencontre avec le jeune homme dans un coin inaccessible de son cerveau. Tout son être était désormais tendu au bien-être de son amie qu'il voyait s'étioler peu à peu.

Il arpentait ainsi le chemin de ses souvenirs lorsqu'une voix faible le tira de ses pensées nostalgiques et son regard se posa dans celui d'Églé. Ce qu'il y vit le mit au supplice. Il sut à cet instant qu'elle capitulait, que la douleur était trop forte pour qu'une suite fût envisageable. Avec d'infinies précautions, il prit son visage entre ses mains et lui adressa un sourire profond, un sourire d'amitié et d'amour tout à la fois, celui qu'elle emporterait avec elle par-delà sa conscience. Il resta un long moment tenant ses joues émaciées dans ses paumes. Puis il quitta la chambre d'hôpital, laissant ce corps inhabité exsangue sur le lit blanc. Il se dirigea comme un automate vers la cafétéria où il prit un café au distributeur, un de plus, dont il redoutait à l'avance le goût amer. Il se laissa tomber sur une chaise et, les yeux perdus sur les arabesques du décor mural, il resta là, il attendit. Lorsque l'hôpital se nimba de pénombre, une infirmière vint s'assoir près de lui.
― Bonsoir... je... votre amie est partie... je suis désolée. Elle a laissé ça pour vous, elle m'avait demandé de vous la remettre en mains propres.
L'infirmière lui tendit une enveloppe où figurait son prénom, écrit d'une main gracile et tremblante.
Philippe la remercia et se leva, un poids d'une lourdeur infinie pesait sur ses épaules. Il avança dans le couloir vide et se retourna une dernière fois vers la chambre où Églé avait cessé de se battre et de respirer. Il ne désirait pas la revoir, pas dans cet état. En sortant de l'hôpital, ses pas le menèrent automatiquement vers le parc. Il ne lutta pas, c'était inutile. Il s'assit sur leur banc fétiche, celui qui avait scellé leur amitié, et commença la lecture de la lettre.

« Cher Philippe, mon amour d'ami,
juste quelques lignes pour te remercier d'avoir été là pour moi. Dès que je t'ai vu, j'ai su que quelque chose de particulier nous lierait pour toujours. Tu es celui qui m'a redonné confiance, celui dont je n'ai jamais eu peur, celui qui a laissé s'exprimer ma personnalité, avec ses angoisses et ses peines, ses joies et ses délires... »

La lettre continuait, fleuve de confidences rejoignant une mer de souffrance inavouée. Elle racontait l'origine de sa méfiance viscérale envers les hommes, les attouchements qu'elle avait subis de son propre père alors qu'elle n'était qu'une enfant, sa fuite du domicile familial et son refus de revoir ses parents. Elle disait combien de fois elle avait essayé de porter plainte et combien de fois elle avait fait demi-tour devant le commissariat. Elle disait les subterfuges qu'elle inventait pour éviter les invitations à dîner de ses collègues ou des hommes qu'elle rencontrait au gré des soirées entre ami. e. s.
Églé écrivait aussi combien elle avait ressenti au plus profond d'elle-même la blessure de Philippe, celle qu'il n'osait regarder en face. Elle disait combien elle le comprenait et combien il devait se battre pour se faire accepter et reconnaître tel qu'il était.
Chaque phrase, chaque ligne était un cri, un poing de défi levé à la face du monde.
Elle finissait sur l'espoir d'un bel avenir et la force qu'elle avait mise dans ces mots tira à Philippe des larmes salvatrices.
« Mon ami, mon amour, je te promets un avenir radieux, je le sais, je le sens. Deviens ce que tu es et vis pour moi et pas sans moi. Au revoir, je t'aime à jamais. Églé »

Tout à sa lecture, Philippe ne remarque pas le jeune homme qui vient doucement s'assoir près de lui. Lorsqu'il lève les yeux du papier maculé de larmes salées, le garçon lui prend la main et la serre fort dans la sienne. Alors les larmes redoublent, rivière de tristesse pour noyer le passé et torrent de joie pour embrasser l'avenir, en mémoire de Églé.
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Doria Lescure · il y a
récit bien écrit et bien construit, avec des personnages très bien campés, plein de relief, dans cette histoire toute en finesse. Le ryhtme est fluide et même si dès le début on sait comment va se terminer le récit, on n'en reste pas moins pris par la sincérité et la justesse du ton dans cette belle histoire triste.
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Chantal Sourire · il y a
Une grande émotion à vous lire !
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Florence Cartraud · il y a
Merci pour ce gentil commentaire qui fait perdurer l'émotion de ce texte
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François B. · il y a
Un texte très émouvant dont les deux personnages sont très attachants ; malheureusement il faut le départ de l'un pour que l'autre se révèle pleinement à lui-même. Mon soutien
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Florence Cartraud · il y a
Merci pour votre soutien. Je sais que Eglé plane au-dessus du coeur de Philippe pour toujours et suivra d'un oeil bienveillant sa destinée
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Eva Dayer · il y a
Un joli récit qui commence comme une romance et puis la vie et ses travers bouleversent ce quotidien . Lui finit par reconnaître et accepter sa différence tout en soutenant son amie . Une belle écriture, bravo !
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Florence Cartraud · il y a
Merci pour ce joli commentaire. Une romance de vie, c'est vrai
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Carl Pax · il y a
Une très jolie histoire d'amour-amitié, une complicité toute en délicatesse avec de belles envolées (le cheval au galop, les projets fous) jusqu'à la chute, d'Eglé à bout de souffle et du nouveau souffle de vie de Philippe.
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Florence Cartraud · il y a
Le souffle, ce qui nous manque parfois pour aller au bout de nos rêves, pour respirer le monde et s'enivrer de ses parfums, le souffle trop court d'une vie qui s'éteint parfois trop vite. Merci de m'avoir lue
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Carl Pax · il y a
Une chanson hommage triste que le chanteur lui-même a du mal à chanter, "Tu le sais bien on est vivant,
Tant qu'on est inconscient" https://www.youtube.com/watch?v=QJ6XC1nC1dA

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Keith Simmonds · il y a
Mon soutien pour cette œuvre écrite avec beaucoup de sensibilité et d'émotion !
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Florence Cartraud · il y a
Merci pour votre soutien. C'est un texte que j'affectionne particulièrement et que j'ai écrit avec beaucoup d'émotion effectivement
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Ginette Flora Amouma · il y a
Comme c'est triste ! Des destins croisés , des promesses d'avenir et le spectre de la mort .
Une atmosphère en dem-teintes , une écriture délicate .

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Florence Cartraud · il y a
La mort n'est pas la fin ici, elle est le révélateur, l'entrée dans un autre monde que Eglé dévoile à Philippe ; celui de l'acceptation de soi. Merci de m'avoir lue
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JAC B · il y a
Un texte bien écrit tout en sensibilité même si j'ai eu un peu de mal à faire le parallèle entre l'homosexualité refoulée et un cancer. La tendre amitié qui réunit les deux personnages est touchante, je like Florence.
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Florence Cartraud · il y a
Merci. Le cancer est vécu comme un temps suspendu qui permet à Philippe de se découvrir réellement et de comprendre vers quoi tend son futur.

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