Chapitre 1 - Changements (alrdll)

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Mots libérateurs, mots destructeurs. Mots qui font du bien, mots qui font du mal. Je vous invite à découvrir l'utilisation que je fais de mes mots. Bonne lecture et merci d'avance pour vos  [+]

Charlie adorait aller en cours. En Musique, il pouvait laisser son esprit vagabonder et dormir un peu. En histoire, il réfléchissait souvent à comment sa tante pouvait aimer un homme comme Marcus. En mathématiques, il se demandait en boucle pourquoi son oncle n'avait pas obligé Angelina à l'abandonner. Puis il se le rappelait. Mais très vite, il se reposait la question. Parce que même si Marcus attendait quelque chose de lui, il ne pouvait pas se faire à l'idée qu'il l'ait quand même accepté. Donc il se reposait la question et cherchait plus loin à chaque fois. Pour l'argent ? Pour des impôts en moins ? Il doutait que ce soit pour l'amour éternel de sa femme...
Dans les autres matières, il réfléchissait à ce qu'aurait été sa vie si ses parents n'étaient pas morts dans cet accident de voiture. Il s'imaginait souvent une jolie maison avec une pelouse. Peut-être une petite sœur. Des fois deux petits frères. Ils avaient un chien. Charlie avait sa chambre, une très grande chambre, pour lui tout seul. De temps en temps, il aidait avec plaisir sa mère pour mettre la table. Il aurait des tas d'amis qu'il inviterait le week-end. En bref, il serait heureux, il aurait la belle vie.
Ce jour-là, en mathématiques, Mme Gorivi leur rendit leurs devoirs à faire à la maison. Charlie n'avait pas eu besoin de lire la note pour savoir que la note était mauvaise. Le devoir était gribouillé de rouge. Mme Gorivi était une femme d'une trentaine d'années qui était à l'écoute de ses élèves. Elle avait essayé de percer la carapace de Charlie, sans succès. Mais elle n'abandonnait pas. Aux réunions parents/professeurs, elle essayait de parler à Angelina des mauvaises notes de Charlie et du fait qu'il ne participe pas en classe. Sauf qu'Angelina ne venait qu'aux réunions obligatoires. Non pas qu'elle ne veuille pas venir, au contraire, c'est juste que Marcus l'interdisait de sortir sans son autorisation. Résultat : elle ne pouvait sortir que pour travailler, faire les courses et aller aux réunions obligatoires. Oui, Mme Gorivi avait essayé de comprendre pourquoi Charlie n'était pas sociable, pourquoi il ne participait pas et surtout, pourquoi il avait d'excellentes notes sauf quand il s'agissait de travaux à la maison. Mais elle n'avait jamais réussi. Des fois, Charlie pensait qu'il aurait mieux fait de laisser Mme Gorivi l'aider. Mais c'était vraiment rare. La plupart du temps, c'était quand Marcus était très en colère, ce qui était assez fréquent.
Il regarda quand même la note. 3/20. C'était lamentable. Sur la copie, la prof avait juste marqué « je sais que vous pouvez mieux faire. » Oui, il pouvait, c'est juste que chez lui, il n'arrivait pas à se concentrer. Il devait toujours aider, quand il travaillait, Marcus déchirait ses devoirs ( 3 fois pour celui-là ), et le traitait d'intello. Charlie pensait que c'était pour le faire rater ses études et donc assurer à Marcus que Charlie l'aide. Mais, encore, il doutait que ce soit la vérité. C'était sûrement une part de la vérité, mais il restait persuadé qu'on lui en cachait une part.
En sortant des cours, il alla au casino en face de son lycée pour acheter de la farine. Il envoya un message à Angelina pour le lui dire pour qu'elle ne soit pas étonnée de son retard et qu'il sorte cette excuse à Marcus. Charlie n'était pas censé avoir un portable. Marcus n'était pas au courant. C'était Angelina qui lui avait offert et elle payait le forfait grâce à une amie. Comme le forfait est directement prélevé sur le compte bancaire et que Marcus l'aurait vu, elle a demandé à une amie de le payer et elle la remboursait tous les mois. C'était un peu difficile à gérer, mais elle pensait qu'un portable pouvait vraiment être utile, surtout quand Charlie traînait dans le village tard le soir.
Après avoir acheté la farine, il se balada dans le village. Quand il franchit la porte de la maison de sa tante et son oncle, il était plus de dix-neuf heures.
Angelina était dans la cuisine, en train d'éplucher les pommes de terre pour le repas du soir. Marcus était en train de lire le journal sur le fauteuil. À la vue de Charlie, Angelina se leva d'un bond. Ce n'était pas bon signe... En voyant sa femme s'agiter, Marcus leva les yeux de son journal. À son tour, il se leva. Il avait le regard sévère et regarda Charlie droit dans les yeux. Charlie détourna les yeux et regarda Angelina. Elle avait les yeux rouges. Elle avait déjà dû pleurer, et elle avait encore les larmes aux yeux. Il se demandait ce qui l'attendait... Il ne tarda pas à le savoir. Marcus fit quelques pas vers lui et le gifla une fois sur chaque joue.
Charlie le regarda droit dans les yeux, avec une lueur de défi. Angelina supplia Charlie du regard d'arrêter, mais il continua quelques secondes puis s'arrêta, de peur que sa tante se mette à pleurer. Mais il avait continué trop longtemps. Marcus était maintenant remonté à bloc.
«  Alors ?!? Qu'elle est ton excuse cette fois pour être en retard ? Ne vois-tu pas qu'on t'attend toujours ? Tu crois qu'on fait notre vie en fonction de toi ? Ne vois-tu pas que ta tante se tue à la tâche pour que tu mènes une vie décente et que tu ne lui dis même pas merci ? Et après tu t'étonnes que je m'énerve ! Il faut travailler et assumer ses responsabilités dans la vie ! Ne crois pas que tout te tombera toujours dans les bras ! Pourquoi traînes-tu dehors le soir ?!? Tu sais très bien qu'il faut que tu rentres vite pour aider ta tante à faire à manger ainsi que les tâches ménagères !
- Je suis désolé Marcus.»
Bien sûr, il ne pensait pas un mot de ses excuses, mais il devait aussi penser à Angelina. Charlie savait très bien qu'il avait plus de force que Marcus depuis qu'il avait quatorze ans, mais il n'avait encore jamais utilisé cette force contre Marcus. Angelina ne lui pardonnerait jamais. Malheureusement, ça, Marcus le savait très bien. Il savait aussi qu’avoir de la force sans pouvoir l'utiliser mettait Charlie en rogne.
«  Tu dis que tu es désolé, mais je sais très bien que tu n'en crois pas un mot !
- Je te dis que je suis désolé !
- Je n'en crois pas un mot, si tu ne veux pas passer à la ceinture, je veux des excuses un peu plus convaincantes !
- Mais je te dis que je suis désolé merde !
Charlie était de plus en plus énervé. Plus il s'énervait, plus Marcus souriait. Ce dernier avait un sourire sadique et prenait un certain plaisir à le voir souffrir. Charlie serrait les poings très fort pour s'empêcher de cogner avec.
- Tu sais que je ne veux pas entendre ce genre de chose ! Veux-tu être puni pour cela aussi ?!?
Charlie se calma tout à coup en se disant qu'il ne devait pas laisser Marcus gagner ce round, comme il appelait ces moments-là.
- Je le sais. Écoute Marcus, je suis sincèrement désolé. Tu as parfaitement raison de m'en vouloir, je n'aurais pas du rester dehors à rien faire. J'aurais dû rentrer tout de suite et me rendre utile. Je ne recommencerais plus c'est promis. Je vais aller me laver les mains et aller tout de suite aider Angelina.
- Mais tu dis toujours ça que tu ne recommenceras plus et à chaque fois tu recommences !
- Je t'ai donné mes excuses, je ne peux pas faire mieux. Tu sais que je vous en suis très reconnaissant de m'avoir accueilli et que je suis une charge pour vous, mais...
- Mais non, tu n'es pas une charge pour nous, décida d'intervenir Angelina. Hein Marcus ?
- Ouais... En attendant, la prochaine fois que tu arriveras en retard, tu prends la porte ! »
Charlie ne s'attendait pas à cette menace. C'était la première fois qu'il le menaçait de le mettre dehors. Il avait dix-sept ans et était en première. (Il avait redoublé une classe en primaire, suite au décès de ses parents.) Donc, légalement, Marcus n'avait pas encore le droit de le mettre à la porte. Surtout, quel aurait été l'intérêt de l’accueillir pendant quatorze ans pour au final le mettre à la porte ? Charlie ne comprenait pas le changement d’habitude soudaine de son oncle.
Marcus retourna s’asseoir à sa position de départ. Il regardait Charlie d'un mauvais œil. Il aurait de nouveau à faire à lui, Marcus n'aimait pas perdre, c'était un fait. Ça avait toujours été comme ça.
Charlie alla se laver les mains puis s'assit à table et commença à éplucher les carottes pour la soupe. Environ une demi-heure après, tout était près. Il ne restait plus qu'à chauffer. Marcus choisit ce moment-là pour sortir prendre l'air et Angelina pour dire quelques mots à Charlie.
«  Tu sais Charlie, il n'a pas toujours été comme ça... Il était doux, gentil, attentionné...
- Je sais Angelina, tu me l'as déjà répété.
- Mais je veux que tu saches que c'est vrai.
- Je sais, mais comprends moi que j'ai un peu de mal à y croire certains jours ! As-tu vu comment il nous traite ?
- En attendant, ne traîne plus dehors jusqu'à ce qu'il est oublié cet incident, compris ?
- Mais je n'ai plus aucune vie ! Déjà que je n'ai pas d'amis alors si tu m'enlèves le peu de liberté que j'ai...
- Je suis désolé je sais que tu n'as rien fait pour mériter ça...
- Ce n'est pas de ta faute, je devrais déjà être content de ne pas être en famille d’accueil...
- Oui, mais on peut rêver mieux comme adolescence...
- Ne t'en fais pas pour moi, je vais m'en sortir. »
Marcus rentra dans la cuisine à ce moment-là.
«  Tu ne devrais pas faire des devoirs, ou quelque chose comme ça ?
- J'allais justement y aller...
- Et bien va s'y ! Qu'attends-tu ? »
Charlie baissa la tête et se dirigea vers sa chambre. C'était la seule chose qu'il n'avait pas à partager et qui était bien à lui : sa chambre. Elle n'était pas très grande, mais bizarrement, c'était le lieu où il se sentait le mieux. Il s'était tant de fois défoulé contre les murs, après que Marcus l'ait frappé, il avait tellement séché ses larmes contre les draps, il avait tellement pensé à ce qu'aurait été sa vie si Angelina ne s'était pas mariée, et enfin, il avait tellement songé à ce qu'aurait été sa vie si ses parents n'étaient pas morts sans cet accident de voiture.
Cette nuit-là, Charlie ne put pas dormir. Il était bien trop en colère. Mais comment Marcus pouvait-il se permettre de lui donner de tels ordres et de se comporter ainsi ?!? Ils n'étaient plus au XVIe siècle non plus !
Le lendemain, Charlie n'avait pas cours, puisque c'était samedi. Mais cela ne l'empêcha pas de se lever aux aurores pour aider sa tante. Le samedi, c'était la journée où il travaillait. Bien sûr, il n'était pas payé, mais pour son oncle, Charlie remboursait une partie de ce qu'il lui devait.
Le matin, après son déjeuner, il commençait par le ménage. Il était chargé de faire la poussière, nettoyer les vitres, passer un coup d'aspirateur et faire le repas du midi. Ceci lui prenait toute sa matinée de neuf heures trente à midi, où ils passaient à table. C'était le seul repas qu'il devait entièrement préparer seul. Angelina était au restaurant où elle servait. Pour le samedi, il y avait un cuisinier. Marcus, quant à lui, surveillait Charlie de très près. Lorsqu'elle rentrait, on passait directement table. L'après-midi, c'était Marcus qui était au bar, pour servir les clients. Pendant ce temps, Angelina et Charlie allaient faire des courses (bien évidemment, pas des habits, seulement le nécessaire, comme disait son oncle, c'est-à-dire, la nourriture.) Ensuite, le soir, il aidait à servir au restaurant. Il avait une pause de vingt minutes où il mangeait un sandwich. La plupart du temps, il restait jusqu'à une heure du matin. Pour Charlie, c'était un bon moyen de se changer les idées. Il voyait peu Marcus qui était au bar. Bien sûr, c'était toujours gênant quand il voyait un groupe de jeune de son lycée qui était à une table. Mais tout le monde savait, pour ceux qui étaient au courant de son existence, qu'il travaillait au « Chic Bar ».
C'est donc ce qu'il fit ce jour-là. Sans aucun accrochage. Il suivit ce programme à la lettre. Le soir, il s'écroula dans son lit, tellement qu'il était fatigué. Demain serait un autre jour.
Effectivement, le lendemain, ce fut tout autrement. Il se leva à neuf heures trente puis se prépara. À onze heures tapantes, Angelina, Marcus (eh oui on pourrait dire même le diable va à la messe!) et Charlie étaient devant l'église. En tant que bonne famille, ils se devaient y aller. Mais tous les dimanches matin, Marcus se plaignait pendant deux longues heures d'être obligé à écouter ces « serments qui nous bourrent le crâne et ne servent à rien ». Ensuite, on rentrait et Charlie aidait Angelina à faire le repas. L'après-midi était consacrée aux devoirs. C'était donc souvent à ce moment-là qu'il faisait signer les interrogations.
Ce dimanche-là, il devait annoncer son 3/20 à Marcus. Il lui crierait dessus pendant une petite heure et l'incident serait clos. Mais depuis qu'il s'était levé, il avait une boule dans le ventre. Il redoutait toujours que ce genre de « discutions » ne tournent mal .
Vers quinze heures, Charlie avait terminé ses devoirs. Il ne lui restait plus qu'à montrer son interrogation.
Lorsque Charlie entra dans le salon, Marcus savait très bien pourquoi. Mais comme d'habitude, il n'en laissa rien paraître. Charlie lui tendit une feuille, tartinée de rouge. Mais Marcus ne réagit pas. Alors Charlie se racla la gorge pour lui indiquer sa présence. Marcus releva la tête, évalua la situation, puis dit :
«  Oui ? Qu'est ce que c'est ?
- Une interro de maths.
- Et... ?
- Est-ce que tu pourrais la signer s'il te plaît ?
- Bien sûr, pourrais-tu me chercher un stylo s'il te plaît ? »
Ils utilisaient tous les deux un ton mielleux en s'exprimant très (trop) gentiment dans ce genre de conversation. Aucun des deux de pensaient vraiment ce qu'ils disaient. Pendant que Charlie allait chercher un stylo dans sa chambre, Marcus découvrait la note. Un sourire sadique se dessina sur son visage. Il avait perdu la manche précédente, mais il pourrait maintenant se venger. Et c'était ce gamin qui lui donnait la possibilité en plus.
Charlie se demandait comment allait réagir son oncle. En arrivant dans le salon, il vit Marcus avec un sourire très étrange sur le visage. Il regardait la note. Charlie aurait tout fait pour éviter ce moment, mais malheureusement, il arriverait tôt ou tard, alors autant que ce soit maintenant.
«  Tiens. J'ai pris du bleu ça ira ?
- Bien sûr, j'ai juste à signer de toute façon.
Charlie ne l'avait jamais vu sourire autant, il avait vraiment peur tout à coup. Marcus reprit :
- Explique-moi comment tu as réussi à obtenir une si mauvaise note. Surtout que c'était un devoir à la maison ! Tu avais droit à tous les documents...
- Écoute, je n'ai pas des mauvaises notes en maths d'habitude... Je ne sais pas ce qui s’est passé. »
La technique de Marcus consistait à attendre que Charlie s'énerve. C'était l'une de ses techniques les plus efficaces. C'était comme une sorte de concours, le vainqueur serait celui qui arrive à ne pas perdre la face pendant le plus long laps de temps.
«  Allons, Charlie, mon enfant, je ne te reproche rien... J'essaye juste de comprendre voyons !
- Et je comprends ta démarche, mon oncle, mais cette mauvaise note... est loin d'être représentative de tout le travail que j'ai pu fournir pour ce travail !
- Ah bon ? Et combien de temps as-tu travaillé pour ce devoir ?
- Quatre heures mon oncle.
- Alors comment se fait-il que tu sois une aussi mauvaise note ? Tu es encore plus un cancre que ce que je pensais, dit -il avec un air sarcastique.
- Mon oncle c'est que ce week-end-là j'avais beaucoup de travail...
- Et bien ! Il faut savoir faire la part des choses, un point c'est tout !
Marcus était vraiment en colère. Depuis quatorze longues années il devait supporter ce... ce bâtard ! Oui, car il faut dire les choses telles qu'elles sont, Charlie n'est qu'un bâtard de voleur en plus ! »
Charlie savait qu'il y avait une part de vérité dans ce que disait son oncle. Avec quatre heures de travail et tous les documents, il aurait dû avoir au moins douze points de plus. Mais que pouvait-il y faire ? Ce qui était fait était fait. Il avait décidé de ne pas s'énerver, et de jouer cartes sur table, ce qui n'avait encore jamais été fait dans cette maison.
«  Marcus, c'est vrai, tu as raison, avec autant de travail, j'aurais dû avoir une meilleure note. C'est inconcevable que j'aie pu échouer à ce point. Vous ne me demandez pourtant pas grand-chose : aider et avoir de bons résultats scolaires. J'aurais dû avoir une meilleure note et j'en suis désolé. Je vous promets qu'à côté de toutes mes autres bonnes notes sur mon bulletin, celle-ci passera inaperçue.
Voyant que Marcus restait sans voix, Angelina prit la parole :
- Nous n'en doutons pas Charlie. Retourne dans ta chambre, Marcus te l'apportera quand il l'aura signer. »
Charlie était sur un petit nuage. Ça s'était bien mieux passé que ce qu'il espérait. Il savait qu'il ne pourrait pas jouer de cette manière à chaque fois, mais pour cette fois-là, il s'en était sorti et il était ravi.
Peu de temps après, Marcus toqua à la porte et entra. Il se contenta de poser le devoir signé, sur le bureau. Il regarda Charlie, hocha la tête pour lui dire qu'il avouait avoir perdu puis repartit.
Ce soir là, Charlie n'aida d'aucune manière qui soit à faire le repas, ou mettre la table ou encore faire la vaisselle ? Ce fut un pur moment de bonheur. Comme il avait fini de manger avant Marcus et Angelina, ceux-ci lui donnèrent l'autorisation de sortir de table. Pour lui, c'était magique. Vers vingt et une heures, Angelina était venue lui demander de venir dans le salon pour discuter. Charlie se demandait de quoi, et avait un peu peur de ce qui allait se passer.
Lorsqu'il entra dans le salon, Marcus prit tout de suite la parole :
«  Assis-toi, je t'en pris.
- De quoi voulez-vous me parler ? demanda Charlie, un peu inquiet.
- Nous... nous avons un peu discuté et nous avons pris quelques décisions, répondit Angelina.
- Avant toute chose, sache que je serais toujours aussi sévère envers toi et que si tu fais un faux pas, on t'enlève toutes les libertés que tu as.
- J'en ai déjà si peu, soupira Charlie.
- Tu vas voir !, dit Angelina en souriant à pleines dents.
- Nous avons décidé que le dimanche serait ton jour de congé. Tu n'as rien à faire le dimanche à partir du moment où tu es réveillé le matin. Si ton service du samedi soir finit à ne heure du matin, il est évident que tu le fais en entier, tu ne pars pas sous prétexte qu'il une heure et donc dimanche.
- Merci, merci beaucoup !
- Ce n'est pas finit !, le coupa Marcus.
- Tu as le droit donc d'aller où tu veux le dimanche, mais si tu manges ici, tu dois prévenir Angelina avant. Si tu manges ici, tu restes de midi à treize heures trente. Quant au soir, soit tu manges à l'extérieur, soit tu manges ici, mais tu ne ressors pas après.
- D'accord.
- Ensuite, les soirs de semaine, tu dois être rentré au plus tard à dix-neuf heures. Si tu as un empêchement, mais il faut qu'il soit valable et en plus que ça soit grave, tu envoies un texto.
- Ne fais pas cette tête, dit Angelina. Je lui ai dit que tu as un téléphone, lorsqu'il m'a proposé de t'en acheter un.
- Par contre, reprit Marcus, je ne veux jamais le voir ! Il est dans ta chambre point barre. Tu as un forfait de trois cents SMS par mois et appels illimités, c'est largement suffisant.
- Oh bah ça alors, si je m'y attendais !! »
Ils parlèrent pendant encore une vingtaine de minutes puis Charlie alla se coucher. Il ne s'était jamais senti aussi heureux, et libre. Mais pourquoi autant de changement tout à coup ? Tout ceci n'avait aucun sens, mais pour le moment, Charlie voulait juste profiter de ce qu'il venait d'avoir. Il n'en revenait pas que Marcus ai accepter de faire de telle concession. Pourquoi ? Pourquoi a-t-il changé de comportement si subitement ? Qu'est-ce qui avait changé ? Charlie doutait que ce soit juste dû au fait qu'il ne se soit pas énervé pour cette histoire de note. Il y avait quelque chose de bien plus important là-dessous que l'on prenait soin de bien lui cacher. Mais quoi ? Seul le temps le lui dirait... Pourquoi faire tant de cachotteries ? Décidément, il ne comprenait rien aux adultes.
Ce devait être le temps des changements, car le lendemain, au lycée, la professeur principale des première L leur annonça que le lundi d'après, il y aurait deux nouveaux dans la classe : un garçon et une fille, des faux jumeaux. Le garçon s'appelait Dylan, et la fille Amélie.
Charlie était étonné que l'on puisse arriver dans une école en mars, mais il ne s'en préoccupa pas plus que ça. Il savait très bien que ces deux-là seraient très vite populaires et donc qu'il ne leur adresserait jamais la parole. Oui, Charlie savait que ce n'était pas la peine d'espérer s'en faire des amis, mais bon... on peut toujours rêver, non ?
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