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Eglisseron (La licorne)

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Leo Pende

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Courir, courir....il faut que je puisse leur échapper
S’ils m’attrapent, ils vont me tuer et me faire souffrir avant de me tuer.
Courir...leur échapper.
L’homme en guenilles courait à perdre haleine, à travers les bois, sautant par-dessus les petits ronciers. Les branches lui fouettaient le visage, essayaient de le retenir prisonnier ou, au pire, retenait sa fuite éperdue.
Il courait, courait de la vitesse de ses jambes et sa résistance à la course. De ces deux aptitudes dépendaient sa survie.
Les aboiements des chiens et le bruit des sabots des chevaux semblaient se rapprocher de plus en plus.
Il entendait craquer les branches sous la poussée des poitrails des chevaux.
Depuis combien de temps courait-il, ça n’avait pas d’importance : seul comptait courir et échapper à la meute.
Il se sentait et ressentait ce que le gibier devait percevoir, quant lui, aidait les seigneurs de son conté à chasser les grands gibiers.
Eviter les bauges et les rebuchets ou les petites mares boueuses ou les cervidés se précipitaient, poursuivit par la meute et qui finissaient inévitablement par se faire prendre et été tués sans pitié avant d’avoir été déchiquetés par les gueules des chiens.
Il fallait se comporter un peu comme le sanglier qui ne succombait que épuisé par la course et se retournait pour faire front et bourrer les chiens avant de finir avec un pieu dans le corps.
Lui, il était un homme et avait une intelligence, même si celle-ci lui avait fait commettre une énorme bêtise, impardonnable devant ses maîtres et peut-être devant dieu.
Mais, il avait le temps de le rejoindre celui-la, s’il existait vraiment...pourtant le curé en avait l’air tellement persuadé et sa femme aussi.
mais lui, restait quand même sceptique devant toutes ces histoires de bondieuseries...sa condition de serf et toutes les souffrances et les malheurs qui était arrivé à des amis et connaissances du hameau et des villages voisins commençait depuis pas mal d’années à l’en dissuader.
Mais à quoi bon le dire et exposer ses pensées, les gens étaient trop encrés dans les croyances et trop enclin à écouter les sermons du curé qui n’était que le maître à pensé de la paroisse.
Et puis d’où venaient toutes ces idées hein... du maître le seigneur qui commandait et régissait tout .le curé jouer sur les deux tableaux.
Être bien chez le maître et bien avec les villageois des deux cotés, sa pitance et sa tranquillité en dépendait.
Le maître, le maître, le maître... tout était de sa faute cette ingrats il promettait mais ne tenait pas ses dires et ces promesses n’étais ce pas lui qui avait ; sur les dire de son régisseur promis une récompense a celui qui l’aiderais a capturer la bête.
Sa récompense a lui allait être une fin misérable s’ils le prenaient.
Il avait bien essayer de capturer la bête mais étais ce de sa faute si elle était morte d’un arrêt du cœur dans le piège qu’il lui avait tendu.
Le cœur n’avait pas tenu elle gisait la empêtrer dans le filet qu’il avait si patiemment tressé de ses mains.
il lui en avait fallu du temps pour tresser cette nasse et la faire de manière que la bête ne s’abîme pas et reste en vie de sorte a pouvoir toucher une récompense encore plus belle que celle promise juste pour ça capture.
La donner belle au maître sans blessures avec le poil brillant et l’oeil vif.
Telle avait son but son graal sa quête.
La recherche de fines écorces de sureau et leurs tressage lui avait pris des semaines tout en entendant la peur au ventre les : je l’ai vue je l’ai frôler je l’ai touché j’ai faillit la prendre avec cette corde...
Toutes ces histoires lui avaient mis les nerfs à vive épreuve même s’il savait que certaines n’étaient que purs fantasmes et vantardise de compagnons de rêves de la récompense.
Cette récompense devait être à lui et sa famille et pas à n’importe qui.

Et le sang qu’il avait sur ces mains ce sang était le sien...mais qui le croirait à ce jour.... son propre sang il s’était entaillé le bras à la corne de la bête pour lui faire boire peut-être pas boire c’était un bien grand mot mais au moins lui humecter les lèvres, car la légende disait que, qui bois le sang de la bête deviendra immortel, alors pourquoi pas le contraire...lui faire boire le sang de l’homme et la ramener à la vie...il avait essayé, mais rien n’y avait fait, la bête était restée sans vie...
Stupides croyances. tout n’était que foutaise et tricherie dans ce monde.
Continuer à courir... leurs échapper... ils se rapprochent...
Quelle était belle cette bête, il l’avait libéré du filet mais elle ne bougeait pas. Pourtant elle était encore chaude, cela ne devait pas faire longtemps que son cœur avait lâché.
Il avait passé un bon moment à la caresser et à remettre ses poils dans le bon sens pour qu’elle soit belle et présentable quand elle rejoindrait le créateur.
Celui-la, s’il existait, lui avait joué un bon tour de cochon.
Enfin, qu’elle était belle et chaude, il avait peut-être même pleuré sur cette carcasse morte. Pleurer sur elle et sur son sort, tant d’effort et d’angoisse, tout ça pour en arriver là. une bête morte qu’il ne pourrait présenter à personne, ni dire ce qu’il avait fait ; on dirait dans la contrée qu’elle avait disparue trop pourchassé ou que dieu l’avait rappelé à lui en cachette comme un ange venu espionner les hommes et retourner faire son rapport à notre grand seigneur.
Mais lui, au fond de lui-même saurait ; et ce secret de la fin de cette ange serait jusqu’à la fin de ces jours très dure à porter. Même sa femme, même ses enfants ne pourraient pas savoir, sous peine de passer pour un de ces nombreux foæls que l’on trouvait dans tous villages.
Un ange, voila...c’était peut-être ça qu’il avait involontairement tué... un ange...
Malheur à moi...oui pour mourir si vite c’était un ange qui pour ne pas se laisser prendre s’était laisser mourir...
Courir...courir, continuer la course avec cette pensée maintenant ai-je tué un ange...
Tourner en rond, retourner sur mes pas pour faire comme les chevreuils et les cerfs ou croiser une autre piste pour faire confondre mon odeur. Quelle est la meilleure solution ?
Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt, il faut que je tourne jusqu'à revenir sur les lieux de mon forfait, mon odeur se confondra avec ma propre odeur et peut-être que les chiens se dérouteront ou encore mieux se jetteront-il sur la carcasse de la bête.
Arrêter de pleurer sur mon sort et me concentrer, me concentrer sur ma course, oublier les ronces qui me déchirent les mollets et mes pieds qui doivent être maintenant en sang.
Tout ce sang que je perds ne m’aide pas, c’est à ça qu’ils vont me suivre. Il faut absolument que je retourne à la carcasse et que j’essuie mes jambes à cette bête pour stopper la meute.
Ils auront enfin rattrapé leur gibier et je pourrais m’enfuir tranquillement ou me cacher.
En attendant passer dans la boue pour essayer de stopper ces hémorragies, la boue pourra aussi les dérouter...si je concentre le sang en un point bien précis et repartir.
Oui... avoir au moins quelque coudées d’avance sur les chiens et les chevaux...
Avancer...avancer...courir...courir...essayer de leurs échapper et rentrer ce soir à la chaumière, la femme pourra me soigner de toutes mes blessures mais quoi lui dire...
Comment c’est arrivé ?... les nouvelles de la mort de la bête va faire le tour de la région même sans rien lui dire les nouvelles vont vite et elle devinera que j’ai quelque chose à voir avec sa mort.
A moins que la nouvelle ne s’ébruite pas... car trop honteuse pour notre seigneur il aura forcé et tué la bête que certain considère sacré et après chaque malheur sera de sa faute car accuser de l’avoir tuer.
La bauge...vite de la boue sur les jambes arrêter le sang vite... se rouler dedans c’est plus rapide, se frotter les jambes...vite... vite...ça fait trop mal...mais pour semer les chiens et survivre...vivre...
En route, repartir, ils ont gagné du terrain avec cet arrêt, courir... retourner vers la bête.
Oui, retourner à la bête et se frotter à elle, l’idée est bonne...
Personne ne m’a vu et n’a vu mon visage, demain je souffrirai mais il faudra que je travaille et faire semblant de rien, car les recherches sur les gens absents de leurs labeur seront interrogés et auscultés pour savoir qui a pu commettre ce crime et seront accusés de braconnage sur les terres et bien évidement châtiés car c’est ça, pour trouver le coupable, ils ne parleront pas de la bête mais d’un banal chevreuil qui a était braconné ainsi ils ne perdront pas la face et tiendront le coupable.
Après deux jours de présence je pourrais me reposer et inventer une excuse de maladie et rester à la chaumière.
Bientôt la clairière et je pourrais confondre mon odeur.
Là... là enfin... mais, mais... où est la bête ? Elle a disparu, ils ne l’ont tout de même pas encore emmenée...
Oh ! Non...non...je suis foutu, il faut que je reparte, il faut que je leur échappe. Recommencer à courir, mon dieu, je n’en peux plus...aide moi, si tu existes vraiment et je te promets que je ne blasphémerais plus, même pas en pensée.
Les chiens, ils sont tout près. Filer, comment on t-il pu me rattraper ?
La clairière de la licorne, avancer, ne pas se retourner...si... regarder derrière où en sont les chiens ? Mon dieu, je les appercois...
Aouf... quelle douleur, j’ai trop mal je ne peux plus bouger, j’ai trop mal dans la poitrine. J’étouffe....j’étouffe...là, je la vois... la licorne, elle me regarde, elle est sur ses pattes, elle n’était donc pas morte, merci mon dieu, je ne l’ai pas tué... j’ai mal, je ne peux plus respirer. La licorne !!!!! Ma vue se brouille, j’ai froid, que j’ai froid, tout est noir.....

- Monseigneur... votre paysan est mort. Quelle fin bizarre !! Il s’est embroché tout seul sur la corne de ce vieil arbre mort qu’on appelle « la licorne en bois » car elle a la tête d’une licorne.
- Que lui en a t-il pris de courir devant les chiens comme un chevreuil pendant plus d’une heure.
- Cet homme devait être fol, je ne vois que ça...décrochez-le et ramenez son corps à sa veuve et donnez-lui cette pièce d’argent pour payer ces obsèques.
Que l’on ne nous accuse pas de chasser l’homme pour se distraire, on nous accuse déjà de chasser une soit disant licorne...les pauvres idiots...qui croit à toutes ces légendes.

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