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Deux amies inséparables, toutes deux célibataires, libres, employées dans deux entreprises
différentes. Puis un jour, mutation dans le sud pour l’ une des deux, commence alors un échange
de courrier par internet.

Pauline à Charlotte,
Salut ma puce
Déjà deux semaines que tu es partie, merci pour ton bref message qui me rassure un peu sur ta nouvelle vie mais évidemment j’ attends beaucoup plus de détails,souviens toi que nous n’ avons pas de secrets l’ une pour l’ autre.
Pour moi pas de nouvelles renversantes,au travail c’ est la routine, le big boss est toujours aussi grincheux, le comptable n’a toujours pas changé de vêtements, et le petit nouveau du service commercial, plutôt beau garçon, me poursuit de ses avances mais je l’évite, il n’ est pas mon genre, même s’ il est très élégant , lui !
Le temps a changé, tout est devenu gris comme mon humeur, la distance entre nous y est pour quelque chose. Là ou tu es , au moins, le soleil ne joue pas les absents. Je crois que je vais remiser pour quelques mois les jolis petits hauts sexy que nous avions choisis ensemble.
Je t’ en prie ma Charlotte, raconte moi tout bien vite .
Big bisous

Charlotte à Pauline,
Ma Pauline
Bien sûr que je vais tout te raconter selon nos bonnes habitudes. Je prends mes marques dans mon nouvel espace de travail , pas différent de mon ancien poste étant donné que c’ est la même société, juste quelques collègues nouveaux ,plutôt cools dans l’ ensemble sauf un agité du bocal qui fait du zèle tous azimuts, on se demande s’ il cherche la promotion ou si c’ est juste pour faire passer les autres pour des attardés.
Coté affectif, quelques filles me proposent des sorties afin de ne pas rester isolée, j’ attend un peu de les connaître mieux.
La ville est agréable, très animée à cause du tourisme, le climat presque méditerranéen. Je n’ ai quand même pas ressorti les petits hauts sexy pareils aux tiens , j’ essaie de me montrer « classe » pour donner une bonne image de la succursale du Nord.
Pas encore de Don Juan sur mon chemin je n’y pense pas et me concentre sur le boulot, le soir je suis fatiguée mentalement et physiquement.
Dès que tu pourras t’ échapper, viens passer un week end avec moi ,tu me manques, je n’ ai plus de fous rires à partager.
Plein de bises à toi

Pauline à Charlotte,
Belle semaine, dans le ciel et au travail, les visages sont plus ouverts, le patron est en voyage, le comptable a un nouveau costume, le commercial tiré à quatre épingles a séduit la standardiste, je suis tranquille enfin, je n’ ai plus besoin de me cacher quand je le vois arriver !
Hier soir j’ ai dîné chez mes amis Stéphane et Muriel que tu connais, j’ ai ressenti comme un malaise entre eux, assurément il se passe quelque chose. Muriel avait mauvaise mine et Stéphane consultait sans arrêt son téléphone en se cachant . Il semble qu’ il y ait de l’ infidélité dans l’ air, je suis triste pour eux deux mais hélas , c’ est chose courante de nos jours. Je crois que nous resterons célibataires toi et moi c’ est le meilleur moyen de ne pas se sentir trahie quand l’ amour s’ éloigne.
Je suis contente que tu sois bien accueillie dans ton travail, sors un peu quand même avec ces filles qui t’ invitent, tu ne peux pas rester seule après toutes ces années à faire tant de choses ensemble.
Écris moi vite, je suis pressée chaque soir de consulter ma boite mail pour te lire.
Je t’ embrasse très fort

Charlotte à Pauline,
Voilà, je suis sortie ce week end avec les deux filles que je connais le mieux depuis mon arrivée.
Elles sont sympa et plutôt libérées à en juger par l’ endroit ou nous sommes allées, c’ était l’ enterrement d’ une vie de jeune fille. Une cinquantaine de personnes dans une salle, de la musique bien sur et un numéro de strip-tease masculin par trois gars bien musclés et bien bronzés. Certaines
filles sont montées sur scène pour les toucher et danser avec eux, ils ne se sont pas fait prier pour
simuler ce que tu imagines . Ces garçons ont un cerveau de la taille d’ un petit pois, ce n’ est pas vraiment mon genre mais je me suis quand même bien amusée à les regarder.
Je me renseigne pour trouver quelques sorties un peu plus relevées sans être ennuyeuses comme
celles que nous partagions.
Ce matin mon chef de service est venu me féliciter pour mon adaptation rapide et la qualité de de mon travail, je lui ai fait remarquer que j’ ai déjà quelques années de pratique , ce qui facilite les
choses. J’ ai eu l’ impression qu’ il aimerait me connaître un peu mieux et d’ une façon plus intime, à en juger par le temps qu’ il a passé avec moi sans raison apparente. Affaire à suivre !
Réponds moi vite, tes courriels apportent du bonheur dans mes soirées de fille seule (pour le moment)
Bisous à toi ma Pauline

Pauline à Charlotte,
J’ ai l’ impression que ça marche plutôt bien pour toi et j’ en suis très contente. C’ est une bonne chose que ton chef s’ intéresse à toi , la promotion n’ est pas loin ! Je plaisante bien sur, je sais bien que tu ne pratiques pas ce genre de manœuvre pour avancer. Toutes les deux, chacune de notre côté , nous sommes des besogneuses !
J’ ai une petite histoire à te raconter, c’ est tellement idiot que je veux la partager avec toi immédiatement. Ce midi, en sortant du bureau, je passe à la boulangerie comme d’ habitude.
Beaucoup de monde et quand arrive mon tour, plus de baguettes. Je propose de repasser le soir et je sors. Sur le trottoir, un monsieur m’ attendait qui me donne la baguette qu’ il venait d’ acheter et qui était la dernière. Je remercie et je refuse, je ne le connais pas et je ne comprend pas son geste. Il me répond , moi je vous connais, j’ habite le quartier depuis un mois et je vous ai remarquée car je vous vois tous les jours à la boulangerie. Vous m’ intéressez beaucoup et j’ aimerais vous offrir un verre à la terrasse de la brasserie juste à côté. Je suis restée ébahie par son audace et j’ avoue que je n’ ai pas trouvé de réplique appropriée moi qui , d’ habitude, ai la langue bien pendue. Me voilà donc attablée avec un inconnu, plutôt bel homme , de belle présentation, costume cravate mais pas trop classique, style PDG d’ une start-up, je lui donne 35 ans !
Je sens qu’ il va me raconter sa vie mais je l’ arrête car j’ ai peu de temps pour déjeuner. Il me laisse partir et me dit « A demain » Je ne sais pas encore si je vais changer de boulangerie ou si je prend le risque de le revoir ! Quel dommage que tu ne sois plus là pour m’ aider, je t’ aurais demander de l’ observer en cachette et de juger si ça vaut le coup de foncer dans une relation.Jevais essayer de me renseigner mais je ne connais même pas son nom ! Demain soir je te raconte la suite du feuilleton.
Au boulot, rien de neuf, les visages s’ éclairent un peu il semblerait que les affaires reprennent.
Je vais essayer de passer un de ces soirs saluer tes parents, je n’y suis pas retournée depuis ton départ, tu dois leur manquer !
Écris moi vite ma Charlotte ,je t’ embrasse très fort


Charlotte à Pauline,
Quelle aventure, l’ inconnu de la boulangerie ! Je voudrais être une petite souris pour te voir en train de te faire draguer par un homme avec une baguette sous le bras, heureusement il n’ avait pas de béret ou tu étais tellement éblouie que tu ne l’ a pas vu. N’ attends pas de moi que je te donne des
conseils ,tu te débrouilles très bien toute seule dans ce domaine et nous n’ avons plus quinze ans, les
expériences antérieures te serviront.
Je connais un peu mieux mon chef de service, il s’ appelle Vincent, il a trente huit ans et quinze ans de présence dans la boite. Il a été marié mais divorcé depuis trois ans et pas d’ enfant. Son ex est
remariée et vit en Italie. Pour le moment il se contente de bavarder avec moi quelques minutes dans
le bureau comme des copains, mais hier il m’a proposé de m’ inviter au restaurant un de ces soirs
pour me faire découvrir la région . Je pense que je vais accepter ,avec prudence, car je trouve que trente huit ans ça fait beaucoup ! Physiquement il est plutôt bien, grand, mince, légèrement grisonnant déjà !
C’ est gentil de ta part d’ aller rendre visite à mes parents d’ autant plus que maman n’a pas le moral en ce moment, j’ imagine que mon père est grognon et râle tout le temps . Les hommes
vieillissent mal c’ est bien connu !
J’ attend avec impatience la suite du feuilleton intitulé < les aventures de la baguette >
Bisous pour toi

Pauline à Charlotte,
Hé bien , il n’ y a pas de suite au feuilleton car j’ ai changé mes horaires, je ne passe plus à la boulangerie le midi car je ne rentre pas déjeuner. Les impératifs du travail nous obligent à prendre
une collation sur place. Cela tombe plutôt bien , je n’ aurai pas à décider de revoir ou non l’ homme
à la baguette.
Comment ça se passe avec ton chef de service ? Es tu sortie avec lui ? Je te sens hésitante à cause de son âge, mais tu sais que nous ne sommes plus des minettes et souviens toi de ta déception
quand tu es tombée amoureuse de ce blondinet de vingt deux ans, adorable certes , mais terriblement ennuyeux ,qui ne jurait que par sa mère. Il t’ aurait bien vue la remplacer !
J’ ai rencontré par hasard hier soir le frère de Muriel, nous avons pris un verre et il m’ a confirmé que Stéphane avait une liaison et que leur couple battait de l’ aile. On n’ en est pas encore à envisager une séparation mais Muriel est très affectée, elle l’ aime encore énormément et espère le
reconquérir. Je voudrais l’ appeler mais je ne sais comment aborder le sujet avec elle et j’ ai peur de la blesser davantage.
Julien le frère de Muriel, célibataire endurci, et grand coureur de jupons, m’ a raconté ses dernières aventures amoureuses toujours atypiques puisque sa dernière est une retraitée de la fonction publique âgée de soixante dix ans et pourvue d’ un grand appétit sexuel. Donc il s’éclate beaucoup, d’ autant plus qu’ elle est très sportive,plastique parfaite et bel appartement pour le recevoir. J’ai passé un bon moment à l’ écouter, il a une façon très personnelle et très amusante de présenter les choses. Il n’ a pas manqué de me rappeler que si je suis partante, je pourrais profiter de sa grande expérience en la matière. Je l’ aime bien, il me fait rire,mais je n’ ai pas envie de figurer à son palmarès.
A bientôt ma Charlotte, je t’ embrasse de loin

Charlotte à Pauline
J’ ai laissé passer quelques jours afin de pouvoir te raconter ma soirée avec Vincent. Comme prévu il m’a invitée dans un charmant petit restaurant un peu en dehors de la ville. Nous avons très bien mangé, cuisine raffinée mais pas trop originale, ce qui me convient très bien comme tu le sais , je me méfie toujours de ces trucs bizarres que l’on trouve maintenant dans nos assiettes. Nous avons bu modérément car bien sûr il avait pris sa voiture. Nous avons beaucoup parlé il veut tout savoir de moi , surtout pourquoi je suis seule, est ce que j’ ai laissé quelqu’ un derrière moi après ma mutation.
Je me suis un peu racontée et il a eu l’ air rassuré que je sois aussi libre que lui. Au retour je lui ai proposé de prendre un verre chez moi ,il a accepté et la conversation s’ est prolongée jusqu’à minuit sur le canapé .Après quelques baisers très doux je l’ ai laissé repartir, je ne suis pas de celles qui amènent les hommes dans leur lit au premier rendez vous. Voilà, ce fut une belle soirée, je ne sais pas encore ou cela me mènera, je suis fataliste, tu le sais, si cet homme m’ est destiné je le saurai, mais je ne précipite pas les choses, j’ ai tout mon temps et pas envie de connaître une nouvelle déception, j’ai déjà donné !
Côté boulot tout va bien, j’ avais l’ habitude depuis longtemps de ces tâches administratives et l’ ambiance est plus détendue que dans mon ancienne succursale,ce doit être le climat !
Je t’ embrasse très fort

Pauline à Charlotte
Si mon feuilleton est en panne,le tien par contre ,semble gagner en consistance. Je suis très heureuse pour toi je, comprends que tu ne précipites rien, tu as raison, mais si le courant passe entre Vincent et toi , laisse parler ton cœur et ton corps, ne t’ impose pas de barrières inutiles.
Quant à moi, je n’ ai pas revu l’ homme à la baguette mais la boulangère m’a dit qu’ il s’était renseigné à mon sujet. Elle lui a simplement dit que mes horaires avaient changé mais que j’ habite toujours le quartier. Je m’ attends à le voir roder le soir quand je prends mon pain à la sortie du bureau.
J’ai une anecdote amusante à te raconter. Tu sais, le commercial qui draguait la standardiste, eh bien , c’ est un vrai don Juan. Hier soir , je suis restée la dernière pour terminer un rapport urgent, lui était rentré de sa tournée,et quand je suis passée par le vestiaire pour prendre mes affaires, je l’ai surpris en train d’ embrasser à bouche que veux tu la petite Nathalie qui vient nettoyer les bureaux chaque soir. Il est vrai qu’ elle est plutôt mignonne, souvent en mini jupe,dans des tenues qui ne sont pas celles d’ un femme de ménage. J’ ai fait celle qui n’a rien vu mais je crois qu’ils ont compris qu’ ils étaient découverts. Peut-être que ce gaillard va s’ attaquer à toutes les filles de l’ agence, en ce qui me concerne je ne suis pas partante.
A part ces potins du boulot, ma vie est assez monotone en ce moment, je n’ai pas de nouvelles à sensation à te raconter.
Tu me manques beaucoup et je consulte les horaires d’ avion ou de train car j’ ai très envie de te rejoindre au prochain week end prolongé.
A très vite ma puce, je t’ embrasse

Charlotte à Pauline
Que j’ ai hâte que tu sois là ! Je vis une période heureuse mais indécise, j’ ai besoin de parler à quelqu’un et toi seule sait m’ écouter et me comprendre.x
Vincent et moi sommes de plus en plus proches, nous nous découvrons plein de points communs, hier soir il est venu dîner chez moi et après il m’a demandé s’il pouvait rester pour la nuit, en précisant qu’il ne recherchait pas une aventure passagère mais qu’il est amoureux de moi et souhaite partager ma vie.
J’ai accepté et je ne regrette rien car nous avons vécu des moments intenses et en parfaite harmonie. C’ est un homme tendre, plein de délicatesse et visiblement très amoureux.
Voilà ou j’ en suis, je t’ attends avec impatience car je veux absolument que tu partages mon bonheur, ton avis sera pour moi la confirmation que je fais le bon choix.
Mille baisers

Pauline à Charlotte
C’ est merveilleux ce qui t’ arrive ma Charlotte !
Tout va bien, je serai là dans quatorze jours , j’ ai déjà mon billet d’ avion et quatre jours de congés.
Nous allons retrouver notre complicité d’ avant sous l’ œil bienveillant de Vincent ( enfin j’ espère )
Peut-être a-t-il un frère ?
N’ oublies pas de venir à l’aéroport.
A bientôt, je t’ embrasse

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