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Ondine Sorini

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Le Capitaine Benedict Hope sortit de sa voiture sans se presser. Il avait été appelé le matin même par le professeur Firthditch, un praticien hospitalier, mais ce dernier avait refusé de lui dire la raison de son appel, le pressant seulement de venir le voir à l’hôpital. « Si je peux me permettre, Capitaine, le plus tôt serait le mieux », avait-il dit.
Hope avait les hôpitaux en horreur et cette aversion expliquait en partie la lenteur délibérée qu’il avait mis à faire le trajet et qu’il mettait maintenant pour parcourir la centaine de mètres qui le séparait de l’entrée de l’établissement.
Mais il y avait une autre raison pour laquelle il allait à reculons à ce rendez vous : son attention et son temps étaient absorbés depuis plusieurs semaines par une affaire dont lui et son groupe avaient hérité.
Environ cinq mois auparavant, des lettres avaient commencé à arriver au commissariat. Une à une d’abord, puis par paquets de trois ou quatre. Toutes anonymes, bien sûr, mais ce n’était pas ça qui préoccupait le plus Hope. Tous les courriers évoquaient une seule et même histoire : un réseau de traite de femmes. Les trois experts graphologues convoqués pour l’occasion avaient longuement planché sur les missives et s’étaient tous montrés catégoriques : les onze lettres reçues à ce jour comptaient onze auteurs distincts. Dans l’histoire des lettres anonymes, c’était une première... Chaque lettre avait son style et il y en avait pour tous les goûts : de l’agressif – « Vous avez de la merde dans les yeux, enculés de flics, vous voyez pas que toutes ces filles c’est toutes des putes camées, ramassées on sait pas où, mêmes pas françaises c’est sûr et pas toutes majeures, vous en avez rien à foutre évidemment (...) le vieux Herthcomb il doit bien rigoler de vous voir patauger, ce vieux pourri, faudra pas vous étonner après... » –, du plus mondain – « Il nous a donc semblé que cela relevait de notre devoir civique que de vous signifier une activité inhabituelle et inappropriée sur la propriété de notre voisin, monsieur Louis-Gabriel Herthcomb. Non pas que nous l’ayons vu lui-même, grâce au ciel, nous n’espionnons pas nos voisins, mais le nombre grandissant de jeunes femmes que nous voyons entrer et sortir du domicile, à toute heure du jour et de la nuit, avec leurs tenues vulgaires et provocantes, leur attitude hagarde (...) tout, cela nous a vivement choqués et c’est pourquoi nous vous prions de bien vouloir prendre les mesures qui s’imposent. » –, ou encore du plus lapidaire – « Si j’étais vous, j’irais voir ce qui se passe du côté de la villa de Herthcomb et je me poserais des questions. Vous serez pas déçus du voyage, surtout si vous aimez les filles qu’ont pas froid aux yeux. ».

Mais c’est la dernière lettre, arrivée 24 heures plus tôt, qui avait le plus bousculé toute la maison. Elle disait : « Je vous en supplie, faites quelque chose. Croyez-moi, Summer est toujours vivante et elle est là-bas dans cette maison. Il faut l’aider, il faut la retrouver, elle est en danger, je vous en prie, aidez là. » C’était la seule lettre qui mentionnait un nom précis, tangible. Hope avait lancé et approfondi toutes les recherches informatiques possibles concernant des jeunes femmes disparues, sans aucun résultat. Qui était cette Summer, et qui avait écrit cette lettre sans prendre la peine – ou le risque – de venir les voir directement ?
Les lettres anonymes que recevait la police étaient la plupart du temps des petites dénonciations minables, sans envergure ni fondement mais là, Hope le sentait, quand il parcourait les messages et qu’une sueur froide lui remontait dans le dos, ils étaient face à onze foutus avertissements.
Le Capitaine avait la nausée à force de lire et de relire ces courriers qui constituaient, disons le clairement, les seuls et uniques éléments qu’ils avaient sur le sujet. Il devait bien se l’avouer, l’enquête patinait complètement. Le Commandant Lawrence ne lui avait pas caché son agacement quant à son incompétence sur cette affaire, la dernière fois qu’il l’avait fait venir dans son bureau. D’ailleurs, toute la brigade avait profité de l’entretien. La voix de Lawrence portait plutôt bien et tous avaient distinctement entendu la saucée que Benedict avait reçue : « Je t’ai donné cette affaire à toi, putain, je me suis mouillé pour toi Hope, j’ai pris des risques et c’est comme ça que tu me remercie ?! Tu fais chier, je leur dis quoi moi là-haut ? Monsieur fait des prouesses sur des histoires à coucher dehors quand il est Lieutenant, il est promu depuis une semaine et maintenant quoi ? Rien, walou, nada ! Mais c’est quoi ton problème bordel ?! J’en ai rien à foutre, tu me remets pas les pieds dans ce bureau tant que t’as pas bouclé ce dossier et je te préviens, si c’est pas fait tu dégages d’ici ! »

Après avoir réussi à arracher au procureur un mandat de perquisition sous un prétexte assez vaseux – des lettres anonymes ne sont pas une raison suffisante pour obtenir ce précieux papier, même quand elles sont au nombre de onze –, la maison de Louis Herthcomb avait été fouillée de fond en comble et ses hectares de terrain retournés à la pelleteuse mètre carré par mètre carrés. Évidemment, rien n’avait été trouvé, pas de cadavre enterré sous l’arbre au fond du parc, pas d’armes entre les lattes du plancher dans le grenier, pas de papiers compromettants dans le coffre-fort... On n'était pas dans un foutu film de 007 et les choses se présentaient mal.
Pourtant, Louis-Gabriel Herthcomb, riche propriétaire et enfant du pays, jouissait d’une sacrée notoriété. Depuis quelques années, il avait souvent été soupçonné de tremper dans diverses affaires de mœurs, de blanchiment, d’immobilier, de trafics en tout genre... La vie de cet homme alimentait tous les ragots et tous les fantasmes de la ville. Finalement, le suspect n°1 avait été convoqué et entendu pendant plus de 5 heures, puis placé en garde à vue. Il avait fini par demander, sans lâcher sa morgue, la présence de son avocat, mais son discours se tenait plutôt bien. C’était un type antipathique au possible et pas franchement honnête, mais il avait authentiquement l’air de ne rien comprendre à ce qu’on lui racontait à propos de ce réseau de filles. Et bizarrement, Hope le croyait.

La lenteur exagérée de ses pas avait malgré tout fini par conduire Hope dans le hall de l’hôpital. Quelques minutes plus tard, le professeur Firthditch était arrivé : petit, le crâne chauve, les lunettes en écaille, les traits tendus et fatigués. Le docteur avait une poignée de main franche et vigoureuse mais son regard n’avait pas soutenu celui de Hope et était parti courir sur le lino qui recouvrait le sol.
Hope eut un mauvais pressentiment.
— Merci d’être venu Capitaine, je devais vous voir... C’est à dire que je dois... Non, venez avec moi s’il vous plait.
En disant cela, le médecin se dirigea vers les escaliers.
— Mon bureau est au quatrième, dit il, nous y serons mieux, il y a... Enfin... Je vais vous expliquer.
L’ascension se fit dans le silence mais, gêné par le poids que s’obstinait à prendre l’air ambiant, Hope pris la parole.
— Pourquoi ne pas être venu directement à la brigade, Professeur ?
Firthditch s’immobilisa sur une marche.
— Non non Capitaine, je... Oui bien sûr je comprends, c’est logique mais dans mon cas, enfin je veux dire dans le cas de cette... De... De ce qui me préoccupe, ce n’était pas possible, je.... Oui pardonnez moi, vraiment, je suis désolé...
Le médecin lui sembla tellement embarrassé que Hope n’eut pas le cœur de poursuivre et laissa le silence s’installer à nouveau. Il se fit la réflexion que, pris par son affaire à la brigade, il ne s’était pas renseigné et ne savait même pas dans quelle spécialité exerçait le Professeur. La réponse ne se fit pas attendre longtemps quand, arrivés au quatrième étage, il vit à côté de la double porte battante un panneau au mur qui indiquait : « Secteur B, Psychiatrie infantile, Pr Firthditch ». Hope ne put réprimer un claquement de langue. Qu’est ce que c’était que cette histoire, il était entrain de perdre un temps précieux avec ce type encombré de lui-même et qui lui voulait on ne sait pas quoi. Hope s’en voulut mais, rapidement et comme toujours chez le Capitaine, la curiosité l’emporta et il suivi son hôte.

Le médecin le fit entrer dans son bureau. La pièce était vaste, devant la table de travail du spécialiste il y avait deux chaises et sur la droite, le bureau était aménagé en petit salon, un fauteuil, un canapé, une table basse. Hope fut surpris de voir, installée dans le canapé, une jeune femme. Elle avait les jambes croisées et elle agitait ses pieds nerveusement tout en remettant sans cesse une mèche de cheveux imaginaire dernière son oreille. Mèche de cheveux plus qu’imaginaire puisque la jeune femme avait le crâne rasé.
Quand son regard croisa celui de la femme, Hope eut un mouvement de recul, très bref et vite contenu mais il sût qu’elle l’avait vu. C’est son regard qui l’avait choqué : trop intense, trop fixe peut-être, comme si elle guettait quelque chose ou quelqu’un qu’elle était seule à voir.
Le Professeur Firthditch tira une des chaises du bureau et la mit près du fauteuil.
— Capitaine, asseyez vous, je vous en prie.
Sa voix était plus posée. Le fait d’être dans son bureau le rendait plus confiant. Il continua :
— Je vous présente April. Nous nous connaissons bien puisque nous nous sommes rencontrés il y a maintenant douze ans. April est majeure aujourd’hui mais je... je continue de la voir et de... comment dire... de faire de mon mieux. Voilà... Donc... si je vous ai demandé de venir jusqu’ici et bien, c’est parce que, voyez-vous, April... Le professeur butait de nouveau sur les mots. April le regardait avec douceur mais elle paraissait absente en même temps. Elle semblait attendre quelqu’un tout en redoutant de le voir arriver.
— Excusez-moi, je vais tâcher d’être bref, repris le médecin. Comme tout le monde, je lis les journaux et j’ai appris que vous enquêtiez actuellement sur des courriers anonymes qui vous ont été adressés et qui évoquent des... des jeunes femmes...
Hope acquiesça et s’efforçait de comprendre le but de sa venue. Puis il regarda April, qui était entrain de le fixer intensément. Une rescapée de la villa ? Un début de piste ?
Ses réflexions furent interrompues par la voix de Firthditch :
— Capitaine, April souffre de ce qu’on appelle un trouble dissociatif de l’identité. Plus communément appelé trouble de la personnalité multiple. En résumé, coexistent en elle dix personnalités très distinctes qui, tour à tour, prennent le contrôle sur son esprit et son comportement, agissant indépendamment de la volonté de toutes les autres et d’April elle-même bien entendu. Il y a six mois environ, April a fugué une nouvelle fois de l’hôpital et nous avons eut du mal à la retrouver. Voyez-vous, Capitaine, ce type de trouble peut se déclencher à la faveur d’un stress ou d’un traumatisme intense. Petite, April vivait avec sa mère et sa sœur jumelle. Leur mère était une femme fragile, toxicomane et qui, pour subvenir à leurs besoins, se vendait. Les fillettes étaient malheureusement témoins de cette... activité. April a pu raconter qu’un jour, un homme venu voir leur mère a voulu s’en prendre à la sœur d’April. La mère s’est interposée tant bien que mal mais l’homme l’a violemment repoussée et, furieux, l'a rouée de coups sous les yeux de ses filles. Il s’en alla ensuite, laissant les fillettes terrorisées aux côtés du corps de leur mère. Les enfants ont été recueilles par les services sociaux. L’homme en question n’a jamais été retrouvé, les fillettes n’ont jamais réussi à le décrire, sidérées par la scène bien sûr. Témoins du meurtre de leur mère, rendez-vous compte, Capitaine. Et puis, un autre drame survient, la sœur d’April, trop marquée par cet événement, s’est suicidée à l’âge de neuf ans. Les circonstances de sa mort ne sont pas très claires encore aujourd’hui mais c’était une fillette détruite par le drame qu’elle avait vécu, qui pouvait parfois être prise de panique, même en présence de sa sœur... C’est à partir de ce moment-là que l’on vit chez April se développer un mode de défense un peu... envahissant, pour se protéger et mettre à distance tous les traumatismes qu’elle avait traversés. Sa première « personnalité » à apparaître est la plus proche de sa personnalité originelle, comme une copie d’elle même. Elle se prénomme Joy. Si je vous ai fait venir ici Capitaine c’est parce que Joy, pardon, je veux dire, April a... C’est elle qui... Toutes les lettres que vous avez reçues sont écrites de sa main mais chacune a été rédigée sous le contrôle d’une de ses personnalités. Elle rejoue sans cesse au travers de scénarios divers et en fonction de la personnalité qui a le contrôle, la scène traumatique vécue dans son enfance. Je continue de découvrir ces personnalités au fils des entretiens que j’ai avec April, qui petit à petit, retrouve des bribes de mémoire, des choses refoulées jusqu’alors...
Hope écoutait comme au travers d’un brouillard épais. Il se sentit soudainement vide de toute énergie. Il chercha le regard d’April, mais la jeune femme était perdue quelque part dans ses pensées ou dans ses cauchemars. Bien qu’il connu de la réponse, il demanda :
— Comment s’appelait sa sœur?
— Summer, Capitaine. Elle s’appelait Summer.
À l’évocation de ce nom, ce fut comme si April avait reçu un coup. Tout la silhouette et les traits de la jeune femme changèrent brutalement et Hope eut l’impression d’être face à quelqu’un d’autre. April avait les deux pieds au sol, les coudes sur les genoux. Elle était penchée en avant et fixait le sol entre ses jambes. Elle s’immobilisa un instant puis leva la tête et regarda les deux hommes qui lui faisaient face. Hope fut saisi d’effroi. Le regard de la jeune femme était glacé, sa bouche était tordue en un rictus figé.
Le Capitaine compris qu’il faisait face à l’une des « personnalités » d’April et, à voir le visage gris du spécialiste, cette identité n’avait encore jamais fait son apparition devant le médecin.
Une voix, ressemblant plus à un feulement, sorti de la bouche d’April :
— Sale petit enculé de flic, tu crois que je vais me laisser faire ? Depuis des années que j’entube ce débile de toubib de mes couilles sans qu’il y comprenne rien. Tu débarques et tu veux me serrer, c’est ça ? Mais tu sais rien, sale connard, t’as quedal. Tu veux quoi ?
La bouche d’April se tordit encore un peu plus en un sourire effroyable. Elle avait les yeux presque révulsés et de tous ses traits de dégageait une cruauté ahurissante.
— Tu veux que je te raconte comment cette sale pute de mère a gueulé avant de crever, comment je lui ai écrasé sa sale gueule, comment j’ai dit à sa pisseuse que je reviendrai pour la bousiller si elle l’ouvrait, c’est ça que tu veux ?
Hope tenta une sortie :
— Comment vous...
— Ferme ta gueule enculé, ouais c’est moi qui l’ai crevée la vieille, t’entends ? C’est moi qu’ai crevé sa gamine aussi et c’est moi qui crèverais l’autre pute, tu m’empêchera de rien, sale bâtard.
Les deux hommes étaient glacés par le choc, sidérés d’apprendre et de comprendre que, sous l’emprise de cette personnalité archaïque, April avait assassinée sa mère.
Cette personnalité était sans doute la première à être apparue, fondatrice du délire et qui était restée terrée, comme à l’affût, ne revenant que pour tuer Summer, seule témoin de son acte.
Et puis tout alla très vite, les gestes furent rapides, fluides, comme si ils avaient été minutieusement préparés. Les deux hommes virent April se lever et d’un bond, atteindre la fenêtre. Elle l’ouvrit brusquement et suspendit son geste, se retournant vers eux.
Épouvantés, ils virent que le regard de l’avatar meurtrier était parasité, comme dans des interférences de sons ou d’images, par celui de Joy. C’était comme si la jeune femme luttait pour revenir à la surface, les appelant au secours. Hope et Firthditch se précipitèrent vers elle mais Joy se basculait déjà dans le vide, dans un hurlement de détresse qui les poursuivrait longtemps. Longtemps.

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Yann Olivier · il y a
J'aime. Je vote. 5 voix.
De mon côté, je suis en compétition pour Imaginarius 2017 (sujet : la brume) : http://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/ainsi-soit-il-2

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Didier Lemoine · il y a
Bon texte. Mes voix pour vous. Si cela vous tente, vous pouvez visiter "La princesse Alexandra", en route pour le prix IMAGINARIUS. Peut-être même aurez-vous envie de voter pour elle. Commencez par lire cette petite histoire. C'est ici : http://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/la-princesse-alexandra
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Jusyfa · il y a
Une histoire prenante et porté par une plume assurée mes 5*****
Ma nouvelle en finale "un petit cœur collé sur un portable " grand prix hiver 2018 espère votre lecture. Merci

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Untrucbadour · il y a
Bravo, génial même. Bien sur le sujet à déjà fait l'objet de nombreux films ou livres mais votre plume apporte une tension et un suspense qui vont crescendo. Tous mes votes.
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Zouzou · il y a
+5 pour cette histoire haletante !
Sur ma page ' vendanges tardives ' et ' les soldats imposent ' , si vous aimez...

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GeP · il y a
Bravo!
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Keith Simmonds · il y a
Une belle nouvelle bien écrite et fascinante, Ondine ! Mes votes et je vous invite à lire et à soutenir, si vous les aimez, “Gros père Noël” et “ De l’autre côté de notre Monde” qui sont en FINALE. Merci d’avance !
http://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/gros-pere-noel
http://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/de-l-autre-cote-de-notre-monde

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Pascal Depresle · il y a
bonjour Aimerez-vous mon "Tropique" en finale lui aussi dans a catégorie TTC ?
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François de Tréglodé · il y a
Excellente nouvelle, bien dans l'air du temps.
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Dominique Tesson · il y a
belle histoire mex voix et j'ai le plaisir de vous présenter "Correspondances" http://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/correspondances-8 qui est en finale. Bonne lecture.
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