Découverte.

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Son souffle se fit plus court lorsque les baisers se déposèrent sur sa joue, glissant lentement sur sa mâchoire. Dans un silence religieux, alors que l'appréhension s'éprenait de son corps presque aussi vite que les sensations ne s'y répandaient, Jesse ferma les yeux. La bouche commença sa découverte de sa peau, laissant dessus les vestiges sensibles de son passage comme des traces fantômes sur son épiderme. Pour la première fois, Reinhart abandonna ses réflexions intenses sur ce qu'il devait faire, dire, sur la façon dont il était le plus convenable de réagir, et tendit son cou pour ouvrir la route à ses lèvres. Quelques baisers suffisaient à lui faire perdre pied, quand déposés par quelqu'un d'autre ils n'étaient que le signe d'un malaise naissant au creux de son ventre. C'était ses reins, cette fois, qui réagissaient au contact, s'embrasant sous l'excitation qui ne faisait que grandir un peu plus. Il n'avait jamais connu ça. Cette envie, ce besoin de faire glisser ses mains à son tour sur le corps qui le surplombait, partir à la découverte du relief de ses muscles, de la douceur de sa peau. S'accrocher à ses plis alors qu'il s'abandonnait complètement à lui. Jesse, pourtant, referma ses doigts autour des draps déjà froissés, tentant de contrôler un minimum ses propres réactions. Il n'osait pas encore. Ça n'était pas son terrain de jeu, il lui fallait prendre ses marques, quand bien même il était quasiment impossible de le faire lorsque ses sensations le poussait à l'abandon de sa propre personne.
Dans le silence de la chambre faiblement éclairée, il prêta l'oreille aux bruits des baisers qui laissaient sur sa peau des traces humides, approfondissaient ses inspirations, lui faisait mordre doucement sa lèvre inférieure lorsque des gémissements commençaient à menacer de s'échapper. Livré à son bon vouloir, Jesse se sentait vulnérable, incapable de se défaire de son emprise, et bien loin de le vouloir de toute façon. Ses mains glissèrent sous son t-shirt, collé par endroits à sa peau moite. Il sentit ses doigts s'immiscer sur sa peau, glisser sur ses côtes, lui arrachant un rire doux étouffé derrière le dos de sa main, contrastant avec la tension qui grandissait dans la pièce et rendait l'atmosphère plus lourde qu'elle ne l'était d'ordinaire.
À mesure que ses mains s'aventuraient contre ses formes, il sentit son t-shirt remonter sur sa peau, dévoilant dans la semi-obscurité les courbes de ses abdos. Benito se redressa au-dessus de lui, libérant l'épaule sur laquelle il répandait alors ses baisers pour laisser son regard glisser sur ce qu'il pouvait deviner dans la semi obscurité. Leurs yeux se croisèrent, et une décharge électrique se dispersa le long de sa colonne vertébrale, envoyant des tremblements dans chacun de ses nerfs. Assis à califourchon sur lui, l'italien ne pouvait douter de l'effet qu'il faisait au jeune garçon en dessous de lui, quand son boxer se faisait plus serré au simple effleurement de sa peau contre la sienne. Guidé par les gestes qu'on lui intimait de faire, Jesse se redressa pour l'aider à retirer son t-shirt, qui tomba dans un bruit mat sur le parquet de sa chambre et se fit tout aussi rapidement oublier par l'étudiant, rapidement suivit par celui de l'homme face à lui.
Sa respiration se coupa un instant. Pleines d'une avidité qui leur était jusque-là étrangère, ses pupilles glissèrent sur le torse qui lui faisait face, ses dents se plantant dans l'intérieur de sa lèvre quand sa respiration se fit erratique. Il relâcha les draps, les phalanges engourdies d'avoir serré les fibres avec tant d'entrain, et leva ses mains dans sa direction. Elles glissèrent d'abord sur ses cuisses, éveillant un sourire en coin, impatient et égrillard, sur le visage du méditerranéen, alors que ses doigts glissaient entre ses poils, se perdaient à la lisière de son boxer. Ils continuèrent leur route en silence, remontèrent sur sa taille, l'enserrèrent doucement ; ses pouces caressèrent lentement son aine, alors que son propre souffle était le seul bruit qui rompait le silence de la chambre. S'humectant inconsciemment les lèvres, il remonta un peu plus haut, glissa sur ses côtes, se perdit contre ses abdos, jusqu'à ce qu'une vague de frisson ne le submerge lorsque ses doigts vinrent effleurer ses tétons, que l'expiration appréciative de Beni lui indiqua qu'il empruntait le bon chemin. Jesse accrocha ses yeux, la tension se diffusant plus fermement dans son bas-ventre, puis entre ses jambes. Il voulait plus. Avait besoin de plus. Lorsque l'italien se pencha à nouveau au-dessus de lui, permettant aux mains de l'étudiant de se perdre dans son dos, il y accrocha ses phalanges dans les plis de sa peau, soupira à la proximité de leurs visages. Leurs bassins de frôlèrent, se frottèrent l'un à l'autre, accentuant la sensibilité à laquelle son corps entier était déjà soumis : un gémissement lui échappa, mourant contre les lèvres si proches du garçon, dont l'une des mains vint enfermer avec douceur sa joue dans sa paume.
Leurs bouches se chatouillaient, et même sans poser son regard sur le bomber de ses lèvres, Jesse le sentait sourire contre lui. Il s'amusait de lui, le torturait avec délice. S'abandonnant à lui, Jesse referma à nouveau ses mains sur sa taille pour s'assurer qu'il ne s'éloignerait pas, quand la voix de Beni s'échappa en un murmure aux allures secrètes.
« Mi prenderò cura di te, gigino.* »
Son cœur manqua un battement, ou peut-être deux, trois, dix. Il perdit le fil du temps, sa notion se floutant à mesure que le monde autour d'eux disparaissait, car rien d'autre n'était en mesure de compter que la proximité de leurs corps qui n'était, pourtant, toujours pas assez. Leurs lèvres se trouvèrent. S'accrochèrent. Dans un ballet lascif, leurs langues se mêlèrent, intensifiant leur échange. Jesse remonta une main dans la nuque de Beni, plaquant avec plus d'intensité encore sa bouche contre la sienne, gémissant dans leur baiser fiévreux et trahissant, au passage, les envies de son corps qui prenaient le contrôle sur tout le reste. Son bon-sens. Sa pudeur. Son désir de rester éloigné de toute histoire sentimentale. Ça ne comptait plus, lorsque Benito Rizzo l'embrassait de la sorte. Il le faisait se sentir plus vivant qu'il ne l'avait jamais été. Sous ses mains, ses baisers à la fièvre grandissante et qui, désormais, glissaient le long de son torse dans une lenteur encore trop rapide à son goût, il s'oubliait. Du garçon timide et sans expérience, Jesse se laissait devenir homme, initié par le premier capable de lui faire ressentir ce genre d'émotions. Son corps entier est brûlant, ses joues rouges.
Le désir ardent s'empare de lui et le fait espérer une délivrance qui n'arriverait pas trop vite, tant la sensation lui semble divine ; lui qui ne croyait en rien d'autre qu'en l'Homme et la science se retrouvait à prier des lèvres, des mains, un corps entier tant il lui semblait capable de l'envoyer au paradis, dans la discrétion de sa chambre, entre ses draps humides. La bouche de Benito continua son périple sur sa peau, la mordillant, la léchant parfois, jusqu'à ce que ses lèvres ne viennent effleurer son boxer, et la forme sensible qui se dessinait au travers. Ses doigts glissent entre la peau et l'élastique du sous-vêtement. S'immiscent, indiscrets, pour le faire glisser lentement et le libérer de la pression du tissu autour de son entrejambe. Dressé sur ses coudes, Jesse le regarde, ses yeux criant sa supplication pour qu'il l'aide à atteindre la délivrance, quand ceux de Benito vacillent d'une étincelle chaude, contrastant avec la clarté du bleu qui les coloraient. Le boxer glisse le long de ses cuisses, se perd sur ses chevilles, et s'écroule finalement au sol, sans que le contact oculaire ne soit rompu. Un sourire au coin des lèvres, Benito se penche en avant.

Réveil en sursaut.
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