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Coupable

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Carla D'Emilia

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I.AIR

-Non.
-Quoi, non? On s’amuse bien, non?
-C’est vrai, répondit-elle en gloussant.
Elle retira timidement la main de son ami qui avait glissé à l’intérieur de sa culotte.
Ils s’embrassèrent à pleine bouche.
-On retourne danser avec les autres?
-Mmh... On est bien, là.
-Je vais danser, lança la fille à la cantonade.
Elle se leva et rejoignit les autres. La fête battait son plein. Elle se saisit d’un gobelet vide et le remplit à moitié d’alcool, à moitié de jus de fruits. Elle détestait ces breuvages mais elle aimait leur effet. Ils lui permettaient de se laisser aller sans se préoccuper du jugement des autres. Quand elle était ivre, elle se laissait enfin vivre sans contrôle, et ça lui faisait du bien. De ne plus penser, de juste agir comme elle voulait dans une sauvagerie primitive.
Elle dansa sans se demander si elle dansait bien. Elle ne bougeait pas particulièrement ses hanches, ni ne mettait en avant ses attributs féminins. Elle en avait mais elle avait tendance à les oublier. Mais les garçons n’oubliaient pas la plupart du temps. Elle chanta à pleine gorge en tenant un micro invisible dans les airs. Tout le monde dansait. Tout le monde sauf lui. Il restait de côté, à reluquer les filles. Qui serait sa proie ce soir? Il avait envie de s’amuser mais il voulait s’amuser autrement. Les autres étaient trop enfantins. On était des adultes, pourtant. Il était temps de passer à autre chose.
Elle l’observa de loin. Il était beau. Dommage qu’il est si sombre, pensa-t-elle. Il veut s’amuser mais il n’aime pas l’hypocrisie. Il pense que danser avec les autres, c’est de l’hypocrisie... Elle ne comprenait pas vraiment pourquoi. Elle se demanda s’il l’attirait. Elle ne savait pas. Il avait l’air de bien l’aimer, elle. Et s’il demandait plus? Eh bien, on était là pour s’amuser, après tout. Peut-être que ce serait agréable de se laisser aller. Elle avala le fond de son verre en plusieurs grandes gorgées brûlantes. Là, elle était prête à se laisser aller. C’est ça, être libre? Elle ne pouvait réfléchir après autant de verres. Les idées se mélangeaient dans sa tête. Elle ne savait pas ce qu’elle voulait.
Il s’approcha d’elle et se mit à danser.
-Ah, tu danses!
Il fit signe qu’il n’avait pas entendu à cause de la musique trop forte.
-Tu danses! répéta-t-elle plus fort.
-Tu me manquais, répondit-il.
Elle sourit, son égo reboosté. Ils dansèrent serrés pendant longtemps. Le temps passait vite. Tout le monde commençait à partir soudain. Ils s’étaient encore embrassés. Elle était heureuse que quelqu’un s’intéresse à elle. Elle s’était sentie seule ces derniers temps. Elle avait besoin de preuves de son importance aux yeux des autres pour sentir qu’elle existait. Mais elle n’aimait pas comment il embrassait. Il lui fourrait sa langue au fond du gosier, c’était dégoûtant. Mais c’est le french kiss, peut-être que c’est normal, pensa-t-elle. Il faudra s’y habituer. Et s’habituer aussi à ce qu’il la touche. Il lui touchait les seins délicatement comme pour demander la permission. Elle ne s’attendait pas à ce que ce soit agréable. Normalement, elle évitait tous les contacts épidermiques, ça lui faisait peur. Mais là, il prenait ses précautions et ses caresses étaient douces. Il la dirigea vers une porte pour s’isoler des autres. Elle n’avait pas vraiment envie de s’isoler. Déjà, il ne restait plus que deux ou trois personnes sur place; Ils étaient affalés sur les canapés.
-C’est une chambre dit-elle. Je préfère qu’on reste là.
-Ca ne te dérange pas de voir leurs regards rivés sur nous? Tu ne préfères pas un peu... d’intimité?
C’était vrai qu’elle ne se sentait pas très à l’aise malgré tout l’alcool qu’elle avait ingurgité. Elle mettait cela sur le compte de la nouveauté et de l’intensité de l’expérience. Elle découvrait son propre corps alors qu’elle avait vécu dix-huit ans avec. La proximité imposée par leur relation était aussi quelque chose de nouveau et légèrement dérangeant pour elle. Elle avait toujours été considérée comme une fille prude et voilà qu’en un soir, on allait penser qu’elle était une fille facile. On était soit l’un, soit l’autre, il n’y avait pas de nuance ou de milieu. Le monde était dur.

II.EAU

“Ainsi, autrui est d’abord indiqué par les choses comme un instrument. Moi aussi, les choses m’indiquent comme un instrument” - Jean-Paul Sartre, L'Etre et le Néant

-Allez, viens! on sera plus à l’aise dans la chambre.
Je la fis entrer et fermai la porte derrière nous. Elle tituba. Je la rattrappai par les hanches et l’aidai à se stabiliser. Elle gloussa nerveusement. Elle était complètement faite. Je pensai que si je voulais, je pourrais profiter d’elle. Mais je ne m’attendais pas à grand chose. Je la connaissais, elle n’était pas ce genre de fille. Je croyais même qu’elle était vierge. Peu importait, au fond, ce soir, on était là pour s’amuser. Et on s’allongea sur le lit et on s’embrassa. Nos salives se mélangeaient, comme si nous échangions un peu de nous pour faire de l’autre une part de soi. Il y avait un peu d’elle en moi. Je sentis des chatouillement entre mes jambes. J’avais envie de mettre plus de moi en elle.
Elle se releva et grommela:
-J’ai mal à la tête.
-N’y pense pas, ça va passer.
Elle fit une moue. Elle semblait se moquer de moi. Je la fis s’asseoir sur moi, une jambe de chaque côté. Elle se mit à rire sans raison. Elle était vraiment bourrée. Moi, j’avais bu mais je n’étais pas ivre. J’aurais aimé l’être plus. Là, ma conscience me disait qu’elle n’était pas sur la même longueur d’ondes que moi. Mais elle était si faible, si irresponsable, que cela devenait un devoir que de la guider. Je lui pris une main et la posai sur mon sexe. Elle eut un mouvement de recul qui disparut avec mon insistance. Je me frottai tranquillement sur elle. Elle ne bougeait pas, cette maline. ça devait lui faire du bien, à elle aussi. Je lui caressai les hanches, puis descendis sur ses cuisses, puis ses fesses. Elle eut un geste soudain pour écarter mes mains.
-Quoi? demandai-je.
-Rien, répondit-elle. Tu m’as prise au dépourvu.
Pourquoi faut-il que nous ayons des corps? J’avais lu cela quelque part. Pour le désir, naturellement. Pas de corps, pas de désir, pas de plaisir flamboyant. Mais elle me regardait de ses yeux vides, elle scannait mes yeux, ma bouche, mon torse et fixait ma chose excitée comme si elle avait des rayons lasers. Sa bouche formait une moue de dégoût alors que son corps était chaud comme des braises, comme le mien. Sa conscience l’empêchait probablement de s’amuser.
Il la regardait comme une déesse, source de ses plaisirs, séductrice, une Vénus de chair qui lui était accessible, qu’il pouvait toucher à sa guise, manipuler comme une poupée. Aimer, c’est posséder, pensait-il. Il la voulait pour lui tout seul, cette belle créature. Il la tenait par les poignets, suspendu au-dessus d’elle, son poids mou affalé sur elle. Elle avait fermé les yeux, comme si le fait d’être allongée sur le coussin avait rappelé son corps à son besoin naturel de dormir. Mais elle ne dormait pas. Son bassin se mouvait légèrement de haut en bas, de droite à gauche, mécaniquement. Il accéléra le mouvement jusqu’à ce qu’il fut le seul à bouger, à forcer l’entrée, avec la virilité des héros légendaires, tel Persée terrassant Méduse. Le désir primitif prit le dessus sur la douceur. Elle ne disait rien. Elle ne faisait rien. Son visage était détendu dans une expression paisible, comme un enfant qui dort.

III.TERRE

“Je suis possédé par autrui ; le regard d’autrui façonne mon corps dans sa nudité, le fait naître, le sculpte, le produit comme il est, le voit comme je ne le verrai jamais.” - Jean-Paul Sartre, L'Etre et le Néant

Il croit que je dors. Quel imbécile. Il me tord les poignets. Il me fait mal. Je ne sais pas quoi faire. Il a tellement de muscles, il est lourd, il m’écrase. Alors je ne bouge plus. Peut-être qu’il va finir par se lasser. Je suis fatiguée. Ma tête est toute embrumée. Je croyais que l’amour était censé faire du bien. Pourquoi est-ce que ça me fait mal? Il ne s’y prend pas bien, il y va violemment. Au début pourtant, nous étions à peu près en phase. Mais après il n’a plus pensé qu’à lui et il m’a prise pour un objet. Il n’écoute plus que son corps, son corps désireux, en manque, et moi, qui suis-je? Pourquoi me tient-il si fort? Pourquoi m’écrase-t-il de tout son poids? Il est si lourd. Où est son âme? Je me demande à quoi ressemblent deux âmes qui font l’amour. Mais son âme est enfermée dans son corps. C’est son sperme qui sort, pas son âme. Les hommes ne font l’amour qu’avec leur sexe. Ils perdent la tête dès qu’on les stimule. Et les femmes, est-ce différent? J’imagine que ça dépend. Mais les femmes ne peuvent pas faire mal, je suppose. Elle n’ont pas le bon outil. Peut-on ne pas faire mal avec un corps d’homme? Je ne sais pas ce que je préfèrerais: faire mal ou avoir mal? Je ne suis ni sado, ni maso. Pourquoi faudrait-il qu’il y ait de la douleur dans l’acte sexuel? Y a-t-il toujours de la douleur? Quand j’en entends parler on dit pourtant que c’est merveilleux. Comme les règles, qui ressemble bizarrement à “regalo” qui veut dire "cadeau" en italien... Tu parles d’un cadeau. Du sang, quel beau cadeau. Parfois je déteste sentir la faiblesse de mon corps.
J’ai envie d’ouvrir les yeux pour qu’il voie que je ne dors pas, que je suis vivante, que je suis une personne. Fatiguée, faible, certes, mais vivante. Une personne sensible, capable de sentir. Et qui a mal. Mais je ne bouge pas. J’en suis incapable. Je suis paralysée. Mon cerveau bouillonne. C’est comme s’il donnait des ordres à toutes mes terminaisons nerveuses de ne pas avoir mal. Qu’est-ce qui ne va pas chez moi? Pourquoi j’ai mal? Pourquoi faut-il que nous ayons des corps? Je sens que mes yeux fermés me brûlent. Ne pleure pas. Je ne contrôle plus rien. Des larmes se mettent à couler sur mes joues alors qu’il continue ses va-et-vients dans une espèce d’apothéose malsaine. Il s’arrête soudain.
La peur me paralyse encore plus. A-t-il remarqué que je pleurais? Que dire? On peut pleurer de bonheur.
Il soupira et le matelas rebondit quand il s’affala à côté d’elle. Elle ouvrit les yeux sans bouger. La chambre noire était uniquement éclairée par le reflet d’un réverbère de la rue sur la fenêtre. C’était suffisant pour distinguer les silhouettes des deux corps côte à côte allongés sur le lit. Elle s’assit en tailleur et tourna la tête vers lui. Il avait une main agrippée à son sexe durci, la deuxième nonchalamment posée sur son front. Sa poitrine se soulevait lentement au rythme des battements de son cœur. Dans le noir, elle distinguait à peine les contours de son corps. Il se fondait dans le noir de la pièce, comme s’il n’existait plus. Ce n’était plus le sien. Son corps semblait appartenir à quelqu’un d’autre. Elle se sentait souillée. Ce corps douloureux, elle aurait voulu que ce ne soit plus le sien. Ce n’était plus un corps, c’était un objet utilisé et usé. Mais elle le touchait et elle savait bien que c’était le sien. Il n’y avait pas d’échappatoire.
Il se mit à ronfler à côté d’elle, paisiblement. Elle se souvenait de son regard désirant. Il lui avait fait peur. C’était un regard avide, sauvage, animal. Il avait fait d’elle l’objet de son avidité, sa proie, son gibier. Et il avait plongé ses papilles en elle, il l’avait vidée de sa personne pour que ne reste qu’une carcasse inanimée. Elle se sentait violée. Mais peut-on être violé si on est consentant? Elle avait consenti. Elle était coupable.

IV.FEU

-Le sexe, c’est forcément sale.
Elle baissa les yeux. Elle n’était pas d’accord. Peut-être que c’était simplement lui qui était sale. Trois semaines après la fête, ils s’étaient croisés par hasard au supermarché, rayon dentifrices et shampooings. Elle avait passé ces trois dernières semaines à dormir et à regarder la télévision, mais surtout dormir pour oublier ; mais toutes ses pensées ne cessaient de converger vers cette nuit-là, où elle s’était sentie humiliée. Elle n’avait rien dit à personne parce qu’on ne la croirait pas. Le sexe, c’était synonyme de plaisir. Alors, quand elle lui avait dit qu’elle s’était sentie sale, il n’avait trouvé rien d’autre à répondre que cette vérité universelle et immuable: “Le sexe, c’est forcément sale.”
Il arborait un sourire en coin, les yeux pétillants au souvenir de cette soirée.
-C’est sale, et c’est pour ça que c’est bon.
Il était tellement convaincu par ses paroles qu’elle ne savait que répondre. Il avait la certitude d’un religieux affirmant fidèlement que Dieu existait.
-C’est ce que tu crois, répondit-elle. Ce n’est pas par l’acte que je me suis sentie salie.
-C’est quoi ton problème?
-C’est toi! ta violence, ton égoïsme, ta façon de penser et d’agir! Tu me dégoûtes!
-Tu me vois comme ce pervers de Weinstein, hein?
-Je ne sais pas.
-Tu es folle! Lui, c’est un taré. Lui, il a abusé de son pouvoir. Moi...
-Toi, quoi? Tu m’as fait mal et que tu ne t’en es pas rendu compte.
Sa voix tremblait de colère. Elle était sérieuse. Il se sentit obligé de s’excuser. Faire du mal sans le vouloir, ça lui faisait mal après tout.
-Désolé...
-Trop tard, dit-elle d’une voix aigre.
-Pourquoi tu n’as rien dit?
-J’étais paralysée. Tu m’écrasais. Tu avais pris tout l’espace. J’étais perdue.
-Et bourrée, ajouta-t-il en rigolant nerveusement.
-Ca n’excuse rien.
-J’ai cru que tu prenais ton pied, comme moi. Je croyais qu’on était complémentaires.
Elle éclata d’un rire maniaque.
-Complémentaires?! Parce qu’on peut s’emboîter physiquement? Et tu crois que les gays et lesbiennes manquent de quelque chose? Il n’y a pas que le physique! Et la vie, ce n’est pas du porn! Il y a des sentiments et des perceptions qui dépendent uniquement de nous-mêmes! As-tu pensé une seule fois à mon plaisir? Ta putain de complémentarité, tu peux te la mettre dans ton...
-Tu sais quoi? Laisse tomber. Tu vas trop loin. Tu vois des symboles partout. Le sexe, c’est simple. C’est comme ça, c’est sale. Remets-toi en.
Il prit précipitamment le premier dentifrice qu’il vit, tourna les talons et s’enfuit en hâte. Elle le regarda s’éloigner, la gorge bouillonnante comme un volcan.

V.NEANT

"Les femmes sont soit une Lucrèce, soit une Judith. Soit violée, soit violeuse. Ca ne change pas grand chose au fond. Elles se plaindront toujours. Elles vivent dans le sacrifice permanent de leur corps, qu’elles donnent à ceux qui en font des objets. Le pouvoir des femmes est si dangereux que les hommes menacés répondent par la violence. Une femme est belle quand elle séduit, mais elle est encore plus belle quand elle devient passive..."
La télévision continuait de diffuser des images historiques tantôt en noir et blanc, tantôt fixes, tantôt mouvantes, sur le commentaire pédagogique d’une voix off. Elle ne comprenait pas ce monde. Pourquoi les relations humaines étaient-elles ainsi? La vie lui semblait un néant infini sans fond, sans but. Elle n’était qu’un brouillon mais elle ne savait quelle forme lui donner. Peut-être que des mots l’aideraient à donner un sens à sa vie. Ils l’avaient idée dans le passé. Elle décida qu’elle allait lire.
On lui avait offert un livre récemment. Elle ne l’avait même pas ouvert. Elle alla le chercher sur l’étagère du salon, éteignit la télévision.
La pièce était vide de son. Le silence l’emplit étrangement d’une sorte de sérénité. Elle n’attendait rien de la vie. Elle n’avait qu’à respirer pour savoir qu’elle vivait. Elle n’en demandait pas plus à ce moment.
Elle ouvrit le livre et lut le titre: L'Être et le Néant, de Jean-Paul Sartre. Jean-Paul... l’image d’un autre Jean-Paul se forma dans son esprit, Jean-Paul Belmondo, cet acteur connu de tous. Elle ne se souvenait pas d’un seul film dans lequel il avait joué. Peu lui importait. La lecture des mots lui rappela qu’elle était capable de les lire et de les comprendre, et d’en faire émerger des émotions. Elle était vivante rien qu’à cette sensation. Peu lui importait qu’on l’ait traitée comme un objet. Je ne suis pas un objet, se répéta-t-elle avec détermination. Comme celui qui l’avait souillée en aimant son corps et en croyant que c’était l’unique façon de l’aimer, elle était maintenant persuadée qu’elle était faite d’une substance prodigieuse pouvant prendre n’importe quelle forme. Elle était une part du Néant, et c’était à elle de choisir quel Être elle voulait devenir.
Elle avait peur de susciter le désir. Pour elle, le désir était uniquement physique. Il n’y avait pas eu d’amour entre lui et elle, seulement du sexe. Il l’avait dégoûtée du sexe. Ou peut-être juste des hommes. Pas vraiment des hommes. Plutôt, de la virilité. De la violence dont il avait fait preuve. Elle ne pouvait s’empêcher de penser que la douceur était féminine. Elle préférait la douceur. Peut-être un jour trouverait-elle un homme doux? Peut-être tomberait-elle amoureuse d’une femme?
A quoi bon aimer le sexe opposé? Elle se représentait l’amour comme quelque chose d’universel. Elle était humaine, égale aux humains qui l’entouraient. Elle voulait que l’amour ne soit pas complémentarité mais association. D’elle et d’un autre humain surgirait une force supérieure, un esprit d’union dépassant leur égoïsme, leur corps, leur âme. 1 + 1 = 3. Cette combinaison ferait d’elle un être libre. Elle s’endormit sur le canapé, les lèvres esquissant un sourire à la pensée de cet amour idéal.
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