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D'un monde à l'autre

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Bélangèle se dirigea vers la fenêtre, elle laissa son regard errer sur la mer. Le ciel limpide l’invitait à se détendre, cependant la lettre de sa mère rendait impossible ce relâchement. Ainsi donc, elle allait devoir souffrir. Mais en vertu de quoi l’obligeait-on soudain à la souffrance. Son regard se posa sur la falaise en face de la fenêtre. La mer se fracassait avec fureur sur les rochers et tout en elle, se révoltait. Elle se sentait sœur de ces flots en furie, comme eux elle avait envie de tout briser. Pourquoi son destin était-il de se battre. Elle n’avait que dix-huit ans. Elle n’avait pas choisi ses parents. Pourquoi, lui imposaient-ils ces épreuves. Comment allait-elle réussir à vaincre toutes ces énigmes. Comment les déchiffrer, alors qu’elle ignorait encore, où et comment il allait lui falloir procéder.
Elle se rappela ce jour où elle avait dû quitter cette maison, elle se remémora le visage chéri de sa mère, et la question qui lui vint alors fut si douloureuse qu’elle se mit à pleurer. Pourquoi m’a-t-elle abandonnée ?
Pendant qu’elle souffrait en silence, se posant mille et une questions, Psyla s’était éloignée avec la lettre, elle avait besoin de relire les mots d’Aéria. Pourquoi cette mère confiait-elle un si lourd fardeau à son enfant. Que pourrait-elle bien faire pour sauver la galaxie. Elle sentait qu’il y avait encore des choses obscures que la lettre devait receler. Mais comment les mettre à jour pour aider cette enfant qu’elle avait appris à considérer comme la sienne.
Elle se tourna vers Bélangèle,
« Veux-tu que je continue la lecture de ta lettre ? »
« Oui, merci »
Lentement, Bélangèle se rapprocha de Psyla qui reprit la lecture.
« Lorsque tu as trouvé cette lettre, tu as constaté certaines curiosités dans la maison. Notamment les murs de mon bureau. C’est par là que ton aventure va débuter. Le mur des aigles te permettra de communiquer avec Caliopino et sa compagne Caliopée, ce sont le roi et la reine de la famille des aigles. Ils t’aideront à passer d’un point à l’autre de notre planète. Cela te permettra de recueillir certains indices sans être repéré par les espions astruciens.
Sur le second mur, tu as vu les requins Altério et Altéria souverains des mers, grâce à eux tu passeras sous les eaux sans avoir besoin d’aucun équipement, ils te porteront d’un point à l’autre de la planète sans aucun problème. Certains indices se trouvent au fond des océans, comme la porte vers notre lune qui sera le lieu de ta première épreuve.
Enfin, le troisième mur est celui du couple royal Alféan et sa compagne alféonne, ces grands félins te défendront contre tous en cas de danger, ils sont reliés à toi par un lien psychique très puissant. Voilà ma chérie, c’est tout pour ce premier contact. Psyla et Népulio t’aideront au maximum dans cette lutte, tu peux leur donner ta confiance. Ils ont réussi à te cacher pendant quinze ans de tous les dangers qui te menaçaient. Aujourd’hui, ils n’ont plus ce pouvoir, bien souvent ce sera à toi de les protéger. Je t’aime ma fille, je sais qui tu réussiras toutes ces épreuves avec force et brio. »


La conspiration de Magicus
Pendant que Bélangèle lisait la lettre maternelle, Magicus était arrivé à l’antenne du conglomérat. Bélangèle et Psyla avaient disparu, il lui fallait aider Astrakor à les localiser. La petite avait vu ses pouvoirs se révéler, mais de manière si fugace que les capteurs astruciens n’avaient pas eu le temps de relever sa trace.
Il savait sa vie liée à cette enfant. Il avait choisi son camp quinze ans auparavant, mais il savait pertinemment que si Bélangèle recevait l’héritage de sa mère, rien ne pourrait l’arrêter. Les pouvoirs de sa mère conjugués à l’enseignement magique qu’elle avait reçu en secret ferait d’elle une adversaire redoutable. L’enfant l’ignorait encore. Mais lui savait à présent qu’elle avait été sauvée par un couple d’astruciens qui lui avaient permis d’accéder à l’enseignement magique. Cela n’aurait jamais dû arriver. Astrakor le tuerait s’il l’apprenait.
C’est le réveil brutal du pouvoir maternel qui l’avait alerté. Les détecteurs astruciens avaient relevé l’émission magique, mais ils ignoraient encore d’où elle provenait. Magicus espérait encore s’en sortir, il devait retrouver cette gamine avant qu’elle ne disparaisse de la planète Humania. Il se doutait que sa mère avait dû tout préparer pour qu’elle subisse les neuf épreuves initiatrices.
C’est lui et le père de l’enfant qui avaient conçu ce programme, s’il connaissait bien les épreuves, il ignorait où, elles devaient avoir lieu. Il se dirigea vers la fenêtre de son bureau. La ville avait totalement changé de visage depuis l’invasion astrucienne. Les Astruciens étaient si prolifiques qu’il avait fallu adapter l’habitat. Il n’y avait plus aucun espace vert en ville, ils détestaient tout ce qui ressemblait de près ou de loin à de la végétation. Ils avaient également horreur de l’eau. Les humains avaient été repoussés vers les rivages et les astruciens s’entassaient dans des tours monumentales. Bien qu’ayant favorisé leur invasion, il détestait ce que la ville était devenue. Ce n’était que des tours gigantesques qui s’élevaient vers le ciel. On aurait dit des termitières géantes. La création n’était pas leur fort non plus, rien ne les portait vers les arts. Tout ce qui faisait la richesse d’Humania avant leur arrivée avait disparu. Il le regrettait mais comme le lui avait si bien dit Andréus le père de Bélangèle en faisant ce choix il avait condamné sa planète à l’hérésie. Ces envahisseurs se reproduisaient si vite que bientôt, il leur faudrait trouver un Nouveau Monde pour caser leur progéniture. Il savait que lui aussi pourrait bien être éliminé, un jour prochain. Soudain, il se demanda, s’il ne devait pas essayer de favoriser l’accession de Bélangèle à son plein potentiel. Peut-être trouverait-il en faisant cela, l’occasion de se racheter ?
Il descendit à son laboratoire secret et se mit en méditation, il devait essayer de créer un lien psychique avec elle. Si comme il le pensait sa mère lui avait transmis son don de télépathie, elle pourrait réceptionner son message.
Lorsqu’il atteint enfin le degré de prescience nécessaire à l’envoi de son message il reçut une violente décharge qui, lui sembla-t-il, lui grilla le cerveau. La douleur avait été si forte que les larmes lui vinrent aux yeux.
Et soudain, Aéria fut là, l’image était si vivante qu’il crut qu’elle était apparue, mais ce n’était qu’une projection astrale.
« Prends garde à toi Magicus ! Si tu essaies de blesser mon enfant, ma vengeance sera terrible ! »
« Non, crois-moi, je regrette ma stupidité, j’aurais dû t’écouter, mais leurs promesses de richesse et de pouvoirs m’ont fait perdre la tête, je veux aider ta fille. Je peux lui apporter une aide efficace dans la réussite de sa mission, tu le sais n’est-ce pas ? »
Bien sûr, je le sais, mais comment te refaire confiance, de toute manière, j’ai mis en place un lien psychique avec toi, si par malheur tu essaies de blesser ou de nuire à ma fille, je te détruirai cette fois »
« Magicus, promit une fois de plus t’aider Bélangèle
« Je te laisse le lui dire, et j’attendrai ton autorisation pour l’aider dans sa recherche de tes pouvoirs ».
« Tu n’as pas d’autre choix de toute façon. Si tu lances un nouvel appel psychique, sans mon autorisation, je t’anéantis. »

Bélangèle buvait un nectar de célamyrthe, lorsqu’elle perçut l’appel maternel. C’était étrange comme impression, elle entendait une voix dans sa tête.
« Bélangèle va rejoindre le bureau. »
Elle embrassa Psyla et l’informa qu’elle repartait au bureau voir si elle trouvait des indices sur ce qu’elle devait accomplir.
« Veux-tu que je t’accompagne ? » Demanda Psyla ;
« Non merci, je sais où cela se trouve à présent, merci pour le jus de célamyrthe, j’adore cela. Peux-tu me préparer du poisson pour ce soir, j’ai une fin de loup ? »
« Bien sur ma chérie, va je t’appellerai lorsque le repas sera prêt. »
Arrivée au bureau, Bélangèle remarqua que la porte par laquelle elle venait d’entrer avait une clef à l’intérieur. Soudain, elle eut la prémonition qu’elle devait fermer cette porte. C’est ce qu’elle fit. Aussitôt, elle vit descendre du plafond une espèce de soucoupe dont un côté s’ouvrit lorsqu’il toucha le sol. Un escalier se déplia et la voix de sa mère lui demanda d’entrer dans le module.
Ce qu’elle fit. Une fois à l’intérieur, l’appareil se referma. Il y avait là un confortable fauteuil de couleur noir. Lorsqu’elle posa sa main dessus, le revêtement était très doux et curieusement tempéré.
« C’est de l’asphélom, un tissage que j’ai ramené d’un voyage dans la galaxie d’Orion. Ce tissu a la propriété d’adapter sa température à la température environnante. En fait, il te sera impossible d’avoir froid avec ce tissu. Sous le bureau, il y a deux tiroirs. L’un d’eux contient deux combinaisons dans ce textile. Je te conseille de les revêtir lorsque tu partiras dans tes explorations galactiques.

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