Destins

il y a
4 min
2
lectures
0

Je ne suis qu'un debutant en ecriture mais j'adore ca. Ne vous fiez pas a mon pseudonyme je suis serieux et passionne  [+]

Chapitre 1 :

"Mais réfléchissez un peu, Mr Perplexe, avec cette carte premium, vous profiterez de tous nos avantages à moitié prix, n'est-ce pas incroyable ?"
Christian Guerillon se tourna vers sa droite et se força à sourire en tendant son pouce gauche levé.
"-Et... coupez ! Elle est parfaite !
-T'es sûr ? J'étais pas un peu monocorde ?
-Nan, nan, je te dis qu'elle est bonne !
-Nickel, alors à demain pour la diffusion !
-A demain, Chris."
Ce dernier sortit du studio l'air pressé et se dirigea d'un pas déterminé vers le parking. Il tâta sa poche et en sortit une clé portant un logo Citroën, tout en marchant, toujours plus vite. Quand enfin il arriva à sa voiture, il l'ouvrit et s'installa sur le siège conducteur. Il démarra puis sortit en trombe du parking. Dix minutes plus tard, il marmonnait, regardant avec exaspération le véhicule devant lui. "Foutu embouteillage ! Comme si j'avais que ça à faire !". Son téléphone, posé sur le poste radio, vibra deux fois. Il le saisit, curieux, et lit le message de sa petite amie. Elle le prévenait qu'elle allait l’appeler pour lui annoncer une grande nouvelle, elle aimerait qu'il décroche dès qu'elle sera prête. Il soupira, agacé, et reposa son téléphone sur le poste. La voiture devant lui redémarra enfin et il repartit. Il accélérait, visiblement pressé, et comme il était maintenant sur une longue route déserte, il décida de dépasser la limite de vitesse. Il était tendu, ainsi, lorsque son téléphone se mit à sonner et vibrer frénétiquement, il sursauta. Il jeta un coup d'oeil à l'écran et ne vit pas la petite voiture arrivant à 90km/h face à lui. Il y eut une petite explosion, tout autour de Christian tournait, il vit du blanc, puis du rouge, beaucoup de rouge, et enfin, le noir absolu.
"-Je crois qu'il n'est pas mort, heureusement, mais il sera handicapé à vie très certainement.
-C'est horrible, dit une voix féminine, il ne sait même pas qu'il va être père, je... j'allais le lui dire, oh mon dieu !
-Je ne suis pas dieu, et je vous signale que cet homme a eu de la chance, contrairement aux deux autres personnes mortes par sa faute !".
Que s'était-il passé ? Il se souvenait de son téléphone qui sonne et puis, un cri et plus rien. "Qu'est-ce que j'ai mal à la tête ! Je... je ne sens pas mon bras... ma jambe... je ne comprends rien, ai-je eu un accident ? Ooh ma tête...". Christian sombre à nouveau dans le noir. Sommeil infini.

Chapitre 2 :

"-Henri, t'as une idée de nouveau logo ?
-Mmmh ?
-Le nouveau logo !
-Je sais pas trop...
-Bon, rentre chez toi, là, t'es trop fatigué, tu sers à rien.
-Moui, tu as raison, à demain tout le monde."
Henri Ducrof quitta son lieu de travail l'air hagard. Il regarda un couple qui s'embrassait langoureusement sur un banc public. Il soupira, envieux. Son téléphone retentit dans sa poche, c'était sa femme qui l'appelait. Elle lui dit qu'il fallait qu'ils aient une discussion sérieuse. "Ça, c'est mauvais signe", pensa-t-il. Il prit sa voiture et dix minutes plus tard, il était dans les embouteillages. "Flûte, elle va croire que je traîne exprès !", dit-il tout seul. Il pensa brusquement à sa vie, sa misérable vie, un métier désagréable, un amour creux, il calcula qu'ils n'avaient eu de relations sexuelles depuis plus de cinq mois. "C'est trop !, se dit-il, ce soir, je la fais grimper au septième ciel". Mais le redémarrage de la voiture devant lui l'arracha à ses pensées obscènes. Quand il rentra enfin chez lui, un peu plus tard, sa femme l'attendait, recroquevillée sur une chaise, une boîte de mouchoirs posée sur la table à côté d'elle.
"-J'ai besoin de te parler, commença-t-elle.
-Je t'écoute, répondit-il, anxieux.
-Je... J'ai trouvé un soutien-gorge qui n'est pas à moi sous notre lit."
Quelques interminables secondes s'écoulèrent dans un silence étouffant. Henri comprit qu'il ne servirait à rien de s'encombrer d'excuses, elle était sûre d'elle. Leur discussion se mit à augmenter en tension et volume sonore. Comprenant qu'elle n'en démordait pas, Henri leva la main sur elle, il était au bord du gouffre, tout allait mal. Elle, surprise, saisit une petite statue de bronze proche de sa main et le frappa de toutes ses forces sur la tempe. Il s'écroula, sans saigner cependant. Il sombra dans le noir.
Sommeil infini.

Chapitre 3 :

Anne Ducrof était expert-comptable, ce n'était évidemment pas le métier qu'elle désirait faire étant petite. Ses journées étaient moroses, ces derniers temps, son mari aussi. Elle décida de rentrer plus tôt ce jour-là pour faire un peu de ménage chez elle. Elle sortit de son bureau, son sac à main à l'épaule, puis se dirigea à l'arrêt de bus devant le siège de son entreprise. Elle attendit quelques minutes avant que le véhicule n'arrive. Derrière son bus, un long embouteillage se formait. "Je l'ai échappé belle, dis-donc", pensa-t-elle. Elle sortit à l'arrêt devant son domicile, et rentra tranquillement. Elle passa d'abord l'aspirateur dans le salon, puis la cuisine, et enfin la chambre. Seulement, en passant une fois sous le lit, quelque chose bloqua l'aspiration. Elle l'ôta et son sang ne fit qu'un tour : c'était un soutien-gorge rose qui ne lui appartenait pas, elle en était sûre. Elle céda à la panique et en un instant, elle vit une sorte de récapitulatif de sa vie, la rencontre avec son mari, sa première relation sexuelle et quand elle apprit qu'elle était stérile, les pleurs, les colères, les haines. "Il faut que je parte, que je quitte cette vie horrible et pleine de trahisons. Je vais l'appeler, je lui dirai que je le quitte et je partirai très loin". Elle l'appela comme prévu et vingt minutes plus tard, il était sur le seuil. "Il ne faut pas que je m'énerve." Cinq minutes plus tard, il est étendu sur le sol. Il est juste assommé. Elle ne réfléchit pas beaucoup mais décide qu'elle l'abandonnerait au bord d'une route. Elle le traîne difficilement mais le plus discrètement possible jusqu'à sa voiture et l'installe sur le siège avant-droit. Elle prend la route, emplie d'une pulsion meurtrière. La route est longue, trop longue. Anne a besoin d'en finir. Vite, une solution. Enfin, au croisement, elle aperçoit une Citroën noire, le conducteur ne la voit pas, il regarde ailleurs. Elle ne réfléchit pas, elle accélère. Plus vite ! Toujours plus vite ! Le conducteur la regarde, choqué. Une fraction de seconde avant l'impact, elle se rend compte que ce soutien-gorge était peut-être à elle... Elle sombre dans le noir.
Sommeil infini.

Fin
0

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,

Vous aimerez aussi !

Nouvelles

Retrouvailles

Michel Dréan

« En avril ne te découvre pas d’un fil, mais en mai fais ce qu’il te plaît. » Tu parles, il pleuvait des cordes. Ciel plombé, cinquante nuances de gris, pour être dans le coup. Il... [+]