Chronique d'un enfant d'un siècle moribond

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Je me défoule dans les mots ou écris à l'instinct. L'idée c'est de vibrer, de se mettre en fête. "Avancer sur le chemin de la genèse de ses prétentions" Pierre Michon "Aut inveniam viam  [+]

J’ai 83 ans. Et, j’ai un cancer qui me tuera. Rien d’étonnant. De nos jours, tout le monde meurt d’un cancer. Mourir de mort naturelle est devenu une extravagance quasi mystique des rubriques fait divers ou paranormal. Pour moi, ça n’a rien de surprenant, car je suis né à une époque où c'était encore normal, même si le taux de cancers allait croissant.
Je l’ai depuis l’âge de 76 ans. Sur le moment, quand j’ai vu l’oncologue et qu'il m’a annoncé que je pouvais mourir maintenant comme dans deux ans, je me suis senti comme le narrateur de Victor Hugo dans “Le dernier jour d’un condamné”. Je suis passé par des phases d’angoisses et de crise existentielle d’intensité terrible. Puis, au bout de plusieurs mois, comme la mort tardait à m’emporter et que j'allais physiquement bien, j’ai pris conscience que c’était mon mental la seule source factuelle de souffrance quotidienne. J’ai donc rationalisé. Je sentais qu’une sorte d’accord tacite avait été signé entre le cancer et moi, pouvant se formuler ainsi: “Un jour je te prendrais, tu ne le verras pas venir, mais jusqu’à lors tout ira bien”. Je suis convaincu que ce sera fulgurant, sans pouvoir expliquer pourquoi. Et c’est vrai que concrètement, je vis très bien avec. Je vois mon médecin qui à chaque fois me dit qu’il est étonnamment stable, accompagné du regard surpris de quelqu’un en face d’un mort toujours vivant. Dans mon entourage, je fais figure de survivant, on me regarde comme si j’étais un extraterrestre, comme si ma subsistance remettait en question les lois de la Nature... ou du Marché. On meurt jeune de nos jours. C’est un fait concret sur lequel se base l’économie et les calculs d’actuaires. C’est devenu normal d’avoir attrapé une quelconque saloperie avant 30 ans et d’être sous médication jusqu’à sa mort. Une part importante des cotisations salariales est justement allouée à ça.
Ces derniers temps, j’ai décidé de me remettre à l’écriture. À l'ancienne: Moi, un carnet et un stylo. Même à l’heure du numérique et du clavier souris, j’ai toujours trouvé qu’il y avait une simplicité quasi sensuelle à sentir le poids des mots dans l’épuisement de la main qui écrit. Écrire à main levée, apporte une conscience accrue de ce dont on écrit. Le corps et l’esprit doivent trouver un rythme synchrone, de sorte que c’est l’être en entier qui est engagé dans le processus. Et ce rythme se ressent forcément à la lecture, c’est ma conviction. C’est une conviction qui naît dès lors qu’on a conscience qu’il y a les mots et l’au-delà des mots et que chacun d’eux s’inscrit comme une note dans une partition. Le tout c’est de savoir accompagner.
C’est quelque chose que les jeunes auteurs de mon époque n’ont pas compris. Jeune et auteur sont devenus synonymes. Une fois qu’ils ont fait leurs preuves dans le marché littéraire, ils travaillent généralement après comme communicant ou marketeur. Ils n’écrivent même plus au clavier, c’est devenu désuet. De nos jours, les auteurs écrivent en pensée avec un casque cérébral qui note informatiquement tout le contenu. Les phrases s'enchaînent dans le désordre par bloc de mots-idée-information qu’une Intelligence artificielle traite pour remettre le tout dans l’ordre, en se basant sur la somme statistique des grands schémas narratifs et stylistiques toujours mis à jour par l’afflux continuel de nouvelles histoires. J’avais d’ailleurs lu dans la presse l’histoire d’un jeune auteur dont le nom de plume est “Hypnos hypnagogique 3441” qui branchait son casque pendant son sommeil. Après s’être bourré de psychotropes pour allumer son esprit il s’endormait tout simplement. Au réveil, le matin, il avait un roman calibré à 50 000 mots, sans se souvenir de ce dont il avait rêvé. De sorte que le jeunot vendait régulièrement des livres qu’il n’avait même pas pris le temps de relire et sans savoir de quoi ça parlait. “Quelle audace !” avait sous-titré l’article. On le qualifiait bien volontiers de “subversif", mais de “génie” et les artistes contemporains vantaient les mérites de son travail novateur. Déjà du temps de ma jeunesse, l’art contemporain flirtait dangereusement avec la promotion de la médiocrité, là c’est plus un flirt, c’est une chevauchée pornographique.
Ça fait vingt ans que je n’ai rien écrit. J’ai arrêté dès la retraite, pourtant j’avais une pratique quasi quotidienne. De 15 à 47 ans, j’ai dû noircir une centaine de carnets de brouillon 96 pages. J’essayais de me raconter, de mettre à plat ma subjectivité, de faire des essais stylistiques ou d’ébaucher des idées d’histoire que je me promettais d’écrire un jour en entretenant le rêve que je serais un écrivain célèbre. Je me rappelais cette phrase de je ne sais plus qui « La route de l’auteur est pavée de texte non publié » ou encore celle-ci d’Hemingway « Écrire, c’est réécrire » ou encore Beckett «Essayer encore. Rater encore. Rater mieux ». Je me rappelais, dans les moments de doutes, que Van Gogh avant d’être Van Gogh avait peint des milliers de toiles... J’ai arrêté cet exercice après avoir tout perdu lors des Grands Incendies du sud de la France dans la quatrième décennie. Je ne pense pas que ce soit le dégoût dû à la perte qui m'a fait arrêter. Sur le moment, je me rappelle avoir trouvé des mots assez poétiques pour décrire mon infortune. Je me disais que la fumée des millions de mots écrits pouvait désormais se mêler à l’air et qu’ils voleraient libérés des entraves faites de pages et d’encres. Ce qui m’a fait arrêter, c’était que parallèlement au fait de voir une partie de mon monde brûlé, le feu en moi s’éteignait. Donc mis à part quelques nouvelles publiées en ligne sur des plateformes ou pour des concours, ma bibliographie s’est limitée à des articles universitaires. Aucune de mes histoires n’a su fédérer un public, cependant j’ai eu le droit à des petits instants de gloires éphémères du côté du monde des érudits. J’ai su faire le buzz chez mes étudiants et ai attirait autant l’admiration que le rejet du côté de mes collègues enseignants-chercheurs. J’avais, comme ils disaient tous “l’art du trait d’esprit retord”. On m’attribuait bien volontiers ce fameux qualificatif de “subversif” parce que j’avais compris - ou bien plutôt tirer des leçons de mes expériences d’étudiants assis à subir des cours dans les amphithéâtres - que le temps de cerveau disponible baissé de génération en génération. De sorte, que pédagogie et one man show avaient de plus en plus des choses à faire ensemble pour garder captif et vigile l’esprit de la bleusaille. J’ai pris des cours de théâtre en parallèle de mes études et à côté de mon travail pour toujours livrer une performance à la qualité croissante. Et j’ai appris à aimer l’art de la mise en scène pour offrir à mon public quelque chose de mémorable. Ce que peu d’enseignants de cette époque avaient compris c’est que la transmission du savoir passe autant par la qualité du savoir que par la qualité de sa transmission. Les étudiants, l’enseignant et leur énergie mêlée font la qualité du cours. Si l’enseignant ou les étudiants ont décidé de s'ennuyer, le cours sera ennuyant. Le tout, c’est de réussir à leur donner le goût de nous écouter. Allumer une lumière dans leurs yeux. Après, le travail de fond, ils le feront. Et ils le feront moins difficilement et avec plus de plaisir s’ils ont cette brillance dans les yeux. Car c’est le propre de la jeunesse que d’être curieuses si tant est qu’on réussisse à l’accrocher émotionnellement. À cette petite notoriété de pédagogue s’est ajoutée celle de la recherche. Il faut croire que le travail que j’avais investi dans le fait de devenir un bon enseignant, ce souci de capter les esprits, m’a servi pour mes thèses, de sorte que mes écrits ne laissaient personne indifférent. Entre louange et blâme, les électrons s’agitaient autour de moi. Ce que j’écrivais faisait jaser. Je n’ai jamais su le comprendre. En vérité, je faisais mon travail universitaire, car il fallait le faire et qu’au fur et à mesure dans mon cursus c’était dessiner une ligne droite vers des champs de recherche s'inscrivant dans une continuité logique. Mais on était bien loin des rêves enthousiasmants de gloire littéraire ou de celle que procure l’énergie d’une salle qui déborde de vie grâce au cours que vous lui donnez. Quoi qu’il en soit, j’ai commencé à intéresser un peu de monde du côté des médias. On m’a très vite accablé de superlatifs toujours vides de sens: “un universitaire subversif”, “érudit qui fait jubiler les foules” . J’ai fait quelques interviews avant de comprendre que ce qui les intéressait n’était pas mon travail, mais l’image qu’ils avaient construite à partir de moi: celle d’un universitaire qui amuser les étudiants. En résumé, on me tournait en dérision et on me faisait passer pour un pitre. Ça confortait mes détracteurs qui s’imaginer que j’avais resquillé mes doctorats. Je voulais simplement apportait un peu de gai savoir. Rendre l’éducation ludique. Mon propos sur l’égalité des chances se limite dans le fond à une seule idée. En tant qu’humain, on est tous égaux dans notre sensibilité au jeu et à l’amusement. Si on rend le savoir amusant, on sera tous égaux face à lui. La peut-être seule différence que j’avais avec mes collègues, c’est que je faisais les choses avec style. Et le propre du style, c’est de rendre les choses mémorables.
Mon temps libre, je le passais dans mes écrits personnels. D’un côté, je prenais des notes sur de nombreux sujets tout en organisant ma quantité croissante de paperasse. C’était ma manière de préparer ce moment où j’aurais l’inspiration. Où ma Muse viendrait dans un éclair fulgurant de créativité pour m’apporter l’idée qui me ferait dire “mais oui, c’est ça” avec la certitude qu’apporte la chose trouvée sur le moment. D’un autre côté, j’écrivais des textes introspectifs en quantité pour chercher à cerner ma subjectivité. J’ai compris par la suite que j’avais des tonnes d’inspiration pour parler de moi, que 99% de mes écrits partis en fumée tournaient autour de moi et que j’étais à l’aise avec ça. Et c’est ça qui n’a pas fait de moi un écrivain. Pour écrire, il faut être capable de parler à l’autre à partir de soi. Je n’ai jamais su écrire autrement que de moi pour moi. Mais je n’y peux rien, je n’ai jamais réussi à me défaire du plaisir qui naît de la rétrospective d'une situation quand on l’écrit une fois la frénésie du moment vécu passé. C’est finalement un des enseignements perdus de la maïeutique: on comprend mieux ses idées, pensées ou actions en les énonçant. C’est pour ça que la plupart des jeunes de ma génération allaient voir des psychologues: pour s’écouter parler. C’est le travail du psychologue d’écouter avec attention, tout en orientant légèrement le fil des pensées. Car en fin de compte, la solution se trouve en nous. C’est seulement qu’on a peu d’occasions dans la vie pour se confronter vraiment à soi afin de les trouver. Ma différence était que je faisais ce travail seul, sans personne, et que j’aimais ça. Je n’ai jamais eu de problèmes pour écrire, dès lors que je me disais que j’allais le faire à cette fin. Mais mettre en ordre mes pensées pour écrire l’histoire de personnages a toujours déclenché chez moi un stress terrible au point de paralyser ma main.
Ce travail d’introspection était arrivé dans un second temps de ma vie. Si je la résume sommairement. Le premier quart de ma vie, c’est passé dans la souffrance d’un parent alcoolique. Ce qui a occasionné bon nombre de traumatisme et une survivance de la souffrance, même après le jour de sa disparition, quand j’ai atteint ma majorité. Pour conséquence concrète, je pourrais lister: manque d’estime de soi ou d’empathie, refoulement de ses émotions, tempérament colérique et dépressif, variabilité des humeurs, anxiété, fatigue relationnelle, isolement... De sorte que j’ai passé bien sept ans à vivre une douleur dont l’origine était enterrée et pourrissait dans une tombe à plusieurs centaines de kilomètres de chez moi. Il m’aura fallu un autre quart de vie pour réussir à dépasser cette souffrance, grâce à l’écriture introspective notamment. Et en arrivant finalement à la moitié de ma vie, il était trop tard pour faire quoi que ce soit de détonnant dans ce monde, alors que j’avais des rêves pleins la tête étant enfant. J’ai passé mes plus belles années à souffrir et à gérer cette souffrance, avant de vivre une vie qui semblait déjà dessiner pour moi sans avoir dû y penser plus ; un choix par défaut.
J’en ai voulu au monde pendant longtemps à cause de ça. Je n’arrivais pas a accepter que certain ai eu plus de chance par le simple fait qu’ils étaient bien naît. C’est peut-être de cette époque que me viennent ces grands idéaux concernant l’égalité des chances. Je vivais jeune dans un monde qui se targuait de le proclamer tout haut : Égalité des chances ! Éducation ! Le seul problème, c’est que même si on est égaux face à un livre, on est pas égaux pour pouvoir le lire. Et comment en vouloir à des élèves, qui ont des choses autrement plus importantes à gérer dans leurs vies que le fait de se cultiver ? Il faut gérer la souffrance des individus ! C’est le premier pas pour l’épanouissement. Cette époque faisait grand cas du travail et de la productivité, mais bien peu de l’épanouissement personnel. Quand toujours plus n’est toujours pas suffisant, c’est là qu’il faut se poser des questions sur l’intérêt de son travail. Étant dans un monde pas taillé pour moi et mes problèmes, j’ai cherché des solutions ailleurs, notamment dans la spiritualité.
C’était peut-être par effet de mode que je m’y suis intéressé. Mais, j’ai toujours senti le souffle de l'indicible dans ma vie et était spontanément attiré par la métaphysique ou les récits qui expliquaient le monde. Régulièrement, je sentais des vibrations dans mon corps, des frémissements ou des courants électriques, ce qu’à cette époque j’ai rapproché du corps énergétique et de l'anatomie occulte. Également des acouphènes qui semblaient être le signe d’une augmentation de mon intensité vibratoire. Parfois encore, j’avais des flashs, des pressentiments ou des intuitions souvent juste. J’étais allé voir des magnétiseurs et énergéticiens dans un moment où j'étais en quête de réponse. Tous m'avaient plus ou moins dit que toutes mes sensations étaient déclenchées par l'éveil d'un don de voyance qui me permettrait de "voir le monde tel qu'il est vraiment". Pas besoin d’avoir de don particulier pour observer le présent et y voir les signes d’un futur qui sombre dans la décadence. Il suffisait juste d’être attentif au monde ! De faire preuve de bon sens... Toutes ces sensations corporelles et mentales alimentaient chez moi des questionnements sur la nature même de la réalité et de notre rapport au monde. Mais j’ai toujours abordé la spiritualité comme un explorateur aborde un nouveau continent. Avec enthousiasme et prudence. J’étais raisonnablement convaincu de l’existence d’un envers du décor, d’un au-delà du monde, d’un ordre implicite. Quand, on arpente le réel, on finit par se retrouver face à des situations qui le questionnent sérieusement, ce qui a mon sens justifiait le sentiment spirituel. Et cette quête me semblait d’autant plus aller de soi dans une époque où on sacrifiait la jeunesse et ses rêves sur l’hôtel du capitalisme aliénant. On ne peut pas ôter à l’homme sa tendance naturelle à rêver ou penser le monde. L’homme a toujours eu besoin de moment de sortie du monde pour y revenir afin de mieux s’y intégrer, d’y trouver sa place. La différence était qu’il n’y avait plus assez de place à prendre dans le monde pour la quantité d’individus. La réalité matérielle et la société ne pouvant plus offrir à cette jeunesse de quoi concentrer sa fougue. Donc tous allaient chercher des réponses et surtout de l'espoir ailleurs. En ce sens, la spiritualité avait un effet cathartique, c’était un espace de liberté, une respiration, dans une réalité qui peu à peu se barricadait dans son idéologie libérale et capitaliste. Beaucoup de jeunes et de personnes sentaient que la vie ne pouvait pas se résumer à ça. Comme si une part profonde d’eux-mêmes avait posé un veto sur la réalité. De nombreux culte, pensée, syncrétisme, protophilosophie, secte, gourou ont participé à démocratiser les croyances spirituelles et les pratiques énergétiques censées aider la vie humaine. Dans le fond, tout ceci était autant de reflets d’un grand kaléidoscope, quintessence de la question fondamentale des âmes de cette époque: Quel est le sens de la vie ?
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Tess Benedict · il y a
Je vous rejoins totalement dans cette pensée si bien exprimée: En tant qu’humain, on est tous égaux dans notre sensibilité au jeu et à l’amusement. Si on rend le savoir amusant, on sera tous égaux face à lui. Pour le reste, les idées fusent, comme si la plume courait au rythme de la pensée. Plutôt impressionnant !
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Kolgard Sino · il y a
Vous avez très bien senti le rythme du texte, écrit sur le rythme de la pensée qui éclos ! C'est un rythme d'écriture qui m'intéresse. Parfois on découvre beaucoup sur soi et notre rapport au monde en laissant les idées et les pensées nous traverser. J'aurais pu écrire un millier d'autre chose et de différente manière, mais sur l'instant les choses sont venu de cette manière ! Merci beaucoup pour avoir prit le temps de lire et pour votre message !
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Ginette Flora Amouma · il y a
La vie nous a été donnée . C'est pour cela qu'on trimbale toutes les vies derrière nous , sans pouvoir choisir la variation qui nous plaise mais las de subir les gammes d'une nocturne qui nous enveloppe.
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Kolgard Sino · il y a
J'ai pas comprit la fin de votre message
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Ginette Flora Amouma · il y a
Ce qui s'est produit dans le passé continue sa route dans le présent ..... sous diverses autres manières , des variantes comme une sorte de musique qui se joue encore .
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M. Iraje · il y a
Entre métaphysique et introspection, ce " jeu " de l'écriture reste un accouchement dans la douleur, comme le cancer d'ailleurs ...
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Kolgard Sino · il y a
Je l'ai pas accouché si douloureusement que ça ! Au contraire j'étais assez amusé à la perspective de faire une autobiographie futuriste, mais effectivement, il y a de la métaphysique et de l'obscurité, comme le futur qui arrive.