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Dans un village une famille de touristes s'installe à la terrasse d'un café. À l'intérieur le garçon leur laisse le temps de la réflexion pour savoir ce qu'ils désirent prendre. Au bout de cinq minutes il sort de derrière le comptoir et se présente. Bonjour messieurs dames, vous avez choisi ?

- Oui, pour moi ça sera une limonade sans glaçon, s'il vous plaît, merci.

- Et moi un sandwich crudités camembert, s'il vous plaît, merci.

- Un grand chocolat avec deux tartines, s'il vous plaît, merci.

- Un demi sans faux col, s'il vous plaît, merci.

- Et un café allongé, s'il vous plaît, merci.

- Et avec le sandwich vous souhaitez boire quelque chose ?

- Non merci, j'ai juste faim.

- Très bien, je vous apporte ça tout de suite.

- Attendez.

- Oui ?

- Auriez-vous des pistaches ?

- Je suis désolé mais nous n'en servons plus.

- Ah, dommage.

- Attendez encore.

- Oui, je vous écoute ?

- Et des amandes ?

- Nous n'avons pas d'amande non plus. Nous proposons simplement des cacahuètes. Ça facilite grandement nos bons de commandes avec notre fournisseur.

- Ah, dommage, dans ce cas apportez-moi des cacahuètes, merci.

- Très bien.

- S'il vous plaît.

- Oui ?

- Pouvez-vous beurrer les tartines avec du beurre demi-sel ?

- Bien sûr.

- Très bien.

- Vous faut-il autre chose ?

- Oui.

- Je vous écoute.

- Les cacahuètes sont-elles salées ?

- Non monsieur, elles sont natures, à décortiquer.

- Ah, ce n'est pas grave, amenez-les quand même.

- Très bien.

Le garçon retourne à l'intérieur préparer la commande. Les touristes discutent.

- Vivement qu'il revienne avec le demi je meurs de soif.

- J'ai hâte de faire trempette avec les tartines dans le bol de chocolat.

- La limonade est conservée au frais il n'y a pas besoin de glaçon.

- J'aurais peut-être du demander un décaféiné vu l'heure qu'il est.

- Mince j'ai oublié de lui demander si le camembert était au lait cru.

- Attends je vais l'appeler.

- Non, laisse tomber ce n'est pas bien grave.

- Mais si au contraire.

- Non je te dis, vaut peut-être mieux pas savoir.

- Tu as tort.

- De toute façon je vais m'en rendre compte à la première bouchée.

- Et justement s'il est pasteurisé ça va te gâcher ton plaisir.

- J'ai faim, d'accord, appelle-le.

- Tu vois j'avais raison.

- Moi aussi j'aurais aimé des précisions sur le café car si c'est du robusta...

- Qu'en est-il du lait avec le chocolat ? je n'aime pas le demi écrémé.

- S'il est fait à la machine c'est sûrement de la poudre.

- Attendez je vous dis je l'appelle.

L'homme se tourne vers l'intérieur du café, il regarde le garçon en train de préparer la commande derrière le comptoir et d'un grand sourire se manifeste en levant la main. Le garçon le voit, s’interrompt et revient vers la table.

- Oui, vous désirez autre chose messieurs dames ?

- Excusez-moi monsieur mais je voudrais savoir s'il vous plaît si le camembert contenu dans vos sandwich est au lait cru ?

- Oui il l'est.

- Très bien merci dans ce cas je confirme mon choix, un sandwich crudités camembert.

- Ça sera tout ?

- Non.

- Oui, je vous écoute ?

- Le café allongé est-il arabica ?

- Oui il l'est.

- Très bien c'est parfait.

- C'est tout ?

- Non, moi aussi j'ai une question à vous poser.

- Oui ?

- Dans votre chocolat vous y versez du lait entier ?

- C'est la machine qui s'en occupe.

- Comment ça ?

- C'est automatique. J'ai juste à appuyer sur un bouton.

- D'accord, peut-être, j'entends bien, comme dans un distributeur automatique, mais cela ne répond pas à la question des ingrédients qui rentrent dans la composition du breuvage. Je veux dire vous devez bien savoir si votre machine est alimentée par du lait entier ou alors du lait demi écrémé.

- Je te l'ai dis c'est de la poudre. Et en général quand c'est de la poudre le plus souvent c'est du lait demi écrémé.

- Non, tu racontes n'importe quoi. Je connais des machines qui proposent les deux figure-toi.

- Là comme ça c'est la première fois qu'on me pose cette question. À vrai dire je ne me suis jamais porté sur le sujet. Je vais aller me renseigner. Je reviens dans cinq minutes.

Le garçon retourne à l'intérieur.

- Quelle différence cela fait-il qu'il ne soit pas entier ?

- Je n'aime pas le lait demi écrémé, c'est une histoire de goût. Maman, je ne t'ennuie pas avec ton café arabica alors laisse moi tranquille s'il te plaît.

- Tu retardes ma joie de me rafraîchir avec le demi, et pas qu'à moitié.

- Je suis entièrement de ton avis, moi dans le doute j'aurais choisi autre chose, puisqu'il s'agit d'un chocolat fait à la machine sans doute préparé avec de la poudre.

- J'ai envie d'un bol de chocolat avec des tartines, je ne vous demande rien à vous deux.

- Si.

- Ah oui, et quoi ?

- D'attendre un peu plus qu'on soit renseigné sur la nature du lait, ou plutôt de la poudre du lait avant d'être servi.

- Le bus ne nous attendra pas.

- Mince, le bus, je l'avais complètement oublié.

- Le garçon revient. Il porte un sachet dans la main.

- Voilà ce que l'on sert quand on nous demande un chocolat.

- Montrez voir s'il vous plaît.

- Le garçon tend le sachet.

- Alors, boisson arôme cacao, ingrédients, zut j'ai besoin de mes lunettes je ne peux pas lire ce qu'il y a d'écrit en dessous la police est beaucoup trop petite.

- Donne-le moi je vais te le lire.

- Tiens toi qui as de bons yeux.

- Boisson arôme cacao, ingrédients, poudre de lait entier pasteurisé, poudre de cacao, sucre...

- Très bien je confirme ma commande, n'oubliez pas les deux tartines surtout, avec du beurre demi-sel hein.

- Bien entendu, j'arrive dans cinq minutes.

- Oui, faites vite s'il vous plaît, nous avons un bus à prendre.

- Je vais faire tout mon possible messieurs dames.

Le garçon retourne à l'intérieur.

- J'aime bien prendre le temps de siroter un demi. Avec ton histoire de lait entier tu vas nous obliger à nous dépêcher. Je n'aime pas ça.

- De la poudre pour un chocolat à la terrasse d'un café. Comme dans une station service sur autoroute je n'appelle pas ça du progrès.

- Ça dépend, c'est plutôt rare de se voir servir du camembert au lait cru dans un sandwich.

- De toute façon dans ce village il n'y avait pas d'autre choix à part ce café.

- Une chance qu'il n'y ait pas affluence on va être servi rapidement.

- J'espère que la limonade sera bien fraîche, rien d'autre ne compte.

- Si je n'ai pas le temps de manger les cacahuètes je les finirai dans le bus.

- Au fait à quelle heure passe-t-il déjà ?

- Il est seize heures trente. Il passe à moins le quart.

- ça nous laisse quinze minutes ça devrait suffire.

- Oui, si le garçon arrive maintenant.

- Et justement regarde le voilà !

Le garçon se présente à la table avec toute la commande sur un plateau.

- Tenez voici votre chocolat avec vos deux tartines mademoiselle.

- Merci monsieur.

- Le café allongé pour madame.

- Merci monsieur.

- Votre demi et vos cacahuètes monsieur.

- Merci monsieur.

- Le sandwich pour le grand garçon.

- Merci monsieur.

- Et la limonade pour le petit dernier.

- Merci monsieur.

- Je vais encaisser tout de suite, ça fait dix-huit euros s'il vous plaît.

L'homme tend un billet de vingt.

- Gardez la monnaie.

- Merci monsieur, bonne collation.

- Merci.

Le garçon se retire à l'intérieur.

- Bon, allez profitez bien mais profitez-en sans trop tarder sinon on va louper le bus.

- Oui, tu as raison.

Les touristes apprécient l'instant à la terrasse. Ils sont à l'ombre d'une tonnelle. Les chaises sont confortables. Un léger vent vient idéalement ventiler l'air. L'endroit est tranquille. Ils sont biens.

- À quelle heure passe le bus déjà ?

- Moins le quart, encore cinq minutes.

- J'ai presque fini ma seconde tartine.

- Ai-je le temps de reprendre une autre limonade papa ?

- Non, désolé mais si on manque le bus le prochain est dans deux heures.

- Tant pis.

- À mon avis c'était du camembert au lait cru de Normandie, il était succulent.

L'homme remballe les derniers cacahuètes dans sa poche. Sur la table toutes les consommations sont terminées.

- Bon allez puisque tout le monde a fini je vous propose d'aller nous positionner à l'arrêt du bus car si le chauffeur n'y voit personne il poursuivra son chemin ça c'est sûr et certain.

- Sauf si quelqu'un descend ici.

- Oui, je suis d'accord mais comme nous n'en savons rien il vaut mieux prévoir.

- Alors allons-y tout le monde est prêt ?

- Oui.

- Oui.

- Oui.

- Oui mais avant je dois aller aux toilettes.

- Dépêche-toi le bus va arriver d'une minute à l'autre.

- J'y cours.

Le garçon entre dans le café et demande au garçon.

- Excusez-moi monsieur je cherche les toilettes.

- Oui bien sûr, la porte du milieu au fond de la cour.

- Merci monsieur.

- À table ça s'impatiente un peu. Mais rapidement le garçon réapparaît soulagé.

- C'est bon on peut y aller.

L'homme laisse un pourboire sur la table et tout le petit monde abandonne le café pour aller attendre le bus.

- Voilà nous y sommes et il n'est pas encore moins le quart, nous sommes dans les temps, c'est parfait.

- Tu vois chéri il n'y avait guère lieu de s'inquiéter pour le retard avec la poudre de lait.

- Oui tu as raison mais il est quand même quarante-quatre ça s'est joué à pas grand chose.

Le temps passe. Le bus se fait attendre.

- Bientôt dix-sept heures mais où se cache-t-il ce bus ?

- Je me suis grouillée à engloutir le sandwich pour qu'on ne le loupe pas.

- Ce n'est pas normal.

- Il est en retard. Ça peut arriver. Faut se montrer patient c'est tout.

- Mais non, plus d'un quart d'heure de retard je vous dis qu'il y a quelque chose qui cloche.

- Le prochain est seulement dans deux heures ?

- Oui, c'est ça.

- Attendez je vais vérifier sur le panneau des horaires.

- Mais au fait, quel jour sommes-nous ?

- Pourquoi me demandes tu ça ?

- Parce qu'il est indiqué qu'il n'y a aucun bus qui circule le dimanche après-midi et fêtes, quel jour sommes nous papa ?

- Dimanche justement, mince. Bon ne nous affolons point, il y a un café dans ce patelin alors il doit sûrement aussi y avoir un hôtel quelque part.
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