Carnage à Boston City

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Vautré dans mon canapé, je me régale autant du pot de Nutella, à qui je ne laisse aucun répit que du film policier que mon écran à tube cathodique 1998 (mais en couleur quand même !), accepte de me restituer.

Je constate, une fois de plus que les producteurs américains, sont les maîtres incontestables des effets spéciaux cinématographiques dont la générosité tend à l'overdose.
Plus le scénario est navrant, plus les artifices sont spectaculaires.
.......
Soudain, c’est l’explosion d’une bombe au Napalm -ou à fragmentation, je ne sais plus...,mais que c'est pas bien grave non plus, la différence étant sans conséquence pour la compréhension du chef d'oeuvre...!-, déclenchée par des mafieux sans scrupule, sortis tout droit de Chinatown (vu qu'ils sont asiatiques et parfaitement bridés-

Il s’en suit un enchaînement de détonations, de flammes gigantesques -que jamais, on n’en voit de pareilles -. Une pluie de débris dans le ciel rougeoyant. Des déflagrations monstrueuses projettent, comme fétus de paille, des voitures à dix mètres au-dessus du sol et qui retombent dans un fatras-fracas de tôles broyées z'é calcinées. Et puis aussi, des millions de dollars -vu qu'il y avait des pépètes dans les coffres- qui retombent en pluie, comme autant de confettis, au corso de Nice.

Ici, des corps mutilés. Là, une petite fille pleure et appelle sa maman qui, allongée dans le caniveau, se vide de son sang.

Une tête tranchée et énuclée, roule sur le macadam et vient terminer sa course contre l’objectif de la caméra. Et puis, l'embrasement d’un immeuble, puis du quartier. Enfin, la ville toute entière est dévorée par les flammes.

Juste une question !... Qui d’entre nous, une fois dans sa vie, est parvenu à allumer un barbecue, du premier coup !

Et ça n’en finit pas... ! Le producteur en veut pour ses sous. Dans l’hôtel qui se consume comme un brasier de la St jean, une scène X...(X-1), se déroule, avec tous les gros plans et doublages sonores qui vont avec. Dans la chambre, d’à côté, des junkies déjantés, réapprovisionnent avec difficulté leur seringue et cela, sans un regard pour l’incendie qui menace et sans se préoccuper non plus, des balles qui sifflent à leurs oreilles.

Dans la rue, les gens crient d’effroi -et aussi parce qu’ils ont chaud...!-

Et puis les flics, -des fédéraux bien sûr-. Elle, belle comme Mélania Trump, retouchée avec Adobe Photoshop. Lui, fort et décontracté, copie conforme d’Arnold Schwarzenegger, au temps lointain, où il régnait en Monsieur Univers.

Dans leurs yeux magnifiques, se reflètent les flammes de l'incendie, mais aussi, les gyrophares des voitures de police et de pompiers.

Captivé, fébrile, la gorge sèche, j’engloutis une énorme cuillerée de Nutella..., non sans avoir gravement maculé mon canapé, en pure laine bouclée, de mouton mérinos afghan.

Smith & Wisson M40, en pogne, ils se mettent à courir vers l’épicentre de la catastrophe. On imagine qu’ils sont immunisés contre les débris qui tombent comme la pluie à la St Médard, car toujours effleurés, mais jamais atteints.

Soudain, ils stoppent net leur progression.
Durant de longues secondes, ils s'observent par intermittence, le regard entendu ; font des mimiques dont seules les américains ont le secret. Elle, la lèvre gourmande, luisante comme une cerise trop mûre. Lui, la veste jaune poussin à carreaux vert olive et le pantalon à rayure, un tantinet trop court lui battant les chevilles. La scène est grandiose.

- « Eh Andrew, fonçons, ça va être chaud par ici... ! »
- « Pour sûr... Cindy. Mais (moi et toi), nous devons faire notre devoir ! Pas vrai ?».

- " Tu l'as dit... bouffi " !

Ils s’élancent, bien décidés à foncer dans le brasier.
La beauté de l’œuvre n’a d’égal que la richesse de ses dialogues et des séquences patho-apocalyptiques.
Quant aux bagarres, calquées sur la discipline du kung Fu, -art martial du regretté David Karadine-, elles n'en finissent pas. Les coups pleuvent comme à Gravelotte. A peine ébranlés, les protagonistes se relèvent une fois, trois fois, dix fois. Il n’est pas rare non plus de les voir passer au travers de fenêtres dont les carreaux volent en éclats et de chuter du troisième étage d’un immeuble délabré, non sans avoir heurté au passage, l'échelle “mobile”, de l’issue de secours (-pécificité de "Big apple"- et de tomber pile-poil dans la benne à ordures d'un camion de la voirie, dans laquelle sont entassés des sacs remplis de détritus moelleux et d'épais cartons.

Un peu sonnés, ils se relèvent, pour se bastonner à nouveau.

J’y crois pas... ! Non, j’y crois pas, j’vous dis !

Pour ce qui est de ma nature, une seule baffe aurait suffi à me mettre au tapis. Quant à la benne à ordures remplie de sacs amortisseurs de chutes... que faisait-elle là, à cet endroit précis ?... Hum ?....-j'écris "Hum", parce que, je suis dubitatif bien sûr, mais aussi parce que j'ai englouti une trop grosse cuillerée de pâte de chocolat...!-

Et puis les fusillades. On ne les compte plus. A croire qu’ils sont plus maladroits les uns que les autres, si l’on compte le nombre de rafales et d’impacts improductifs.
Ouf..., un spot publicitaire !...Vite...j’en profite pour déflorer un nouveau spot de Nutella !

Finalement, c’est Cindy qui tuera le méchant. Le méchant, c'est l'affreux, franchement patibulaire, le visage en sang et le petit trou calibre 9mm, entre les deux yeux.

Quant aux gentils, ils n'ont rien perdu de leur fraîcheur. Elle, le corsage délicatement déchiré, laissant entrevoir la naissance d'un sein. Lui, à peine décoiffé, une minuscule coupure à l’arcade sourcilière, ce qui ajoute à son charme.

C’est un carnage. Le chemin des dames, version yankee.
Tous les scélérats sont morts. Trois fois rien ! Une petite cinquantaine, tout au plus !

Les deux héros se rejoignent dans un décor d’enfer, dévasté comme la ville de Nagasaki, après le largage de la bombe « H ».
Au loin, retentissent les sirènes hurlantes des voitures de police et des ambulances, arrivant en renfort.
Hébétés mais toujours magnifiques, les deux équipiers se rejoignent.
Une fois encore, longuement, ils s’observent, comme si leur regard et leur intelligence suffisaient à la compréhension du spectateur.

Puis, soudain, la mine défaite, le regard vide, Cyndy se détourne et progresse au ralenti comme le zombi d'un redoutable nanar.
« Oh my god ! Andrew, qu’ai-je fait ?...j’ai tué un homme. C’est la première fois de ma carrière de flic. C’est affreux !... Je n'en sortirai pas indemne -oui, oui...indemne, c'est un mot courant dans les meilleurs films -

A cet instant précis, j'ai comme l'impression que le gars Andrew, y va la dépanner... !
Bon prince, (Andrew) lui propose de l’emmèner chez lui. -Qu’est-ce que je vous disais... !- Il entend bien lui faire oublier ses remords mais aussi, lui démontrer que la position horizontale, n’a pas que des côtés négatifs.

- « Tu veux un Whisky Cindy ?
- « Juste un doigt...
- « Tu ne veux pas un Whisky d'abord ? (Alain Chabat). Pardon..., j'ai pas pu résister...!

C’est la fin du film. Sur fond d’écran et musique du grand Wagner, à fond les décibels, flotte magnifiquement au vent, en filigrane, The Star-Spangled Banner, Fierté, Gloire et Patrie de l'Union States.
Une voix off, vibrante d’émotion, loue la belle et généreuse nation qu’est l’Amérique et les femmes et les hommes qui, au péril de leur vie, la servent avec courage et loyauté...

Emu par la détermination et l'abnégation des héros, la gorge serrée..., je cadavérise sauvagement mon deuxième pot de Nutella.
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