10
min

Ce soir

Image de Niama

Niama

11 lectures

1

Non mais je rêve ? Encore un lapin...

Il est vingt-deux heures, je suis toute seule dans un beau restaurant de la ville. Superbement, impeccablement habillée. La table est faite, tout est fin prêt pour que je passe une superbe soirée avec mon cher époux pour l’anniversaire de notre mariage. Le problème c’est qu’il n’est pas là. Le problème c’est qu’il est fort probable qu’il ne vienne plus. Le problème c’est que je n’arrive plus à le joindre. Le problème c’est qu’une fois de plus, comme toujours, il me laisse en plan. Il me l’avait déjà faite l’année dernière en acceptant un voyage d’affaire la veille de notre premier anniversaire de mariage.

J’ai rencontrée Maxime dans une soirée. La soirée d’une amie qui n’était pas vraiment mon amie. C’était une amie de classe. Une de ces filles qui ont le don de retenir l’attention sur elle. Nous n’évoluons pas dans le même cercle à cette époque. C’était une des filles les plus célèbres du lycée et moi je n’étais qu’une parfaite anonyme. Du coup, lorsque j’ai quittée ma ville natale à la quête de nouveauté dans ma vie, je suis tombée sur elle. Je me suis étonnée qu’elle se rappelle de moi. Personne ne me connaissait au lycée. Même pas elle. Mais bon, tout ça s’était du passé maintenant. Ici, nous sommes devenues copines ou plutôt elle m’a forcée à devenir sa copine. C’est un peu l’impression que j’avais. Avec sa désinvolture légendaire, elle m’invitait tout le temps dans les soirées ennuyeuses les unes après les autres, me forçait à y assister pour que je me fasse des connaissances et elle me présentait comme étant une de ses meilleurs amies de l’époque. Pauvre fille ! Et donc ce soir-là, c’est-à-dire, le soir de ma rencontre avec mon époux, c’était son anniversaire ; l’anniversaire de ma soi-disant meilleure amie.

Maxime était là tout décontracté. Alors que les groupes s’étaient formés un peu partout et que chacun essayait tant bien que mal de s’amuser, lui, était seul dans son coin un peu perdu. Il était dans cette soirée comme s’il n’y était pas. Je l’ai repérer en premier et il avait cet air lunaire qui me touchait. Il était seul, ne parlait à personne mais au fait ça ne le dérangeait pas. J’ai vite compris que c’était un homme qui aimait la solitude. La solitude pour lui n’est pas un fléau. Il vit ces moments de solitude comme un oiseau qui jouit de sa liberté. C’est le seul moment qu’il parvient à voguer dans son imagination et à se retrouver seul face à lui-même. C’est un rêveur purement et simplement. Et donc malgré entouré des gens, il rêvait. Et moi aussi je rêvais ou plutôt je fantasmais. Je ne sais pas exactement sur quoi mais j’avais cette impression que c’était le bon. Que c’était lui, l’homme de ma vie. Il était indéniablement beau dans sa tenue décontractée. On sentait le célibataire qui ne se prend pas en main. Cet homme me troublait. Je ne parvenais plus à écouter mes copines. Leurs voix finissaient par s’effacer dans le lointain tandis que je naviguais dans une autre sphère où nous n’étions qu’à deux. Moi le contemplant et lui, une main dans la poche de son jean et l’autre serrant son verre de whisky, gardait son regard au sol.

Lorsqu’il a détourné son regard vers le mien, nous nous sommes regardés quelques secondes puis il m’a souri. Je l’ai rendu son sourire puis j’ai détournée mon visage. Au fait non. Ma supposée meilleure amie, la reine de la soirée venait d’arriver sur notre table. Elle se prenait en photo avec tous ses invités et c’était le tour de notre table. Enfin la table que je partageais avec mes autres copines en apparence... Les amies de mon amie... Enfin les amies de ma supposée meilleure amie qui sont devenues les miennes aussi.

Lorsque la reine de bal s’en ait allée avec son photographe, j’ai de suite voulue revoir le visage de mon bel inconnu qui me fascinait tant, mais il n’était plus là. J’ai fouillée du regard toute la pièce mais je ne l’ai pas revu. J’étais déçue. Déçue de l’avoir perdu. Il est vrai que cet homme avait quelque chose d’attirant. Je ne sais pas exactement quoi, mais ça m’attirait drôlement. Ne serait-ce pas cette attitude qu’il avait de baliser tout ce qui se trouvait autour de lui ? Non. Ce n’est pas qu’une simple attitude qui l’habite dans pareil circonstance. C’est vraiment sa personnalité. Tout est banal à ses yeux. L’anniversaire de notre mariage y passe aussi. Si ça se trouve... ça se trouve, je... des fois j’ai l’impression que je suis également banale à ses yeux... C’est une impression que j’ai depuis notre mariage. Des fois je suis comblée d'amour, des fois je me sens banale à ses côtés. Bon bref !

Je l’ai revu ce soir-là après le découpage du gâteau. Il discutait avec un autre homme. Mais son interlocuteur ne le comprenait pas et ne cessait de le couper. Il avait plutôt envie d’aller faire une bise à la reine de la soirée et il lui demanda d’attendre une minute. De nouveau seul. C’était le moment ou jamais. Non, je n’ai jamais abordée un garçon et ce n’était pas mon intention première. J’avais l’impression qu’il était perdu. C’était un peu comme si vous sentez que cette personne s’est trompée de chemin et qu’il ne pourra se situer sans votre aide. Alors je me suis rapprochée et je l’ai salué. Mais au lieu de rendre mon salut, il a souri. Mon Dieu que ce sourire était angélique !
—Ben quoi ? Murmurais-je
—C’est vous qui m’observiez tout à l’heure.
Il s’en était rendu compte... j’ai rougie à la seconde. A présent il allait croire que je le surveillais ou plutôt qu’il m’intéressait. Je n’avais plus qu’une seule envie, disparaître. A l’instant et à tout jamais. Je ne voulais pas lui donner une raison de croire que j’étais sous son charme...
—Bah bredouillais-je... Il m’a semblé que vous étiez esseulé.
—Tout simplement parce que le traite qui me sert de meilleur ami et qui m’a obligé d’être là a disparu quelques minutes après notre arrivé pour rejoindre sa petite amie.
—C’est celui qui vient de partir ?
—Il semblerait.
—Et vous ? Vous n’avez pas de petite copine ?

Je n’aurai jamais dû lui poser cette question. C’était sorti comme ça sans vraiment que je ne le veuille. Mais sans elle, nous n’aurions pas eux la discussion que nous avions eu ce soir-là. Il me disait qu’il était nouveau dans la ville. Je lui parlais de Berthe ma supposée meilleur amie. Lui me parlait de Christian, son supposée meilleur ami. Le fait est qu’il ne voulait pas être à cette soirée. Il n’en avait jamais été invité. Il avait rendez-vous avec Christian et ce dernier lui avait promis qu’ils iraient dîner. Mais au lieu, il l’avait conduit à la soirée. Ne trouvant pas son compte, il était allé se fumer une cigarette et faire quelques cents-pas. Il n’était revenu que pour informer son ami qu’il rentrait mais le hasard fit que je lui adressais parole et au lieu de rentrer, il avait fait ma rencontre, il avait fait la rencontre de sa future épouse.

J’aime mon mari malgré ses défauts. C’est ça aussi l’amour, accepter les défauts de son compagnon. Mais je vous avoue qu’avec ses oublies légendaires, son inattention et sa négligence, je n’en peux plus. Rien n’est assez important à ses yeux. Ni la date de notre rencontre, ni le soir de notre premier baisé, ni le jour qu’il m’a demandé de l’épouser et pis : la date de la mort de sa mère, mon anniversaire, son anniversaire, l’anniversaire de notre mariage, rien. Encore moins les weekends et les vacances. Des anniversaires passés seule, des moments importants de ma vie où la présence de l’être aimé serait tant souhaités manquée, deux noëls froids... La seule chose importante à ses yeux, c’est son boulot. Il n’a que ça dans la bouche, boulot, boulot, boulot. Moi je n’en peux plus. Après l’échec de l’année dernière, je voulais que tout soit parfait cette année. Je prépare cette soirée depuis une semaine et monsieur est au courant. Ce matin je lui ai donné son cadeau ; une belle montre en or que je paye depuis quatre mois. Lui, a oublié de me faire un cadeau, ce n’est pas grave ! J’espère juste qu’il sera là pour la soirée... et monsieur ne se pointe pas ! Et son téléphone reste éteint. Au lieu d’être débordante d’amour ce soir, je suis turlupinée par les questions. Il me fait encore passer après son boulot. Il me dit toujours le contraire mais je suis moins naïve maintenant. Il ne m’a jamais inclut dans ses priorités c’est un fait ! Comment fais-je pour supporter cela ? Il y a une époque, ces marques d’inattentions m’auraient poussée à une rupture. Mais là, c’est simple, je l’aime mon homme. Je l’aime à en mourir et ça me rend sotte. Est-ce que lui m’aime toujours
autant ? Est-ce que lui tient toujours à moi ?

—Allô, Melissa ? Où est-il ?
Melissa c’est l’assistante de Maxime. Comment elle m’énerve cette pimbêche... elle passe plus de temps avec mon mari que moi et ça me dérange. Au téléphone, elle a bien sentie mon ton énervé. Elle n’est donc pas passée par quatre chemins pour me donner sa position. Il semblerait qu’il ait été invité à un dîner avec ses supérieurs hiérarchiques. Et qu’il aurait demandé à Melissa de me téléphoner pour s’excuser de sa part mais que cette dernière avait oubliée. C’est ça ouai ! Me prennent pour une sotte fille.

Au premier coup d’œil dans le restaurant, je parviens à l’apercevoir. Monsieur est assis au milieu de quatre hommes assez vieux et d’une belle dame aux allures des femmes nantis. Monsieur discute avec ses compagnons, sourit, esquisse un rire. Il parle et les autres l’écoutent précieusement en hochant la tête. Vous pouvez en être sûr, ce n’est pas un mauvais orateur. Alors c’est ça sa priorité ?... Il est sans doute entrain de conclure une nouvelle affaire. Ce n’est pas mal en soit. Au moins il n’est pas avec une autre femme, moi qui commençais à croire qu’il y avait d’autres femmes dans l’équation. Mais il m’a laissé en plan le soir de notre anniversaire de mariage. Et ça me fait mal. Je dois me venger.

—Bonsoir Alain ! Fis-je en embrassant l’homme que je vais rencontrer.
—Louise, tu es éblouissante !
Alain c’est mon collègue de bureau. Un flatteur à jamais. Il espère un jour me découvrir dans mon intimité. Bien que je lui répète que je suis une femme mariée, il ne désespère pas. Ça n’a pas été bien difficile de le faire venir. Célibataire, féru des aventures, il suffit d’un coup de fil, surtout de la part d’une femme comme moi qui l’intéresse, pour qu’il rapplique. Je pense qu’il ne va pas aimer ce qui va suivre et je suis vraiment désolée mais je n’avais pas d’autres choix que lui. Alors nous rentrons dans le restaurant. Comme tous les tombeurs, Alain veut qu’on s’installe dans un endroit calme où nous seront esseulés pour qu’il parvienne sérieusement à me faire la cour. Il croit vraiment que nous finirons cette soirée dans son lit. Cet endroit m’est imparfait. Nous sommes à quatre tables derrières celle de Maxime et il est impossible qu’il me remarque d’ici. Je regrette déjà. Qu’est-ce que tu fais là ? Pourquoi es-tu venue ici ? Ma cocotte, pourquoi n’es-tu pas simplement rentrée chez toi attendre que ton époux n’arrive pour le quereller ?... Non. C’est trop facile. Il s’en sort toujours. Avec ses raisons cérébrales, il parvient toujours à me persuader que j’ai tort de m’emporter.

Coup de chance, la table à côté de la leur se libère et je me dépêche de demander à un des serveurs de nous la faire regagner. Mon compagnon, sans le savoir, joue parfaitement le jeu en me tirant la chaise pour que je m’asseye et en me gratifiant d’un bisou à la commissure des lèvres, bisou qui m’a réellement donné des frissons que j’ai dissimulés sous un faux sourire. Je me retourne et nos regards se croisent. Il est... je le sens. Il est troublé. C’est plutôt bon signe. Je lui fais un sourire puis je rapporte mon attention sur Alain. Ce dernier me sort une vanne tout pourri et je ris à volonté. Même lui-même n’y comprend rien. Une telle vanne n’aurait pas méritée un tel état d’hilarité. Mais je me donne à cœur joie. Je penche vers lui, il me touche la main et la caresse en me complimentant de plus belle. Je le regarde comme une ado amoureuse et j’en profite pour percevoir le regard de l’autre sur nous. Il n’esquisse plus de sourire. Il parait furieux. On le fusille de question et j’ai comme mal entendu mais pour la première fois, Maxime bègue.

Notre commande arrive bientôt. On nous l’a signifié en nous servant le vin. On porte un toast. C’est Alain qui s’en charge. « En l’honneur de la soirée et en espérant qu’il me connaîtra cette nuit » dit-il. C’est totalement malsain. Mais je ne le réponds qu’avec mon sourire. Vous savez, ce sourire très féminin qui veut dire “oui je veux !’’ Sans avoir à le dire... Ce sourire même qui prouve aux hommes qu’ils sont sur la bonne voie pour pécho une meuf... Je ramène mon verre vers ma bouche en le fixant avec les yeux amoureux lorsqu’une main l’empêche de toucher mes lèvres. Je lève ma tête et Maxime est là. Il a un regard assassin sur moi. Je connais mon homme assez bien pour savoir qu’en ce moment il est très en colère. Mais intérieurement je jubile. Tout se passe exactement comme je le souhaitais. Il succombe à la jalousie. Il a laissé ses supérieurs hiérarchiques pour moi... bon enfin, je suis comme même sa femme.
—D’accord. J’ai compris dit-il calmement On s’en va d’ici.

Non monsieur. Tu n’as encore rien compris. Je joue l’indifférence...
—Lâche ma main.
On se regarde dans les yeux. Le duel ! Je ne suis pas prête à me laisser faire. Ses yeux lances les flammes. Il est vraiment énervé.
—Monsieur vous la connaissez ? tonna mon compagnon du soir. Lâché lui la main bon sang !
Maxime l’ignore. Il sait que ce n’est qu’un jouet dans l’affaire.
—On sort d’ici tout de suite ! dit-il en voulant me mettre debout.
Je manque de tomber. La situation est assez insolite. Tout le monde à bientôt les yeux sur nous.
—Mais monsieur, qu’est-ce que vous avez ? Qu’est-ce qu’il y a ? Qu’est-ce que c’est que ces manières primaires et triviales ?

Alain tente de libérer ma main prisonnière de la poigne de Maxime. Il commence sérieusement à me fait mal. C’est alors que Maxime me lâche et avec ses deux mains, pousse Alain qui s’effondre sur les clients d’à côté. Celle-là, je ne l’avais pas vu venir. Maxime m’a toujours semblé un homme doux, incapable de faire du mal à qui que ce soit. Je ne l’avais pas prévu ça... Mais alors là pas du tout. Je pense qu’en ce moment, la bagarre est imminente.

Les supérieurs hiérarchiques de mon époux arrivent pour demander des explications, Alain se relève avec l’intention de riposter, les clients dérangés compte à eux expriment leur mécontentement. Les voix montent de partout. Les serveurs du restaurant, les cuisiniers, le chef des lieux, tout le monde se regroupent autour de nous. Enfin pas tout le monde... certain restaient indifférents. D'Après eux il devait s’agir d’un homme qui vient de retrouver sa femme dans un restaurant accompagnée d’un autre homme. Mais vous savez quoi ? Je m’en fou. Je m’en fou royalement de ce qu’ils pensent. Je veux vivre pleinement ma revanche et j’adore ce qui est en train de se passer. Ma seule peur était de sentir que je perdais le contrôle de la situation. Car malgré le nombre des gens qui les séparait, Alain voulait à tout prix riposter. Alors il fallait que je lui dise ce qu’il en était.
—Alain, je suis désolée dis-je. Je ne vous ai pas tout dit. C’est mon époux. Je...
Il ne me laisse pas terminer.
—Quoi ?... Tu t’es donc... mais t’es une salope !

Oh ! Celle-là je l’ai mérité ! Il sort finalement du restaurant en continuant à nous injurier, moi et mon époux. Demain j’implorerai son pardon. Enfin aujourd’hui à huit ou neuf heure vu qu’il est déjà minuit... Je sais qu’il me comprendra et qu’il me pardonnera. Maxime arrive alors à son tour et m’empoigne la main. Il me traîne hors du restaurant sans un mot dire. Mon sac est resté à l’intérieur. Il y a mon téléphone, mon argent, mes cartes bancaires et d’autres bidules. Inutile d’en rajouter. Je ne proteste pas. Il me traîne jusqu’à sa voiture et me jette dedans tel un objet avant de refermer la portière vigoureusement. Je ne l’ai jamais vu aussi énervé... Mais je suis sûr qu’il me comprend. Il n’est pas stupide. Il sait bien que j’ai agi sous l’effet de la colère et peut-être de la jalousie aussi. Il n’avait pas qu’a me laissé en plan le soir de notre anniversaire de mariage... Il fait le tour de la voiture et se met dans le volant.
—Tu es fière de toi, hein ? me lance-t-il.

Oui. Oui je suis fière de moi. Mais je ne vais pas le répondre. Pas parce que j’ai peur de lui mais parce que je ne veux pas que ça dégénère. Ce n’est pas lui la victime, c’est moi la victime dans cette affaire. Mais bon, je ne veux pas me chamailler avec lui ce soir. Parce que ce soir, c’était censé être particulier. Parce que ce soir, j’ai une annonce importante à lui faire. Plus importante que son boulot. Plus importante que son dîner avec ses supérieurs hiérarchiques. Plus important que ce qui vient de se passer. Ce soir, je vais lui annoncer que nous sommes enceintes ! Je ne voulais pas le lui annoncer un autre jour. Je voulais que ça soit ce soir. Je voulais lui annoncer que je porte le fruit de notre amour ce soir, le soir de votre mariage. Une fois fait, alors nous passerons une belle fin de soirée. Enfin j’ose l’espérer...

FIN.
1

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Joëlle Brethes
Joëlle Brethes · il y a
"Jeu" dangereux et inutile !
Bonne soirée, Niama.

·

Vous aimerez aussi !

Du même thème

Du même thème

NOUVELLES

L’air est froid et sec. La météorologie n’a jamais été mon fort, mais je sais que ce n’est pas une journée comme les autres. Paris tire ses couleurs du froid d’un hiver trop long. Ou ...