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Deux ans, deux secondes

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D.B.

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Deux ans. Deux ans qu’ils se rendaient fous l’un l’autre sans s’apercevoir que leur attirance était réciproque. Deux ans qu’ils s’imaginaient vibrant à l’unisson sans s’imaginer que cela puisse se concrétiser. Deux ans qu’ils oublièrent bien vite.

Deux semaines. Deux semaines qu’ils savaient, qu’ils sentaient, qu’ils voyaient. Deux semaines que leurs regards se croisaient et que leurs instincts se parlaient. Deux semaines sans se confier mais sans se méprendre. Deux semaines de sensations contradictoires, de désirs inexprimés, et où le plaisir de savoir se perdait dans le néant de ne pas pouvoir. Deux semaines qu’ils oublièrent bien vite.

Deux jours. Deux jours qu’ils s’étaient tout dit. Deux jours qu’ils avaient dû se quitter précipitamment mais que leurs envies de deux ans se déversaient dans un flot de messages de plus en plus passionnés. Deux jours qu’ils se découvraient vraiment alors qu’ils croyaient se connaître sur le bout des doigts. Deux jours qu’ils n’en pouvaient plus, tant l’attente de s’unir enfin était insoutenable. Deux jours qu’ils oublièrent bien vite.

Deux heures. Deux heures qu’ils s’étaient rejoints. Deux heures qu’ils s’étaient enfin regardés, droit dans les yeux, comme jamais ils ne l’avaient fait, et embrassés comme jamais ils n’avaient embrassé personne. Deux heures qu’ils ne comprenaient pas comment ils avaient pu vivre jusque-là sans cette sensation d’entièreté. Deux heures qu’ils s’efforçaient de ne pas aller trop vite pour ne pas tout gâcher. Deux heures qu’ils contenaient leurs gestes pour se dévêtir mutuellement, les rendant maladroits. Deux heures qu’ils se caressaient à la fois comme des enfants et comme un couple se connaissant par cœur, qu’ils se massaient avec une tendresse infinie en retenant leurs pulsions pourtant si impérieuses. Deux heures qu’ils oublièrent bien vite.

Deux minutes que tout était lâché. Ils s’étaient saisis au même moment. L’excitation était tellement intense. Les tétons brûlaient, le pénis hurlait, le vagin se contractait, la sueur dégoulinait. Comment peut-on mouiller autant ? Une érection aussi douloureuse est-elle normale ? Bouches et langues, avides, ne faisaient qu’un. Respiration haletante, saccadée. Odeurs de parfum, de transpiration, de sécrétions. La pénétration fut violente, instantanée, complète. La verge traversa le vagin de part en part, occupant tout l’espace, écartant les parois, le gland raclant la muqueuse avant de buter tout au fond. Ils se serraient très fort. La fusion était totale. Le gland buta, buta, buta encore. Ils explosèrent.

Deux secondes que jamais ils n’oublièrent.

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Nicolas Juliam · il y a
voté pour cette construction et ce développement bien maîtrisés ! (et vous invite sur mes écrits en ligne...) +

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