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ca a commencé comme ça

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Babycomeback44

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Ça a commencé comme ca. Est-ce que ca a vraiment commencé comme ca ?
Quand le battement d’ailes du papillon a bousculé ma vie ?

Ces gènes sont pourris. Les miens sont sains, j’ai souffert. Les dés étaient pipés dès le début. Ce n’est pas un hasard. Tout était écrit et mes parents sont coupables de m’avoir mise au monde. Ou alors il aurait dû mourir à la naissance. Là aussi il y a une injustice. Des centaines de bébés innocents meurent dans le monde chaque jours, peut être même des milliers.
Un monstre a survécu. Il avait déjà assez de mal en lui pour survivre il possédait cette déraison, cette absence de peur et de raisonnement pour vaincre malgré lui tous les obstacles qui ont raison de tous les faibles. Les faibles meurent, ou alors ils sont cabossés par des êtres comme lui. D’ailleurs est-il un être. Depuis longtemps cette évidence se heurte depuis longtemps à ma réflexion. Qu’est ce qui définit un être ? La capacité de réflexion et de création de sentiments.

Oui c’est cela. Un être dénué de ces capacités est un monstre. Il n’appartient pas à la catégorie des êtres humains.

Il n’a rien de commun avec moi.

Ni le nom ni le sang.
Ni l’apparence physique.

Je ne ressemble pas à un monstre.

Ça a commencé comme ça. Il aura suffit d’une demi seconde peut être pour que ma vie soit pulvérisée. Il aurait fallu qu’un gène se change en X et non en Y pour que je puisse prendre mon destin en main.

Mais voilà le mal est fait, en ce qui me concerne il est passé sur moi et m’a bouleversé. Rien ne sert de refaire le passé.
Il à fallu, pour que je sois exorcisé du mal, il a fallu le sortir de mon corps et de ma tête. Ma tête était en friche et il a fallu la replanter.
Inventer un langage, trouver des mots que je ne connaissais pas. Je leur ai toujours refusé de passer la porte de mes cordes vocales.
Ils étaient dans ma tête, mais le mal absolu a réussi à les faire taire durant des dizaines d’années. Il a anesthésié ma voix.
J’ai trouvé malgré moi un autre langage mais je ne le comprenais pas moi-même. Alors qui d’autre pouvait le capter ?
Mon esprit c’est rempli de choses néfastes. Elles ont prises toute la place, jusqu’à éclipser tout les autres aspects de ma vie. D’ailleurs je ne savais pas que la vie pouvait ressembler à autre chose qu’à la souffrance, l’angoisse la peur et la solitude.
Et au silence.
Mon enfance et mon adolescence sont remplies de silence. J’avais un besoin énorme de son, de mot prononcés, de paroles. Longtemps j’ai été une handicapée de la communication.
Mes parents étaient muets ou aveugles. Peut être même les deux. Je suis leur enfant handicapée. Qui renait à la vie, seule. Sans leur aide. Ils ignorent que j’étais handicapée. Ils ne prennent pas de mes nouvelles. Je suis là à gigoter dans le bruit de la vie, les vas et viens, dans les petits riens. Mais ils ne m’ont jamais bien vu, bien remarquer ; je suis un bruit de fond.

Mais j’ai changé. Ça a commencé comme ça. Il a fallut que j’emploie les grand moyens, que j’expose au monde qui m’entourait sans me voir que je n’allais pas bien. Que je souffrais depuis toujours, malgré les apparences. Je voulais crever cette bulle de silence. D’indifférence. Je voulais crever. Tout court.
Marre de tout ça, de cette vie qui ne valait pas la peine d’être vécu. Je n’avais rien eu que le mauvais côté du rêve. Du miracle qu’on appelle la vie. Quelle blague. Je n’ai jamais cru au miracle.

Ça a commencé comme ça. Par deux grandes boites de médicaments et une gorgée de vodka. Et par l’attente. J’étais sur le bord du trou. Et bientôt je serai délivrée. Juste quelques heures. Je me suis allongée sur le lit et j’ai attendu. J’avais attendu toutes ces années que l’on me remarque. Pas que l’on me méprise par leur indifférence. Ils verraient de quoi j’étais capable. Et ils souffriraient à leur tour de mon absence et de leurs remords.

Oui mais voilà. Ça a commencé comme ça. Par une peur panique. Et mon instinct de survie à repris le dessus. Nous sommes des animaux qui savons réagir au moindre danger. Là, il était temps de réagir, pour la première fois de ma vie. J’étais en danger. J’ai réagi et j’ai appelé au secours. Pour de bon.
Ça a commencé comme ça. Par un lavage d’estomac. Et plusieurs jours au service de soins intensifs. Consciente. Apaisée. Même le tuyau dans ma gorge ne me dérangeait pas. J’étais bien. Apaisée comme je ne l’avais jamais été. Dans un cocon où l’on prenait soin de moi. Enfin. Les autres n’en avaient pas été capables. Moi non plus. Il me fallait de gens, extérieurs, neutres, presque indifférent à ma souffrance. Enfin presque. Bienveillant plutôt. Il me fallait de l’aide, je ne pouvais plus compter sur mon entourage, sur ces inconnus pour me sauver du trou où je m’étais enfouis. Enfuie.

Ca à commencé comme ça. J’étais dans une chambre – encore – mais cette fois dans une autre partie de l’hôpital. Je récupérais avant de sortir... je n’avais aucune envie de sortir. L’extérieur me faisait peur à nouveau. Je ne voulais pas non plus retourner à l’hôpital psychiatrique. Je n’étais plus fatiguée. C’était une seconde phase qui commençait je le savais. La pression était retombée, celle qui était montée durant des années sous leurs yeux mais qu’ils n’ont pas vu.

Ça a commencé comme ça. J’étais bien décidée à m’en sortir. Heureusement que j’avais l’appui l’aide le soutien un deuxième cœur à mes côtés qui ne battait que pour m’aider. Jusque là j’en avais deux à mes côtés mais ils ne m’ont servi à rien. Celui ne battait que pour moi. C’était à moi de jouer. J’avais cramé ma dernière carte. Désormais je n’avais plus le droit de m’enfuir encore. Le temps était venu de ma seconde chance. Je n’avais plus le droit d’échouer.

Il me fallait trouver de l’aide. J’étais entre deux eaux. Me noyer ou survivre. J’ai choisi de survivre. J’ai pris mon courage à deux mains et j’y suis allé.
Je suis allé voir une psychiatre. A nouveau. J’en avais déjà rencontré à l’hôpital psychiatrique. Incompétent et inutile. Je me faisais le vœu de ne plus jamais les croiser dans ce monde indifférent et froid. Encore ce monde-là. Un glacier. Je ne connaissais que trop bien. Malgré les apparences. Encore là-bas elles étaient trompeuses. J’ai été déçue. Une mascarade. L’on venait me voir tous les jours. Pour rien puisqu’ils n’avaient pas changé. Je faisais de mon mieux pour les rassurer leur dire que j’allais bien. Mais c’était faux. Ils l’ont bien vu, au bout de mon chemin finalement a été la tentative de suicide. Donc l’hôpital psychiatrique n’a servie à rien.
Pour sortir de ce théâtre ridicule, j’ai dû faire la promesse de me faire suivre dehors. Oui dehors. Ce mot m’a bien marquée. Il y a un dedans et un dehors. C’est un monde à part. l’on y vit pas comme les autres, les normaux. Il a fallut que je fasse une promesse, moi, la patiente. Et eux, les médecins, c’est un serment qu’ils ont fait. Pour rien.

Ça a commencé comme ça. Je suis sortie bouleversée et encore plus fatiguée. J’ai choisi un médecin psychiatre. Au hasard. Au plus pratique. Je ne savais pas l’importance d’un bon choix. Personne pour me guider, encore et toujours. Débrouille-toi. Laisse faire le hasard. J’ai donné ma vie au hasard. Encore. Ma vie a été une succession de laisser faire. De hasard. De coups de dés. Je n’ai jamais décidé. Juste de me suicider et de quitter ce monde. Ma mort était le seul choix de ma vie.
J’en ai trouvé un. Un homme. Automatiquement un monstre. Une source de problèmes. L’origine du mal. Je me suis braquée. Personne pour me rassurer. Ni me guider. Toujours ce silence. Même après ce drame qui aurait pu me coûter la vie.
J’avais raison. Il a été inquiété. Pour gestes déplacés sur ces patientes. La malchance me poursuivait. Les flics ont sonnés chez moi, me poser des questions. Je n’ai pas eu à me plaindre de ce praticien. Je n’étais pas à l’aise. Mais ça, c’était mon problème. Avant de me séparer de lui – j’étais effrayée – jamais je ne suis retournée chez lui. Une thérapie arrêtée comme ça. C’est un tsunami dans ma tête et les bras m’en tombent. Tout recommencer ailleurs, tout reprendre à zéro. C’était plu fort de moi. Plus le courage. Mais une petite voix me tenait en vie. Elle le savait, me motivait à tenir. Il le fallait. Rien que pour le cœur qui battait à mes côtés. Je n’avais plus le droit de lui faire de mal. Ce praticien m’avait conseillé de parler à mon entourage. De leur avoué les atrocités que j’avais vécus et qui me torturait au point de me pousser à me supprimer.

Ça a commencé comme ça. J’ai parlé. Pour la première fois. J’avais une bombe atomique à larguer et je savais que ça allait faire des dégâts. Mais ils devaient la recevoir. Tant pis. Je ne voulais plus reculer. C’était le moment.
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