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Demain la paix

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Rachel Weintraub

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FINALISTE
Sélection Public

20 septembre 2014, New York

Hermione serre les poings lorsque la foule la presse un peu plus contre l’imposante stature d’Hagrid. Néanmoins, elle se retient d’aller effleurer le réconfortant bois de vigne de sa baguette enfouie au fond de son sac extensible. Bien trop d’yeux sont braqués sur eux pour qu’elle se permette le moindre faux pas, le moindre geste qu’un moldu puisse interpréter de façon menaçante.

Hagrid fait un pas de côté pour lui laisser plus de place, repoussant presque subtilement les manifestants anti-magie qui se tassent devant eux et les empêchent de progresser vers l’entrée du siège new-yorkais des Nations Unies. Dans un premier temps, Hermione a refusé que le demi-géant l’accompagne, de peur que sa physionomie démesurée soit reçue comme un message de provocation et peut-être même d’agression – la fraîchement élue Ministre de la Magie a appris bien jeune la tendance que les médias ont à manipuler les faits et les images, chez les moldus comme chez les sorciers. Mais à y repenser, jamais elle n’aurait pu fendre cette foule dense et impénétrable sans l’aide de son vieil ami.

Seuls quelques mètres les séparent de l’entrée, et Hermione, prise au cœur des rugissements enragés, inondée par un intarissable flot d’insultes infondées et de menaces de mort moyenâgeuses, ne peut s’empêcher de remettre en cause sa propre présence en ces lieux. Est-il bien sage de penser qu’un vulgaire discours puisse réconcilier deux peuples qui se répugnent et s’affrontent depuis déjà près de deux décennies ? Et quand bien même le monde entier aura les yeux braqués sur elle, les moldus savent se montrer extrêmement obstinés lorsqu’il s'agit de tolérance et d’ouverture d’esprit.

Hermione cligne des yeux pour chasser cette idée. C’est là l’opinion d’Harry, et non pas la sienne. Leur conversation de la veille résonne encore dans sa tête, les paroles amères et désabusées de son ami l’ont maintenue éveillée la nuit entière. Cela s’est achevé d'une bien triste façon, Harry pestant qu’elle court après une cause perdue, que les moldus sont trop stupides pour comprendre ce que la communauté magique peut leur apporter. Trop stupides, et surtout trop violents. Que tant qu'ils auront peur de ce qu'ils ne peuvent contrôler, les sorciers continueront de mourir sous les coups de feu tandis que les moldus se protégeront derrière des prétextes de légitime défense. Alors Hermione a rassemblé ses affaires, furieuse que son meilleur ami s’adresse à elle sur un ton aussi dédaigneux, furieuse qu’il ne fasse pas le moindre effort pour faire évoluer la situation actuelle, furieuse qu’il ait abandonné leur combat. Elle aussi a souffert, et pourtant elle ne s’autorise pas à sombrer dans des considérations aussi butées et manichéennes. Comment a-t-il pu prononcer de telles paroles, quand, vingt ans auparavant, il combattait Voldemort et ses Mangemorts ? Alors qu’elle franchissait la porte de la maison d’Harry, ce dernier a lâché une dernière pique, encore plus incisive et plus méchante que les précédentes. « Et moi qui croyais que tu respectais Ron », a-t-il dit.


Hermione écrase la larme qui prend naissance au coin de sa paupière et tente d’oublier la douleur qu’Harry a ramenée à la surface en prononçant cette phrase. Elle préfère penser à ses parents, dont l’amour et l’ouverture d’esprit constituent l’espoir le plus solide qu’elle puisse placer en la communauté moldue.

Non sans soulagement, ils atteignent la double porte vitrée. Dans son empressement, et sans doute par maladresse naturelle, Hagrid, plutôt que de faire pivoter la porte, déloge le panneau de verre de son montant et l’envoie percuter le sol de marbre, soudainement couvert d’une pellicule de débris qui scintille dans la lumière du soir. Une nouvelle déferlante d’indignations monte dans leur dos.

— Oh non, je suis...excuse-moi Hermione... Je..., (faisant volte-face) Je vous demande pardon à tous.

Hagrid se répand en excuses une bonne dizaine de fois – les caméras ne perdent pas une miette du récent incident – puis se retourne vers son amie dont la main fouille déjà le fond de son sac.

— Pas si vite madame la Ministre, on avait dit pas de magie en public le jour de la conférence.

— Mais Hagrid, un simple Reparo et la porte sera comme neuve, implora Hermione.

— Non non non, autrement, ces monstres assoiffés de sang vont nous tomber dessus, répliqua le demi-géant en pointant du doigt la foule d’excités qui crache et crie toujours plus fort.

Sans plus de préambule, Hagrid l’empoigne par la taille et piétine les débris qui jonchent le sol.

— Tu n’es plus aussi légère qu’en première année, la taquine-t-il, soucieux d’oublier la confusion qu’il vient de créer.

Hermione lui lance un regard noir, faussement réprobateur, avant de se fendre d’un sourire qui creuse chaque joue d’une profonde fossette. En dépit des années, cet adorable détail n’a jamais disparu.


Ils sont maintenant postés devant le comptoir de l’accueil, attendant une réaction quelconque de la part de la réceptionniste en apparence pétrifiée. Cette dernière – dont les lunettes fantaisistes et le brushing impeccable ne sont pas sans évoquer Rita Skeeter – dévisage de pied en cape le demi-géant pendant ce qui doit bien être 5 longues secondes, autrement dit une éternité. Avant que la situation ne devienne davantage gênante, Hermione toussote, extirpant la femme aux lunettes de son embarrassante apathie.

— Vous êtes ici pour la conférence ?

— Comment avez-vous deviné ? rétorque Hermione avec davantage d’animosité qu’elle ne le souhaite.

Consciente que rien ne justifie son ton, elle lâche une timide excuse et esquisse une moue repentante.

— Vous avez rendez-vous dans la salle de conférence principale qui a pour nom « La Grande Salle », c’est celle qui possède la plus grande capacité. Vous trouverez l’une des entrées au premier étage. Si vous prenez cet escalier, là-bas, vous tomberez immédiatement dessus. Bon courage.

Hermione et Hagrid échangent un sourire complice et remercient la réceptionniste avant de se diriger vers les marches qui viennent de leur être indiquées. Mais n’ont-ils pas fait trois pas que les talons de la réceptionniste claquent derrière eux.

— J’allais oublier ceci.

Elle leur tend à chacun un tour de cou au bout duquel pend un badge présentant leurs clichés respectifs et leurs noms imprimés en vis-à-vis.

— Merci, la gratifia Hermione.

Hagrid est plus dubitatif, et pour cause : le collier du badge est trois fois trop petit pour son énorme tête.

— Oh..., soupire la réceptionniste. Je n’avais pas anticipé une pareille... situation.

— Ne vous inquiétez pas, même les sorciers se font souvent avoir, la rassure Hermione, ajoutant un clin d’œil au ton volontairement chaleureux.

Au moins, cette moldue essaye de bien faire. Cela change des injures et des menaces dont la virulence ne cesse de s’intensifier depuis que la communauté magique a refait son entrée dans la vie des moldus. La deuxième bataille de Poudlard en est la cause. Brusquement, trop de moldus sont devenus témoins, et malheureusement victimes d’attaques mangemorts. Les agents du ministère de la magie ont vainement tenté d’effacer toute preuve d’événements magiques, mais les technologies de communication moldues, aujourd’hui trop avancées, ont permis la diffusion d’images et de récits à une échelle devenue vite incontrôlable par les différents ministères. Après deux ans d’entêtement qui ont conduit le ministère britannique à s’endetter auprès de la Banque de Gringotts, Kingsley Shacklebolt et le ministère de la magie avait finalement décidé de confirmer dans un communiqué officiel, l’existence d’un monde magique et l’occurrence de la récente bataille, reconnaissant par la même occasion les nombreuses victimes moldues. Ignorer ainsi le Code International du Secret Magique en application depuis plus de trois cents ans avait été loin d’être une décision unanime au sein de la communauté mondiale. Mais si cela a ébranlé la fragile cohésion établie depuis la fin du dix-septième siècle, la plupart des nations se sont finalement accordées pour dire qu’il n’y avait plus aucun moyen de conserver leur secret.

Les débuts furent terribles. Pour la première fois depuis des siècles, les moldus ont cessé de s’armer les uns contre les autres, et l’Organisation des Nations Unies, plus solide et plus soudée que jamais, a révisé ses priorités pour gérer cette « Nouvelle Menace ».
En presque vingt ans de mandats cumulés à la tête du Ministère de la Magie, Kingsley Shacklebolt a largement contribué à l’intégration de la Magie dans l’univers moldu, et surtout à sa démystification. Une sévère régulation interne de l’utilisation de la magie impliquant des moldus fut subie par la majorité des êtres magiques comme une oppression et une atteinte à leurs droits les plus fondamentaux. Une nécessaire restriction selon l’ex-ministre. Car chaque crime, chaque accident ternit de nos jours bien facilement la réputation de la communauté magique. Et même si à présent, magiciens et moldus cohabitent plus calmement qu’alors, la paix est bien loin d’être établie.

Lors des dernières élections, l'ex-Ministre de la magie s’est effacé, conscient que la popularité grandissante d'Hermione allait faire de lui un candidat de second plan. Sans grande surprise, l'énergie et l'optimisme qui émanent de cette sorcière inspirée ont vite conquis les électeurs, et ce malgré ses origines. Et aujourd'hui, son devoir de premier Ministre l’enjoint de s'exprimer au nom de la Grande-Bretagne, mais c’est en sa qualité de fille de moldue qu'elle compte raisonner le monde.


Arrivés au bout du couloir, face à une double porte en bois pourvue d'un écriteau « Grande Salle », Hagrid et Hermione savourent leurs dernières secondes de tranquillité, ce dernier moment lors duquel le champ des possibles n’est encore qu’une palette infinie d’issues. Après quoi, chacune de ses paroles ancreront profondément leur destin.

Hermione entrouvre l'un des battants et jette un coup d'œil à l'intérieur de la pièce. Noire de monde. Il semble que tous les pays ont fait le déplacement pour ce qui s’annonce être un moment historique. Hermione laisse retomber le lourd panneau de bois dans un doux chuintement.

— Oh non Hagrid, c'est affreux ce qu'il se passe à l'intérieur.

— Comment ça ?! Qu'est-il arriv...

— Il y a beaucoup trop de monde, jamais ils ne m'écouteront, jamais ils ne me croiront !

Hagrid qui l'espace d'un instant s’est imaginé les conférenciers frappés par une quelconque catastrophe, soupire de soulagement, attendri par le manque de confiance de son amie. Malgré tout ce qu'elle a accompli, malgré sa vivacité d'esprit et ses talents reconnus, l’enjeu de cette journée suffit à lui faire oublier ses nombreuses qualités.

— Regarde-moi dans les yeux, Miss Granger.

Elle ne peut s'empêcher de sourire alors que cette dénomination la ramène à une autre époque. Depuis plus de 15 ans, on l’interpelle à coups de « Madame Granger » dans le meilleur des cas, et « Madame Weasley » quand ses interlocuteurs oublient qu'elle n'a jamais pris le nom de Ron.

— J’crois en toi jeune fille. A Poudlard, t’as excellé dès les premiers jours, même si ça a beaucoup agacé tes camarades de classe. Mais t’es pas qu'une bonne élève, t’es aussi le meilleur espoir que puisse avoir ceux qui ont besoin d'aide. C'est pas un elfe de maison... pardon... un elfe-tout-court qui viendra m’contredire. T’es ici pour une cause juste, alors fais comme t’as toujours fait : dis c’qui est juste avec les mots qui t’viennent du cœur. Tu convaincras p’t-être pas tout l’monde aujourd'hui, mais les meilleurs t'entendront et ils pourront pas t'ignorer. Euh voilà..., trancha-t-il pour ponctuer la fin de sa tirade. Oublie pas que t’es aussi bien placée qu'eux pour savoir que les agressions entre sorciers et moldus coûtent trop d’vies.

Un voile passe dans le regard d'Hermione, et pendant quelques secondes, le chagrin chasse le trac. Puis, elle se reprend.

— « Jeune fille » ? Tu vas finir par me faire rougir Hagrid.

— Donc c'est bon ? la sonde Hagrid, une grosse paluche déjà posée sur la porte.

— Ah ! Oui, mais c'est moi qui ouvre la porte.

Une lueur de malice dans le regard, elle fait son entrée dans la pièce en hémicycle.


Les regards se braquent sur eux, les conversations s'interrompent soudainement. Il semble que chacune des personnes de la salle retient son souffle. Ce n’est pas la première fois que la Ministre de la Magie se retrouve dans une telle posture, et pourtant, le poids de l'attention qui lui est porté en cet instant la rend aussi nauséeuse que lors de ses premiers discours au sein du Ministère. Sans trop savoir comment réagir, elle adresse un timide sourire à l'assemblée et s'empresse de rejoindre les sièges qu'on leur a attribués. Au milieu d'une rangée, entre le représentant de la Côte-d'Ivoire et celui de la Nouvelle-Zélande, deux places vides les attendent. Hagrid examine le fauteuil ridiculement trop petit pour son large postérieur.

— J’crois que j’vais juste m'asseoir par terre, décide-t-il rapidement.

Même assis au sol, Hagrid parvient à obstruer le champ de vision des personnes qui se trouvent derrière lui, bien que certaines soient perchées plusieurs marches en amont. Les derniers participants arrivent, rejoignant leur siège sans la moindre urgence alors que la conférence a déjà pris plus de trente minutes de retard. Puis le Président de l'Assemblée Générale, représentant de l'Ouganda, descend vers le pupitre, tripote le microphone dans une déflagration de sons électroniques et d'effets larsen, et finit par déclarer cette journée de la paix officiellement ouverte. Avec un accent très prononcé qui conduit la moitié de la salle à plisser les yeux pour mieux comprendre, l'autre moitié ayant un casque de traduction vissé sur les oreilles, il annonce le thème de la journée – les relations entre humains et sorciers – et énonce l'ensemble des intervenants. « Hermione Grangé », est le dernier nom d'une longue liste de patronymes écorchés.

La sorcière s’est retenue de lever les yeux à l'audition du thème. Le monde de la magie ne se borne pas aux sorciers, et la plupart des sorciers sont des humains. Cette maladresse lui rappelle ô combien il serait difficile d'être intégré par un peuple qui les considère à peine comme des êtres humains.

Un premier conférencier remplace le président de l'Assemblée Générale. Issu d'un pays d'Amérique Latine, l'homme d'âge mûr entame un long monologue traitant de l'égalité des chances chez les jeunes travailleurs et de l’âpre quotidien enduré par quatre-vingt-dix pourcents de la population du pays. Mais aucune mention de la communauté magique n’est faite. Le conférencier qui suit ne mentionne pas davantage la problématique du jour. Tout du moins pas directement, car son discours quant à la régulation et la registration trop parcellaires des armes et méthodes de tuer, peut, sans besoin d’un effort mental surhumain, être reçu comme un pamphlet pour la réduction de l'usage de la magie, si ce n’est son interdiction.

Pendant plusieurs heures, les sujets ont traité de la paix et des égalités, mais il semble qu'aucun des nombreux orateurs ne se soit ouvertement aventuré sur le terrain glissant des relations sorciers-moldus. Hermione bouillonne, silencieusement indignée que tous ces ambassadeurs de la paix n'aient pas le courage de parler honnêtement.

—... Et pour clôturer cette journée, veuillez accueillir Madame Hermione Grangé, de... eh bien... de la communauté magique de Grande-Bretagne.

L'intéressée se lève et se dirige vers le pupitre qui lui est maintenant tout consacré. A nouveau, cette pression insoutenable qui pèse sur ses épaules et ses poumons, qui l'empêche de respirer correctement, de penser correctement.

Les mains tremblantes, elle ajuste le microphone qui pointe trop haut, et s'élance.

— Monsieur le Président du Conseil de Sécurité... Monsieur le Président de l'Assemblée Générale... Mesdames et messieurs du monde entier... Bonjour, et merci de m'accueillir, en cette journée internationale de la paix, et de m'offrir l'opportunité... de m'entretenir avec vous.

Hermione inspire profondément face aux impressionnantes et beaucoup trop nombreuses rangées d'hommes et de femmes qui la fixent avec attention. Quelque chose d’incrédule dans leur regard suggère qu’ils ont de la peine à se convaincre qu’une sorcière leur fait maintenant face.

— Cela fait aujourd'hui près de 14 ans que le monde de la Magie s'est officiellement rendu public, et plus de 16 ans que votre monde, non-magique, a reçu de nombreuses preuves tangibles de son existence. Près de 16 ans que certains d'entre vous ont perdu des êtres chers dans une bataille qui n'était pas la leur. Aujourd'hui, je vous demande de m'écouter, et de me laisser vous dire que cette bataille qui a eu lieu, cette guerre, et nos capacités magiques... ne sont pas les uniques éléments qui doivent nous définir. Je suis née en Angleterre, dans une petite maison de banlieue. Mes parents étaient dentistes, tous les deux, et pendant 11 ans j'ai eu une enfance simple et heureuse. L'été 1990, une femme est venue frapper à notre porte. Une enseignante. Une sorcière de l'école, en visite pour m'apprendre que je n'étais pas l'enfant que j'avais toujours cru être. Que j'étais dotée de pouvoirs magiques et qu'une place m'attendait à l'école de magie et de sorcellerie de Poudlard, pour apprendre à en faire usage. Un bon usage. Et pour me joindre, si l’envie me le disait, à un monde qui me ressemblait : celui de la magie. Imaginez un instant la réaction de mes parents. Estomaqués, foudroyés sur place, incapables d'émettre le moindre son. Et puis ils se sont tournés vers moi, incrédules. Qu'auriez-vous fait à leur place ? Que pensez-vous qu'ils ont fait ? Je fais partie des chanceuses car mon enfance heureuse et innocente ne s'est pas arrêtée ce jour-là.

Hermione marque une pause dans son discours. L’auditoire est pendu à ses lèvres, silencieux. Pas un frémissement n’agite la pièce. La Ministre, la femme mûre, la jeune maman, la combattante de toujours, la fille aimée, toutes prennent simultanément une profonde inspiration.

— Mes parents ne m'ont pas moins aimée car j'étais née sorcière. Aujourd'hui, nos deux mondes coexistent, mais ils ne cohabitent pas. Aujourd'hui, nos deux communautés se rejettent, se persécutent, s'agressent et s'entretuent, plutôt que de s'entraider, et de se compléter. Parce que les éléments, les facultés qui nous différencient vous effraient. Je vais vous faire une confidence : ce dont vos technologies sont capables nous effraient tout autant. Mais pourquoi définir un « nous » et un « vous » quand, dans cette pièce, dans cette ville, sur cette Terre, je vois surtout des hommes et des femmes, des mères et des fils, et, bien avant cela, des humanistes et des humains. Nos vies sont mêlées pour les siècles à venir. Elles l'ont été par le passé, bien plus tristement. Mais l'Histoire n'a pas à se reproduire. Elle ne le doit pas. En ce jour de célébration de paix, j'en appelle à chacun de vous. Ce voyage vers la tolérance mutuelle, nous ne pouvons l’entreprendre seuls. Oublions tous nos peurs. Et dès demain, cessons de dénombrer les forces de l'autre, choisissons plutôt de lui allier les nôtres. Laissons nos enfants rire ensemble avec innocence, se découvrir sans se craindre, grandir côte à côte, et non pas les uns contre les autres. Laissons nos enfants tisser les liens solides des amitiés de demain. Cette guerre qui oppose des Hommes à d'autres Hommes a fait bien trop de victimes. Il est temps pour chacun de surmonter ce dur passé, et, dès à présent, de bâtir, ensemble, un futur, LE futur, que nous méritons. Merci.


Ce n’est plus la frayeur mais la ferveur qui fait trembler la voix d'Hermione. Elle embrasse d'un dernier regard l'Assemblée muette. C'est alors que, perdu quelque part au fond de la salle, des claquements de mains résonnent. A l'autre bout, une seconde personne se joint pour enrichir les applaudissements solitaires, elle-même suivie d'une troisième personne. Et bientôt, c’est toute la « Grande Salle » qui tonne et gronde sous les acclamations et les bravos. Au milieu de tout cela, Hagrid, sans doute le plus excité et le plus bruyant de tous, frappe ses grosses mains l’une contre l’autre et se lève emporté par son propre entrain, une larme au coin de l'œil. Un dernier regard circulaire jeté à l'auditoire, et Hermione se retire du pupitre, soulagée qu’en ce lieu qui cristallise et réalise des idéaux de pacifisme, sa requête d’un monde commun ne soit pas rejetée. Et pourtant, au cœur de l'enthousiasme général, une pensée douce-amère vient empreindre de mélancolie cet instant.

Une pensée pour Ron qui, peut-être, serait encore en vie si cette conférence s'était tenue un an plus tôt.

PRIX

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Jean Calbrix · il y a
Un régal de lecture que ce texte bien dans l'esprit de JK Rowling ! Bravo, Rachel ! Je clique sur j'aime.
Je vous invite à une petite balade dans les dunes si vous avez le temps : https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/me-chienne-ianna-dans-les-dunes

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Barbara Reibel · il y a
Toutes mes voix pour vous ! Vous pouvez me soutenir si vous le souhaitez, je concours pour le Prix Faites Sourire avec une nouvelle très très courte L'inconnu du Starbucks : https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/l-inconnu-du-starbucks. Bonne chance à vous !
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Domitille Charpine · il y a
Je renouvelle mes voix avec plaisir, bravo et bonne chance !!
J'ai moi même été sélectionné du côté fanart : https://short-edition.com/fr/oeuvre/strips/magic-world-of-harry-potter
Si tu souhaites venir jeter un petit coup d’œil à mon dessin =)

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Rachel Weintraub · il y a
Merci pour ton soutien, Domitille :)
Et félicitations pour ton fanart, j'ai voté la semaine dernière ;)

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Alizée Le Pocher · il y a
C'est toujours trop bien, bravo !

Je participe à la finale du concours Fanart Harry Potter, si ça t'intéresse de jeter un œil ;)
https://short-edition.com/fr/oeuvre/strips/cetait-un-poil-de-chat-7

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Hervé Mazoyer · il y a
Mes voix à nouveau...j aime toujours autant bravo...
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Rachel Weintraub · il y a
ça me touche énormément, merci Hervé :)
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Lllia · il y a
Mes votes +5 renouvellés:)
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Rachel Weintraub · il y a
Merci beaucoup Lllia !
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Isabelle Lambin · il y a
Bonne finale Rachael :o)
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Rachel Weintraub · il y a
Merci Isabelle ^^
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Marion FU · il y a
Aaah je suis soulagée de te voir en finale!! J'espère que tu auras une place sur le podium, ce serait amplement mérité! Toutes mes voix, à nouveau
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Rachel Weintraub · il y a
Trop gentil Marion ^^
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Lélie de Lancey · il y a
Une bonne chance pour la finale !
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Odile Duchamp Labbé · il y a
Je réitère
je vous propose pour ma part, si ça vous chante ,dans le cadre du prix faites sourire
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/pirate-2

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Rachel Weintraub · il y a
Merci Odile, j'irai faire un tour ;)
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