Ciel mon O.V.N.I

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Auteur de 5 romans au déroulement surprenant dont 4 publiés aux éditions du Net . Les 3 premiers livres content l’extraordinaire saga d’une jeune femme qui résout d'étranges énigmes. Dans le ... [+]

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Croyez-vous aux ovnis ? Sans doute que non. Enfin c’est ce que vous allez me dire pour ne pas passer pour un imbécile ou un naïf. Mais en votre for intérieur, là où votre Jiminy Cricket n’a aucune influence, peut-être que finalement vous y croyez parce qu’après tout, pourquoi serions-nous seuls dans l’univers ? Figurez-vous que grâce à ce confinement, non seulement, j’ai vu un ovni, mais en plus, j’ai rencontré le troisième type. Quoique pour moi, c’était le premier ou peut-être bien le second selon le nombre que contenait le vaisseau. Mais bon, c’est la formule employée dans ce cas de figure.

J’étais dans mon jardin lorsqu’un vaisseau en forme de soucoupe est apparu dans le ciel. Il a atterri en silence dans le champ voisin. Vu notre situation actuelle, je me suis dit « tiens, enfin un peu d’animation ».
Une ouverture s’est formée sous le vaisseau, un escalator en est sorti et le fameux troisième type est descendu du vaisseau. J’ai pensé qu’il s’était perdu et qu’il cherchait sa route, la supérette de la commune ou encore la boulangerie, allez savoir. De forme humanoïde, il était vêtu d’une combinaison spatiale des pieds à la tête. Il s’est approché de moi en levant son bras en signe d’amitié. J’ai supposé que c’était en signe d’amitié, mais après tout ça aurait pu être tout autre chose…

Lorsqu’il a retiré son scaphandre, j’ai failli éclater de rire tellement il avait une tête marrante. Je me suis retenu pour ne pas l’offenser. Il n’avait pas d’yeux en amandes ni un crâne ovale. Il était brun et ressemblait un peu à Mickey Rooney. Quoique, peut-être plus à Mickey qu’à Rooney. Il m’a demandé si j’étais Michel Baudry.
Alors là, je me suis tout d’abord méfié avant de lui répondre.

Peut-être avait-il l’odieux projet de me paralyser avec un pistolet laser et m’embarquer dans son vaisseau pour mener des expériences sur mon corps déjà bien fragilisé par les années. Je lui ai demandé ce qu’il me voulait en précisant que j’étais un honnête citoyen respectable qui payait ses impôts. Il m’a répondu qu’il cherchait surtout l’écrivain, l’auteur de l’excellent roman Tout peut arriver même les meilleures choses, la saga de Jeanne Curling. Je lui ai demandé de m’indiquer d’abord d’où il venait. Il m’a montré dans le ciel bleu à l’endroit où on peur voir une constellation lorsqu’il fait noir et m’a dit que sa planète d’origine s’appelait Zblorg. Elle ressemble à la nôtre avec à peu près le même nombre d’habitants. L’humanoïde se nommait Sblitz et accusait les quatre cents ans. La vache, il ne les faisait pas, lui ai-je répondu. Ça l’a flatté.

Il a voulu encore s’approcher plus près, mais je lui ai expliqué notre pandémie actuelle et que je ne tenais pas à ce que le père Macron et toute sa clique débarquent pour me reprocher de n’avoir pas respecté les règles du confinement et d’avoir pris le risque de contaminer un visiteur de l’espace et toute sa planète.

Le visiteur m’a dit être pressé, car pour lui notre atmosphère était irrespirable en ce moment, car trop peu polluée par rapport à d’habitude. Il m’a affirmé que j’étais une vedette sur sa planète grâce à mon roman et que tous les Zblorgiens se l’arrachaient. Je lui ai répondu que c’était un peu difficile à admettre du fait d’être un auteur inconnu sur Terre et que si les Zblorgiens avaient autant de langues et de pays différents que l’espèce humaine, je ne vois pas comment mon roman aurait pu être traduit en toutes ces langues. Il m’a répondu que ça n’avait aucune importance. Je lui ai fait remarquer que j’aurais bien aimé toucher les droits d’auteur. Malheureusement, ce terme ne veut rien dire sur sa planète et ils ont dépassé depuis longtemps le système monétaire pour les échanges économiques.

De toute façon, je m’en doutais. Ça n’arrive qu’à moi ce genre de plan. Je suis célèbre sur une planète de plusieurs milliards d’habitants et je peux aller me brosser pour toucher quoi que ce soit. Il m’a demandé si je possédais deux exemplaires du livre chez moi et si je pouvais les lui dédicacer. Flatté, je lui ai répondu par l’affirmative. Je suis allé lui chercher les deux livres et je les ai signés. Il m’a demandé d’ajouter à la fin, les titres des autres romans que j’avais écrits et il m’a fait remarquer que les zblorgiens appréciaient particulièrement la dernière page parce qu’ils la trouvaient vraiment fameuse.

Pour lui faire plaisir, j’ai ouvert le livre parce que je ne me souvenais pas du contenu de cette page et je me suis mis à la lire en y mettant le ton. Étrangement, il a semblé totalement insensible à ma prose. C’était un véritable bide. Un moment où je me suis senti terriblement seul. Face à son stoïcisme, je me suis demandé si ce Sblitz n’était pas un brin autiste. L’humanoïde m’affirme que sa propre espèce est fan de mon bouquin, en particulier de la dernière page. Je lui fais l’honneur de la lui lire et il est totalement indifférent. Un peu contradictoire, E.T.

Un peu vexé, je lui ai donné les livres. Il me les a pratiquement arrachés des mains, ce sauvage. J’ai cru rêver quand il s’est mis à déchirer la couverture. Il s’est ensuite attaché une serviette de table autour du cou et a commencé à manger un des deux livres page par page. Un instant, il s’est arrêté de se goinfrer pour me dire, la bouche pleine, qu’il gardait la dernière pour la fin et il a éclaté de rire. Une fois terminé, il m’a rendu la couverture en me disant qu’il n’aimait pas la croûte, puis il s’est léché les doigts, le cochon. Il m’a remercié et m’a dit que l’autre exemplaire serait dupliqué parce que l’encre de mon crayon mélangée au papier était particulièrement savoureuse. Il est regrimpé dans son engin avec l’autre exemplaire. Quel affreux personnage. Je lui ai adressé un bras d’honneur en guise d’au revoir à ce sagouin.
Ben moi je peux vous affirmer que ce troisième type et tous ceux de son espèce ne sont surtout que des sales types…

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