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Collision

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Nighten Dushi

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Des pas. Le grincement des volets. Une grande lumière. L’aveuglement. Le bleu du ciel.
« Debout ma chérie, tu vas encore être en retard au préparatoire. »
Sa mère venait presque tous les matin la réveiller, toujours avec cette voix douce qui éclairait le début de sa journée. Pourtant aujourd’hui elle eu du mal à sortir de la couette. Elle avait jusqu’à tard regardé la lumière bleu de son écran. Un grand événement se préparait aujourd’hui. La collision. Elle avait lu beaucoup d’article à ce sujet, disant tout et son contraire. Elle avait suivi de nombreux débats à ce sujet, des reportages, des enquêtes, des théories. Mais en réalité personne ne savait.
« Cachot ! S’il te plait lève toi. »
Elle grogna un peu. Cachot écarta sa couverture et se releva en s’étirant. La jeune fille se dirigea vers son miroir. Ses cheveux blonds partaient dans toute les direction. Elle en sourit puis se coiffa, tout en prenant soin de laisser une fine mèche traverser son visage. Elle était fière de ce trait particulier, c’était ce qui la rendait unique. Une fois changée et prête à partir, elle monta dans la pièce commune pour saluer ses parents. Sa mère fit quelques réflexions désobligeantes sur sa mèche, qu’elle ne prit pas la peine de relever. Elle prit une brioche avant de partir au préparatoire, faisant ses adieu par un simple « A ce soir ! ».
Le soleil était déjà bien levé. D’autres jeune de sa division sortaient de chez eux au même moment. Peu semblait avoir beaucoup plus dormi que Cachot.
Les adultes ne s'intéressaient pas à la collision. Les diffuseurs classiques n’en parlait pas vraiment, sinon pour dire que rien n’était sûr et que tout cela n’était que théorie farfelues et incertaines. Mais elle, ceux de sa division, la jeunesse du pays : Tous semblait prendre cet événement au sérieux, enfin plutôt en considération. Certes ils n’y croyaient pas tous, au contraire, mais elle ne les laissait pas indifférente, cette collision.
La jeune fille marchait, perdue dans ses pensées, en grignotant sa brioche. Elle essayait mécaniquement de marcher au centre des pavé humides, reflétant le bleu du ciel.
« Cachot ! Cachot ! Attend moi ! »
Une voix aiguë vint briser sa pensée. C’était Demain, une de ses camarades. Elle n’aimait vraiment pas faire le trajet seule ; Elle se joignait systématiquement à la grande blonde. Dans le fond Cachot savait bien que si ce n’était pas elle, cette petite voix se trouverait quelqu’un d’autre sans vraiment y faire attention. Mais ça ne la dérangeait pas d’avoir de la compagnie. Demain semblait très excitée par le grand événement qui se préparait. Elle cita toutes les théories qu’elle avait pu lire sur le sujet. La jeune blonde feint la surprise pour entretenir la conversation, mais elle connaissait déjà tout. Demain insistait beaucoup, recitant de tête les arguments qu’elle avait retenue. Elle évoqua tout aussi bien le vol des insectes que d’anciens livres que personne n’avait jamais réellement lu. Elle expliquait beaucoup de choses, mais au final personne ne savait.
Ils arrivèrent au préparatoire, un immense bâtiment posé sur le côté droit du monde. Il était ainsi près du bord afin que toute la jeunesse étudiante puisse se souvenir que ce monde avait des limites, et qu’il serait inconscient d’essayer de les franchir.
Au cours de la journée, Cachot pensait continuellement à cette Collision. Certains affirmait que ça ne serait au final pas grand-chose, et que tout le monde serait passer à autre chose d’ici quelques mois. D'autres encore démontraient avec conviction que ce serait une punition divine venue pour laver l’erreur que nous somme. Elle ne savait pas trop quoi penser.
On annonça la pose repas.
La jeune fille sortie dans le jardin ceinturant le bâtiment. Elle déballa un sandwich qu’elle mangea en marchant. Elle n’avait pas vraiment faim. L’ambiance était flottante, rêveuse, bercée par le doux son d’une fontaine. Elle s’aventura un peu plus profondément dans le jardin, dans un coin que seul elle connaissait. Au abords du mur d’enceinte, elle escalada un rocher recouvert de mousse. Elle se redressa alors à son sommet. De là, elle pouvait voir le bord du monde, l’infini qui prend sa suite. Elle mordit dans son sandwich, perdant son regard dans cet éternité bleus.
C’est alors qu’elle le vit.


Le son strident d’une sonnerie. Une lumière rouge qui lui clignote dans les yeux. Un mouvement brusque pour éteindre ce vacarme. Une nouvelle journée commençait.
Il se leva de son lit avec peine, avança en titubant et ouvrit sa fenêtre. La lumière d’un coup l’aveugla. Le rouge du soleil levant emplissait à présent la pièce. Il se regarda dans le miroir. Il fallait vraiment qu’il se rase. Il y tenait à son bouc, qu’il tressait avec soin. C’était sa petite fierté à lui.
« Carte ! Bouge toi tu vas être en retard !
-Oui maman, j’arrive »
Répondit-il sur un ton excédé. Il n’aimait pas être interrompu lorsqu’il se préparait.
Habillé et entretenu, il descendit à pas rapide jusqu’en bas. Sa mère lui donna son sac pour la journée, puis l’embrassa.
Il sorti de la maison. La lumière rouge l’éblouissait toujours, le soleil se levait encore. Son groupe l’attendait devant chez lui, se moquant gentiment de son retard. Il prit cela à la rigolade, et les salua tous alors qu’ils se mettaient en marche. Il allait au préparatoire, comme presque tous les jours. Une routine simple qui ne déplaisait à personne. Pendant qu’elle piétinait le goudron de la route, la bande discutait de banalités. Certain évoquèrent un grand événement qui devait se produire aujourd’hui, mais toujours sous un ton humoristique. Personne ne prenait ça au sérieux.
Sur le chemin, ils croisèrent un illuminé distribuant des tract. Il criait sans cesse :
« Collision ! La collision ! Prenez garde ! »
Le groupe ridiculisa le pauvre homme. Ils lui lancèrent des blagues peu réfléchies, mais qui sous l’énergie du groupe pouvaient sembler drôles. Carte restais en retrait. Il ne croyait pas à ce que disait ce vieux fou, en réalité cela ne l'intéressait pas, pas assez pour joindre la brimade.
Ils laissèrent finalement l’homme tranquille, alors que ce dernier les traitais de tous les noms.
Ils arrivèrent au préparatoire. Les cours se suivirent normalement. Carte avait l’habitude d’être bon élève.
Enfin midi.
Il rejoignit sa bande dans un parc adjacent au préparatoire. Ils y mangèrent dans l’herbe, discutant des cours entre quelques blagues.
Carte avait l’habitude de grimper sur un arbre après son repas. Un grand arbre majestueux. Il s’y reposait, et pouvait observer la vue de là haut. Et quelle vue.
Le préparatoire avait été construit au bord gauche du monde. Cette proximité avec les limites essentiel du monde avait pour but de leur rappeler leur responsabilité, que maintenant personne ne viendra les secourir s’il s’approche trop du vide. Le jeune homme aimait rêvasser en contemplant ce vide. Ce vide d’une pureté si bleu, tel qu’il est impossible d’en voir ailleurs.
C’est alors qu’il la vit.
Une forme, à l’horizon de cette éternité. Il se redressa. Impossible, les oiseaux ne s’éloignent jamais si loin du bord. Elle se rapprochait. Au fur et à mesure de son avancée, elle lui semblait plus grande. Cette forme était en fait immense. Sa silhouette se dessina. Il crut reconnaître des bâtiments.
« Les gars, y a un truc qui arrive. »
Mais il ne l’écoutèrent pas. Il se leva sur sa branche. Oui, c’était bien des bâtiments, une ville, tout un monde similaire au sien. Flottant à travers le ciel, elle s’avançait de plus en plus vite. Tout y était teinté de bleu. Elle était de plus en plus proche. Il pouvait y voir les gens marcher dans la rue, les véhicules circuler, et une fille. Debout sur un grand mur. Il regardait l’horizon comme elle-même le faisait. Leur regard se croisait parfaitement. Face à face, chacun arrivaient vers l’autre avec son monde. Qui était cet homme avec ce bouc ébouriffé ? Qui était cette femme à la mèche négligée ?
Ça n’avait pas d’importance. Ils étaient de plus en plus près. Un grand bruit, une secousse, des cris, la panique.
C’était donc ça.
La collision.
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