Dans l'ombre de Harry

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Rusard faisait évacuer les élèves de la Grande Salle, alors que le professeur McGonnagall rassemblait les élèves majeurs qui voulaient rester pour se battre. Mon regard parcourut la foule de têtes courageuses. Je fus surpris d’y reconnaître certains élèves de Serpentard, avec leurs regards durs et déterminés. Drago Malfoy, malgré nos petits différents étant plus jeunes, m’adressa un regard entendu : « Courage, Londubat » . Malgré la bêtise de sa mère et la lâcheté de son père, il avait réussi à sortir de leur emprise et à penser par lui-même. Je l’admirais pour ça, mais cela n’en faisait pas mon meilleur ami pour autant. Il avait quand même, indirectement, provoqué le départ de Dumbledore dont nous n’avions pas eu de nouvelles depuis cette fameuse nuit.
Mon regard croisa celui d’Harry Potter, il m’adressa à son tour un regard encourageant mêlé de compassion. Cela faisait alors plus de deux ans que nous avions appris l’existence de la prophétie, et compris que nous étions tous les deux concernés par ces paroles :

― Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche... Il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois... Et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal, mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore... Et l'un devra mourir de la main de l'autre, car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit...

Nous répondions tous les deux à ces « critères » et c’était Voldemort lui-même qui avait déclenché la prophétie. Il aurait bien pu essayer en vain de tuer Harry, mais c’était sur moi que c’était tombé.

Au début, nous en rigolions un peu ensemble en supposant qu’il avait choisi de « me marquer comme son égal » car il n’avait pas vu en moi un danger potentiel. Nous en rigolions, mais dans le fond, cela nous tracassait et une gêne s’était installée dans notre si forte amitié. Il devait se demander ce qu’il serait advenu de ses parents, de sa sœur, s’il avait été l’Élu. Il devait se demander si son parrain serait mort à l’heure qu’il est, s’il avait été l’Élu. Et moi je me demandais si Harry, à ma place, aurait fait mieux que moi. Y aurait-il eu plus ou moins de morts ? J’étais certain qu’Harry aurait fait mieux en toute circonstance. Il était extrêmement courageux, il avait pleinement sa place à Gryffondor, alors que moi, je n’étais en comparaison qu’un gamin dans un corps trop grand pour lui, un gamin maladroit, tête en l’air et qui, malgré tout, était pris par le reste du monde pour un sauveur. Il est vrai qu’à mon entrée à Poudlard, je captais tous les regards, j’attirais l’attention. Il arrivait même qu’on me demande des autographes ou qu’on demande à toucher ma cicatrice. Mon affectation à la maison Gryffondor avait conforté les gens dans l’idée que j’étais leur courageux sauveur. Pendant mes quatre ou cinq premières années à Poudlard, j’ai beaucoup déçu les attentes de mes « admirateurs », je n’avais rien d’exceptionnel, n’avait pas de talent particulier, je n’étais pas excellent en Défense contre les Forces du Mal et j’étais assez peureux. Ma grande amitié avec Harry Potter surprenait énormément les autres élèves ; nous étions des opposés, j’étais aussi maladroit qu’il était courageux, et il était aussi charismatique que j’étais quelconque.

J’aperçus les deux têtes rousses de Fred et George, ils souriaient et avaient l’air d’être certains de pouvoir se débarrasser du plus grand mage noir de tous les temps en lui offrant des nougats Néansang. L’idée me fit sourire. Le professeur McGonnagall s’approcha de moi, tout près, et me regarda dans les yeux avec un air effaré. Mon sourire disparut aussi vite qu’il m’était apparu. Il est vrai que ce n’était pas vraiment le moment, mais qu’avait-elle à continuer à me regarder ?

― Londubat ?! Qu’est-ce que vous attendez ?? Allez faire ce que vous devez faire !

Mon cerveau mit du temps à capter le message. L’Horcruxe ! Il n’en restait que trois à détruire. Le journal avait été détruit par Ginny dans la chambre des secrets, alors que j’en cherchais encore l’entrée pour venir la secourir. La bague des Gaunt avait été détruite par Dumbledore (qui en avait payé le prix). Pour le médaillon, Kréature m’avait, en premier lieu, emmené dans une cave dans laquelle se trouvait le faux médaillon de Regulus Arcturus Black, de peur que je ne détruise le vrai à sa place (son maître lui avait donné l'ordre de le détruire lui-même mais il n’avait jamais réussi). Quand nous l’avons enfin retrouvé, j’avais laissé l’elfe de maison le détruire avec l’épée de Gryffondor, toute sa reconnaissance me fut alors destinée. La coupe de Poufsouffle fut détruite part Rogue, qui, se sentant coupable d’avoir divulguer la prophétie à Voldemort, avait tout fait pour me convaincre que nous étions dans le même camp. Je n’avais jamais détruit moi-même un horcruxe, moi l’Élu, même en ayant passé ma dernière année à Poudlard à les traquer avec l’aide de Harry, Dean et Seamus. À présent, il ne restait plus que trois Horcruxes dont je connaissais – heureusement pour tous – l’apparence : Le Diadème perdu de Rowena Serdaigle ; Nagini, le fidèle serpent de Voldemort ; et Voldemort lui-même (un affrontement final dont l’issue serait mortelle pour l'un de nous deux était inévitable).

J’étais à la recherche du diadème de Serdaigle mais, dans la panique, la peur et la précipitation, je n’arrivais pas à me concentrer et à réfléchir de façon censée pour trouver où Tom Jedusor aurait pu le cacher. Je passais devant la salle sur demande et essaya de demander à voir Dumbledore, en vain. La seule chose que j’obtins fut son portrait, vide. Je m’assis alors au milieu de la salle qui, à ma demande, fut un espace calme et silencieux au possible. Je réfléchis calmement en passant par Rowena Serdaigle, puis par Tom Jedusor et je finis par me concentrer sur la maison Serdaigle en général : « Tout homme s’enrichit quand abonde l’esprit ». J’aimais cette maison presque autant que j’aimais la mienne, peut-être parce que tout simplement j’aimais Luna... Luna ! Je me souvins l’angoisse que j’avais eu en apprenant son enlèvement chez son père... Chez son père... ça me revenait ! Xenophilius Lovegood avait fabriqué une « réplique » bien à lui du diadème de Serdaigle, censé repousser les Joncheruines qui peuvent embrouiller notre cerveau. J’avais toujours pensé que ces créatures étaient issues de l’imagination de mon amie et je le pensais toujours. Cependant, c’était ma seule chance de retrouver l’antépénultième Horcruxe. Et puis, j’avais toujours défendu l’importance de l’imaginaire, donc si ces créatures étaient bel et bien les fruits de l’imagination des Lovegood, j’allais devoir faire appel à ma propre imagination pour les apercevoir. Je pensais que, comme le diadème avait pour faculté de rendre, qui le portait, encore plus intelligent qu’il ne l’était déjà, il devait attirer les Joncheruines autant qu’un cerveau humain puisqu'il en était presque un substitut.

Je suis sorti de la salle sur demande à toute vitesse, descendant les marches quatre à quatre pour retrouver Luna parmi la foule d’élèves restés pour combattre. Elle ne fut pas difficile à trouver. Elle portait un pull en grosses mailles violet, ses cheveux étaient attachés en un chignon « coiffé-décoiffé » qui était plus décoiffé qu’autre chose. Elle portait un pantalon noir simple et ses habituelles guêtres violettes, sortant de ses grosses bottines achetées dans un magasin moldu et remontant jusqu’à la moitié de ses tibias. Je fus tenté de m’arrêter dans ma course pour la contempler mais bizarrement, l’urgence de la situation m’en empêcha.

Je l’attrapais par le coude de façon plus violente que prévue et lui fis ma demande de façon incompréhensible. Elle ne devait avoir compris que deux mots grand maximum, et pourtant elle me sortit de son sac, avec un calme étonnant, les lunettes (affreuses) qui lui permettaient d’apercevoir les Joncheruines. Elle me dit :

― Tu devais articuler un peu plus Neville, moi je t’ai compris, mais tout le monde n’a pas été mordu par un gnome ! Tiens ! Bonne chance !

Je n’avais pas compris le sens de sa phrase mais pris les lunettes, lui souris (de façon ridicule c'était certain) avant de repartir dans ma course. J’attendis de me retrouver seul dans un couloir désert pour mettre les lunettes. Il est vrai que j’étais ridicule la plupart du temps, mais je voulais quand même conserver le peu de fierté qu’il me restait avant de mourir. Mon regard sur le monde à travers ces lunettes n’avait presque pas changé, si on oublie le fait que, quand je regardais trop vers la gauche, je voyais le monde comme à travers un kaléidoscope.

Alors que j’avançais un peu au petit bonheur la chance (ma grand-mère utilisait souvent des expressions étranges et celle-ci était la seule dont le sens ne m’échappait pas) en essayant de regarder partout en même temps et de trouver des Joncheruines, je croisais Fred et George, que j’avais vus à peine deux minutes plus tôt en bas et qui avaient été plus rapides que moi apparemment. (Je m’étais toujours demandé comment ils faisaient...?) Une armée de petits elfes de maison les suivait. Ils avaient tous les bras chargés de cartons remplis de je-ne-sais-quoi et Fred et George n’avaient pas quitté leurs petits sourires malins. Leurs sourires s’agrandirent alors en sourires moqueurs quand ils m’aperçurent. J’avais oublié que je portais des lunettes roses ridicules ! À ma grande surprise, ils ne firent aucune remarque (à voix haute en tout cas) et me tendirent tout naturellement l’épée de Gryffondor. Je la pris avec un air hébété. Fred (ou George) me dit :

― Allez hop, grouille-toi Londubat ! On gagne du temps pour toi, ce serait sympa de pas le perdre derrière !

Puis ils s’en allèrent avec, les suivant sagement, leur troupe de petits elfes.
Tout avait toujours été trop simple pour moi, les gens m’aidaient, trouvaient des solutions à ma place, rattrapaient mes erreurs, si bien que j’avais vécu dans l’ombre de celui que les gens croyaient que j’étais. J’en avais presque fait un complexe. Je me sentais tellement sali de cette gloire que je ne méritais pas, j’en étais même venu à me demander si mes amis proches auraient été mes amis si je n’avais pas été l’Élu, ou s'ils savaient simplement que je n’avais rien d’un héros. Tout avait toujours été trop simple pour moi, et ce jour-là aussi. La seule difficulté, le seul obstacle qui barrait mon chemin de la réussite, était de trouver un moyen de détruire de diadème après l’avoir trouvé. Fred et George m’avaient apporté la solution sur un plateau, me l’avaient tendue si simplement qu’à cet instant précis, je m’étais senti un moins-que-rien. J’aurais du être heureux de cette aide dont j’avais énormément besoin, car cela me permettait de ne pas perdre de temps et d'empêcher le maximum de morts, mais pourtant j’étais déçu de ne pas avoir, une fois, une seule fois dans ma vie, réussi quelque chose tout seul et mérité l’admiration que les autres me portaient.

Je m’aperçûs que, submergé par mes pensées, je m’étais arrêté en pleine course. Prêt à repartir, je m’arrêtais pourtant en plein mouvement : j’apperçûs par terre, à travers mes magnifiques lunettes, une ligne légèrement floue s’agiter. En m’approchant de plus près, je pus deviner les contours de créatures étonnamment ressemblantes à la représentation moldue d’un virus. Cette chanceuse découverte me relança sur le sujet précédent : je ne trouvais jamais volontairement les solutions, jamais je n’avais découvert quelque chose simplement grâce à mon cerveau, et là encore, c’était la chance qui m’avait fait découvrir cette colonie de Joncheruines, et non une déduction ou un raisonnement construit de ma part. Pour éviter une fois encore de diverger, je me concentrais pour garder le contrôle de mon esprit qui, à tout moment, aurait pu être embrouillé par les Joncheruines. Je suivis la ligne de ces créatures à moitié invisibles à mes yeux, en me rappelant avoir déjà suivi des araignées de la même façon et avoir découvert, au bout, un royaume effrayant. Mon enquête me mena droit sur un mur où les joncheruines entraient par une minuscule fissure. Je m’assis contre le mur, laissant un espace entre moi et l’entrée de ce qui devait être un second royaume effrayant. Je réfléchis, le plus vite possible, pour éviter que quelqu’un ne surgisse de nulle part et ne sauve le monde à ma place. Je me remis sur mes pieds et fis les cent pas, puisque ça aidait Dumbledore à réfléchir cela ne pouvait pas me faire de mal. C’est alors que je me rendis compte que, par bonheur, je me trouvais devant la salle sur demande. Je n’avais donc plus qu’à demander de me rendre là où elles se rendent. Ce fut d’une simplicité inquiétante.

En entrant, je découvris une multitude d’objets entassés : des lutins de cornouailles, des livres... Le parfait endroit pour cacher quelque chose (comme un horcruxe par exemple) et espérer qu’il ne soit jamais retrouvé. Je suivis la ligne de Joncheruines jusqu’au fond de l’immense pièce, et là, simplement posé sur le buste sculpté d’un parfait inconnu, je vis le diadème de Serdaigle. Il était légèrement différent des représentations que des artistes en avait fait : il était simple, représentait un aigle mais, mis à part la magnifique pierre bleue au centre et le pendentif frontal en saphyr, le reste des pierres était transparent. Je lançais un « repulso ». Mon sort ricocha sur l’horcruxe mais réussit à repousser d’une bonne dizaine de mètres la bonne centaine de Joncheruines qui s’y trouvait. Ces dernières, ni énervées, ni confuses, reprirent leur marche vers le diadème tranquillement, sans me prêter aucune attention.

Je pris l’horcruxe et m’éloignais le plus possible de la salle sur demande et des Joncheruines. Ayant marché cinq bonnes minutes, je m’arrêtais et examinais une seconde fois l’horcruxe : l’inscription « Tout homme s’enrichit quand abonde l’esprit » était encore lisible, malgré la crasse accumulée au fil des années dans la gravure. Ne sachant pas réellement comment m’y prendre, je posais le diadème par terre et, sans réfléchir, d’un coup rapide et fort, frappais l’horcruxe. J’eus tellement mal à ma cicatrice que je laissais tomber l’épée et moi-même au sol. L’horcruxe émit un bruit, un gémissement, comme un dernier souffle et ma douleur disparût. Je ne pus cacher une petite déception ; la destruction de mon premier Horcruxe n’avait ni été héroïque ni spectaculaire.

En me relevant, je me rendis compte que j’avais laissé les lunettes de Luna dans la salle, et, ne voulant pour rien au monde y retourner, je pris le diadème dans l’espoir de pouvoir lui offrir une fois la bataille gagnée. Je descendis dans la Grande Salle et découvris ce qu’il s’y était passé durant mon absence : les mangemorts avaient pénétré dans le château, et il y avait eu des morts dans les deux camps. Je m’approchais de l’infirmerie-morgue improvisée, et vis madame Pomfresh essayant de faire face à la situation seule. Je reconnus des visages familiers : Percy Weasley, Fred Weasley, Remus Lupin, Kingsley Shacklebolt, Luna...

― Luna !...

Je m’approchais de son petit corps, elle avait le visage paisible. Je déposais le diadème entre ses mains jointes et m’en allais, plus en colère que triste. Apercevant un peu plus loin une femme en difficulté avec Amycus Carrow, je jetais, déterminé, le sortilège de mort.

― Il faut le vouloir tu sais, Neville ! Il faut vouloir le mal de l’autre pour lancer un sortilège impardonnable !

Je le voulais. À partir de cet instant, ce que je fis fut mécanique, ma colère me dirigeait et j’avais l’impression d’être plus efficace dans cet état. Je trouvais Harry, lui confiais l’épée et la tâche de détruire Nagini au plus vite. Il ne paniqua pas, accepta la mission et partit, sûr de lui. Un plan s’était établi dans ma tête et si j’arrivais à contenir mes émotions, cela devait fonctionner. Je pensais éliminer la partie de Voldemort logée en moi, puis éliminer le Seigneur des Ténèbres en personne. Au loin je distinguais la tête blonde de Malefoy, en plein combat avec Yaxley qui lui siffla avec mépris :

― Tel père tel fils hein Malefoy ! T’es aussi lâche que ton père est incompétent !

J’avais besoin de lui maintenant ! Je jetais mon second sort impardonnable en plein torse du mangemort, qui s’effondra simplement. Cela me paraissait si simple à présent, que j’en oubliais presque l’horreur de l’acte lui-même. Je fonçais sur Malefoy et lui dit :

― Tue moi !

J’avais tout de suite pensé à Malefoy pour cette tâche, parce qu’il avait du cran et que jamais mes amis proches n’auraient réussi à le faire (enfin du moins je l’espère). Après lui avoir expliqué partiellement mon plan, et après quelques hésitations de sa part, il se lança ou, plus précisément, lança le sort.

Je n’entendis pas l’incantation et ne me sentis même pas tomber au sol. Toute sensation s’estompait pour laisser place à la plus grande douleur que je n’avais jamais ressentie. Ma cicatrice me brûlait tellement que je crus qu’elle s’était rouverte et qu’un détraqueur aspirait mon âme par la plaie. Puis, aussi vite qu’elle était apparue, cette douleur physique disparut. C’est alors qu’une série d’images me tortura l’esprit. Bien conscient que ce n’était qu’une hallucination, j’essayais de résister, en vain. La voix de Voldemort se fit entendre dans mon rêve, mais il m’était impossible de comprendre ce qu’il prononçait. J’étais obnubilé par ces images. Je vis d’abord George, à genoux, la tête collée à son simple reflet dans un miroir. Il pleurait. En analysant la scène je compris qu’il s’agissait du Miroir du Rised et que celui que j’avais pris pour un reflet était en réalité Fred, dont j’avais aperçu le corps sans vie dans la Grande Salle.

― Tu as privé George de son jumeau !
C’était la voix d’Harry. La seconde vision mettait en scène la totalité de la famille Weasley, en larmes également devant le corps de Percy et de Fred.
― Tu as endeuillé les Weasley pour toute leur vie !
Ensuite je vis un bébé, tout seul. Je vis des photos successives qui me montraient cet enfant grandir... Sans père.
― Toi qui connais la douleur d’être orphelin, tu as enlevé Remus à son fils !
La dernière vision était une simple photographie de groupe dont les personnages disparaissaient un à un... dessus, figuraient tous ceux qui participaient à la bataille de notre côté (centaures et elfes de maison inclus), et ceux qui disparaissaient étaient les décédés.
― Tu es un incapable, si j’avais été l’Élu j’aurais fait mieux que toi ! Rends-toi au Seigneur des Ténèbres et tu sauveras les survivants d’une mort certaine !

L’hallucination se finit avec un flash extrêmement rapide... Le corps sans vie de Luna.

Je me réveillais au même endroit, sous ma cape d’invisibilité. Drago avait dû penser bon de camoufler mon corps. Je ne me sentis pas différent en me levant, si bien que je me mis à douter de la réussite de Malefoy à éliminer l’âme de Voldemort logée en moi. Encore troublé par les mots de Harry, je me relevais, décidé à me rendre à Voldemort pour éviter que mon échec certain ne fasse plus de victimes. Ma cape d’invisibilité à la main, et donc visible de tous, je me dirigeais vers la forêt interdite, désertée de toutes ses créatures. Certains mangemorts transplantèrent en me voyant me diriger directement vers le maître, sûrement pour le prévenir de mon arrivée. D’autres me suivaient de loin, afin de vérifier ma destination, pensant que je ne les remarquais pas.

Juste avant d’arriver dans l’antre de l’ennemi, je pensais que j’aurais dû confier à quelqu’un la tâche de cacher la pierre de résurrection et ma cape, afin que jamais les reliques de mort ne puissent être réunies et qu’aucun sorcier ne puisse défier la mort, comme Voldemort que j’avais à ce moment là en face de moi.

Il fit un discours, dont le sens m’échappait. Je n’écoutais pas mais le fixais d’un regard déterminé que j’essayais de garder le plus crédible possible. Je n’avais pas peur. Il parla a un homme à sa droite, qui transplana une seconde plus tard. Prévisible. Il voulait que tous les survivants voient ma mort et le déclarent plus puissant que tout. Une minute plus tard, les combattants accoururent et se prirent, en pleine tête, le sortilège protego que Voldemort venait d’installer. Ils me regardèrent, impuissants et déçus de me voir aussi lâche, de me voir les abandonner, de me voir me rendre et d’anéantir ainsi le seul espoir qu’ils avaient. Je me retournais, face à Voldemort une nouvelle fois. Il se leva et, comme un enfant fier de son nouveau jouet, exhiba la baguette de sureau qu’il croyait sienne. Prêt à riposter cette fois, j’attendis qu’il se lance avant moi.

Quand il prononça « AVADA KEDAVRA », je crus qu’il était trop tard mais, dans une tentative désespérée, je fis un geste avec mon bras par reflexe, sans pourtant prononcer d’incantation. Il fut surpris autant que moi de voir que j‘avais jeté un sort sans le vouloir. Je profitais de son manque d’attention pour contrer son attaque. Le bruit de son corps tombé par terre fut couvert par les cris d’étonnement des mangemorts autant que ceux des autres, toujours coincés derrière le champ de force. Malefoy avait donc bien réussi à éliminer la partie d’âme de Voldemort en moi... Et j'avais réussi à l'éliminer en personne par un simple coup de chance, par un sort quasi-involontaire. Le corps sans vie du plus grand mage noir de tous les temps s’évapora en une fumée noire, la même qui s’échappait des horcruxes une fois ceux-ci détruits. Le champ de force disparut lui aussi. Il y eut un long silence, comme si personne ne savait comment réagir, puis Molly Weasley, dont la colère était contagieuse, lança le premier sortilège de mort contre Augustus Rockwood. Les autres l’imitèrent, mais la majorité des mangemorts avaient réussi à transplaner à temps.

Second silence.

Harry ne me regardait pas. Il tenait l’épée encore ensanglantée du sang de Nagini et gardait la tête baissée. À part lui, ils me dévisagèrent tous. Ils étaient sales, blessés, tristes ou en colère. Ils étaient fatigués et vieilli par cette bataille, même les plus jeunes paraissaient ridés. C‘était fini, mais personne ne souriait parce que personne n’en avait envie. Pas même moi. Surtout pas moi. Alors que nous marchions silencieusement en direction du château, je remarquais qu’ils étaient très peu nombreux à avoir survécu. Harry aurait fait mieux.

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Catherine Duthyms · il y a
Bravo ma Zanne ! Tu as du talent - même pour quelqu'un qui n'a lu aucun Harry Potter (ce n'est pas un principe, simplement ça ne m'est jamais tombé sous les yeux...)