Cacophonie

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J'ai 71 ans, mais ne le dites à personne. En fait je suis de l'école d'Henri-Pierre Roché, d'abord m'adonner à fond à ma vie professionnelle (j'étais prof d'anglais pendant 40 ans, et ça m'a  [+]

6 heures du matin. Tour des Mirabelles.

Ouaf Ouaf Wouah Ouaf Ouaf Wouah !

* * *

Ça a rigolé, gueulé, pétaradé la veille au soir - et jusqu'à pas d'heure - sous les fenêtres du bloc. Les boules Quies n'y ont pas suffi. Pas davantage qu'elles ne l'ont protégé de la voisine du dessus quand, à deux heures du matin, elle a lancé sa machine à laver. Il faut dire qu'avec sept enfants, un mari, une grand-mère, une bru, elle a de quoi lessiver, la pauvre.

Dès lors que le cycle de blanc a bien voulu s'achever, il a éteint la télévision et s'est recouché. Pas évident de s'endormir dans ces conditions mais au bout d'un moment il l'a gagnée, la bataille : ses yeux se sont fermés, le son s'est coupé.

* * *

6 heures du matin. Tour des Mirabelles.

Ouaf Ouaf Wouah Ouaf Ouaf Wouah !

Grrr ! Saleté de roquet du rez-de-chaussée qui se permet de lui pulvériser son rêve, et pas un cauchemar pour une fois. Il voudrait tant revenir quelques secondes plus tôt alors que, nimbé de fumigènes roses et rajeuni de plusieurs décennies, il jouait encore de la trompette bouchée pour un public d'aimables sourds-muets...

Fichus jappements, si au moins cela pouvait s'arrêter là. Mais non, le vieil homme ne le sait que trop, il ne s'agit là que du premier épisode d'un long, long feuilleton intitulé « Incivilités en tous genres » ; au chapitre suivant, c'est-à-dire maintenant, le propriétaire du canidé va lui faire faire ses besoins... sur les plates-bandes au pied de la façade. Sans doute à des fins d'enfumage du terreau !

Et le pire est encore à venir, un pire qui s'étirera de 6h 15 à 15h 30, horaires de travail du maître de Réglisse. La pauvre bête – car elle est victime en même temps que bourreau - va pendant tout ce temps se retrouver livrée à elle-même dans l'appartement déserté et marquer le coup en offrant aux locataires un concert gratuit de hurlements à la mort. Maudit soit son maître. Maudits soient les flics qui, en dehors d'un rappel à l'ordre du contrevenant, ne font rien.

* * *


9 heures. Un bus.

Un passager fourbu y somnole, flottant entre le souvenir estompé de la réalité et les bienfaits relatifs d'un oubli incomplet.

La simple évocation de la belle promenade qu'il entreprend loin de l'enfer phonique de la Tour des Mirabelles a suffi à son endormissement, gommant de fait la perspective d'une autre réalité moins réjouissante : c'est aujourd'hui le premier vendredi du mois, synonyme pour le couple d'à côté de fiesta nocturne.
Oh ! Ils sont charmants, les petits amoureux  ! Ils le préviennent à chaque fois en s'excusant à l'avance du dérangement. Lui – enfin, l'ombre de celui qu'il fut - prétend que cela ne le dérange pas, ne fait aucune allusion à la torture de la nuit blanche qu'ils lui infligent, induite ironiquement quoique sans volonté de nuire par le plaisir qu'ils s'offrent - . Il faut que jeunesse se passe, se dit-il. Mais Dieu qu'elle est longue à passer !

* * *

Flash publicitaire tonitruant.

Il soulève ses paupières lourdes.

Tant que la radio de l'autobus s'était contentée de cracher sa musique, rap rentre-dedans ou « garage » bourrin, elle ne l'avait pas perturbé, mais l'agression sonore du signal amplifié de la « pub » a eu raison de son semi-repos. Il serre les mâchoires le temps que défilent les sept autres « messages ». La « berceuse » de Booba qui leur succède l'aide à replonger dans la narcose.

* * *

- Alors tu sais c' qu' je lui ai balancé à c'putain d'blaireau ? Qu'c'était qu'un gros tas de merde ! Ouais, voilà c'qu'j'lui ai craché à la gueule, à c't'enfoiré. Alors tu sais ce qu'il a... ?

* * *

Pff ! De courte durée, la trêve !

Il tourne discrètement la tête vers la locutrice : une femme entre deux âges, quelconque physiquement mais que font sortir du lot la haine dans le regard et l'hystérie dans la voix.
Avec un soupir, le vieillard se lève. Prenant garde à ne pas tomber, il rejoint l'avant du véhicule. La harpie y est moins audible sans qu'il y ait pour cela de quoi se réjouir : les vagissements d'un bébé, qui s'était contenté jusque-là de geindre, lui font maintenant concurrence.

Exaspéré, il décide de descendre deux arrêts avant celui desservant le Mont Saint-Quentin, sa Colline inspirée personnelle...

* * *

9h 35. Arrêt « Les Vignes ».

Pchhhh... , la porte du bus s'ouvre sur... le staccato percutant d'un marteau-piqueur.

* * *

Impulsivement, il presse le pas et naturellement, le souffle lui manque. Il a cependant couvert une distance suffisante pour que le tonnerre en rafale de l'engin de mort (il plaint son opérateur) soit devenu plus ou moins supportable. S’accordant une pause, il se défait de son sac à dos et s’assoit sur le rebord d'un muret de jardin.
Tandis qu'il reprend haleine, des pensées lui traversent l'esprit. Il se dit une fois de plus qu'avoir pour son travail fréquenté de trop près des engins bruyants lui a usé les nerfs prématurément. Il le déplore mais le fait est là, il faut faire avec.

Il a envie d'être loin. Loin de tout. Loin de la « civilisation », de la promiscuité, du tintamarre, des effluves de diesel.
Un sourire entre deux expectorations laborieuses : dans son dos, bien qu'il ne la voie pas encore, sa colline, fidèle au poste.
Ah ! Sa chère colline boisée, son amie depuis sept décennies ! Soixante-dix ans..., il n'en revient pas...

* * *

Il les revoit comme si c'était hier, ces dimanches après-midi sur la butte ; il se remémore l'aventure des longs trajets en trolleybus ; il revit avec intensité les déambulations joyeuses à deux, sa menotte abandonnée à l'affectueuse pression de la main de Grand-mère ; il a toujours en tête le nom des arbres, des fleurs, des champignons, des insectes qu'elle lui apprenait à l'occasion de ces sorties. Sa grand-mère, cette femme modeste et magnifique qui pour l'élever s'était substituée à une mère adorable mais peu maternelle et à un père plus occupé par lui-même que par son fils...
Oh ! Pourvu qu'il n'y ait rien après la mort ! Pourvu que de là-haut elle ne voie pas ce qu'il est advenu du petit poulbot en culotte courte, ce misérable géronte aigri et rébarbatif. Elle en mourrait une deuxième fois...

Sa colline, il ne s'en était éloigné véritablement qu'à une reprise, et une seule - pour la durée du service militaire. Ensuite, son tropisme l'avait ramené à Metz, et le Mont Saint-Quentin n'y était pas pour rien...
Dans sa ville natale, il avait su se hisser du rang de simple ouvrier du bâtiment à celui de chef de chantier. Et puis il y avait eu Marlène, et par la suite Marlène et les gosses. Une vie avec des joies, des peines, et même des drames mais qui, au bout du compte, en valait bien d'autres, qui valait peut-être même mieux que beaucoup d'autres.
Un bonheur à échelle humaine qu'on aurait pu lui envier, du moins du vivant de sa femme et n'eût été cette intolérance au bruit qui était venue très tôt jouer les trouble-fête.

Hyperacousie, avait dit le médecin de famille. Déménagez, avait-il ajouté.

Déménager oui mais il était drôle, le docteur, avec quel argent ? Il n'était pas au courant qu'il fallait les moyens pour s'offrir le luxe d'un appartement bien isolé, voire d'une maison individuelle ? Et qui soit à la fois à l'écart du tumulte de la ville et à proximité des écoles, des services et de la boulangerie où Marlène était vendeuse à mi-temps ? Et qui maintenant soit proche aussi du cimetière où elle repose, la pauvre Leni - qu'il lui tarde parfois de rejoindre ? Résultat, il y est toujours, dans le bloc – centre de gravité autour duquel s'agrègent de nouveaux locataires, toujours plus bruyants que ceux qu'ils remplacent.

Dans ces conditions, l'arrimage au Saint-Quentin a été, est et sera un facteur clé d'équilibre psychique.
Quelle meilleure thérapie en effet que d'y cheminer au cœur de la nature, que de s'arrêter pour tendre l'oreille et percevoir hors de tout bruit de fond le chant des oiseaux, le susurrement de la brise dans les branches ou le clapotis d'un ruisseau ?
Ah ! Ces retours au bercail d'avant la maladie de Marlène ! Quand il s'annonçait à elle par trois coups de sonnette (c'était leur code secret) et que, les gosses dûment relégués dans leur chambre ou au salon, il entrait et la prenait fougueusement dans ses bras ! C'était sa Pénélope à lui, elle qui n'avait pas comme son grimpeur de mari le goût des odyssées verticales.
Les jours suivants, il résistait beaucoup mieux à la cacophonie générale ; jusqu'à ce que la saturation le rattrape ; jusqu'à ce qu'il contre-attaque par une nouvelle balade. Plus tard, passé l'effondrement du deuil, et surtout une fois à la retraite, il avait repris – et même multiplié - ses expéditions en territoire protégé.
Protégé ? Oui, quoique de moins en moins ces derniers temps, lui semble-t-il...

* * *

9h 55. Route de Plappeville, Le Ban-Saint-Martin.

Tiens ! Ça a l'air de s'arranger côté respiration ! Allons, chaussons crampons et piolets et en route mauvaise troupe !

Le tac tac tac de la machine infernale s'amenuise un peu plus, quoique lentement, trop lentement...
Soupir de soulagement lorsque le marcheur enfile la rue de gauche. Un peu moins fréquentée que l'artère précédente, elle monte en pente douce vers son Kilimandjaro (moins les neiges éternelles). Les mètres s'ajoutent aux mètres, le calme est de moins en moins contesté. L'espoir resurgit, imprimant à son pas un élan certes mesuré mais réel. Il longe quelques maisons, toutes présentant un jardin devant leurs façades pimpantes, quand...

* * *

...Rrrrreeeeeennnnnnn rrrrrrreeeeeeennnnn rrrrrreeeeennnnnnn, un souffleur de feuilles se déclenche.

* * *

Et pas un électrique, oh non, une de ces machines thermiques bien pourries qui vous crachent aux oreilles du 100 décibels au bas mot.

Un regard en direction du fâcheux : le type a trois feuilles à chasser dans son entrée de garage. Ce qui l'autorise apparemment à griller du mauvais carburant et empuantir le voisinage, à faire gueuler les chiens, vagir les bébés, à soulever des tonnes de poussières pour le plus grand bien des insuffisants respiratoires, ce que le vieil homme n'est heureusement pas. S'il y avait une quincaillerie dans le coin, il irait de ce pas lui acheter un balai, à cet abruti, et le lui coller entre les pattes. Ou plutôt là où il pense !
Un soupir... Mouais, les quincailleries, est-ce que ça existe encore ?

* * *

9h 59. Avenue Lucien Poinsignon, Le Ban-Saint-Martin.

Vroum vroum, Tut tut, Criiii !

Bon Dieu, qu'est-ce que c'est encore que ça?

Le frôlant d'un cheveu, un bolide hurlant et klaxonnant vient de le dépasser. Ses freins crissent et dans un demi tête-à-queue, la puissante Mercedes pile devant lui en plein milieu de la chaussée. Plaquant son beau joujou moteur tournant et portière avant ouverte, un Schumacher furibard fond sur le marcheur, tétanisé :

- Dis donc, Mathusalem, qu'est-ce que tu fous au milieu d'la rue ?

- Euh, ben...

- Si c'est t'suicider que'tu veux, va l'faire ailleurs, tête de nœud ; pas question qu't'éclabousses ma caisse avec tes sal'tés de globules rouges ! Sinon, renquille dans ton EHPAD !

Le temps que l'interpellé reprenne ses esprits et son agresseur a déjà redémarré. Dans un nouveau hurlement de boyaux, il s'engage dans la rue de droite, la dernière avant la lisière du bois. C'est sûrement un habitant du coin.
Un sale type mais dans un sens, il n'a pas tort. C'est vrai, qu'est-ce qu'il fabrique là sur la chaussée ? Soudain le souffleur, dont sous le choc il avait oublié la présence, lui rejoue sa « chanson douce » :
- Ah ben oui, j'ai dû faire un écart sans m'en rendre compte. Mais quelle connerie ! Comme si deux pas de côté pouvaient changer quoi que ce soit ! N'empêche, quelle brute ! Me parler sur ce ton ! Pour qui il se prend , celui-là ?

Et c'est à nouveau le salut dans la fuite. Mais une fuite au ralenti. Plus de jus dans les guibolles, il l'avait oublié.
En haut, la rue se transforme en un chemin de terre bordant le bois déjà mentionné. Peut-être va-t-on enfin lui ficher la paix?

* * *

La paix ? Ce mot a-t-il encore un sens par les temps qui courent ? Il en doute.

Ce que lui confirme, hargneuse, acharnée, la réalité du moment : paisible, ce Pang pang ! Pa poum pang pang pa poum pang pang ?

* * *

10h 10. Route stratégique, Le Ban-Saint-Martin.

- Oh, pétard ! Oh, non, pas un quad ! Décidément, c'est pas ma journée !

Un pas de côté sur la bordure détrempée de rosée. Comment depuis cette position en retrait exprimer efficacement sa désapprobation ? Il tente le regard accusateur, les lèvres tordues du pli de l'amertume, les oreilles bouchées avec ostentation. Peine perdue, l'autre ne le voit même pas !
C'est qu'il a autre chose en tête, le pilote de la patache. Le sourire extatique, le casque vert et rose hochant sur sa tête poupine, la quarantaine mais en paraissant quatre fois moins, il est entièrement voué à l'accomplissement de sa mission sacrée, pétarader comme un malade et défoncer le chemin que les pluies précédentes ont rendu bourbeux.

* * *

Ça finira quand, ce sabbat de raffuts en tous genres ? Le silence serait-il-il définitivement mort et enterré ?

Il a une furieuse envie de se coucher et d'en finir, à la façon d'un Inuit une fois atteint le terme de sa vie. Mais pour toute banquise, il n'a que l'herbe humide ; s'y allonger non, alors il y tombe assis, se mouillant aussitôt le postérieur. Les minutes défilent, caoutchouteuses, indifférentes. Lui, dans un monde second, s'entend fredonner « Est-ce ainsi que les hommes vivent ? », cette chanson qui l'a toujours bouleversé quand bien même il n'en comprend qu'à moitié les paroles.
Il ne saurait dire ni quand exactement ni comment mais le monde extérieur finit tout de même par reprendre consistance. Un long soupir sourd du fin fond de ses entrailles. Le calme alentour est revenu, la lassitude, elle, ne l'a pas quitté. Bon, il va falloir faire quelque chose ; il ne va quand même pas rester dans cette position ridicule, au risque en plus d'attraper la mort la crève.
Une fois encore il s'efforce de se raisonner : oui, tout semble se liguer contre lui, mais il ne fait probablement que jouer de malchance, qu'accumuler les coïncidences. Déplaisantes, mais des coïncidences. Allez ! Il veut bien essayer encore une fois de continuer sa promenade. Mais bon Dieu, il faudrait que cela s'arrête, sinon...
Redresser sa carcasse rhumatisante est un nouveau défi : quelques essais infructueux, les dents qui se serrent pour étouffer les gémissements de la douleur et le revoici dans la position qui lui réussit le moins mal, celle de la marche. Le fond du pantalon est mouillé, les jambes sont flageolantes, et l'allure est poussive mais l'essentiel est là, il progresse à nouveau. Il progresse à nouveau vers... vers ce qui va devenir, bien qu'il l'ignore encore, son Mont des Oliviers à lui.

* * *

10h 35 – 11h 05. Traversée du village de Plappeville.

Le pittoresque village tout en pente de Plappeville, langoureusement adossé au versant nord-ouest du Saint-Quentin, serait tout aussi charmant qu'à l'accoutumée s'il ne s'avérait pas lui aussi, à peine le marcheur y a-t-il fait son premier pas, frappé par la malédiction du bruit. A l'image en effet de tous les lieux qu'il a hantés ce matin - son appartement, le bus, Le Ban Saint-Martin, l'orée du bois, cet endroit habituellement serein se révèle aussitôt infesté par la pollution sonore. Cela n'a aucun sens et ne s'est jamais produit auparavant, mais là comme ailleurs, une agression des oreilles ne s'y amenuise que pour être remplacée par la suivante.
Cela commence par cette infâme tondeuse thermique boursouflée et ventrue qui vomit en plein air le fétide boucan de ses entrailles.
Suivent les glapissements intempestifs d'un diablotin bichon que tentent de couvrir les grands aboiements caverneux d'un chien de l'enfer.
Ils sont vite supplantés par du hard rock à fond les manettes, « Highway to Hell » d'AC/DC, éructé par la gueule monstrueuse d'une fenêtre ouverte
Puis par le crescendo diabolique d'une pétrolette à l'exécrable pot trafiqué, par l'intolérable tonnerre mécanique d'un taille-haie, par les vibrations démentielles d'une bétonnière titanesque malaxant avec fracas sable, gravier, ciment, eau, bave et sang.
Avec comme musique de fond, le criaillement atonal de centaines de corneilles. Oh ! Il a tout compris, le vieux : perchés sur leurs branches décharnées, ces oiseaux de Satan se gaussent de sa misérable personne. Mais il ne se laissera pas faire, oh non ! Il leur croasse sa haine en retour, et avec la véhémence qui s'impose : Foutez le camp, espèces de sales bêtes ! Allez crever chez Belzébuth !
Hélas, loin de lui obéir, les corvidés se multiplient au contraire. Il n'y en a plus des centaines, mais des milliers, des dizaines de milliers, des centaines de milliers ! Et qui, toujours plus fort, lui grincent leurs sarcasmes, lui trépanant le crâne.

* * *

11h 15. Route de Lessy.

Tournent, tournent, tournent les avions à réaction au-dessus du massif éperdu. Sarabande sérielle sans fin avec un passage du mur du son toutes les dix secondes pour percussions et les noirs oiseaux pour choristes.

* * *

11h 55. Route de Lessy.

- Donc, vous confirmez, vous étiez à vélo et vous avez aperçu cet homme qui titubait sur la route. A un moment, il s'est arrêté et a sorti quelque chose de sa poche (vous ne saviez pas encore que c'était une arme à feu) puis s'est effondré quelques instants plus tard.

- Tout à fait, brigadier. C'est exactement ça. Il y a quand même une chose qui m'échappe : cet homme s'est tué avec son arme, d'accord, mais ce que je ne comprends pas c'est la raison pour laquelle je n'ai pas entendu le coup de feu.

- C'est bien simple, parce qu'au bout du canon, il avait mis un silencieux.
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M. Iraje · il y a
On a beau faire la sourde oreille, le bruit ça s'entend, même avec un silencieux ....
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Guy Bellinger · il y a
Merci M. Iraje. j'entends parfaitement votre argument.
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M. Iraje · il y a
Ce n'était que du second degré, BIEN ENTENDU 😀😀😀 !
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Mireille Pettinelli · il y a
J »ai beaucoup aimé car j’ai bien connu (ily a quelques décennies ces différents endroits pour les avoir pratiqués). Et oui cet enfer bruyant mais traité avec humour que nous avons tous plus ou moins connu
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Guy Bellinger · il y a
Merci Mireille. On fait, pour parodier Shakespeare "Beaucoup de bruit pour rien".
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Marina J · il y a
La chute.... J'adore.!
Merci Guy, ces déambulations sonores furent un plaisir !!!.... Parce que je n'en étais pas la victime sans doute !!!!

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Guy Bellinger · il y a
Content que vous ayez apprécié. J'ai un jour fait cette promenade dans un lieu censément tranquille où à peine un bruit parasité s'éteignait un autre commençait. j'en ai fait le prétexte dans ce récit où j'avoue mon horreur de la pollution sonore.
Je déteste aussi le téléphone (ça, c'est une phobie", et si ce n'est pas abuser, je vous recommande mon poème épique, "Téléphonophobie" (https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/telephonophobie)

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Daniel Nallade · il y a
Un bel écrit sur une souffrance insupportable, le bruit ! Caractérisé au long de ce récit par des références musicales, le tempo d'un parcours de vie. Comme pour situer le début de l'histoire, voici un lien pour compléter, animer ton texte Guy !
https://www.youtube.com/watch?v=MCnWB5vGWJc

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Guy Bellinger · il y a
Merci Daniel pour ta lecture, ton commentaire et, bien sûr, le bonus. Je ne connaissais pas la chanson mais Saint-Quentin, si. Sa grand-place, son hôtel de ville, sa bailique. En revanche son musée Quentin de la Tour reste obstinément fermé chaque fois que ma femme et moi tentons d'y accéder).
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Paul Thery · il y a
Excellent. A la fin, tout n'est que silence (solution un peu extrême, tout de même)
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Guy Bellinger · il y a
Mais efficace...
Merci Paul pour ta lecture et cet épithète "excellent" qui me va droit au couer.

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Carolus · il y a
Une seule solution imposée par le confinement et la forêt interdite: l'escapade clandestine entre 5h30 et 7h30 vers la Tour Bismarck et jusqu'au relais hertzien, fraîcheur printanière, délicieux sentiment de transgression, impression de complicité avec la nature, sérénité, puis retour dans son impasse silencieuse pour le privilégié que je suis. Joie d'avoir échappé à cette cacophonie infernale trop bien évoquée ci-dessus...
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Guy Bellinger · il y a
Attention Carolus, tu es démasqué : je pourrais très bien pratiquer l'art très français de la délation. Mais bon, tu as écrit "trop bien évoquée". Pour cela, il te sera beaucoup pardonné.
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Ginette Flora Amouma · il y a
Un récit qui donne toute la mesure de la traversée des bruits et des sons qui rendent inconfortables la vie d'un vieil homme frappé d'hyperacousie . Un long cheminement dont on comprend à la fin qu'il a été calculé et programmé pour achever un supplice.
Un suspense porté par une écriture sensible est maintenu jusqu'à la fin du texte .

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Guy Bellinger · il y a
Quel beau commentaire. merci à vous.
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Eva Dayer · il y a
J'ai la chance d'échapper à la plupart de ces bruits ... sauf au hurlement agressif des avions qui déchirent le silence. Et je comprends que certaines personnes soumises à cette cacophonie pètent les plombs parfois !
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Guy Bellinger · il y a
Merci Eva de votre compréhension. Car j'avoue, je suis très proche de mon héros. Pour les avions, c'est l'inverse de vous, la base aérienne locale a cessé d'exister en 2012. Et vous, près de quel aéroport habitez-vous ?
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Jipaï · il y a
Une chronique tout à fait réaliste sur l'incivilité et la vie moderne infernale. Tout ce que je déteste. Ici, où j'habite, les voisins respectent la sieste avant de démarrer la tondeuse.
Il reste encore des havres de civilisation.
Merci pour ce texte.

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Guy Bellinger · il y a
Et merci à vous de l'avoir apprécié. Je vous envie votre havre de paix.
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Granydu57 · il y a
Le silencieux pour le silence éternel, belle retombée pour un texte formidable qui retrace toutes mes peurs intérieures : je déteste tout ces bruits malsains.
Quand à la promenade vers "Le Saint Quentin" elle est formidable pour qui l'a faite une fois, un jour calme, par les venelles et servitudes de jardins ouvertes exceptionnellement au public. Un magnifique souvenir. Merci Guy pour vos écrits.

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Guy Bellinger · il y a
C'est moi qui vous dit merci, fidèle Grany. Je ne savais pas que vous aviez fait la promenade du saint-Quentin. Elle est chouette, c'est vrai. Vous voulez la refaire ? Essayez : https://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/prends-garde-a-la-tour

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