C.I.M. partie 1

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Auteur détaché mais attachant. J'écris par plaisir, par besoin mais aussi pour dénoncer les dérapages trop nombreux de nos sociétés modernes. Je base l'essentiel de mes nouvelles sur des faits  [+]

Lundi matin, dans le métro sur le chemin du bureau, José déroule ses mails personnels depuis son smartphone. Des tonnes de spams, de la pub ultra ciblée et finalement, sur la trentaine de mails qu’il a reçu, seuls quatre sont dignes d’intérêts : sa femme lui rappel qu’il doit chercher les enfants à l’école aujourd’hui; sa banque, c’est le début du mois, lui envoie un lien pour accéder à son relevé de compte mensuel; Christophe, son pote de FAC, propose un resto pour le vendredi à venir et le dernier le chafouine. Le mail provient de son assurance. En général il reçoit de leur part des propositions pour de nouveaux contrats. Mais ce matin, ce n’est pas un mail commercial automatique. Son agent lui écrit en direct et lui annonce sans mettre les formes :
Objet : évolution de votre contrat d’assurance maladie.
Votre police d’assurance maladie va augmenter de 75% à compter du 15 avril.
bien cordialement
Eva.
75%!! c’est indécent s’insurge-t-il. Et pour quelle raison? Ok il vient de fêter ses 40 ans mais tout de même...
José a du mal à se concentrer. Il subit sa journée au bureau en faisant mine de ne pas être affecté. Après avoir récupéré ses enfants il rentre, s’occupe d’eux et dès que sa femme arrive, lui parle de cet étrange mail. Patricia n’en revient pas. Ensemble, ils décident de prendre rendez-vous avec leur conseiller afin d’éluder ce mystère. Maitresse d’école, c’est elle qui s’y colle. Elle ira mercredi matin après avoir déposé les loulous au centre aéré.
Mardi matin, secoué dans la rame bondée du métro, José épluche ses mails comme à son habitude. Nouvelle surprise après la suppression des sempiternels spams et pubs. Mail de la banque. Convocation pour un entretien dont il ne connaitra la teneur qu’au moment de l’entretien. Il doit confirmer s’il peut s’y rendre samedi matin en cliquant sur la case oui du mail, générant automatiquement la prise de rendez vous. 9h du matin. Bye bye la grasse matinée.
Un deuxième jour passe, accompagné par une légère angoisse en toile de fond.
Que me veux le banquier? C’est quoi son problème? j’ai des placements dans son établissement, mon crédit immobilier et une somme rondelette sur mon compte courant... c’est quoi son problème?! se demande José.
Une nouvelle fois il tient au courant Patricia. Ils devront être présent tous les deux, ce qui ne les arrange pas car le samedi matin elle fait le taxi pour les activités extra-scolaires de ses loulous de 9h30 à 13h. Ensuite, elle les amène au Mac Do ou au BK ou au KFC avant de rentrer. José, en général, dort pour récupérer de sa semaine. Le contrôle de gestion, surtout en période de clôture, accapare son temps et ses horaires s’étirent parfois jusqu’à des heures très tardives. Sans parler des heures supp qu’il fait chez lui quand la situation financière doit être expliquée et validée par des boss toujours mécontents, et mal connectés, quand il s’agit d’obtenir leurs validations des finances du mois. De toute façon, la seule signature qu’ils valident plus vite que la lumière, c’est celle des contrats... Leur prime en dépend. Quel métier rébarbatif et usant... Chaque mois, chaque trimestre et chaque année les mêmes tableaux de chiffres à compléter, à analyser, pour sortir des tendances, des recommandations, des alertes à des supérieurs qui souhaitent toujours plus de marges, quitte à flirter avec la légalité. Quand à la moralité, elle n’est même pas prise en compte. C’est une des raisons qui pousse José à fumer un peu plus d’un paquet de cigarettes par jour. Le stress quotidien de la pression du chiffre qui ravit. De toute façon, quelque soit la situation financière, bonne ou mauvaise, l’explication est toujours attendue. Aucun répit. En contrepartie, il gagne très bien sa vie.

Mercredi matin, Patricia pénètre l’agence de son assureur. Eva la reçoit dans son bureau au mobilier froid et minimaliste. Une table en hêtre, un bloc note en papier recyclé et un pot à crayon remplit de stylos à l’effigie de l’assureur, à disposition de l’assuré. Puis elle, Eva. Un buste ancré au sol. La réduction absolue de la tache accomplie autrefois par un humain. L’essentiel de l’agent d’assurance : un buste, un visage et une capacité à chercher, valider, changer, créer dans un système informatique selon des informations récurrentes fournies par les clients. Comme il n’y a rien de plus efficace qu’un logiciel pour communiquer avec un autre logiciel, les grands penseurs du monde actuel ont du se dire que l’humain s’adapterait à cette évolution robotisée de la gestion administrative.
— Bonjour, bienvenue madame, je vous en prie installez vous.
Patricia se pose sur la chaise métallique à l’assise et au dossier bleu et démarre sans attendre :
— Vous pouvez m’expliquer pourquoi notre police d’assurance prend 75%? parce que, bon, je vous avoue que votre mail est pour le moins choquant.
— C’est bien pour cela que vous avez pris rendez-vous, et je vais vous expliquer clairement la situation.
— Ah oui j’aimerai bien car je n’y vois aucune raison valable.
— En fait si madame. Il se trouve que vous avez souscrit une police d’assurance maladie en omettant de préciser dans votre dossier que votre mari fumait autant.
—... pardon?
Elle lui montre le contrat sur écran, à la page des déclarations.
— Vous avez indiqué, en remplissant le contrat qu’il était un petit fumeur, moins de cinq cigarettes par jour.
— Oui et donc... nous avons bien déclaré qu’il fume!
— Tout à fait. Cependant, après analyse par la direction centrale, il semblerait que votre mari dépense bien plus que l’équivalent de 5 cigarettes par jour. On serait plutôt sur un rythme de 20-25...
— Mais comment pouvez-vous savoir ça? Moi même je ne sais pas quelle quantité il fume. Et, à la maison, je peux vous assurer qu’il ne fume qu’une ou deux cigarettes. Et toujours sur le balcon!
— Je n’en doute pas madame. Pour autant nos chiffres attestent qu’en moyenne il fume bien plus que ce que vous avez déclaré. A la vue de ces analyses et étant donné le risque accru pour sa santé, ainsi que le potentiel coût financier pour notre société si nous devions prendre en charge vos frais plus que de raison, la direction a relevé le niveau de vos cotisations en fonction de ce nouveau critère plus deux ou trois autres de moindre importance.
— Attendez, mais comment pouvez vous avoir des indications sur le niveau de consommation de tabac de mon mari? Et qu’est ce que c’est que ces autres critères de moindre importance?!
— Des indicateurs allant dans le sens de l’augmentation de votre contrat d’assurance maladie madame. Votre profil indique des heures de sommeil un peu en dessous de la moyenne de votre tranche d’âge ce qui accentue les risques cardio-vasculaires notamment, une tendance à exagérer le sucre augmentant vos chances de développer un diabète et une pratique sportive nulle qui n’améliore pas vos chances d’être en bonne santé, bien au contraire. En résumé, vos risques de maladies cardio-vasculaires, neuronales, musculo-squelettiques et j’en passe augmentent, ce qui a engendré cette augmentation de cotisations. N’oubliez pas : un citoyen en bonne santé c’est bon pour la société! conclue Eva tout en sourire.
Ouais c’est bon pour le portefeuille de ta société! pense Patricia, agacée d’avoir ces nouveaux robots en guise d’agents. Eva pour la version féminine, Adam pour la version masculine. Wow!! quelle créativité! Depuis le grand remplacement, les boutiques hors ligne ont choisi des robots capables de tenir une conversation, une caisse et d’orienter les clients vers le meilleur choix. Deux versions cohabitent : les fixes pour l’administratif, les autonomes qui peuvent se déplacer dans les rayons, aider, ranger, conseiller...
Pourtant, pas de cerveau en face de Patricia. Uniquement des algos oeuvrant dans une boite de plastique dure en forme de buste, et un visage dans une télé toute en verre en forme de tête. Ou plutôt une grosse ampoule où se projette un visage de l’intérieur. Au-delà de l’aspect étrange, le niveau de renseignement que ce robot possède sur leur style de vie sidère Patricia.
— Vous pratiquez l’espionnage ou quoi? demande-t-elle, aussi inquiète que curieuse.
— Non pas du tout. Ce sont nos logiciels de traitement qui ont ressortis ces états de fait.
— Mais de quelle manière? enfin, écoutez, c’est quand même incroyable votre histoire.
— Je ne suis pas technicienne madame. Le logiciel mouline et sort les résultats. Je n’ai aucune idée sur la manière dont tout ceci fonctionne. Je reçois les résultats et en informe nos assurés.
— Mais c’est incroyable! c’est de l’intrusion dans la vie privée ça!
— Je ne sais pas madame. Tout ce que je vois sort d’un logiciel. Quoiqu’il en soit, à partir du mois prochain vos cotisations seront majorées de 75% et il n’y a rien que je puisse faire. Tout est automatisé. Cependant, si vous n’étiez plus satisfaite de nos services, je vous invite à envoyer votre demande de rupture de contrat par courrier recommandé avec accusé de réception, au plus tard 3 mois avant la date anniversaire de signature, à notre service client.
— Ah ben d’accord... écoutez, je ne vais pas m’énerver puisque vous n’êtes qu’un pion doublé d’un mur, par contre vous allez me donner les coordonnées de votre supérieur...
— Il vous dira la même chose que moi. Il n’y a plus d’humains dans les agences. Il est robot lui aussi.
Patricia perçoit une satisfaction dans le visage projeté d’Eva alors qu’elle vient de prononcer ces mots. Ou bien c’est elle qui projète ses frustrations sur un visage irréel.
— Toutes ces informations nous parviennent du siège social. Vous avez un lien de contact sur notre site internet. Je vous invite donc à prendre contact avec le siège par le biais du site. En agence, que ce soit moi ou un responsable, vous n’aurez pas d’autres réponses que celles que je viens de vous fournir.
— C’est scandaleux!
Patricia se lève et quitte la pièce sans se retourner, sans un seul regard ou un seul mot pour son interlocutrice.
— Aurevoir madame et bonne journée, s’autorise Eva au sourire commercial parfaitement exécuté.
Le soir venu, Patricia raconte son rendez-vous à José. Son visage pâlit, un frisson glaciale parcours son dos, ses mains tremblotent comme deux feuilles aux vent.
— Putain, je suis sur qu’on est dans le collimateur de la C.I.M.
— Mais non! rétorque Patricia, surtout pour se rassurer.
Les yeux dans le vide, exorbités, José continue sans entendre la réaction de sa femme.
— Tu te rends compte qu’ils connaissent jusqu’au contenu de nos courses, notre sommeil et certainement tout un tas d’autres choses!
Elle se tait car elle sait qu’il a raison. Seule la C.I.M. possède assez de ressources pour organiser et lier les données à ce niveau de finesse. Elle a été créée dans ce but.

Jeudi matin, José n’ose plus regarder ses mails. Fatigué suite à l’horrible nuit pleine de cauchemars qu’il vient de vivre, son regard sombre scrute autour de lui. Des agents de la C.I.M. surveillent certainement tous ses faits et gestes! Pourtant, il va devoir se comporter comme à son habitude. Travailler d’arrache pied. Ne pas compter son temps et être efficace. Et tout ça avec la C.I.M. à ses trousses. Pour couronner le tout, il présente les résultats trimestriels au board dans deux heures, pendant deux heures. Ça va qu’il est rompu à l’exercice mais il ne connait rien de plus stressant.
Vendredi matin, José ne ressemble à rien. Nouvelle nuit de merde. Pas eu le temps de se raser. Coiffage aux doigts. Cette fois il oublie de consulter sa boite mail et fume une cigarette dès son arrivée au bureau. Comme la veille il présentait les résultats, la journée promet d’être relax. Hélas! Il a tout le temps de cogiter à cette histoire qui leur tombe dessus, alors qu’ils ont fait preuve de prudence et de discrétion. Comment peuvent-ils connaitre autant de choses sur eux? c’est flippant! Vous coller un mouchard dans le cerveau ne donnerait pas de meilleurs résultats.
Samedi matin, lors du rendez-vous avec la banquière, une humaine, cette dernière annonce, et confirme à José, que la C.I.M. enquête sur plusieurs comptes bancaires de son établissement. Dont leur compte courant sur lequel 200€ sont retirés tous les mois, en une seule prise. Ils doivent répondre par mail. Elle n’est que le vecteur des décisions. Sa main glisse sur le bureau lisse, se retire et dévoile une carte de visite ne proposant qu’une adresse mail en police noire sur fond blanc.
— Vous devez utiliser cette adresse, explique-t-elle.
Elle leur soumet alors une feuille de papier numérique reliée à une tablette tactile d’apposition de signature électronique par Li-fi.
— Je dois aussi obtenir vos signatures sur ce document stipulant que je vous ai bien remis toutes les informations nécessaires, à savoir : l’adresse email, la raison de cette convocation et la demande de réponse sous 24h à partir de la date de signature.
Elle pousse la tablette tactile d’apposition de signature électronique vers eux.
Hébété, rouge de surprise, José laisse Patricia apposer la première sa main sur l’écran. La diode verte scintille. L’écran indique : signature ok. C’est le tour de José. Même processus, même résultat : signature ok. La banquière passe la dernière, détendue et tout sourire.
Sur le chemin du retour, José et Patricia n’échangent que des regards entendus. Ils sont grillés par la C.I.M. Eux qui pensaient n’éveiller aucun soupçon. S’ils sont sur leur dos, c’est cuit. Bien des histoires circulent sur les réseaux qu’ils soient sociaux ou pas. A chaque fois la même fin, des emmerdes. Plus ou moins grave, mais des emmerdes.
Dans leurs têtes tout fourmille, remue, déplace, cherche une solution. Les paroles sont rares jusqu’à l’appartement. Dans l’entrée, Patricia pose son doigt sur sa bouche et fait signe à José de la suivre. Elle saisit la box connectée, la débranche et l’enferme dans le placard à foutoir au fond du couloir. Puis elle revient dans la cuisine toujours accompagnée de José qui ferme la porte et active la hotte pour plus d’intimité.
— Bon j’ai bien réfléchi, chuchote Patricia à l’oreille de son compagnon. Qu’est ce qu’on a d’autre à se reprocher à part le p’tit oubli sur la consommation de tabac et la weed?
— Ben pas grand chose. On a pensé de la même façon. Et j’ai beau retourner ça dans tous les sens, y'a rien d’autre car il n’y a rien d’autre à trouver!
— Voilà! c’est ça qu’est dingue. Ils savent. Ils savent absolument tout. Ce n’est pas un mythe... tu crois qu’on risque beaucoup?
— Ben pour l’assurance c’est 75% d’augmentation, sourit José, amer.
— J’parle pas de ça, même si ça fait chier.
— Je sais, je sais. Franchement j’en sais rien. J’y ai jamais pensé avant. Je ne connais pas les lois en matière de consommation de stupéfiant...j’croyais qu’on pouvait consommer chez soi sans passer pour un affreux délinquant.
— On va se renseigner alors. Maintenant faut qu’on pense à notre réponse. Il nous reste un peu plus de 21h...
— Après les activités du matin et le burger de midi, on dépose les enfants chez les grands-parents et on les inscrira en eclasse immersive. Ils sont équipés... déclare José, les yeux écarquillés vers sa moitié, attendant son approbation.
— Et on gère ensemble le temps de connaitre la suite des évènements.
Il hoche son assentiment de la tête.
— Et pour la réponse, soupire José, le mieux c’est encore de dire la vérité. Ils connaissent visiblement les moindres détails de nos vies pour en savoir autant sur nous. Alors à quoi bon se torde le cortex et prendre des risques inutiles? Autant avouer. Ça jouera peut être en notre faveur. Faute avouée...
— A moitié pardonnée... je sais.
Patricia pose son visage sur ses bras croisés sur la table blanche en matières recyclées, comme elle le ferait avec un oreiller. Il a raison. Elle le sait. Mais elle a du mal a admettre que toute sa vie est tracée, en permanence analysée, peut être depuis sa plus tendre enfance. Quand on réalise la puissance de ces gens là, on se met à filer droit. Ils se lancent dans la réponse, assument tout ce qui leur est reproché et envoient le message sur la boite mail de la C.I.M.

A quelques centaines de kilomètres à l’Est de Paris, dans l’une des dix-sept Cellule d’Investigation Morale, nationalement connu sous l’acronyme C.I.M., Henri Patroque termine la lecture de l’email envoyé par Patricia et José. Depuis son bureau sans fenêtre il s’apprête à les convoquer.
Henri c’est le monsieur propre du service. Rien ne lui échappe. Si un dossier tombe entre ses mains, vous pouvez être sur qu’il trouvera quelque chose de moralement répréhensible. La fierté nationale qui l’habite et la toute puissance de son rôle le propulse au sommet de son art. Un sacerdoce incontournable pour maintenir la société civile dans le droit chemin. Il travaille et représente le fleuron étatique de l’agrégation de données, en vue de produire des profils toujours plus précis. Alors il se donne à fond, explore jusqu’au moindre détail les données et en ressort à coup sur une situation délictueuse.
Il y a dix ans, l’ancêtre de l’IA qu’utilise la C.I.M. parvenait à dresser les profils des personnes aux activités illicites liés à la haute finance ou les voleurs pas malins laissant des traces informatiques exploitables quand elles sont triturées par une IA surdimensionnée en apprentissage constant. Au fil du temps, les gouvernements toujours en recherche de contrôle du peuple pour le guider à sa guise, s’intéressèrent de près à ces technologies. Les plus aguerris comprirent quels services elles pouvaient leurs rendre. Ainsi naquit C.I.M. Une volonté farouche de créer le citoyen modèle par une analyse comportementale poussée à l’extreme grâce à la puissance des réseaux et du tout connecté. Environ cent milles hommes et femmes y officient à travers le pays, on ne connait pas le chiffre exact. Malgré l’incroyable travail de regroupement et de recoupement effectuée par l’IA, l’humain maintient sa place. Et toutes ces petites mains surdouées de l’informatique affinent et débusquent le plus fin niveau possible de comportement inadéquat ou répréhensible sur le territoire national. Le rêve de tout dirigeant. La possibilité de connaitre tout de n’importe qui.
L’IA s’occupe de glaner les informations en temps réel, puis fait le lien identité-photo-compte bancaire-compte sécurité sociale-compte d’imposition-casier judiciaire. Une fois ce profil administratif et judiciaire posé, alimenté en temps réel et modifié en cas de changement, l’IA plonge dans les données comportementales et aspire absolument tout, puisqu’elle accède à tout : le détails des courses alimentaires, vestimentaires, de divertissements mais aussi vos recherches, vos commentaires, vos like, vos mails, vos sms, vos transactions financières, vos envois, vos réceptions, vos goûts cinématographiques, littéraires, les jeux vidéos auxquels vous jouez, ce que vous dites à la maison, ce que vous regardez à la télé, vos données de santé, vos consommations de médicaments, vos obédiences politiques, religieuses, qui sont vos enfants, vos parents, votre famille, vos amis, vos ennemis, vos collègues. Les voyages c’est votre truc? elle le sait. Où, combien de temps, chez qui... Vous pratiquez la percussion Mandingue dans une association de banlieue? Elle le sait! De ces sources numériques pléthoriques, elle crée un profil comportemental qui s’agrégera au profil administratif et judiciaire. Une conclusion de suivi par un humain sera envoyée si nécéssaire. Si tel est le cas, un fonctionnaire de la C.I.M., quelqu’un comme Henri Patroque, prend le relais, creuse et débouche à coup sur sur une mésaventure à l’instar de celle traversée par la famille de Patricia et José.
à suivre...
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