DE ST LOUIS EN SENEGAL A NICE FRANCE

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écrire c'est aimer s'évader sur la musique des mots, des phrases qui forment une mélodie. raconter c'est confier à l'autre ses rêves, ses envies. Ecrire c'est vivre  [+]

C était en 1944.

J étais en garnison à St Louis du Sénégal, militaire dans
l'armée Française. J’avais 22 ans.

Je me souviens qu’un soir cherchant un endroit pour manger quelque chose, après le jeune de Yom Kippour, fête juive, je me suis retrouvé dans un petit
restaurant tenu par des syriens.

Ils m'ont servi un très bon café noir pur et corsé et une soupe de poulet, ce qui m’a rappelé la soupe de poulet que l'on mange après la journée de jeun de kippour chez nous.

La soupe était très bonne et servie par une très jolie jeune fille souriante.

Après être rentré à la caserne, j ai voulu m'endormir sous la moustiquaire.

Mais impossible de fermer l'œil de la nuit, je croyais avoir été atteint par la piqûre de la mouche Tsé Tsé, ce qui était fréquent dans ce coin du monde.

Au matin, je me suis fait porté malade, incapable de me tenir debout.

Le médecin militaire m’a examiné, et demandé ce que j'avais consommé depuis la veille.

Au récit de mon repas, il m’a dit que c’était le café trop pur qui m’avait donné une insomnie.

Le lendemain du repas, le patron, donc le père de cette jolie jeune fille, m’a demandé si je pouvais rester à St Louis après la démobilisation, car je plaisais beaucoup à sa fille, et que, si je le désirais, je pourrais l'épouser et rester vivre avec eux.

J'ai décliné cette proposition, mon cœur étant déjà pris, par une belle jeune fille que j'aimais dans mon pays, et qui se nommait Berthe, à Constantine en Algérie.

Que j'ai retrouvée et épousée à mon retour à la vie civile en 1951.
Mariage qui a donné 3 enfants et duré 55 ans, jusqu’en 2006, date du décès de ma femme qui m’a offert une vie très agréable.

Après les évènements de la guerre d'Algérie dans les années 1954.1962, nous avons été dans l obligation de quitter notre terre natale, avec tous les souvenirs de nos parents, arrière grands-parents, installés depuis des générations.

En juillet 1962, nous avons été contraints et forcés de quitter l'Algérie.
En abandonnant biens immobiliers, meubles et souvenirs de toute une vie.
Nous avions 40a et pris le bateau pour traverser la Méditerranée, avec quelques valises et 3 enfants de 1,7 et 9 ans.

Étant fonctionnaires ma femme au ministère des armées en tant que gestionnaire administrative dans les bureaux et moi-même au ministère des finances, inspecteur aux Impôts, 'nous avons été muté dans des services sur Paris.

De la famille étant déjà venue s'installer sur Paris, grands parents paternels, nous disposions d'un logement à Romainville en Seine St Denis 93, qui nous a permis de poser les valises et nous organiser pour cette nouvelle vie, très différente en tant que climat, architecture et culture.

Adaptation un peu complexe, "les pieds noirs "comme on nous étions nommés, n’étant pas accueillis à bras ouverts par les "Français"!

Conflit éternel d intégration.

Malgré tout, la vie a continué, les enfants à l’école, nous au travail.

Après Romainville, habitation en déconstruction, nous avons été relogés dans de nouvelles constructions à Sarcelles Lochères, rue Paul Painlevé, dans le Val-D’oise 95, dans de nouveaux lotissements, premiers HLM, habitations à loyers limités.

Nouvelle vie, nouvelles habitudes, nouveaux voisins. Contact avec 2 frères de ma femme, Charles et Robert installés avec leurs familles en IDF aussi.

Berthe, a eu par son administration proposition de partir en retraite anticipée avec 3 enfants après 20 ans d'ancienneté, avec une médaille de bronze !

Nous sommes restés sur la région parisienne de 1962 à 1967, date de mutation que j’ai obtenue pour un départ pour Nice, Alpes maritimes, le soleil, la mer, un petit air d'Algérie.

Mes parents âgés de plus de 80ans n’ont pas voulu nous suivre et sont restés vivre aux lilas 93.
Décès de ma mère en 1979 à 87ans et mon père en 1986 à 97ans.

Le frère aîné de Berthe, Julien, s'était installé avec sa femme, ses 5 enfants et sa mère, ma belle mère, à Nice dès le départ d Algérie.

A commencé une autre vie, ambiance, climat et mentalité, plus méditerranéenne.

Les enfants ont construit leurs vies.

Nous avons perdu un fils, Philippe, suite à une longue maladie en 1992. Grande perte et désespoir intense et inoubliable. Vie si courte à 30 ans à peine

Mon fils et ma fille sont présents à ce jour, 2020, pour moi et continuer à pouvoir vivre à domicile, dans l'appartement qui conserve tant de souvenirs de ma femme et mon fils, me réconforte dans ma solitude et le temps qui passe.

Mes 2 enfants qui ont eu chacun des jumeaux, 2 fils et 1 garçon et 1 fille, qui, à leur tour, ont eu chacun 2 enfants, qui ont eu aussi des enfants.
A ce jour, je suis arrière grand père de 10 petites filles et garçons.

Je viens d' apprendre par ma fille qu'un de ses fils va être à nouveau père, ce qui fera qu' elle sera 7 fois grand mère et moi 11 fois arrière grand-père.

Depuis, le temps a passé, j'ai fête mes 98 ans durant la période du covid en 2020, j'ai été épargné par le virus, et j'ai des souvenirs des temps passés que je raconte à ma fille qui me tient compagnie. Et qui a eu l'idée de les retranscrire en informatique, pour garder le souvenir.

Regret que mon épouse restée handicapée après un accident de voiture en 2000 et décédée en 2006, n'ait pas eu ce bonheur de connaître la joie de vivre avec toutes ces nouvelles frimousses, 5 garçons et 5 filles.

Peut être aurais-je la chance de fêter avec eux tous mes prochains 100 ans, si dieu me prête vie encore? L'avenir nous le dira en mai 2022.

Et comme disait St Exupéry, il faut vivre ses rêves et non rêver sa vie, ( le petit prince), je n’ai sans doute pas vécu tout ce dont j'ai rêvé jeune, mais j'accepte les bonheurs et malheurs que la vie m'a apportée.

L' avenir est maintenant dans ce que vivra ma descendance, qui est le futur et la vie.

Elie, dit Lili mai 1922.
En mémoire de Berthe  déc.1922

Par Maevy août 2020
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