Derek moins un

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Écrire, une passion  [+]

Chicago, 1951

Derek vivait à Chicago. Il aimait cette ville car elle était belle et neuve, malgré la ségrégation raciale des États-Unis.
La ségrégation, il la détestait ,elle , comme tous les noirs. Ils étaient obligés de boire dans un vieil évier tout rouillé, tandis que cet racistes de Blancs buvaient dans un évier en porcelaine blanche tout neuf. C’était si injuste. Ils devaient aussi céder leurs places dans le métro alors qu'eux aussi avaient payé leurs siège. Il étaient mal éduqués; ils étaient insultés dans la rue alors qu'ils marchaient sur le trottoir.
Derek éprouvait un sentiment de haine enchaînée qu'il ne pouvait libérer. Les Blancs avaient tué son père; il essayait malgré cette rage de faire bonne figure, mais à quoi bon.
Donc, Derek se promenait au bord de la rivière de Chicago pour se laisser aller. Soudain, il entendit un cri provenant de l'eau, quelques mètres plus loin, et il couru voir sa provenance. Déjà un petit groupe de personnes entourait la berge.
« Une vieille dame à l'eau ! » entendit-il crier dans la foule.
« Qui va la sauver ? S'il vous plaît ! supplia un vieux monsieur. C'est ma femme et ma dernière famille... » dit-il en pleurant.
N’écoutant que sa gentillesse, Derek plongea dans les eaux sales et polluées de la rivière de Chicago. Comme sous apesanteur, il n'entendait rien. Seulement les battements de son cœur. Mais il devait sauver la dame qui coulait lentement, attirée vers le fond. Il lui attrapa le poignet et tira la femme âgée vers l'air et la terre ferme.
Après une longue apnée, la noyée et le sauveteur remontèrent à la surface, sous le silence tendu des passants.. Derek allongea la vieille dame et, sous les yeux décontenancés des promeneurs, il commença à lui faire du bouche à bouche pour réanimer son vieux cœur.
Lorsque la dame se réveilla, hébétée, son mari couru comme il pour l'embrasser. Les passants applaudissèrent. Puis le mari se leva fit craquer ses doigts en se dirigeant vers Derek. Il s'approcha si près qu'ils pouvaient sentir respectivement leurs respirations. Soudain le vieil homme lui mit une claque phénoménale. Les Blancs se mirent à rire franchement.
« Sache, Merguez, qu'on n’embrasse pas ma femme sous mes yeux ! »
Les Blancs se pliaient de rire. Derek s'enfuit dans le parc à proximité. Il l'avait traité de Merguez! Lui! Mais de quels droits! En plus, il avait sauvé sa femme! «Et c'est comme ça qu'il me remercie! » pleura Derek. Lui qui aimait tant cette ville ; mais ses habitants étaient orgueilleux, cruels, plus bêtes que leurs pieds !
Il cracha. Lui qui tentait de faire bonne figure. Inconsciemment, il voulait attirer la pitié de ses racistes!

C'est décidé. Demain il partirait avec ses affaires sur le dos. Si quelqu’un disait aux autres que le vieux l'avait appelé Merguez, toute la ville serait au courant. Et il n'en était pas question! Le soir même, il quitta Chicago tard le soir et partit.
Pour toujours.
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