Cent ans, coquin de sort !

il y a
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Jury
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Un grand merci au JURY d’avoir sélectionné mon sonnet « UN PRINTEMPS SPÉCIAL » pour la FINALE du Grand Prix d’été 2020. Le public (vous) et le jury décideront de son sort. Il y a  [+]

Image de Printemps 2013
Ils étaient huit énergumènes sur la scène aménagée dans la salle des fêtes de Grand-Hardy-les-Échasses, charmante station balnéaire de la côte landaise. Ils avaient posé leurs cuivres – saxophone alto, trombone ténor, bugle, cornet, tuba, contretuba, et deux trompettes – et, debout, face au public, mimaient des poivrots levant le coude avant de tituber et d’affaler leurs masses flageolantes sur un comptoir fictif. Huit énergumènes, musiciens malgré les apparences qui pour l’instant ne plaidaient pas en leur faveur. Huit virtuoses dont l’âge tournait autour de la cinquantaine plus ou moins bien assumée. Il y avait André, petit et enveloppé, Bruno, blond filasse et dégingandé, Charles, grand échalas qui perdait ses cheveux, Daniel, en costume jaune poussin, Édouard le joufflu coiffé en brosse, Francis engoncé dans son complet beige, Gilles et sa chevelure de flamme, qui poussait la chansonnette quand les autres, pour souffler un peu, ne soufflaient pas, et Hector, le plus jeune, qui de tous, possédait le physique le plus avantageux avec son mètre quatre-vingt-dix tout en muscles et en vitalité. Face à eux, plus de soixante personnes étaient attablées, dont l’attitude oscillait entre la fascination admirative et la perplexité la plus totale.
L’orchestre s’échinait à capter l’attention de ce public venu pour manger, boire et faire la fête. La famille d’Octave, né il y a cent ans, avait souhaité rendre hommage à tout un siècle de dévotion de l’aïeul à cet instrument noble et exigeant qu’est le saxophone. Pour célébrer le grand jour de son anniversaire ils avaient donc convié l’octuor Huit Reflets, groupe réuni par l’amour de la musique en général et du jazz en particulier, l’une des meilleures formations contemporaines dans ce domaine.
Huit dames sur leur trente et un occupaient la branche latérale gauche de l’immense table en U du banquet, avec vue sur l’océan. La sémillante Adèle, d’Angoulême ; la blonde Bernadette, de Bourges ; la câline Colette, de Calais ; Denise, qui, venant de Dax, se considérait comme chez elle ; Élise, d’Évian, qui ne buvait pas que de l’eau. La féérique Fabienne habitait Fouqueure tandis que Géraldine, une rousse flamboyante, avait élu domicile à Grenoble et la plantureuse Henriette, à Hendaye. Toutes avaient répondu à l’invitation.

Ces dames, encore sur leur quant à soi, venaient de faire connaissance. La bonne chère et le vin aidant, peut-être termineraient-elles le festin sur la même longueur d’ondes.
Afin que personne ne manquât une miette du spectacle, aucun couvert n’avait été dressé dos à la scène. La branche latérale droite de la table, tournant le dos à l’océan, était occupée par toute une marmaille ressemblant à de charmants oiseaux piaillant et sautillant sur leurs chaises. C’étaient les arrière-arrière-petits-enfants d’Octave, qui se chamaillaient gaiement, séparés des adultes, tandis qu’aux places d’honneur, face à la scène, s’alignaient les trois filles et les trois gendres d’Octave – près de cinq siècles à eux six –, quelques-uns de ses petits-enfants, jeunes retraités dynamiques ; et plusieurs arrière-petits-enfants. On avait invité également le maire de la commune de Grand-Hardy-Les-Échasses et la directrice de la maison de retraite Les Tourterelles d’Or où résidait Octave.
Le centenaire trônait au centre. Vêtu d’un complet gris et d’une chemise bordeaux, il portait une cravate à motifs maritimes. Il avait un visage émacié, le cheveu rare. Comme beaucoup de ceux qui atteignent cet Himalaya de la vie terrestre pour la race humaine, sa silhouette taillée à la serpe n’était pas encombrée de graisse. Toutefois sa famille saluait son bon coup de fourchette et, comme il se plaisait à le dire, il aimait à s’en jeter un petit derrière la cravate, à l’occasion. Son regard clair se posait sur le monde avec le détachement et la lucidité de ceux qui vont bientôt le quitter. Ce banquet ne le concernait que de très loin.
Les musiciens avaient repris leurs instruments et se lançaient dans l’interprétation de musiques de films. Les parois de la salle des fêtes emprisonnaient le tonitruement des cuivres. Il heurtait les tympans meurtris, se mêlait aux conversations qui montaient en volume, et résonnait à l’infini. Octave, en grimaçant, ôta son appareil auditif. Les sons intenses mêlés au brouhaha des convives étaient insupportables. À un moment, sur scène, Bruno le grand blond dégingandé s’assit sur une chaise et commença à retirer une chaussure, puis une chaussette. Il étira ladite chaussette en une ficelle noire, qu’il passa longuement entre chacun de ses orteils. Il renouvela l’opération avec l’autre pied, tout aussi méthodiquement. Comme la musique s’était tue pendant ce strip-tease podologique, Octave remit son appareil auditif, mais ce fut pour constater que l’assistance éclatait de rire aux pitreries du musicien. Lui, cette démonstration le laissait complètement froid.
Où voulait donc en venir le grand blond dégingandé ? Souhaitait-il simplement amuser une galerie toute acquise à sa dévotion ? La complaisance des rires gênait Octave qui n’accordait pas à n’importe qui la faveur de sa complicité. Il avisa les jumelles qui étaient posées hors de sa portée, sur la table. Passe-moi ma troisième paire d’yeux, dit-il à Cindy, une de ses arrière-arrière-petites-filles – quatorze ans, look gothique tout en noir de jais des cheveux jusqu’au bout des ongles – celle-là même qu’il avait vue dans la vidéo des dernières vacances, dégringoler du haut des dunes en s’y roulant avec ses cousins sans aucun égard pour la fragilité des plantations. Octave avait failli s’étrangler à la vue du comportement de sa descendance, adultes compris. Cela l’avait empêché de s’endormir pendant le visionnage.
Cindy pouffa d’un rire méprisant lorsqu’elle comprit, avec un léger décalage, la métaphore que son trisaïeul croyait originale. Mais Octave n’avait que faire des réactions épidermiques d’une adolescente à peine sortie du berceau. Grâce aux jumelles, il voyait maintenant distinctement Bruno se mettre à jouer du trombone à coulisse en se servant de ses pieds nus. Et Bruno avait six orteils à chaque pied ! Exactement comme lui, Octave ! À quelle fréquence retrouvait-on cette particularité génétique dans la population française ? Cette spécificité lui avait compliqué la tâche toute sa vie quand il s’agissait de trouver chaussure à son pied. Et voilà que d’autres partageaient son exception anatomique ! Octave résolut d’en savoir plus et d’interroger le tromboniste. Pourquoi Bruno avait-il dénudé l’extrémité de ses membres inférieurs ? Avait-il prémédité cet intermède burlesque afin que le héros de la journée s’aperçût de la bizarrerie morphologique qui les unissait ?
Les huit femmes que le souci de convivialité des organisateurs avait regroupées à la même table, face à l’océan, se trouvaient déjà sur l’autre versant de la montagne. Leur jeunesse tourmentée et leur maturité épanouie étaient depuis longtemps rangées au rayon des souvenirs, et elles appartenaient à ce troisième âge triomphant auquel les progrès de la science permettent désormais de vivre une retraite exubérante. Octave ne les avait pas encore reconnues. Fallait-il que sa vue eût tant baissé, ou bien que le passage du temps les rendît à ce point méconnaissables? Lorsque Octave les avait fréquentées elles n’avaient pas encore atteint leurs vingt-cinq printemps, alors que lui-même était déjà en proie au démon de midi, sa jeunesse derrière lui, femme et enfants réduits à de simples objets d’ameublement un peu démodés mais que l’on hésite encore à remiser au grenier. Octave cherchait l’aventure au gré de ses tournées de concerts, saxophoniste vedette dans un orchestre de jazz New Orleans qui offrait aux spectateurs des années 1960 la nostalgie dont ils étaient encore friands quinze ans après la fin de la guerre mondiale.
Octave, d’esprit cartésien, mettait dans sa soif d’aventures beaucoup de rationalité. Pour limiter les appétits démesurés qui lui gâchaient la vie par leur insistance, il avait décidé de s’imposer deux contraintes et non des moindres. Les prénoms de ses conquêtes devaient avoir la même initiale que les villes dans lesquelles l’orchestre se produisait. En outre, il procédait strictement par ordre alphabétique et s’était formellement interdit d’embrasser Odile à Orléans ou de courtiser Violette à Vierzon tant qu’il n’aurait pas enlacé Josette à Jurançon ou lutiné Liliane à Lille. Mais le hasard voulut qu’il n’allât que jusqu’à la lettre H et ni Josette ni Liliane, et encore moins Odile ou Violette, n’eurent le bonheur de succomber au charme du séducteur méthodique.
L’octuor guidé par l’aimable sollicitude des enfants d’Octave interprétait les grands standards du jazz américain, réveillait les fantômes de Sydney Bechet et Charlie Parker ou évoquait les mânes de Miles Davis. Des fourmis depuis longtemps engourdies s’agitèrent dans les jambes du centenaire. Ça bluesait, swinguait et improvisait à l’envi ; les fourchettes des invités restaient en suspens au-dessus du confit d’oie et des mojhettes saintongeaises, tandis que le niveau du Tursan diminuait dans les bouteilles.
Tout à coup, Gilles, le chanteur du groupe, celui dont la puissance du timbre de voix n’avait rien à envier à la sonorité de son saxophone alto, entonna Father and Son, de Cat Stevens. Le chant commencé a cappella, Gilles alternant couplets du père sur un ton grave et couplets du fils dans une tessiture plus aiguë en un dialogue poignant, s’enfla lorsque les instrumentistes s’introduisirent successivement dans l’ensemble pour terminer en un tutti renversant. La belle voix du baryton, l’entrée des instruments successifs allant crescendo jusqu’à ce que le chanteur se déclarât vaincu et cédât la place aux cuivres unis et triomphants qui célébraient l’amour semé d’embûches entre un père et son enfant, l’osmose totale des artistes qui semblaient ne plus faire qu’un, tout cela émut au plus haut point l’assistance qui toutefois ne savait vers quel objet diriger ce sentiment tout neuf et imprévu. Mais au moins huit complices se tenaient dans la salle, huit femmes qui, luttant contre des sanglots que certaines laissèrent s’exprimer sans honte, se dirigèrent comme sur un signal vers la scène.
On en était déjà à la pièce montée ; les serveurs avaient installé la fontaine à champagne et empli les coupes sous le crépitement des flashes. Adèle vint se poster à côté d’André, Bernadette à côté de Bruno, et Colette, Denise, Élise, Fabienne, Géraldine et Henriette prirent place respectivement aux côtés de Charles, Édouard, Francis, Gilles et Hector. Maintenant, même ceux qui n’étaient pas dans la confidence commençaient à comprendre. Les souvenirs qu’Octave avait laissés à Angoulême, Bourges, Calais, Dax et Évian, ou à Fouqueure, Grenoble et Hendaye, n’étaient pas seulement faits d’amour et d’eau fraîche, de parfums et de l’air du temps. Ils étaient faits de chair et d’os, de sourires et de pleurs, d’espérances et de trahisons, de cris et de promesses non tenues, et de cette hérédité artistique qui avait métamorphosée tous ces fils nés de toutes ces femmes en musiciens s’adonnant sans exception à la pratique des « cuivres » entre tout autre choix.
Ils ne sont pas si nombreux dans notre beau pays, les musiciens d’un talent exceptionnel dans une même branche instrumentale. Les rencontres et le bouche à oreille avaient vite rassemblé les huit fils d’Octave. Les répétitions étaient l’occasion de fous rires de gamins qui détendaient l’atmosphère pendant l’exigeante préparation des concerts. Dans leurs chahuts de grands enfants, ils en vinrent un jour à évoquer la particularité physique que chacun croyait posséder en exclusivité. Et les voilà dénudant l’un après l’autre leurs pieds et découvrant, les yeux écarquillés, leur incroyable point commun : invariablement, ils possédaient tous deux fois six orteils ! Leurs mères, avec plus ou moins d’empressement, leur racontèrent le reste.
Lorsque Gilles entonna Father and Son et que ses sept frères se joignirent à lui pour l’accompagner sur leurs instruments respectifs, les conversations s’éteignirent pour faire place à un silence d’une extrême tension. Sur la scène les huit mères – tout le monde avait maintenant deviné le lien qui unissait les huit femmes aux huit musiciens – semblaient prendre un bain de Jouvence, visages rayonnants, larmes mêlées au fard qui maquillait leurs traits d’où les rides s’effacèrent comme par miracle. Elles se joignirent au chant sans dissonance, comme si elles se fussent exercées toute leur vie à cette harmonie parfaite. Par les baies vitrées, Octave admirait le coucher du soleil qui faisait de la surface de l’océan le théâtre d’un incendie définitif. Il affichait l’expression innocente du petit garçon pris les doigts dans le pot de confiture. Le vieil homme constata qu’il n’avait pas ressenti depuis des décennies l’agréable chaleur qui lui montait aux joues. Il se croyait rouge de confusion, impression que démentit le coup d’œil jeté au miroir de sac oublié là par une invitée. Octave était tout simplement heureux, très heureux, et s’il détournait le regard de la scène pour le poser sur l’immense l’océan dans sa splendeur vespérale, c’était plus pour cacher son émotion que par une manifestation d’embarras. Elles ont organisé tout cela pour moi, se disait-il. Mes filles sont vraiment adorables, sans une once de méchanceté ou de rancune. Ah ça, elles tiennent vraiment de leur mère ! Il songea à son épouse Noémie, une sainte, qui lui avait pardonné tous ses écarts de conduite avant de s’absenter sur la pointe des pieds, le laissant seul avec ses regrets. Octave en était certain, c’était à elle qu’il devait ces retrouvailles. C’était elle qui en avait soufflé l’idée à leurs filles, sur son lit de mort, lorsqu’elles l’avaient fait sortir de la chambre, lui Octave, si désemparé, si malheureux. Octave la croyait même capable d’avoir engagé un détective pour retrouver la trace de ses anciennes amantes et de leur progéniture, rien que pour lui préparer cette incroyable surprise pendant le banquet de ses cent ans. Sa belle indifférence oubliée, il était totalement impliqué dans une réalité fascinante et en proie à un maelström de sentiments qui le submergeait. La bienveillance de ces femmes, l’affection manifestée par ses fils pourtant délaissés pendant un demi-siècle n’étaient-elles pas autant de miracles ?
Ce soir-là, Octave s’endormit aisément. Cela faisait longtemps qu’il n’avait aussi vite trouvé le sommeil. Il glissa doucement dans des rêves où il revécut sa journée extraordinaire et toutes les étapes de sa jeunesse enfuie, puis son âme s’envola très loin, guidée par la musique de l’octuor Huit Reflets, portée par la pensée de tous ses enfants, filles et garçons réunis, entraînée bien au-delà de sa petite chambre de la maison de retraite Les Tourterelles d’Or, située dans la station balnéaire de Grand-Hardy-les-Échasses, sur la côte landaise.

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Daniel Grygiel Swistak · il y a
Super !
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Fred Panassac · il y a
Merci pour la lecture (proposée par Short peut-être ? C’est bien ce nouveau système de découverte).
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Aurélien Azam · il y a
J'aurais bien aimé être là pour entendre cette version de "Father and Son" de Cat Stevens. Déjà parce qu'il s'agit de ma chanson préférée. Et surtout parce que t'es personnages témoignent d'une humanité émouvante, et magnifient encore cette chanson-dialogue frissonnante. J'ai vraiment adoré cette lecture, c'est sans nul doute mon texte préféré dans ta riche collection littéraire. Chapeau bas ! :)
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Fred Panassac · il y a
Merci Aurélien ! Tout cela est parti d’un vrai concert auquel j’ai assisté pendant un festival de jazz et où les musiciens jouaient vraiment avec leurs orteils !
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Aurélien Azam · il y a
Ah ah énorme ! :)
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Pierre PLATON · il y a
En voilà une belle fête pour un beau centenaire, Fred, bravo ! Plein de tendresse pour tous ces "six-orteils" et leur père, j'aime bien ça.
Tant que j'y suis, et dans le prolongement de votre discussion avec Patrick : pas honte du tout, je racole ! Oui, ça ne me ressemble pas (du moins jusqu'à présent, et je m'en étonne moi-même), j'appelle à lire et à voter pour mon "noir et court" qui est en compétition, et qui s'appelle "Qui mourra verra". Alors, au plaisir de vous y retrouver...

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Pierre PLATON · il y a
Bug, la machine me l'a envoyé 2 fois, j'y suis pour rien, je le jure !
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Fred Panassac · il y a
Pas de souci Pierrotdu84. Merci pour votre lecture de mon ancien texte qui, chose rare pour moi, a obtenu le macaron de recommandation shortienne ! Je serais allée lire votre Court et Noir, avec ou sans racolage. Je n'ai encore voté pour personne jusqu'à ce jour dans ce concours, car je suis en cours d'écriture pour le mien. Je vous dis à plus tard, le temps ne manque pas pour l'instant. Pour le doublon de commentaire je vais effacer celui du dessous, ce n'est pas un problème. Bon dimanche et au plaisir de vous retrouver en ligne.
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Patrick Gibon · il y a
quel fiesta, un vrai pied ce texte, Fred!
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Fred Panassac · il y a
C’est super, tes visites Patrick !
En te lisant je prends conscience que lorsque j’avais moins d’abonnés, j’étais souvent finaliste et parfois même lauréate du jury.
De là à en conclure ce qui me passe par la tête, je ne franchirai pas le pas.
Mais avoue que c’est étrange.
Corollaire : aurai-je perdu mon talent en gagnant des abonnés ??
Merci pour toutes tes visites et à bientôt j’espère pour une ou des lectures sur ta page. Bises.

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Patrick Gibon · il y a
non, la réponse est extrêmement plus simple! il y a cinq ans combien y avait-il d'abonnés à short? énormément moins, donc énormément moins d'auteurs, donc énormément moins de bons écrivains donc énormément PLUS de finales possibles et de prix et recommandations pour les bons comme toi.
aujourd'hui, la progression de short est exponentielle, je l'ai constaté depuis un an que j'y suis, regarde, en quelques mois c'est passé de moins de 300 000 abonnés à 311 000 et là dedans beaucoup de nouveaux auteurs et beaucoup de bons et même très bons (j'en découvre plein, faut dire que je lis beaucoup, beaucoup trop dans short! d'ailleurs!) et donc de moins en moins de possibilité de gagner un vrai prix, celui du jury, je veux dire, sachant que dans quasi tous les cas les prix ou éphémères ou internautes classiques sont remportés par les stakhanovistes de la relance que tu connais comme moi ou par ceux qui même sans rien faire de direct mais par leurs commentaires et donc leur présence et par le grand nombre d'abonnés aussi ont un grand retour, plus objectif mais biaisé quand même, un peu ton cas par moment et moi aussi ça commence à plus petite échelle vu que je me distingue par mes commentaires "folkloriques", pas fait pour en vrai, mais ça joue!
après les textes peuvent être bons mais il y a un tel choix que pour le jury ça ne doit pas toujours être simple d'autant que les tendances "conservatrices" y semblent dominantes!
donc, ne t'interroge pas sur ta soi-disant baisse de talent, tu en as sorti récemment par exemple dans le genre hilarant un très bon comme "les pigeons" -titre au pif mais du genre- et d'autres sur un mode plus grave tout aussi digne d'avoir un prix!
et ça va s'annoncer encore pire pour la suite mais d'un autre côté nous avons plus de lecteurs et de j'aime, pas tous intéressés par des renvois d’ascenseurs ce qui est pas mal, non? notre but premier et au fond, si pas le seul, au moins le plus important!
si tu n'étais pas convaincu par mon argumentation je suis sûr que avant en internaute tu pouvais gagner avec bien moins de 1000 votes, désormais la norme minimale, le pire étant en poésie c'est une lutte acharnée et celui qui veut gagner en internaute doit y passer quatre heures par jour en lecture même rapide ou faire bosser sa famille ou contacter des boîtes de votes bidons ou d'ailleurs même pas lire du tout (suit mon regard pour certains) en te couvrant d'éloges et quémandant de suite des voix!
bien essaye de te rappeler maintenant combien y avait-il d'abonnés à short il y a 5 ans et combien de votes fallait-il pour gagner un prix internaute?
dis-le moi, ça m'intéresse au plus haut point et je crois que là mon argumentaire est imparable!
à bientôt,
sinon pour info, j'ai envoyé une texte pour l'automne ce matin, on verra mais je doute vu le thème et une innovation lexicale "osée" dans la forme parce que lié au "problème" de fond que je pose qu'il ne soit sélectionné mais sait-on jamais tout évolue!

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Fred Panassac · il y a
Oh merci pour la réponse fleuve et intéressante. La mienne sera plus courte. Il a fallu 373 voix à un de mes textes il y a 4 ans pour perdre un prix contre une racoleuse acharnée qui a gagné avec à peine plus de 400 voix, c’était du temps où les votes multiples n’existaient pas.
Et c’était du temps où je m’imaginais encore pouvoir rivaliser avec les auteurs qui racolent en essayant de racoler mieux qu’eux, naïve que j’étais.
Maintenant c’est bien terminé, je ne perds plus mon temps à ça. Je préfère écrire !
Bonne chance à ton texte, les innovations lexicales ne sont pas forcément mal vues puisque l’on en voit pas mal en lice dans ce genre, innovations ou néologismes.
Moi en ce moment je compose des LIPOGRAMMES, ce sont des textes dont une lettre doit être exclue, le plus souvent une voyelle, comme par exemple le E dans « La disparition » de Georges Perec. Cela peut être aussi d’autres voyelles ou d’autres combinaisons de lettres. L’écriture en LIPOGRAMME est intéressante parce qu’elle oriente ton inspiration. Il faut faire attention cependant à conserver un sens.
À bientôt pour d’autres discussions zenflammées.

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Patrick Gibon · il y a
oui je connais bien les lipogrammes et plus généralement Perec mais aussi les autres de l'Oulipo et toutes leurs démentes contraintes -notamment connais-tu "exercice de style" de Queneau, ça se lit vite et c'est dément et hilarant-, du très haut niveau pataphysique que tu imagines j'adôôôre!!
j'attends de voir avec impatience les tiens!
te voilà donc rassurée, j'espère, et je ne m'étais pas trump et quant à mon hypothèse, bonne fin de journée!

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Fred Panassac · il y a
Chouette nouvelle ce matin Patrick : mon SONNET est en attente de publication pour le prix d’automne ! Surveille tes notifications de nouvelles œuvres en lice :-) À bientôt !
Je te préviens, le thème est triste, ce n’est pas de la gaudriole...

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Fred Panassac · il y a
Oui c’est sympa, merci Patrick et au plaisir de te lire !
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Line Chatau · il y a
Beau récit qui nous tient en haleine jusqu'au bout!L'histoire est joliment pensée et la chute pleine d'humour. Merci pour ce bon moment de lecture!
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Fred Panassac · il y a
Merci Line pour votre lecture et votre commentaire sympathique qui fait vivre ce texte ancien que le jury avait sélectionné comme finaliste. L’un de mes premiers textes sur Short Édition, et l’un des rares textes que Short a bien voulu recommander sur ma page :-)
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Vivian Roof · il y a
Un beau roman de Fred de Fréjus, ou de Fécamp, je ne sais plus...
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Fred Panassac · il y a
Merci pour cette lecture futée et cette variation, Vivian.
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Long John Loodmer · il y a
Une belle "portée" ces 8 issus d"Octave". Perdu dans la masse de tes nombreux abonnés, il y a longtemps que je n'ai eu le plaisir de ta visite. Qq nouveautés t'attendent.
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Fred Panassac · il y a
Merci beaucoup Loodmer pour cette lecture et ton aimable commentaire. Je déserte un peu Short (tout est relatif) car je suis par monts et par vaux, mais je note que je peux à nouveau visiter ta page, je mets cela sur le haut de la pile de textes à lire ! À bientôt !
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Francine Lambert · il y a
Des surprises, de l'émotion dans ce texte qui nous emporte littéralement auprès d'Octave pour assister à cette belle cérémonie. Un joli moment de lecture, merci Fred !
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Fred Panassac · il y a
Merci beaucoup d'avoir apprécié ce texte ancien Scribette. Je viendrai aussi te lire.
Image de Francine Lambert
Francine Lambert · il y a
Ce fut un plaisir Fred ! A bientôt !
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Fred Panassac · il y a
À bientôt Francine, et je note en même temps le changement d'identité shortienne, ayant vu cela aussi sur le forum que je suis obligée de déserter un peu ces jours ci faute de temps. Belle journée à toi !
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Francine Lambert · il y a
Au plaisir Fred, et bonne journée à toi également !
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Utilisateur désactivé · il y a
Très bien, Fred. Tu as écrit cette nouvelle dans les règles de l'art en nous conduisant deci delà, sur de fausses pistes. Bravo! Juju à eu une très bonne idée.
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Fred Panassac · il y a
Oui c'est vrai Annelie, une excellente idée de Juju et très bien amenée. J'irai aussi à la recherche de tes "vieux" textes, bien que je pense ne pas en avoir loupé beaucoup :-) Bonne journée à toi.
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Utilisateur désactivé · il y a
J'ai mis le lien sur "humeur noire" dans le topic.
J'ai retiré le plus ancien " histoire à l'eau de rose", transformé en histoire pour enfants depuis.
Merci, Fred. Bonne journée à toi .

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