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Marcel Prout

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En compétition

Ça y est on y est arrivé !
Enfin.
Éternel rêve humain. Universel.

La première machine à remonter le temps est au point, dans le plus grand secret, évidemment.
Strictement française elle est. Pour une fois que l'on est en avance sur les autres...
Bon, un peu de technologie russe et chinoise, mais la mise au point c'est
Moi !
...l'ingénieur en chef de cette merveille.

Reste à tester son fonctionnement. Il faut un début à tout, et là ça ne se bouscule pas... faut dire qu'un aller simple est très possible, pas sûr de revenir; téléportation, c'est-à-dire que la machine reste là, pas fous les dirigeants de la French Company, des recherches et une machine qui a coûté des milliards... alors vous pensez bien.
Etre le seul célibataire dans le secret, sans enfants, sans amour, désespéré de la énième défaite du PSG en coupe d'Europe, me donne un profil cobaye pilote d'essai tout à fait acceptable. La Company est d'accord, confidentialité oblige, on reste en famille.

Reste la déontologie ; pas question de se balader pour refaire l'Histoire. Imaginez une partie de football où chaque action serait rejouée à l'infini, la balle à gauche, non ça ne va pas, alors on la rejoue cette fois à droite, tout change, on aurait là un match rejoué encore et encore et qui n'aurait plus de sens... Chaque seconde de notre présent écrit notre avenir.

Le reste est une question de bon sens :
Allez donc parler naufrage au capitaine du Titanic, il vous rira au nez ; son bateau est le plus grand, le plus beau, totalement insubmersible en plus, et vous, n'êtes qu'un agent d'une puissance étrangère voulant discréditer le fleuron de la marine britannique !
Allez oust du balai !
Vous parlerais-je d'un Kennedy, au choix, qu'il vous resterait à convaincre, sans finir dans une geôle d'un FBI parano, comme complice d'un complot dont personne n'aurait entendu parlé..?
Essayez un peu d'approcher le carrosse du bon roi Henri IV, son tueur y est parvenu à un moment exact que nul ne reproduira sans rater son coup !
Impossible non plus de réserver un TGV à Grouchy pour qu'il arrive à temps à Waterloo !
Pas question non plus de parler aux généraux français de nos dernières débâcles ; on vous répondrait derechef : accords de Munich, ligne Maginot, armée invincible où « il ne manque pas un bouton de guêtre »...
Eh hop, au poteau pour intelligence avec l'ennemi !

Bref, on ne va pas y passer la journée, on ne peut changer un événement qui n'a pas encore eu lieu.
Point final.

Alors où aller, et pourquoi ?

Ma famille n'est pas très grande, alors chaque personnage y a sa place bien ancrée. Ainsi mon arrière grand-mère occupa le restant de ses jours à chercher la dépouille d'un fils tué à la guerre de 14 pour le rapatrier dans le caveau familial. Il faut dire qu'elle ne devait pas être la seule, et que, vu l'hécatombe, il fut impossible dès le début du conflit de rapatrier les troufions d'où ils venaient. Pour la énième fois de l'Histoire les Huns étaient à cinquante kilomètres de Paris, on avait autre chose à faire.
La Mémé finit donc sa vie avec quelques photos sépias et les yeux humides de souvenirs.
Puis vint ma grand-mère qui me parla de son grand-frère. « Un dur de dur qui ne se laissait pas faire ».
Et puis... plus rien.

Jusqu'au jour où, mettant de l'ordre dans les papiers familiaux d'une armoire oubliée, j'ouvre une boîte et tombe sur des photos, lettres, documents militaires concernant ce grand oncle du passé, jusqu'au rapport détaillant ses blessures ! Rien de plus sur son lieu d'inhumation, mais peu importe. Deux clics sur internet firent plus que des années de recherches de mes aïeules !

Elles n'avaient rien, j'avais tout ; dates et lieux des engagements de son régiment, et bien plus encore, une machine qui me permettait de le retrouver !

Tout étourdi, j'expose mon projet à mes supérieurs qui s'inclinent devant mon élan patriotique et sentimental. Par contre un tel voyage dans une zone de conflit représente un danger. J'y vais physiquement, exposé comme tout un chacun, une balle ne ferait pas de différence entre un poilu et un téléporté du XXIe siècle.
J'assume.
C'est trop tentant.
On verra bien.

Me voilà seul sur le bastringue.
Pour seuls témoins, les cadres sup de la Company, nerveux, inquiets.
Moi pas.
Enfin, pas trop,
car je suis ceinturé de technologie, bourré d’électronique dernière génération avec la super puce XV55KZ... ticket de retour bien serré à la taille,
mes doigts tremblants programment un lieu : Bois du village de Marfaux. Epernay,
une date : 25 octobre 1918, veille de la mort d' Edmont Maurel, sergent au 3e RMA,
j'appuie sur le gros bouton rouge,
une forte nausée
odeur d'humus
de bouffe
un corbeau tout là-haut
des arbres
toujours cette nausée
impression d'une longue sortie d'anesthésie...
Je m'assoie péniblement
des voix là-bas sur ma droite.
rires.
Ça parle français.
Je pense seulement maintenant que j'aurais pu atterrir dans l'autre camp, le gag !
Des hommes entourent une sorte de petite locomotive fumante.
Je m'approche, prudent.
Le vent m'envoie directement l'effluve de la marmite, j'ai faim.
—  Eh dis donc, regardez moi c'toiseau, c'est d'où qui sort !?
Un gros bonhomme hirsute s'approche.
— Bah dis donc comment t'es attifé mon gars ! Tu serais pas un boche par hasard !?
— Euh non non m'sieur !
— Dis-le sinon, y'a pas un jour sans qu'y en ait qui s'rendent. Y z'en ont marre autant que nous autres... Hein les gars !?
Un autre type blond arrive, bouffarde aux lèvres :
— Mais non. Comment veux tu qu'un boche arrive de par là ? Réfléchis un peu Dugommier.
Qui es-tu mon gars ?
— Euuuh je cherche Edmond Maurel
— Le sergent ? Et que lui veux-tu au sergent ?
— Baaah voir comment y va. Et puis lui apporter des nouvelles de sa petite sœur...
— Eh bien il en a de la chance Edmond. Des nouvelles comme ça, ici ! Bientôt on pourra inviter la famille. Ça sent la fin les gars ! Tiens viens un peu goûter le rata du Corse !
— J'voudrais pas abuser (en forçant l'accent Titi pour la confiance).
— Tu rigoles ou quoi !? Des nouvelles de l'arrière que tu nous donnerais le ventre vide !
Ange, refile lui une tranche !
Un type très brun approche, sort un couteau effilé d'une main et un saucisson noir de l'autre et m'en coupe de mauvaise grâce une mince tranche.
— C'est de l'âne de chez nous, du vlai. À partager avé les amis, pas avé les zazous parisiens...

C'est vrai que je suis rasé de près. Propre. Heureusement que je n'ai pas débarqué en costard ! Eux, sont plus ou moins sales, puent la sueur, portent quasiment tous la barbe, rougeurs sur la peau, des dents manquent aux moins jeunes. On se regroupe autour de moi. Dans mon enthousiasme je n'ai pas préparé de baratin à leur servir.
Leurs mines intéressées me prédisent que j'ai eu tort.
Merde, où est donc passé Edmond ?!
— (Le blond) Bon alors, comment ça se passe à Paris ? Je suis instituteur à Levallois et toi ?
— Du douzième comme Edmond. Bah ça va. Les gens attendent l'armistice quoi.
Un grand balèze surgit de nul part s'interpose ;
— L'armistice!? Mais qu'est ce qu'il raconte c't'oiseau là !? C'est Clémenceau qui t'envoie nous la faire ou quoi ? Et puis tu es de quelle unité dis-nous ?
J'ai l'éclair de mon grand-père Georges en 40...
— Je suis belge. Je n'ai pas pu rentrer quand les allemands nous ont envahi.
— Laisses-le tranquille Chabot, il a pas l'air d'un espion... et puis espionner quoi ? La marmite du corse ?
Rires.
Chabot se rebiffe.
— Depuis quand on laisse les civils traverser les lignes !? Merde, je vais faire le chemin à l'envers moi !
— Ouai (fait une voix derrière), en parlant de marmite, les gars du 111e s'en sont pris une hier pas loin, quarante gars y sont restés !
— Bon, tant mieux, dit l'instituteur à ma rescousse, ça prouve que ça sent la fin. C'est vrai mon garçon qu'il n'y a pas si longtemps on t'aurait collé au poteau pour moins que ça... Débarquer ici comme au théâtre !
— M'étonne pas moi (une autre voix), ma dernière perm y'avait des bourgeois partout, des femmes que j'te dis pas, d'la musique, les cafés pleins. Les gens f'saient la grimace en me r'gardant. Tu parles que tout le monde nous oublie après quatre ans ! C'est nous qu'on trouve le temps long.
— Quand même (Chabot), les gendarmes ! Ce gars qui arrive comme ça. Nous ont fait assez chier ceux-là ! Je m'en vais dire deux mots à Lefort !
— Y z'ont en marre eux aussi. Et puis qu'est-ce-qu'on en a à foutre !? (un autre)
Ah bah tiens v'là l'sergent !
Sergent, y'a un pays à vous en visite...

Je reconnais tout de suite l'Edmond Maurel de la photo. Pas très grand. Forte moustache. Le pas décidé. Le sourcil froncé de curiosité. Le gars à qui on l'a fait pas. Me fait penser au personnage de Conan dans le film de Tavernier. Et la voix... exactement celle du type qui est chez lui et qui fait ce qu'il veut...

— Alors, combien de victimes du corse aujourd'hui !? Si au moins il nourrissait les boches on aurait gagné la guerre depuis longtemps...
Ah oui tiens, un garçon élégant, ça nous change un peu le quotidien. C'est pour moi que tu es là ?
— Oui. J'ai des chose à vous dire...
— Eh bien vas-y garçon, dis-moi .
— C'est... privé plutôt.
— Ah, si c'est privé alors, on passe au salon.

Il me désigne une petite cabane à l'orée du bois que j'aurais pu remarquer en arrivant. Preuve qu'ils sont cantonnés là depuis un moment. Tout est bien agencé à l'intérieur. De tout fait avec du rien. Des gens débrouillards. Des survivants.

— C'est étonnant ici.
— Oui. On se débrouille. Personne ne regrette les tranchées.
Il me regarde.
— J'en ai vu des choses depuis quatre ans mais ça... Je t' écoute.

Mon cœur va s'éjecter de ma poitrine d'une seconde à l'autre...

— J'ai pensé que vous aimeriez avoir des nouvelles d'Yvonne (sa petite sœur, ma grand-mère).
Elle va bien.
Ses yeux se voilent. J'ai à faire à un humain.
— Vous l'avez vue récemment ?
— Oui. C'était... dimanche dernier.
— Ah oui où ça ?
— A la maison du Bourget.
— La maison du Bourget ?!
Pitain la bourde ! Yvonne et son mari n'emménagèrent au Bourget que dans les années 30 ..! Je me sens rougir jusqu'aux oreilles.
— Vous êtes sûr que vous me parlez de ma sœur ?
— Oui oui. Yvonne Maurel qui a onze ans. Elle me parle souvent de vous. Elle vous admire.
Il sourit. Je respire mieux.
— Parlez-moi d'elle.
— Eh bien... Elle travaille très bien à l'école. Ses parents sont très fiers...
Il se redresse. J'ai dû dire encore une connerie...

Un voyage comme celui-ci se prépare. J'ai déconné. Il sait que je lui mens.
Je me rappelle Yvonne me parlant de lui. Il a fait toute la guerre. Simple homme du rang en 14, sergent en 18; un dur, respecté de ses hommes, qui a gagné ses galons l'arme au poing sur bien des champs de bataille,
corps à corps, blessures...
...un tonton pas gâteau du tout et qui n'hésiterait pas à sortir sa baïonnette si je continue de lui bredouiller des bêtises...

— Monsieur, vous ne sortirez pas d'ici avant de me dire qui vous êtes !

C'est fini.
Je suis obligé de tout dire sous peine de m'enfoncer d'avantage. Après tout je préfère qu'il me prenne pour un dingue que pour un espion, un provocateur, ou je ne sais quoi...

— Bon. Vous n'allez pas croire ce que je vais vous dire, mais je peux vous jurer sur la tête d'Yvonne que c'est la vérité.
— Dépêche-toi bonhomme, tu retardes mon souper là...
— Yvonne est ma grand-mère. Je viens de...votre futur.
— Ah tiens. Et personne n'est venu avant aujourd'hui pour arrêter tout ça !?
— Non. Je suis le premier voyageur. J'ai choisi de venir ici par respect pour une vieille dame qui a passé le restant de sa vie à vous pleurer, votre mère.
— Continuez.

Il se lève. Prends une timbale sur une étagère et se sert un liquide jaunâtre d'un vieux flacon. Se rassoit. M'invite d'un geste du menton à continuer.
Je ne peux pas croire qu'il est là à écouter l'inimaginable. Je devrais avoir avec moi des photos modernes, d'avions, de fusées, de télévisions...de tout ce qui pourrait lui prouver ma bonne foi. Au lieu de ça...

— Vous allez gagner cette guerre Edmond, mais vous n'y survivrez pas.

Il me regarde. Je vois son expression changer malgré l'obscurité de la cabane.
Je réfléchis.
Je viens d'annoncer sa mort à quelqu'un qui me menace et qui n'aurait aucun mal à me tuer. Je ne peux plus être un plaisantin. Edmond est intelligent. Qui donc oserait venir lui chercher querelle, et en plus dans un contexte qui lui est si favorable ? Lui soutirer de l'argent ? Il sait que je connais sa famille... rien à espérer de ce côté-là.
Reste le fou. Mais quel fou arriverait à franchir les lignes ? Et puis, ai-je l'air d'un fou ?

— Continuez.
— Les allemands n'ont plus les moyens de continuer la guerre. Chez eux la révolution gronde. Ils vont capituler et proclamer une république.
— C'en est fini des guerres alors ?
— Non. Il n'y aura pas de « der des der »... Bientôt une plus meurtrière encore éclatera. Et puis il y aura la paix en Europe car les nations s'uniront dans une sorte d’États Unis européens.
— Même avec les allemands !?
— Surtout avec eux. Ils seront la puissance économique majeure avec nous.
— Mais alors, à quoi bon tout ça !?
— Les guerres précipitent toujours les choses. On renaît de nos cendres. La Convention rêvait d'universaliser la République, elle a échoué, mais après elle rien n'a plus jamais été comme avant.
— États Unis d'Europe... c'est inouï !?
— Ce n'est pas encore fait. Les circonstances économiques ne suivent pas et les exigences nationales ont repris le dessus. Et puis, comment réunir un grec et un suédois sous le même drapeau ? L'Europe vieillit. Les guerres à présent sont économiques avec des pays lointains. C'est pour ça que nous cherchons d'autres ressources. Mon voyage ici en est une conséquence.
— Les gens comme vous se promènent ainsi dans le passé ?
— Je suis le premier Edmond.
— Et qu'allez-vous faire ensuite ?
— Sûrement pas grand chose puisque l'on ne peut pas changer ce qui s'est produit. Je ne suis qu'une étape.
— Pourquoi m'avoir menti sur Yvonne ?
— Je n'étais pas venu vous raconter tout cela... Sachez que je suis né en 1954 et que Yvonne est ma grand-mère. Vous êtes donc mon grand-oncle. Elle m'a tant parlé de vous et du chagrin de votre mère que je n'ai pu résister à l'envie de venir vous connaître.
— Juste comme ça ?
— Juste comme ça.
— Pouvez vous me dire la date de ma mort ?
— Je peux mais ne le ferai pas parce que je ne peux rien y changer.
— Et si vous le pouviez ?
— Je ferais beaucoup mieux Edmond. J'irais dans un passé plus lointain voir deux hommes ; Napoléon Bonaparte et Monsieur de Talleyrand.
Je leur conjurerais d'abord de se réconcilier, ce qui amènerait les deux hommes à gouverner ensemble après leur rupture de 1807. Je dirais ensuite à Talleyrand qu'il a bien raison de concentrer ses efforts sur la Prusse. Resterait à convaincre l'Empereur que les frontières de son empire de 1810 seront à leur extension maximale. Resterait à répandre l'esprit des Lumières d'une façon plus pacifique et de desserrer l'emprise française, petit à petit, tout en gardant une armée forte.
Plus de guerres. Faire confiance aux peuples, garder l'esprit de la Révolution pendant qu'il en était encore temps.
— Bel esprit patriotique.
— Pourquoi pas ? Ce serait universaliser l'esprit de la Révolution. Plus de Waterloo donc plus de retour des rois en France. Plus de Second Empire donc plus de guerre en 1870, et donc plus de cette guerre revancharde qui va vous tuer Edmond.
— Oui, mais peut-être d'autres que l'on ne peut imaginer !?
— Sûrement, mais j'aurais essayé au moins...

Nous rions.

Il se sert un autre verre qu'il me tend. J'ai l'estomac vide et la tête me tourne.
— Mais comment allez... comment vas-tu t'y prendre pour retourner en... quelle année au fait ?
— 2019.
Je dégrafe ma ceinture de salut afin de lui montrer le processus qui me fera revenir d'où je viens. J'entends quelque chose tomber à terre. Mais oui, une pièce d'un euro ! Je lui montre. La monnaie européenne. Plus de francs. La preuve d'un futur avec l'année 2010 gravée dessus!
Je marque un point.

Il sort et nous ramène une assiette d'un ragoût que je trouve délicieux...
— Ah oui, que je te montre ça regarde !
Je déplies ma ceinture, en sors mon billet de retour, une puce électronique dans une boucle en or qui ne s'oxyde pas. Un bouton. Je lui explique. Il semble convaincu. Je suis heureux.
Nous parlons encore un peu en buvant. Je lui parle de sa mère, mon arrière grand-mère, dont j'ai quelques lointains souvenirs. D' Yvonne aussi bien sûr, de sa fille qui sera ma mère...Il sourit.
Nous buvons encore,
je m'endors.

Le chant d'un oiseau.
Une odeur de feu de bois et de café.
Un mal de tête de nos agapes de la veille...
Je sors.
On me salue.
— Où est passé Edmond ?
— Je ne sais pas.
Personne ne sait.
On me donne une tasse de café brûlant.
La canonnade n'est pas loin. Les hommes sont nerveux.
Je ne veux pas partir avant d'avoir salué Edmond .
On ne fais plus trop attention à moi. Je ne suis plus un danger.
Où est-il donc ?
Un obus tombe tout près, au milieu du bois !
Je rentre chercher la boucle...
Je ne la trouve pas !!!


La première section du 3e RMA fut bombardée ce 29 octobre 1918.
Aucun homme ne survécut.
Ils furent tous identifiés grâce à leur plaque d'identité,
sauf un civil dont personne n'avait entendu parlé,
et un sergent qui vint grossir le rang des disparus.


Edmond Maurel retrouvera sa sœur et sa mère.
Il se mariera en 1922 et aura quatre enfants.
Il prendra sa mère à son domicile, comme cela se faisait encore.
Yvonne les invitera souvent dans sa maison du Bourget.
Janine, sa fille, aura un garçon qui ne sera pas ingénieur.

Il n'y aura jamais de machine à remonter le temps.


.

PRIX

Image de Printemps 2019

En compétition

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Marie Quinio · il y a
Super histoire ! Ah la téléportation, j'en rêve !! Je vous découvre grâce à votre publication sur Facebook sur le site des Auteurs de ShE... A bientôt
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Katia · il y a
Très touchée par cette histoire...
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Samia.mbodong · il y a
Belle histoire que cette machine à remonter le temps.
Finalement l’histoire n’a pas été changé sauf Edmond qui a rejoint le bon côté du destin
Bravo et merci je soutiens.

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Fred Deuhm · il y a
On est pris jusqu'au bout par ce récit fluide, bien écrit, amusant. Et cette chute! Et ce vertige infini des possibles qui tombent comme des obus! Bravo Marcel
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Julia Chevalier · il y a
On ne joue pas impunément avec le temps
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JACB · il y a
Trop drôle Marcel ! On ne joue pas avec le temps, c'est lui qui nous rattrappe...*****
Des textes de paysages et de bricolage sur ma page, à bientôt et bonne chance.

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Moniroje · il y a
et aujourd'hui, 9 Avril 2119, au Salon de Genève, Renault a dévoilé son mobile 2120 qui va jusqu'à 120 AL (années-lumières) ! et remonte jusqu'à 4000 années ! (dans le passé, bien sûr.)
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Christian PHILIPPS · il y a
Joli contre-pied final !
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Keith Simmonds · il y a
Une superbe plume pour cette œuvre fluide et empreinte d'une philosophie pour la vie ! Mes voix ! Si vous avez le temps, une invitation à assister au “Sommet des Animaux” qui est en lice pour le Prix Short Paysages 2019 ! Merci d’avance et bonne journée!
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/le-sommet-des-animaux

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Champolion · il y a
Je me doutais bien Marcel,que tôt ou tard,tu partirais à la recherche du temps perdu! (je n'ai pas pu résister à la tentation il est vrai,un peu facile!...)
Tu viens de nous offrir un texte remarquable à qui je donne mes voix enthousiastes
Champolion

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