11
min

Destiné à être un gangster

Image de 2TNM

2TNM

828 lectures

58

CHAÏMA MIYLA et SYTOUN

Mounir est un voyou.
Il vole, il deale, souvent animé par de mauvaises intentions.
Avec son camarade, ami et collègue Souhil, de deux ans son ainé, Mounir est un dealer qui vend également ses services au voyou le plus offrant.
En même temps qu’il mène cette saine de vie de futur gangster, Mounir est lycéen dans un petit bahut de banlieue. D’ailleurs, il ne se privait pas, là, de raconter à ses camarades ses nombreux exploits, de violence, souvent en rajoutant un peu à la vérité. Parfois, il y allait tellement fort, affirmant qu’il avait par exemple déjà tué un homme, qu’il terrorisait presque certains ou plutôt certaines de sa classe, qui ne l’approchaient jamais.
Mounir est un voyou, et il en est fier. Enfin, ça, c’était avant.
En effet, depuis l’âge de ses seize ans, Mounir a ouvert les yeux et s’est repenti. Il en a aujourd’hui 20. Il a tourné le dos au crime, a clairement fait comprendre à son ami Souhil que ce milieu ne l’intéresse plus, et il a commencé à se consacrer à ses études au point qu’aujourd’hui, ça y est, il passe son bac après l’avoir bien travaillé et il espère bien l’avoir. Pour mener une vraie vie. Pas une vie de gangster.



1.

Ainsi, ce jour des résultats du Bac, Mounir se rend à son centre d’examen. Dans le métro qui l’y conduit, le jeune homme, certain de sa réussite, se fait déjà des projets futurs. Il n’a certes pas été sérieux sur APB, le site censé donner à chaque lycéen l’école qu’il souhaite pour la suite de ses études, pour la simple et bonne raison qu’il n’a aucune idée du métier qu’il veut faire. Il sait juste qu’il ne veut pas ressembler à un gangster. Alors qu’il reste à écouter sa musique avec des écouteurs debout dans le métro, il aperçoit sa camarade Rania à l’autre bout du wagon. Voulant casser la monotonie du voyage, il s’avance vers elle.
Après avoir engagé la discussion, les deux jeunes commencent à parler de leurs projets d’avenir.
— Je vais à la fac de droit, dit Rania. J’essayerai d’avoir au moins une licence.
— Tu veux faire quoi, dans le droit ?
— Je ne sais pas. Je vais voir. Et toi ?
— Aucune idée. Après faut que je trouve un truc, n’importe quoi. Juste le bac, tu ne peux rien faire.
— C’est vrai. Au fait, t’es devenu super sérieux, toi, depuis deux ans.
— Comment ça ?
— Tu vois bien ce que je veux dire. Avant t’étais toujours à parler d’armes, de drogue, de charger je ne sais quoi en Espagne et de faire remonter avec des mules, toutes les conneries, là. Depuis deux ans, tu t’es calmé avec ça, t’es sérieux, tu t’occupes de ton avenir, t’es devenu responsable. Tu sais, je t’avoue qu’au début, je me méfiais de toi, je ne savais pas si t’étais vraiment un voyou qui en rajoutait un peu ou si t’étais juste un menteur. Je n’avais pas envie de te fréquenter. Et là, j’ai en face de moi un vrai homme, tu vois ? J’ai envie qu’on se revoit après.
— Si tu veux. T’as un numéro ?
Après s’être échangés leurs coordonnées, les deux jeunes continuent leur discussion jusqu’à leur arrêt de métro, pour terminer le trajet ensemble à pieds.

Pendant ce temps, non loin du centre d’examen, d’autres évènements qui n’ont rien à voir avec le bac ont lieus. Souhil, l’ami de Mounir, est aux prises avec deux autres truands qui le poursuivent en pleine rue, des armes à feu en main.
Dans sa course, Souhil, tenant une mallette à la main, aperçoit une foule devant un grand bâtiment. Voyant là une occasion de se perdre dans la foule et de semer ses poursuivants, il court en zigzagant et en évitant le plus possible de se tenir à découvert jusqu’à la foule où il se perd facilement.
Cependant, ses poursuivants ne perdent pas le nord.
— Recule ! Ordonne l’un des deux hommes à son complice. Il va bien devoir partir à un moment donné, s’isoler. Recule, on va se mettre à un point où on voit toute cette foule. S’il essaye de se tirer, on le verra tout de suite !
Sitôt dit sitôt fait. Cependant, Souhil est tranquille pour un moment. Mais il se doute qu’au moment où il quittera la foule, il aura de nouveau ses poursuivants aux trousses. Pour lui, l’essentiel est de se débarrasser de toute urgence du contenu de sa mallette. C’est alors qu’il aperçoit Mounir, en train de se féliciter pour ce bac avec Rania, qui a également eu le sien. Sans se préoccuper de la lycéenne, Souhil fonce vers son ami.
— Mounir ! Lance-t-il en serrant rapidement son ami contre lui. Sauve-moi la vie ! Cette mallette, je te donne ce qu’il y a dedans et tu la livres à Romero au 155 rue Victor Hugo ! Et t’en parles pas !
Mounir ne comprend rien du tout, si ce n’est que son ancien associé l’entraine à nouveau dans une combine à risque.
— C’est quoi, ces conneries ? Répond Mounir. Je suis plus là-dedans, moi, c’est derrière moi ces merdes ! Je me suis rangé, moi ! Regarde, j’ai mon bac, je ne vais pas aller me refoutre dans les emmerdes, j’ai...
— Mounir ! Je ne te dis pas de redevenir un gangster ! Je suis dans la merde ! J’ai deux tueurs à mon cul, je ne peux pas leur laisser le contenu de cette mallette sinon je suis mort. Juste ramène là chez Romero à l’adresse que je t’ai donnée. Rien de plus !
Sans lui demander son avis, Souhil ouvre le cartable de Mounir et renverse tout le contenu de la mallette à l’intérieur avant de le refermer et de mettre tout ce que contiennent ses poches à la place dans la mallette.
— Merci pour tout, Mounir. Et bravo pour ton bac, poto !
Sur ce, Souhil disparait sans demander son reste. Rania est restée spectatrice devant cette scène qu’elle ne comprend pas plus que Mounir.
— C’est qui, lui ? Demande-t-elle.
— Un ancien pote, répond Mounir. D’ailleurs je vais aller lui rendre ses affaires, c’est pas les miennes. Attends-moi, si tu veux, on rentre ensemble.
Mounir suit les traces de Souhil jusqu’à sortir lui aussi de la foule pour voir son ami courir dans une ruelle, la mallette toujours en main. Avant que Mounir n’ait pu l’appeler pour lui crier de revenir, Souhil s’écroule sur le sol. Mounir, surpris, s’avance lorsqu’il voit les deux agresseurs de Souhil lui voler la mallette et s’enfuir avec. Il comprend. Souhil s’est fait tirer dessus à l’aide d’un silencieux.
Aussitôt, le jeune bachelier s’élance à l’aide son ami. Celui-ci a du mal à respirer. Mounir s’agenouille aussitôt et commence à lui faire un massage cardiaque en ordonnant aux passants de téléphoner au SAMU et aux pompiers.
— Reste avec moi, dit-il. Ne ferme pas les yeux !
— Mounir... dit doucement Souhil. N’oublie pas... Romero... 155 rue... Victor Hugo... je compte sur toi... au nom de notre amitié... de ce qu’on a vécu ensemble...
— Ne pense pas à ces merdes, concentre toi sur autre chose. Je sais pas moi, regarde le ciel. Regarde les nuages. Pense à un film. Pense à ta mère ! Ne ferme pas les yeux !
Le SAMU arrive rapidement. Deux infirmiers sortent aussitôt un brancard et mettent Souhil dessus en relayant Mounir pour lui faire son massage cardiaque et le mettre sous perfusion.
— Je veux vous accompagner, dit Mounir. C’est mon grand frère !
— Moi aussi, dit Rania. Je suis leur petite sœur.
— D’accord, répond un infirmier. Mais vous deux, personne d’autre.
Durant tout le trajet, Rania reste silencieuse tandis que Mounir observe les infirmiers pratiquer les soins à Souhil. Une fois arrivés à l’hôpital, les infirmiers déchargent le brancard.
— Vous croyez qu’il va s’en sortir ? Demande Mounir au médecin.
— Il n’est pas mourant, c’est déjà ça, répond le docteur. Mais il va rester à l’hôpital longtemps, je sens.
Mounir prend congé des infirmiers et sort de l’hôpital, toujours suivi de Rania. Celle-ci aimerait en savoir plus.
— Alors ? Demande-t-elle à nouveau. C’est qui, c’est quoi dans la mallette et tu dois faire quoi ?
En quelques phrases, Mounir lui raconte son passé de voyou et les nombreux trafics qu’il a fait avec Souhil. Il conclut en lui répétant les dernières volontés de son infortuné camarade.
— Ah oui ? Donc tu vas livrer le contenu de cette mallette à ce Romero et c’est tout ? Je croyais que t’avais définitivement terminé ces conneries !
— C’est terminé. Je ne vais pas m’enrôler dans le gang de ce Romero. Ni de personne d’autre, d’ailleurs. Mais je dois rendre service à un pote. Tu as ma parole d’honneur qu’une fois que j’aurai donné à Romero ce que Souhil veut que je lui donne, j’aurai enterré la vie de criminel une fois pour toutes.
— Si j’ai ta parole... Je te fais confiance.
— Tu l’as.


2.

Un peu plus tard, Mounir est arrivé en scooter à l’adresse de Romero, la rue Victor Hugo. Il sonne à l’interphone.
— C’est qui ? Demande une voix de femme.
— Je suis un pote à Souhil, répond Mounir. Je dois donner un truc à Romero !
— 8ème étage !
La femme ouvre. Mounir monte dans l’ascenseur et arrive devant la porte de Romero. Une femme en soutien-gorge lui ouvre la porte.
— Romero est dans le salon !
Mounir marche tout droit jusqu’au salon. Un grand gaillard balafré à la joue droite, taillé comme une armoire à glace, au teint sombre et fumant la chicha lui fait signe de s’assoir.
— Romero, c’est moi, dit-il. Et toi, je te connais pas mon gars. T’es qui ?
— Je suis un pote à Souhil. Je m’appelle Mounir. Et je dois vous donner un truc de sa part.
Joignant le geste à la parole, Mounir sort de son sac à dos le contenu de la mallette, un sac de billets de 100 euros.
— Effectivement, c’est à moi, dit Romero. Comment ça se fait que ce ne soit pas Souhil qui me le remette, c’est à lui que j’ai dit d’aller me chercher ça.
— Souhil a eu un accident. Il s’est fait tirer dessus. Il m’a remis ça juste avant en me faisant promettre de vous le donner.
— Merde ! Il est mort ?
— Je ne crois pas. Le docteur a dit qu’il devrait s’en sortir. Mais qu’il doit se soigner.
— Quel hôpital ?
— Celui qui est sur les quais.
— Humm. Et toi mon garçon, tu fais quoi dans la vie ? J’imagine que pour être pote avec Souhil, t’es aussi dans le métier.
— J’étais. Je ne suis plus. Je me suis rangé. Là je viens d’avoir mon bac.
— Et t’as plus du tout envie de revenir l’un des nôtres. Tu me plais bien, mon garçon. Je serais fier de te compter parmi mes gars.
— Je ne crois pas. Je suis plus du tout intéressé par cette vie. Désolé.
— Je comprends. À tout hasard, je te laisse mon numéro comme ça, si tu décides un jour ou l’autre de changer d’avis, parce que tu ne trouves pas de taf chez les honnêtes gens ou que sais-je... comme ça, t’as un employeur en réserve.
À contrecœur – car il est dangereux de contredire un gangster – Mounir enregistre sur son portable le numéro de Romero.
— Rien ne t’oblige à m’appeler, reprend Romero. Mais au cas où tu changerais d’avis...
— D’accord. On fait comme ça.
— Tu veux une petite récompense ?
— Non, merci. Je fais ça juste pour rendre service à Souhil. Je ne suis pas de la partie.
— J’insiste pour te récompenser. T’as une copine ?
— Oui. Si on veut.
— Tu veux offrir un petit resto sympa à ta copine. Je te parle d’un vrai resto, là où c’est chic. Le tacos c’est sympa mais entre potes. Avec ta meuf, ça craint.
— Ben... si vous voulez.
— Jessica, ordonne Romero à la femme en soutien-gorge. Donne à notre ami un beau billet de 200. La plupart des travailleurs se contentent de fantasmer dessus, toi t’en auras un dans les mains. Je t’autorise à faire un selfie avec.
— Merci.
La femme donne à Mounir sa récompense, un billet de 200. Sur ce, Romero lui fait un sourire. Mounir se dirige vers la porte lorsque Romero l’interpelle.
— Tout ceci reste bien entendu entre nous. Tu ne m’as jamais vu. Tu ne me connais pas. J’ai ta parole d’homme ?
— Vous avez ma parole d’homme, répond Mounir.
Mounir sort de l’appartement du gangster. Avant d’aller rejoindre Rania pour lui annoncer qu’il a terminé – et sa mission, et la vie de voyou – il s’arrête devant un bar, juste à côté de l’appartement de Romero, pour boire un verre afin de se rafraichir.
Il entre, se commande un coca glacé et va s’assoir seul à une table au fond.
Sur la table d’à côté, cependant, sont assis les deux agresseurs de Souhil, buvant chacun une bière.
— La mallette était vide, se plaint l’un d’eux. T’aurais pu vérifier qu’elle pesait le bon poids, espèce de tocard.
— Tu voulais que je l’ouvre, aussi ? Imbécile, on était en pleine rue, je venais de lui coller un bastos dans le dos, tu voulais qu’en plus on prenne tout notre temps ? Les condés auraient pu rappliquer, fallait faire vite, se tirer et...
— Ça va, ça va. C’est fait, c’est fait. Mais comment tu comptes faire pour récupérer l’argent, du coup ?
— Il faut savoir pour qui ce voleur travaillait. Il l’a probablement refilé à quelqu’un dans la foule, et si on arrive à savoir qui, on saura qui aller visiter de nuit pour lui reprendre l’argent.
— Et tu comptes faire comment pour savoir qui ? Aller interroger le mort ?
— Qui te dit qu’il est mort ? Il est peut-être simplement blessé. Et peut-être pas suffisamment pour ne pas pouvoir parler et nous dire à qui il a remis l’argent.
— Ouais. Et qui te dit qu’il n’est pas mort ?
— C’est facile de faire des suppositions. Il est peut-être mort, peut-être pas. Mais si on allait s’en assurer ? On a quoi à perdre ? Mais on a des choses à gagner.
— Pas faux. Il y a un hôpital pas loin.
— Eh ben on va d’abord voir s’il est là. Sinon il y en a un autre sur les quais. On va d’abord au tien et ensuite on ira sur les quais.
— Ok. Je te suis.
Les deux hommes se lèvent pour régler leur consommation. Cependant, Mounir n’a pas perdu un mot de leur discussion.
La question qu’il se pose est que doit-il faire ? D’un côté, voilà là une occasion de replonger sans doute définitivement dans le monde du crime. De l’autre, Souhil était son ami. Et il est lui aussi plus ou moins compromis car si Souhil avoue, il est bien celui qui s’est chargé d’effectuer la transaction avec Romero. Son choix est donc fait.
Après s’être rafraichi en vidant d’un trait son verre de coca et laissant un billet de cinq sur la table, Mounir sort voir dans quelle voiture montent les deux tueurs. Après tout, il a un peu d’avance vu qu’ils ont prévu de visiter un autre hôpital avant le bon.
Il sort donc son portable et téléphone à... Romero.
— Alors, mon garçon, dit le gangster au téléphone, t’as déjà changé d’avis ?
— Non. Mais vous risquez gros. Je suis dans le bar en bas de chez vous et j’ai entendu deux gars qui m’ont tout l’air d’être ceux qui ont blessé Souhil planifier d’aller le faire parler dans sa chambre d’hôpital. Et s’il va mieux et qu’il leur répond, vous aurez des problèmes. Donc vous devriez les empêcher d’agir.
— Ils sont déjà en route ?
— Oui, mais ils vont dans un autre hôpital. Mais après ils ont dit qu’ils iront dans le bon.
— Celui sur les quais ?
— Oui.
— Bien. Dépêche-toi d’y aller, toi. Et une fois qu’ils arrivent, occupe-toi d’eux. Je t’envoie du renfort.
— Mais moi je ne suis pas concerné !
— Pourquoi tu m’appelles, alors ?
— Parce que je... parce que... pour Souhil. Ils peuvent l’achever. Vous êtes capable d’envoyer vos hommes le sauver.
— C’est ce que je vais faire. Mais il me faut le temps de trouver mes hommes disponibles. Et toi tu peux me faire gagner ce temps. Et Souhil est ton ami, à toi aussi, non ? Tu ne veux pas sauver ton ami ?
— Bon. Je me dépêche. Mais envoyez-moi des renforts. Et ne croyez pas que ça fait de moi un de vos hommes. Je ne suis plus un voyou.
Aussitôt, Mounir raccroche et saute sur son scooter en roulant à la vitesse maximal jusqu’aux quais où se trouve l’hôpital. Il s’arrête sur le parking. C’est là qu’il attendra les agresseurs de Souhil...


3.

Mounir n’attend que dix minutes avant de voir entrer dans le parking l’auto des tueurs. Il les regarde se garer et descendre pour s’assurer qu’il ne se trompe pas de personnes. En effet, il s’agit bien des bons.
Sans attendre, il ramasse une pierre qui trainait sur le sol et la lance sur l’un des deux tueurs – de préférence celui qu’il a entendu dire avoir tiré – et l’atteint derrière la tête. Touché, le gangster s’effondre. Aussitôt, l’autre se retourne et dégaine un Desert Eagle pour braquer devant lui. Mounir s’est caché derrière une voiture aussitôt après avoir lancé la pierre.
Le gangster n’ose plus se retourner. Il s’avance prudemment, l’arme en main. Soudain, Mounir aperçoit Rania cachée derrière une autre voiture, un bâton en main. D’un geste de la main, il tente de lui demander ce qu’elle fait là. Elle ne répond pas.
C’est alors que le tueur passe devant elle.
Aussitôt, elle lui frappe la main tenant l’arme.
Il l’échappe.
Elle lui saute dessus.
Saisissant l’occasion, Mounir bondit, ramasse l’arme tandis que le gangster renverse Rania et s’apprête à la frapper.
Avant qu’il n’ait levé la main sur elle, Mounir lui assène un coup de crosse sur le crane qui l’étend sur le sol.
— Qu’est-ce que tu fais là ? Demande Mounir en aidant Rania à se relever.
— Je t’ai vu lancer la pierre sur ces hommes et je l’ai vu dégainer. J’ai compris que c’était ceux qui ont blessé ton ami. Mais je suis là pour t’attendre, je suis juste sortie dans le parking pour fumer une clope. Et toi ? Qu’est-ce que tu fais ? Tu ne t’es pas fait embrigader par celui à qui tu devais remettre le contenu de la mallette ? Tu m’as donné une parole, rappelle-toi.
— Je n’ai pas oublié, répond Mounir. J’ai donné une parole. Et je la tiens. Je ne fais qu’empêcher ces tueurs d’aller faire du mal à mon pote. C’est tout.
C’est alors qu’une grosse berline entre dans le parking. La femme que Mounir a vue chez Romero en descend, vêtue cette fois d’un minishort et d’un tee-shirt. Elle ouvre la portière arrière à Romero en personne.
— Bien, mon garçon, dit le gangster. J’avais raison de compter sur toi.
— On est quittes, maintenant, répond Mounir.
— C’est vrai. C’est ta copine ? Demande Romero en regardant Rania.
— Oui, répond la lycéenne.
— T’as de la chance, répond Romero à Rania. C’est un gars bien avec qui t’es, jeune fille. Pas un gangster. Un gars bien. Je lui offre un bon salaire pour rouler pour moi, il a dit non. En espérant quand même qu’un jour il change d’avis, parce qu’il est très fort, le salaud.
Sur ce, Romero et sa complice prennent les deux tueurs étendus sur le sol et les chargent dans le coffre de la berline avant de le refermer et de remonter dans leur bolide.
— Allez les jeunes, lance Romero. À une prochaine !
Sa complice démarre. La berline s’éloigne, les deux tueurs dans le coffre.
— Qu’est-ce qu’ils vont leur faire ? Demande Rania.
— Des histoires entre gangsters, répond Mounir. Ça ne me regarde pas.
— Donc t’as tenu ta parole ? Tu t’es rangé ?
— Sauf si tu préfères les gangsters.
— Non. Je te donne une parole, moi aussi.
— Laquelle ?
— Sortir avec toi... tant que tu ne retires pas la tienne de te tenir tranquille.
— Parole ?
— Parole !
Les deux jeunes se prennent la main et sortent du parking.

Thèmes

Image de Nouvelles
58

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lire la charte

Pour poster des commentaires,
Image de Colonel Olrik
Colonel Olrik · il y a
J'ai atterrit ici grace a Fanny Elgherrar et j'ai pu lire et apprécier le genre d'histoire que j'aime bien ! J'aurais aimé que ça tire un peu plus a la fin. Ok c'est pas ce qu'on appelle la grande littérature mais pour moi c'est largement au dessus de certains de Leila Slimani par exemple. +1abo
·
Image de 2TNM
2TNM · il y a
Merci mon colonel !
·
Image de Bachir BouZouque
Bachir BouZouque · il y a
Pas mal pas mal, bonne issue même si elle est assez prévisible
·
Image de Crimo
Crimo · il y a
Chaïma c'est le surnaturel, la SF dans la vraie vie. Sytoun c'est la lutte contre les injustices actuelles. Les deux ensemble ça peut vraiment donner quelque chose de bien, un recueil entier avec un mélange de vos deux univers comme je retrouve ici un peu de chaque (coté amour Chaïma, coté gangsters Sytoun) et sur Welcome to tsalinie aussi coté critique du système ultra poussé du Sytoun tout craché dans une histoire surnaturelle improbable signée Chaïma ! Les jeunes si vous nous promettez que ce sera du même genre sur tout votre recueil j'achète le jour même de sa sortie !
·
Image de Arman R. Medjin-Scénary
Arman R. Medjin-Scénary · il y a
Félicitation la team 2TNM !
·
Image de Hafed Maroc
Hafed Maroc · il y a
De la grosse merde ! Sytoun de plus en plus faible me déçois de livre en livre faut te ressaisir gros
·
Image de Arman R. Medjin-Scénary
Arman R. Medjin-Scénary · il y a
Tu arrive a écrire mieux que lui ? A vendre 700 exemplaires d'un livre très risqué ? Critiquer c'est facile, faire mieux c'est autre chose
·
Image de Jack Manfredo
Jack Manfredo · il y a
+1 Je viens de lire grace a Fatiha Senoussaoui qui a partagé un extrait de cette nouvelle sur son blog, pas mal du tout les jeunes, continuez ce que vous faites
·
Image de Palomita
Palomita · il y a
Toujours présente pour soutenir !
·
Image de 2TNM
2TNM · il y a
Nous t'aimons !!!!!
·
Image de deleted
Utilisateur désactivé · il y a
Au début de ma lecture j'ai remarqué que le style de Chaïma change un peu par rapport à d'habitude jusqu'au moment ou je me rend compte que vous avez écrit cette nouvelle a deux. Bravo à toi Chams et à ton ami je vais aller regarder un petit peu ce qu'il fait et j'attend votre recueil avec impatience.
·
Image de Samia Gms
Samia Gms · il y a
Pas mal ! Perso je trouve que WTT est meilleur mais celle la est plutôt bien aussi ! (scénario de Chaïma ca c'est sur)
·
Image de 2TNM
2TNM · il y a
Scénario de nous 2 et de notre ami Arman le scénariste
·
Image de C. Darrel
C. Darrel · il y a
Vous avez écrit ça à deux ? Bravo la team elle m'a fait penser à RPZ de Sytoun un peu avec le coté amour en plus bien joué
·