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Écologie soumission.

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Politique

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La démission de monsieur Hulot consterne les observateurs. Il a fini par céder. Il n'en est désormais plus. La ligne politique libérale et productiviste du gouvernement est découverte tardivement par le ministre, qui met tout de même seize mois à la récuser. Le pouvoir, en effet, s'oppose souvent à la construction d'une réflexion et la tentation de s'afficher en pleine lumière se fait souvent au détriment du cheminement antérieur. Nicolas Hulot n'échappe aucunement à la règle. Le candidat battu à la Primaire écologiste de 2011 affiche une nouvelle fois ses difficultés à entrer dans l'arène. Comme bon nombre de nos camarades socialistes devenus un jour ministres et n'y trouvant jamais leur compte, il s'oppose au mur que constitue la réalité gouvernementale. Sous son magistère, ni le carbone, ni le glyphosate n'ont vu leur poids économique diminuer. Le bilan législatif est faible. Les réalisations sont peu nombreuses. Le ministère de la parole a, certes, été beaucoup occupé. Et les menaces hebdomadaires de démission ont fini par l'emporter.

La question du politique et de son utilité en matière écologique se pose, à travers lui, avec acuité. Est ce que le système capitaliste est compatible avec des décisions fortes en la matière ? Faire du profit et maintenir des emplois exige une production nécessairement soutenue et souvent marquée par bien des dégradations. La conscience des salariés ne s'absente jamais, lorsqu'ils voient et entendent ce qui compose leur outil de travail, notamment en terme chimique . Ils ne se font aucune illusion sur le sujet . Et cet homme , animateur hors pair et excellent financier , semblait davantage incarner la mauvaise conscience que l'action concrète sur le terrain. Introduit par tous les présidents depuis 1995, il avait une réelle connaissance de la situation. Mais les bras manquaient pour ce qui touche à l'action. Les moyens aussi, sans doute. Ne pas avoir de parti derrière lui suffisamment structuré et fort en nombre, susceptible de "faire masse", également. L'action passe par la quantité de cartes prises dans l'ensemble du pays. La mouvance écologique reste étonnamment faible en terme de structures partisanes. Et électoralement inexistante. Notre Parti se dit, lui même, "social-écologique" et n'hésite pas à "piquer" le terme à ses détenteurs officiels et légaux. Sans que nul ne le lui reproche jamais. Mettant le Parti Vert désespérément dans une soumission politique étonnante. Vis à vis de laquelle il se révèle incapable de se tenir à distance. Les prébendes et les mandats jouant leur rôle. Nous nous souvenons de Lalonde , de Waechter et de Voynet . Parti monté à 16 % aux Européennes de 2009. Mais incapable de confirmer par la suite. Et toujours "l'obligé" de nos couleurs , pour cause de leaders ne souhaitant pas vraiment prendre leur indépendance. Hulot , comme ses prédécesseurs, aura été l'homme sandwich d'un gouvernement dirigé par un autre parti que le sien et animé d'autres convictions que les siennes. L'homme à l'hélicoptère et au scaphandre aura bu la tasse aussi pour cette raison. Il faut, un jour, s'affirmer et refuser d'être colonisé.

Vouloir être seulement le cartel des fleurs et des petits oiseaux sans dégager une vision du monde reliée à l'internationalisme vous met toujours en position délicate. Les écologistes , influencés par Steiner et la permaculture, ont beaucoup d'arguments à faire valoir, notamment en matière de développement et au sujet de l'Afrique. On aimerait les entendre davantage au sujet de la répartition des biens à la surface du globe. Tragique facteur de destruction des forêts et des écosystèmes. Ils sont, chez nous, les sympathiques gérants de magasins bios, mais la pensée "globale" ne franchit pas forcément le seuil de la supérette. Les luttes sociales les intéressent peu. Ils se soucieront beaucoup du destin de la nappe phréatique, mais auront du mal à proposer des emplois de substitution, des formations adaptées, des livrets permettant de s'imprégner du contexte scientifique et géologique, la connaissance rendue accessible à tous demeurant un terrible talon d'Achille dans leur combat. La science, la biologie, la technologie, ce seront souvent des angles morts dans leur argumentation. Et parfois même n'auront pas leur place . On préférera le slogan réducteur aux chiffres et aux graphiques. Ce qui sera plus médiatique, certainement. Mais il ne faut pas, non plus, nous prendre pour des enfants incapables de comprendre et de réagir, heureux d'user leurs sacs jaunes, mais ne méritant pas qu'on leur explique à quoi cela sert et ce qui est véritablement recyclé. On nous dit que 80% du produit trié ne fera jamais l'objet du moindre traitement. Le "continent plastique" serait le sixième continent. Moins de plastique passe par moins de chimie. Et moins de chimie, c'est moins d'industrie et d'emplois.....
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