Avent 2016 - Déluminés - Chapitres 24 et 25

il y a
12 min
159
lectures
15

Découvrez le calendrier de l'Avent à lire ! L'année où j'ai perdu Décembre ! Suivez mon actualité sur Facebook "Librairie Burnet, Père & Fils" !

Chapitre 24

Jeudi 24 décembre, 21h30 :
« Patron ! S'il vous plait ! Arrêtez ! »
« Quoi « arrêtez » ? Tu me dis pas d'arrêter ! Je fais ce que je veux ! C'est ma fête ! C'est moi le Père Noël ! Tu comprends pas ! JE SUIS LE PERE NOEL ! Et je coupe l'électricité à la Terre entière si JE veux ! »
*****
Plus tôt dans la journée :
Depuis le matin, la situation avait été tendue au Pôle Nord. Les lutins s'étaient affairés autour des derniers préparatifs pour le grand soir, mais le Père Noël restait introuvable. La veille, il avait fait une dernière escapade par La Cheminée – cette machine qui lui permettait d'apparaître instantanément n'importe où sur Terre. En revenant dans l'atelier, devant l'air contrarié des lutins, il s'était mis à jurer avant de partir en claquant la porte. Les lutins devaient maintenant se relayer à plusieurs devant le sas pour tenter de lui barrer le chemin et l'empêcher de se téléporter n'importe où pour insulter les gens et leur distribuer des objets dans la plus pure anarchie.
Depuis ce départ, c'est le lutin en chef Nicolius qui avait pris les choses en main.
« Nous ne pouvons pas laisser tomber les Hommes » avait-il déclaré aux vingt-cinq lutins réunis devant lui. « Nous allons tout préparer comme c'était prévu. Depuis le début, même dans les périodes de doute, jamais Noël n'a annulé sa fête... Nous allons compter là-dessus. Il reviendra. Il allumera La Cheminée et nous pourrons apporter notre aide à ceux qui en ont besoin. » Les lutins s'étaient remis au travail, plus motivés que jamais.
*****
Adèle ne se sentait pas bien. Jusque là, elle avait réussi à ne pas montrer son stress de posséder un bon qui ne lui appartenait pas et de savoir que son fils prenait des risques avec l'électricité. Mais ce jeudi, Marius avait été étrange toute la journée. Distant, ailleurs, voire même un peu agressif, elle se demandait s'il ne se doutait pas de quelque chose. Alors qu'ils se changeaient avant l'arrivée des invités, elle décida de briser la glace :
« Marius, ça va ? »
Il continuait à boutonner sa chemise tout en répondant, les yeux dans le vague : « Pas vraiment ».
Elle se rapprocha de lui : « Tu veux qu'on en parle ? »
Il s'arrêta, releva son regard vers elle dans le miroir : « Maintenant ? Tu veux qu'on parle maintenant alors que toute la famille arrive dans moins d'une heure.
- Toute la journée, tu as été bizarre. Encore plus en revenant du potager. Je m'inquiète. »
Il l'entraina vers le lit où ils s'assirent.
« Ca ne va pas chérie. La BICRE, les démantèlements, le système... j'ai de plus en plus de mal. Et je ne t'ai pas parlé d'Emile. »
Elle sursauta : « Tu es au courant pour Emile ? »
Il s'étonna à son tour : « Tu sais aussi ? Et pourquoi tu ne m'en as pas parlé ? » Il y avait un peu d'énervement dans sa voix.
« Je... j... » hésita-t-elle. Elle se releva, ouvrit le tiroir de sa table de nuit et lui apporta le bon de deux kilowatts qu'elle avait gardé sans trop savoir quoi en faire. Il le prit et le fit tourner entre ses mains.
« Comment l'ont-il eu ? »
Elle fut surprise de sa question, mais répondit : « ils l'ont pris à la sœur de Jean. Elle sort avec un branché qui lui donne ses bons. »
Marius sourit en soupirant.
« Peu importe qui on est, cette histoire d'électricité est un problème. »
Il laissa un temps avant de continuer : « Moi aussi j'ai quelque chose à te montrer. » Il partit fouiller sous ses pulls et en sortit une petite boite. Elle l'ouvrit et lâcha un cri de stupeur.
« Un panneau solaire ! Mais qu'est-ce que tu fais avec ça ?
- C'est ton fils qui me l'a donné. »
Elle écarquilla les yeux et resta sans voix. « J'ai croisé Jean en revenant du potager tout à l'heure. Il m'a avoué – tu connais Jean, il parle tellement qu'il est capable de te résumer sa vie entière rien que lorsque tu lui dis « bonjour » – qu'un homme le lui avait donné. Un homme qui sentait très mauvais et qui était très sale.
- Un homme lui a donné ? C'est quelqu'un que vous connaissez à la BICRE ?
- Je l'ai déjà croisé... Je crois que c'est lui qui est la clé de toute cette histoire de faux bons et d'installations sauvages.
- Vous allez l'arrêter ?
- Oh ! La BICRE va essayer... »Il laissa un temps. « Mais je ne sais pas si j'ai envie de les aider. »
*****
Jeudi 24 décembre, 21h20 :
La famille Chapel était réunie au grand complet dans la salle à manger de Marius et Adèle. Ils étaient une quinzaine autour de la table quand le Père Noël lança son « Salut les gars ! » qui fit s'arrêter tout le monde.
Les Marclet, eux, étaient invités chez les grands-parents de Jean-Maurice et Nadine. L'oncle célibataire était aussi là, ainsi que la tante et sa fille unique. Autour de la table, le nouvel amoureux de Nadine, Augustin, avait insisté pour venir avec eux. L'adolescente était contrariée qu'il aime tant fréquenter des non-branchés. Elle aurait grandement préféré être dans sa famille à lui pour profiter de tout le confort. Alors que papi Frédéric portait son traditionnel toast, le père Noël apparut aussi chez eux.
« Salut les gars ! »
Tout le monde avait sursauté et Marius, par réflexe, s'était levé, prêt à aller à l'affrontement. Mais il ignorait que le Père Noël était apparu partout, chez tout le monde. Il était sale, titubait et rigolait très fort. Il avait une bouteille de rhum à la main qui dégoulinait sur tous les tapis, moquettes, parquets et carrelages qu'il foulait simultanément.
Il n'avait jamais tenté une telle prouesse, et l'état d'ivresse dans lequel il se trouvait lui faisait tourner la tête. Il dodelinait bêtement et essayait de trouver des regards familiers.
Il avait lancé la main en l'air pour saluer un enfant, adressé une œillade perverse à Clarabelle qui se pavanait devant celui qu'elle adulait tant. Soudain, il se figea, avant d'aboyer :
« MARIUS ! »
Il reprit une gorgée.
« MARIUS ! Mon bon vieux Marius ! Alors ? Tu viens pas m'arrêter ! Tu viens pas me passer les menottes autour des poignets ? » Il avança ses mains en bravade.
« Oh ! » Il se tourna vers le côté, vers d'autres personnes que Marius ne voyait pas. « Et toi René ? Et toi Robert ? Quoi ? Marius ne vous a pas parlé de moi ? Rho ! Le vilain garçon ! Je ne vais pas lui apporter de cadeaux ! »
Il but une nouvelle gorgée tout en fouillant dans sa poche. Il en sortit un petit paquet.
« Ah ! Tiens ! Le Père Noël a une surprise pour vous les enfants ! Je vais vous l'ouvrir. » Il jeta sa bouteille à terre devant le regard médusé de millions de personnes. Il déballa le papier et présenta à tous un petit boitier.
« Et voilà la solution ! Plus de bons ! Plus de prison ! Plus d'éoliennes et de panneaux ! Je vous présente... »
Il laissa un long suspens en regardant avec plaisir son public pendu à ses lèvres.
« Le déluminateur ! » Il se tut, appréciant l'effet et les regards ahuris qu'on lui rendait. « On pourrait aussi l'appeler le « déséquéletricpiteur »...
En appuyant sur ce joli bouton, je vais vous couper la chique ! A tous ! Pu de jus ! Pu rien ! Vous allez arrêter de me faire chier, vous allez arrêter de vous emmerder les uns les autres ! Vous allez tous être au même niveau ! Et c'est bien fait pour vos gueules ! »

Zephyrius avait réussi à débloquer l'ouverture de La Cheminée et Nicolius était entré. Là, il faisait face à un Père Noël incontrôlable. Le vieil homme avait la main sur le déluminateur et souriait en bavant.
« Patron ! Je vous en conjure ! Vous ne vous rendez pas compte des conséquences... Il fait tellement froid à certains endroits. Si vous coupez tout, ils n'auront plus de chauffage... Sans compter l'ensemble des systèmes électriques que vous allez endommager... Patron ! S'il vous plait ! Arrêtez !
- Quoi « arrêtez » ? Tu me dis pas d'arrêter ! Je fais ce que je veux ! C'est ma fête ! C'est moi le Père Noël ! Tu comprends pas ! JE SUIS LE PERE NOEL ! Et je coupe l'électricité à la Terre entière si JE le veux ! »

Marius, ainsi que de nombreuses autres personnes, s'étaient levées et s'approchaient doucement du vieil homme, alors qu'il criait sur quelqu'un placé à l'extérieur du Foyer. Il s'en aperçut et leva le boitier.
Habité d'un sourire mauvais, il lança un traditionnel « Ho ho ho ! Joyeux Noël ! » puis appuya sur le gros bouton à l'instant où Marius se jetait sur lui.

Tout devint soudain noir. Tout noir.


Chapitre 25

« MARIUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUS ! » Adèle s'était jetée en avant criant son affolement.
Emile regardait devant lui, avec stupeur. Le Père Noël avait disparu. Son père aussi. Autour de lui, sa famille s'agitait, paniquée. Adèle criait en appelant son mari, son oncle était allé vérifier le tableau électrique, déclarant que tout fonctionnait parfaitement.
Chez Jean-Maurice, les rares appareils électriques étaient aussi encore en marche. Chacun se regardait avec étonnement, ne comprenant pas vraiment ce qui venait de se passer. On avait furtivement vu le père d'Emile apparaître auprès du Père Noël au moment où celui-ci appuyait sur son bouton avant qu'ils s'évaporent soudainement.
Marius, lui, ne comprenait pas où il était. Plongé dans le noir, il avait le nez dans un costume mou qui puait. Il essaya de s'en extraire mais avait du mal à trouver une prise. Il prit un coup dans le ventre et tomba en arrière. Il n'était plus chez lui. Mais où était-il ?
Le rire gras du Père Noël continuait à lancer des « Ho ho ho ! » hilares tout en envoyant mains et pieds dans tous les sens.
« Nicolius ! Nicolius ! » Des mains arrivèrent, armées de torches.
« Occupez-vous du patron » répondit le lutin.
« Les gars ! On a un intrus dans La Cheminée ! » déclara une voix inquiète.
« Zéphyrius est parti remettre en route le courant ! Heureusement que la Cheminée a tout fait disjoncter ! Quelle idée de l'ouvrir sur tant de maisons à la fois aussi longtemps ! On devrait bientôt y voir. »
« Lâchez-moi ! Bande de petits morveux ! Je vous ordonne de me lâcher ! Aïe ! Ne serrez pas comme ça, ça fait mal ! »
Marius était ébloui par un faisceau de lumière pointé vers lui.
« Qu'est-ce qu'on fait de lui ? »
Des ombres s'agitaient dans tous les sens, mais ses pupilles dilatées étaient incapables de les voir.
« On attend que la lumière soit rev... »
Et la lumière revint.
Marius découvrit une pièce circulaire aux parois vitrées. Plusieurs personnes de petite taille s'affairaient autour du Père Noël qui se débattait comme il pouvait, sans pouvoir dégager ses bras coincés dans son dos. Marius se rassit avec difficulté, le ventre encore douloureux.
Un lutin se planta devant lui en l'éclairant de sa lampe : « Comment vous vous appelez ? »
Il tourna la tête, la main devant ses yeux.
« Marius.
- Marius ? C'est drôle ! Vous avez presque un nom de lutin ! Vous faites quoi là ?
- J'ai essayé d'arrêter le Père Noël.
- C'est gentil ! Mais on a géré la situation. »
Il se releva péniblement alors que les lutins sortaient le Père Noël de la pièce.
« Vous avez une drôle de façon de gérer ça. »
Le lutin eut un rire nerveux.
« Venez ! On va vous offrir un peu de chocolat chaud. »

Il le suivit jusqu'à une espèce de grande cuisine où on lui servit un chocolat dans une tasse en forme de renne. Il n'avait pas vraiment soif, mais ne voulait pas paraître malpoli. Il se demanda quand il pourrait commencer à poser des questions. Les lutins s'agitaient dans tous les sens jusqu'à ce qu'un des leurs vienne s'asseoir devant lui et commence à discuter.
« Bonsoir Marius.
- Bonsoir. C'est comment vous ?
- Nicolius. Je suis le lutin en chef cette année. On change tous les ans. »
Marius acquiesça de façon mécanique. « Je vois. » Il laissa un temps avant de demander : « Est-ce qu'il est calmé ou il va encore venir nous menacer ? »
Le lutin eut une grimace. « Ce qui s'est passé ce soir est gênant... »
Marius compléta : « Si ça n'avait été que ce soir...
- Ah... vous l'avez vu avant ?
- Il a remis un panneau solaire à un ami de mon fils et est intervenu dans une enquête que je menais... »
Le lutin fronça les sourcils, il eut un léger mouvement de recul : « vous faites partie de ceux qui nous empêchent de donner du courant à tout le monde ? »
Marius acquiesça, gêné.
« Vous êtes Marius vous avez dit, c'est ça ?
- Oui.
- Il parlait de vous. De vous, de René, d'Hector, de Robert et de plein de personnes qui sabotaient son travail. Il avait pris deux décisions : ne pas faire Noël et pourrir votre travail. »
Marius eut un sourire crispé : « Pourrir mon travail, ça, j'ai bien vu. Mais j'ignorais que je n'étais pas sa seule cible. »
Il y eut un silence. C'est Marius qui reprit en demandant :
« Qu'est-ce que vous allez faire ? Il est devenu ingérable, non ? »
Le lutin haussa les épaules :
« Tout est prêt, donc on peut faire Noël sans lui » Il marqua un temps avant de finir d'un air triste : « mais c'est vrai que ce n'est pas la même chose... »
Ils se turent le temps d'une gorgée de chocolat. Puis, Marius changea soudain de sujet : « Elle marche comment la machine avec laquelle je suis arrivé, j'ai peut-être une idée. »

Adèle était inconsolable. Après avoir parcouru la maison de long en large en appelant son mari, elle était maintenant affalée dans un fauteuil, pleurant silencieusement. Jean-Maurice avait profité de la panique qui avait suivi cette étrange apparition pour téléphoner chez son ami. Il lui dit qu'il avait reconnu le vieil homme et dit à son ami que c'était lui qui lui avait remis le panneau solaire l'autre soir.
« C'était le Père Noël ?! » s'étonna son ami.
« Oui » confirma Jean-Maurice, « mais je n'avais jamais imaginé le Père Noël comme ça.
- Moi non plus... » renchérit Emile avant de continuer : « Mais tu as vu mon père ? Il a sauté et sur lui et a disparu. On sait pas où il est et on sait pas comment le retrouver.
- Oh, tu sais Milo, s'il y a bien quelque chose de sûr c'est que s'il a réussi à s'en aller, il va bien réussir à revenir ! En tout cas, il est super courageux ton père d'avoir fait ça ! Moi, j'aurais jamais osé ! » Jean-Maurice essaya pendant encore quelques minutes de rassurer son ami, mais celui-ci ne parvenait pas à contrôler ses larmes d'inquiétude. Ils raccrochèrent.
Un peu partout, il fallut rassurer les enfants, leur mentir en leur disant que ce vieil homme était un faux Père Noël et que le vrai passerait à minuit, quand ils seraient au lit. On avait tourné les dynamos, allumé les radios, mis en marche les ordinateurs – quand on avait les watts suffisants – et écouté les journalistes qui n'en savaient pas plus. Alors, on s'était remis à table, un peu inquiets que l'étrange homme ne réapparaisse. Les soirées reprirent, les rires finirent par revenir. Les enfants furent couchés alors que minuit approchait.
Chacun se préparait à sortir ses cadeaux lorsque soudain, un homme réapparut au milieu des salons. On se leva, prêt à l'attraper, mais ce n'était pas le Père Noël.
Adèle se releva dans un cri : « Marius ! »
Ce dernier l'entendit, mais la chercha du regard quelques secondes avant de lui lancer un « tout va bien chérie. J'ai quelque chose à faire et j'arrive. » Emile malgré tout vint lui sauter dans les bras. Marius le prit contre lui, lui parla à l'oreille et se redressa.
« Mesdames et Messieurs, je vous demande de garder votre calme. Je me nomme Marius Chapel. Un peu plus tôt dans la soirée, vous m'avez peut-être vu sauter sur le Père Noël et disparaître avec lui. Le déluminateur n'a pas fonctionné, une surcharge dans le système du Pôle Nord l'a fait disjoncter. Le Père Noël est à mes côtés et il a un mot pour vous. »
Le vieil homme apparut, visiblement dégrisé. Un sursaut de frayeur s'empara des foyers, mais Marius eut un geste d'apaisement.
« Bon... bonsoir. Je m'e... m'excuse pour... euh... tout à l'heure... »
Marius le surveillait du coin de l'œil. Un lutin apparut à côté de lui, ainsi que le ministre de l'énergie. Marius reprit la parole.
« Le ministre vient de s'entretenir avec le Père Noël. Ils ont trouvé un accord : aucune nouvelle installation, anciennement appelée « sauvage », ne sera plus démontée. Avec ses ressources, le Père Noël va nous aider à nous équiper de moyens de production fiables. Il ne fera plus de pas de travers, les lutins s'en portent garants. » Marius se tut et fit un pas en arrière.
Le lutin prit la parole : « De son côté, le ministre de l'énergie va faire en sorte que son gouvernement organise une meilleure répartition de l'électricité. Les branchés verront leurs privilèges réduits et chacun recevra une juste quantité de bons d'électricité. Si les Hommes manquaient à leur engagement, nous n'hésiterons pas à nous servir du Déluminateur. Vous voulez l'électricité ? Comportez-vous comme des gens éclairés ! »
Il se tourna vers Marius qui acquiesça avant de s'avancer pour reprendre la parole.
« Nous traversons une période difficile, mais si nous agissons ensemble, nous pouvons la surmonter. Les gouvernements devront toujours veiller à leurs politiques de natalité, nous ne pourrons toujours pas utiliser les énergies fossiles, et, même avec l'aide des lutins et du Père Noël, nous ne pourrons pas nous plonger à nouveau dans la folie du tout électrique... Il va nous falloir utiliser l'intelligence dont nous sommes si fiers pour relever le plus grand des défis : vivre ensemble. N'oubliez pas que nous sommes tous sur cette planète. Alors on mourra tous ensemble ou on vivra tous ensemble. »
Un silence s'abattit avant que dans chaque foyer modeste des applaudissements ne s'élèvent. Les branchés étaient moins enthousiastes face à ces annonces. Le ministre s'en aperçut :
« Je comprends l'inquiétude de ceux qui n'avaient pas à compter les watts. J'en fais moi-même partie. Mais ce soir, j'ai compris que c'est une chance pour nous tous. » Il laissa un temps avant d'ajouter : « et de toute façon, les lutins ont été bien clairs sur le fait que nous n'avons pas le choix. »
Nicolius conclut : « Mes amis, il va être temps pour vous de rentrer chez vous, auprès des vôtres. C'est que nous avons une tournée à assurer, n'est-ce pas Père Noël ? »
Le vieil homme leva le nez, honteux. « Oui Nicolius, nous avons du travail... Mais avant d'y aller, j'ai une chose à ajouter. »
Il prit un air jovial et déclara, d'une belle voix enjouée « Oh oh oh ! »
Nicolius, Marius, Emile, le ministre et tout le monde reprit avec lui « Joyeux Noël ! »

Joyeux Noël.


FIN.

N'hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous pour dire ce que vous avez pensé de ce conte. A l'année prochaine !
15

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,