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Dragueurs

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Bonjour, je me permets de venir poster ici mon premier texte.
Je tiens tout de même à préciser que je l'ai écrit en une seule fois, sans relecture (sauf quand word hurlait à la faute de frappe) ni remise en forme.
Il est donc fort possible ( puisque je l'ai été moi même ) d'être assez critique sur les rythmes et les tournures, sur la ponctuation et autres détails.
Je tiens à préciser que ce n'est pas par manque de temps, ni par affront que je vous le livre ainsi. C'est ainsi que je l'ai voulu, c'est ainsi qu'il restera, imparfait, éminemment brut de décoffrage afin de ne pas me permettre de dénaturer ce qui devait sortir de mon esprit à ce moment là.
Je prendrai volontiers vos commentaires, mais je vous demande juste de tenir compte de la façon dont il a été écrit, comme vous le feriez pour un récit de concours dont la taille, le temps, ou les mots peuvent être imposées. 
Merci et bonne lecture !
Phil'





Ha si j'étais dragueur



"Belle inconnue vous invite ce jour à prendre place à ses côtés pour un café, et plus si affinités."



Je suis de ceux qui sont toujours surpris d'être ainsi convié. De ceux aussi pour qui ce genre de situation relève plus certainement de l'heureux hasard que d'un travail acharné, mais s'il n'y a pas de hasard...


Dans l'apparence élevée au rang d'art, dans l'art de la dissimulation, dans la dissimulation des sentiments, dans le sentiment de conquête, dans la conquête d'une proie, messieurs les dragueurs, vous anéantissez les relations humaines, et bien que chasseurs, êtes votre propre proie, déjà condamnée à la morsure des poings nus de la vérité qui ne manqueront pas de vous frapper.


Enfermés dans votre bulle égotique, vous déployez des trésors de paraître pour vous ravir de nudité, tant est si bien qu'il vous devient impossible de savoir vous ravir du trésor d'être dénudé devant les paroles d'une femme.

Voilà, Messieurs les dragueurs, les beaux parleurs et autres Don Juan, voilà comment vous savez voiler ce qu'il y a de plus beau dans une relation.



Ha si j'étais dragueur, je serais beau, le charisme aiguisé, des atouts charme exposés comme des trophées afin que nulle ne puisse voir autre chose que le moissonneur de cœur que je suis.


Ha si j'étais dragueur, je serais un piège à fille, des phrases commerciales tranchantes comme une lame, trempée dans le curare du paraître mensonger. Un bien bel ouvrage que ce piège là, qui fera, je vous cite, tomber les filles, que vous ne relèverez jamais.


Ha si j'étais dragueur, champion du maquillage, je voilerais mes blessures, camouflerais mes cicatrices pour me montrer fort et fiable, pour oublier peut être que je n'ai su en guérir.


Ha si j'étais dragueur, à la mode tendancieuse et victime des yeux étrangers, je prendrais pour béquilles les marques du moment, en accordant mes atours à la volonté des masses panurgiennes, comme pour gommer ce qui fait de moi un être singulier.


Ha si j'étais dragueur, j'appliquerais les codes de mes maîtres, volerais mes phrases aux pages poubelles de la presse bien pensante, je bannirais de ma bouche les phrases incertaines, celles qui n'ont pas fait recette, mais qui pourtant font le sel et l'authenticité d'une cuisine du cœur.


Ha si j'étais dragueur, je garderais le contrôle, sur mes mots, mon apparence, mes attitudes, mes gestes, afin que tout soit parfait, que je sois bien lisse comme un bouclier, fier comme un soldat, à l'abri de pouvoir être surpris par une lance ingénieuse, et si celle-ci trouvais la faille je saurais fuir comme un prince, derrière les fumigènes de la certitude que le danger est trop grand.



Mais à mon grand bonheur je ne suis pas des vôtres. J'ai tenté il est vrai de répondre à vos sirènes, pour tenter moi aussi de faire partie de votre monde. Je sais maintenant, et ce depuis trop peu de temps, que celui-ci est vide de sens. Si vous ne voulez qu'emballer, ce n'est parce que vous n'êtes, au final, qu'un bel emballage. Je ne sais ce qu'il y a à l'intérieur, sûrement des blessures d'enfants, des plaies ouvertes, des chagrins, des cicatrices à vif depuis trop longtemps, car à tout faire pour soigner votre apparence, vous avez oublié de guérir ce qui vous fait souffrir.


Sachez que le temps se chargera pour vous d'ouvrir ce grand ensemble que l'on est tous.
Et si comme je me doute vous avez réussi à cacher tout ce qui fait de vous un petit être fragile, touchant et qui réclame tant d'aide, vous ne pourrez retenir vos mains de vieillards qui chercheront à savoir qui vous étiez avant de vous cacher.Elles déchireront cet emballage si sophistiqué, elles se mettront à trembler devant l'étendue des ravages, et vos yeux pleureront de n'avoir vu avant qui vous étiez pour ne pas le montrer.



Mes amis, il n'est point de courage dans vos actes. Vous nagez dans le sens du courant d'une rivière de convenances. Sautez maintenant, la peur au ventre, dans les torrents tumultueux des relations profondes, celles qui se vivent les yeux plongés dans l'âme de l'autre, sans avoir peur de saisir sa main parce qu'on en a besoin pour respirer, sans cacher aucune de vos faiblesses, car il n'est de courage que dans la peur, celle de se perdre, et celle de perdre l'autre.


Si votre fleuve mène au lac des voluptés à la surface lisse, le torrent que j'ai choisi est violent, effrayant, imprévisible, mais il mène à l'océan de bonheur que seule une relation vraie peut vous procurer.

Attention toutefois, ce torrent n'est pas tendre avec les apparences. Il embouti les angles de vos idées reçues, écorche les belles couleurs du mensonge, arrache les autocollants des blessures que vous vouliez cacher, et coupe le joli ruban qui vous relie à votre cheptel.

Mais quand vous arriverez au bout, un fille, un jour, tendra la main vers vous pour vous débarrasser de votre apparence futile, et découvrira le trésor que vous êtes, et votre cœur fort des épreuves passées, gonflera de bonheur, et la chaleur de l'Amour donnera à vos larmes de joie, la couleur authentique de l'aube de la Vie .

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Keith Simmonds · il y a
Beau et intéressant! Je suis en FINALE pour le Prix Haïkus d’Hiver édition 2016 grâce à vous, mes fidèles lecteurs, et je tiens à vous en remercier infiniment et compte sur le renouvellement de votre appréciation! J’invite tous ceux et toutes celles qui n’ont pas encore visité ma page, à venir lire et soutenir mes œuvres si le cœur vous en dit! Merci d’avance!Mon œuvre favorite est ici:
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/linceul-1

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