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Complaintes

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Jonas

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I
Hier j’étais une gosse dans une famille
Aussi grande et paisible
Je ne portais ni guenilles
A ma faveur tout était possible
Pour mon bien on me fouettait
Préparant mon avenir sans défaut
Je croyais ces soufflets étaient trop
Pourtant c’était pour mon apprêt
Les fringues les chaussures les luxes
On me disait à travers :
T’es beau
T’es aimé comme une puce
T’es quand même sans intelligence

II
Aujourd’hui je suis jeune
Adulte en même temps
Séparé de la famille pour un bon temps
A une aventure dure mûre et sure
Alors que sans parents en ce moment
Je suis comme délaissé
Pas de fringues mais des guenilles
Plus une gosse mais un battant sevré
Plus de chaussures mais des sandales
Plus paisible
Plus horrible que terrible
On me dit oubliant le passé :
T’es misérable sans fin
T’as une seule fringue bleu teint
Faisant office de ta couvre-nudité au cours
Une seule chemise rayée non à manchettes
Une seule chaussure à temps court
« Change un peu ton style, polisson ! »


III
Demain je serai encore adulte et sénile
Le destin choisira pour moi
Pour ma faveur pour ma défaveur ?
Je rentrerai à l’état de gosse
Ou même à celui d’hier
Au moins je serai même-moi
Quoique portant fringues ou guenilles
Chaussures de luxe ou sandales
Quoiqu’étant paisible ou horrible
Fortuné ou infortuné
Changeant de style ou non
Chamboulant le mode monovestimentaire
Restant même plurivestimentaire
Je serai responsable de mon nom
Et personne ne dira si possible :
Viens et deviens mon fils
Mon esclave ou serviteur
Mon marchepied
Tout le monde me verra ni geindre
Contre toi envers toi
Je serai comme tout autre et toi
Semblable aux communs de mortel
Ayant une âme un esprit un souffle
Une conscience une histoire une lignée
Semblable aux bêtes humaines et animales
Ayant une chair animalement mortelle
Et toi tu ne seras pas non mortel
Un penchant naturel et sauvage
Et toi tu ne chasseras pas le naturel
Il reviendra au galop
Un déterminisme
Une destinée finale comme tout autre
Et toi tu ne te sècheras pas debout
Alors à quoi bon naitre ?
A quoi bon grandir ?
A quoi bon se vanter et se luxer ?
A quoi bon gouailler ton semblable ?
A quoi bon devenir sénile ?

IV
Hier, aujourd’hui, demain
A quoi sert l’homme et quelle est sa finalité?


Poème à Emmanuel
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