10
min

Brèves de dortoir

127 lectures

0

-Tu es accepté dans le clan. Lion, le chef est d’accord, les autres aussi. Comme tu viens d’avoir douze ans, ce sera ton cadeau d’anniversaire. Ton pseudonyme sera : Hérisson. Tu te rappelleras vite les nôtres. Moi c’est Castor.
-Rien que des noms d’animaux ?
-Exactement. On a choisi le tien, tu le gardes. Tu ne peux pas en changer. Au sein de la colonie de vacances, les caves ignorent ainsi de qui l’on parle. C’est notre code. On en a d’autres d’ailleurs. Tu apprendras au fur et à mesure.
- Devant nous, Hibou et Poney discutent avec un troisième. Qui est-ce ?
- Le grand ? C’est Buffle. Celui-là, il cogne dur. Il a vite fait de t’envoyer valser les ratiches. On est heureux de l’avoir avec nous. Demande donc à Dromadaire, le rouquin. Il était enquiquiné sans arrêt avant de se joindre à nous. A présent, plus personne ne s’y frotte.
-C’est noté. En attendant, ne reste pas ici ce matin. Viens avec nous au village.
Hérisson hésita.
- J’ai vu moi aussi l’affiche collée sur un arbre devant la colo : 14 Juillet 1959. Orchestre, bal, manèges et surtout feu d’artifice. Oh, ça c’est bath ! Mais comme il paraît que ce sera sans nous...
-Tu sais bien que l’on est tous punis après la fugue des deux grands que personne n’a dénoncés quand ils ont fichu le camp. Mais aujourd’hui il ne faut pas louper une occasion de sortir d’ici. Le jour de la fête nationale, l’abbé ne célèbre pas la messe à notre chapelle.
-On m’a prévenu. Il assiste son pote, le curé du bled. Ils doivent avoir plein de trucs à se raconter, des histoires de religieux. Mais j’aime bien aussi jouer au foot. Les volontaires retenus par le mono vont couper aux bondieuseries puisqu’il a obtenu une dispense pour ses sportifs. L’abbé est un passionné de football. Je serais content d’intégrer l’équipe de la colo et Robert notre entraîneur va croire que je me débine encore. Je l’ai entendu évoquer la possibilité de disputer un match contre ces abrutis du camping. J’en rêve. On les écraserait. Facile, avec un capitaine pareil...
Au même instant, l’intéressé laissa tomber le ballon qu’il tenait sous le bras. Puis il shoota puissamment en s’écriant :
-Ici les petits durs ! Ceux qui ont envie d’une bonne partie, c’est maintenant. Et je ne veux pas de lavettes !
Et il fut aussitôt entouré par un groupe enthousiaste. Mais Hérisson Ne fut pas du nombre.
***
L’église n’était pas très grande et il fallut se serrer sur les bancs. Castor murmura :
-Tu as bien fait de venir, Hérisson. L’abbé a l’air bien luné. Il est vraiment copain avec ce petit cureton. Mais par contre, nous sommes mal placés, l’autel est trop loin alors qu’il y avait des places libres devant nous. C’est de la faute à Lièvre. Pourquoi avoir suivi ce crétin ?
-Bande de pignoufs, répliqua le garçon. J’ai eu raison. Ainsi vous n’avez rien remarqué ? Retournez-vous sans hâte... Les gonzesses ! On se plaint assez d’être éternellement séparés des filles, à l’école, au sport, en vacances, partout... Eh bien, elles sont là, juste à quelques pas. Il y en a une tapée, sagement alignées et pomponnées de la tête aux pieds. Elles sont même parfumées. Les effluves sont encore plus forts que l’encens. La cérémonie va bientôt commencer, alors guettez vite leurs jolies gambettes. Visez la blonde à la veste bleue. Elle a fait tomber son missel et lorsqu’elle l’a ramassé sans hâte j’ai entrevu sa culotte. Elle l’a fait exprès, c’est sûr. C’est une vicieuse, celle-là.
-Avec toi je doute de tout, espèce d’obsédé. Tu racontes toujours des craques, répondit Castor en jetant malgré tout un regard appuyé dans la direction des jeunes filles.
-Mate avec plus de discrétion, puceau ! A présent, elle nous fixe méchamment.
-Elle t’a peut-être entendu ? Les voix résonnent bien, sous ces voûtes.
-Il paraît que les donzelles savent tout de suite qu’on s’intéresse à elles, même si on les reluque de loin. C’est mon grand frère qui me l’a dit, et il s’y connaît.
-Tiens, elles ne nous quittent plus des yeux. Après tout, ces effrontées ont peut-être envie de nous exciter.
-Ne t’inquiète pas. Quand elles décident de taquiner les mâles elles ne se gênent pas. Ce qui est chiant, c’est qu’il sera impossible de les approcher à la fin de l’office.
-Elles le savent parfaitement, figure-toi.
-Boucle-la. Et vous tous attention ! Les monos ne sont ni aveugles ni idiots, particulièrement le Chinois. Il a remarqué quelque chose et a dû rencarder les autres. Faisons semblant d’ignorer ces femelles.
***
Les fidèles sortaient lentement de l’édifice. Sur le parvis ensoleillé, Lion attendait. Non loin de lui, Lièvre scrutait la pénombre de la nef où tremblotaient les lueurs de nombreux cierges. Dépité, il fit demi-tour en ronchonnant.
-Non, rien à espérer ! Elles sont encore en train de chanter. Rien d’étonnant, leur chaperon n’allait pas les lâcher comme ça. Vacherie !
-Alors grouillons-nous de rejoindre les autres. Il n’y a plus que nous deux et si l’on s’attarde encore gare à l’engueulade.
Et le duo se résigna à rejoindre le groupe qui traversait le village. En atteignant les dernières maisons, Lion grimaça et cracha dans le caniveau.
-Avez-vous constaté de quelle façon ces ploucs nous dévisagent ? Quel dédain dans leurs yeux ! D’accord, nous ne sommes peut-être pas très bien sapés... Mais eux, d’où sortent-ils ? Quelle dégaine ! Ils se torchent avec de la paille mais font les fiers !
Lièvre baissa le front.
-Nous ne sommes guère élégants, il faut l’admettre. Dans nos rangs, les rejetons de riches ne se bousculent pas. C’est embêtant car les filles sont attentives et sensibles aux belles fringues. Voilà encore un handicap à surmonter...
***
Hérisson se glissa sous la couverture et jeta un rapide coup d’œil autour de lui. Ses camarades étaient pour la plupart déjà couchés et devisaient d’un lit à l’autre. Maussade, Lièvre bâilla bruyamment et se tourna vers son voisin.
-A ton avis, Hibou ? Toi qui sais plein de choses... Pourquoi ne peuvent-ils pas nous blairer dans ce fichu patelin ? C’est comme si nous avions chopé le choléra. Ils nous font sentir leur antipathie jusque dans l’église. Et pourtant nous faisons des efforts. On ne dégrade jamais rien... Et chacun enlève son bob ou sa casquette lorsqu’on pénètre dans un magasin.
- Oui mais voilà, nous y entrons rarement. Et on achète peu ! Ah les beaux clients aux poches percées !
-C’est bien dommage, parce qu’à la boulangerie par exemple, on vend de ces gâteaux ! Des babas au rhum, et pas des riquiquis, des polonaises bourrées de fruits confits... Celles-là, quel régal !
-Y as-tu goûté ?
-Guépard m’en a filé un bout une fois... Ah j’en bave, devant cette vitrine.
-Ils nous détestent parce que nous sommes parisiens. C’est tout simple. Mon père dit que personne ne peut piffer les parigots .
Assis sur son lit, poney eut un geste de dénégation.
-Alors ils mélangent tout, ces balourds. Je suis né à Romainville. Ce n’est pas pareil ! Je ne suis arrivé rue des Canettes qu’il y a trois ans, en 1956...
-Pour moi tu n’es qu’un banlieusard, mais ici ils ne font pas la différence, reprit Lièvre. Nous ne sommes pas de la même paroisse qu’eux, ça leur suffit. Nous ne pourrons jamais les amadouer.
Adossé à son traversin plié en deux, et les coudes sur les genoux, Castor réfléchissait. Il hocha la tête.
-C’est parce que nous sommes pauvres.
Des murmures de désapprobation parcoururent aussitôt le dortoir et des protestations fusèrent de toutes parts.
-Tu débloques !
-Ces culs-terreux nous mépriseraient ?
-Les as-tu seulement observés lorsqu’ils passent devant nous, juchés sur leurs charrettes ? Ils sont tout le temps cradingues !
-Ils puent !
-Ce tas de cons !
Lorsque le brouhaha s’apaisa, Castor continua :
-Crottés peut-être. Mais riches. Ils possèdent du bétail, des fermes, des terres. Ils conduisent des tracteurs que nos vieux auraient beaucoup de mal à payer. Leurs ancêtres ont trimé toute leur vie pour léguer leurs biens à leurs descendants. Combien d’entre nous ont des parents propriétaires ? Les ploucs des environs préféreraient probablement la venue de vacanciers plus friqués. Par exemple comme Guépard !
L’intéressé sursauta.
-Leur opinion, je m’en tape !
-Tu devrais suggérer à ton paternel de venir garer sa décapotable dans la rue principale du village pour voir la gueule de ces abrutis. Tous les prétextes leur sont bons pour nous détester. S’ils apprenaient que Buffle est le fils d’un soldat allemand ça leur déplairait sûrement aussi.
-Depuis que j’ai âge de marcher on me le reproche, déclara Buffle. Dans les cours de récréation je m’attendais toujours à quelque provocation et je me suis souvent battu. On déposait même du caca devant notre porte. Mais à présent ça se tasse. Les souvenirs de la guerre commencent à s’estomper.
-Ici ce sont des crâneurs et des radins, reprit Castor. Ils ont du flouze et pourtant ils mijotent dans des baraques décrépites. C’est du vice. Qu'est-ce qu'ils font de leurs picaillons? Planquent-ils leur argent sous les matelas? Près de Montereau mes cousins viennent d'emménager dans un immeuble tout neuf. Avec tout le confort. Et même une salle de bains dans l'appartement . Et mon oncle de Sarcelles... On a détruit sa bicoque et il va être relogé dans un quartier qui sort de terre...
Lion émit un sifflement.
-Une salle de bains? Une vraie?
-Ouais, avec une grande baignoire. Et des chiottes séparées. Du carrelage à tire-larigot et du linoléum. Les arriérés d'ici ignorent ce luxe. Alors qu'ils s'écrasent!
-Ils sont riches tes cousins?
-Non, leurs parents sont ouvriers. Quand j'allais en vacances chez eux, j'accompagnais leur fils aîné pour vendre l'Humanité. Vrai, ça s'écoulait drôlement bien. Et nous récoltions parfois un peu de monnaie en pourliche. Et même quelquefois un coup de pinard si on voulait. Mes cousins m'ont dit que lorsque les Russes ont lancé leur Spoutnik, tout le voisinage a fait une java du tonnerre. Enfin les Ricains l'avaient dans l'os! J'ai manqué la nouba, dommage.
Buffle sourit.
-Tu en as des distractions, toi.
-Une baignoire, répéta Lion. J'ai essayé une fois. Quel délice de se prélasser là-dedans... Ce n'est pas rue des Canettes que l'on verrait ça! Des pièces minuscules. Des escaliers de guingois. Des façades jamais ravalées. Des cabinets à mi-paliers. Oui, ça chlingue tout le temps et c'est pareil dans les immeubles contigus. C'est plein de vieillards et d'ivrognes qui dégobillent en plein trottoir quand ce pouilleux de bougnat les éjecte de sa boutique. Pas question qu'ils renardent sur ses tomettes! Mais ça ne les empêche pas de revenir, les habitués du comptoir. Et nous, on jouit d'un beau panorama: des cours étroites et sombres. Pour profiter d'un peu de soleil, il faut habiter aux étages supérieurs. Seulement on a besoin de souffle pour y grimper. On les entend souffrir, les vioques lorsqu'ils trimballent leurs commissions en s'agrippant à la rampe. Les barreaux sont tellement branlants que j'ai toujours l'impression que tout va se casser la gueule quand les locataires posent leurs pattes dessus... Non les mecs, j’en ai marre de ce décor. Comme j’aimerais enfin me tirer de ce repaire de loquedus !
Castor toussota.
-A condition bien sûr de ne pas atterrir dans un coin paumé comme ici. Il ne s’y passe jamais rien, il n’y a même pas un ciné. Non vraiment, rien ne vaut les beaux quartiers parisiens.
-Pourquoi ? Tu y crèches ? Tu les connais ?
-Et comment ! L’autobus traverse le seizième arrondissement lorsque nous allons chez ma tante en banlieue. Alors tu penses... Tous ces beaux immeubles ! C’est rempli de rupins. Là-bas les poubelles n’empestent pas. Même les concierges sont bien sapées. Elles doivent singer leurs patronnes.
-Conneries !
Interrompu, Castor évita de peu le trognon de pomme que venait de lui lancer Dromadaire.
-Tu as mal visé, ducon. Mais maintenant viens ramasser ça sous mon pieu ou je te flanque une rouste. Sinon le mono de service va penser que je salis le plancher exprès. Et c’est Robert. Il est mal luné en ce moment car l’appel sous les drapeaux approche. Il est à fond opposé à la guerre d’Algérie. Alors il enrage d’être obligé d’y aller. Il en parlait hier avec ses copains. Eux non plus ne vont pas y couper et ça les turlupine.
-Amène-toi donc, je n’irai pas me coltiner ton ménage et je n’ai pas la frousse, avorton.
-Hibou, reprit Castor en voyant celui-ci qui lisait, puisque tu as un journal donne-nous donc les infos.
-Tu as du culot, radin. Tu pourrais t’en acheter un. Au moins de temps en temps.
-Je n’ai pas de fric et si j’en avais je le dépenserais autrement. D’ailleurs tu es fauché, toi aussi. Alors ton canard, tu ne l’aurais pas chouravé par hasard ?
-Non évidemment ! Le proprio du tabac garde les quotidiens un bon moment avant de les balancer. Un jour je l’ai battu au 421 à une table de sa terrasse, mais il ne m’en veut pas. Au contraire même, il m’a payé une limonade. Moi, je ne crains personne quand je lance les dés sur la piste. Et quand je passe devant son bar, je prends le dernier journal de la pile. Il n’y a pas de mal. Le papier finit dans les chiottes, comme à la maison.
- Allez, il a raison, lis-nous les infos, insista Lion. C’est mieux que la radio car tu pourras répéter s’il y a des esgourdes distraites.
Il y eut un murmure d’approbation.
-De toute façon, nous n’avons pas de radio, maugréa Hibou. Mais bon, vous avez gagné. Taisez-vous et écoutez-moi, voici les titres :
« Nouveaux attentats en Algérie. Deux voyageurs assassinés près de Batna... »
-Batna, répéta Hippo. De succulents bonbons à la réglisse. Merde ! J’en avalerais des paquets entiers. Voilà, ça c’est du bonbec ! Je sens déjà ma salive qui me titille...
Des voix coléreuses s’élevèrent au fond du dortoir.
-Boucle-la Hippo !
-Oui, ta gueule !
-Hibou, ne t’occupe pas de ce goinfre. Continue !
-Mais change plutôt de rubrique.
-C’est ça. Parle-nous plutôt des derniers résultats sportifs.
-D’abord le foot ! Que devient Kopa ?
-Non, les faits divers...
Castor revint s’asseoir sur son lit avec la première page du journal et l’examina en silence. Il fronça les sourcils.
-Hé Hibou ! Il y a un article sur les ballets roses. C’est quoi ?
-Des histoires de vieux pervers qui baisent des gamines.
-Des gamines de quel âge ?
-Des jeunes ! Des très jeunes, idiot !
-Et elles se laissent sauter ?
-Elles ne doivent guère avoir le choix. Dans son récit, le journaliste évoque des parents complaisants et un scandale étouffé pour l’instant, mais qui peut exploser dans une ville tranquille comme tout.
-Et il y a des détails ?
-Non, c’est flou. On bavarde, on croit savoir qui a fait quoi... On murmure que des notables sont impliqués. Du coup ils rasent les murs, prêts à crier à la calomnie.
-Oh, ça ne m’étonne pas. Ce sont eux les plus vicieux.
-Les notables ?
-Evidemment ! Ceux qui en ont...
-Des roupettes ?
-Non, crétin ! Des pépettes ! Les richards sont souvent impliqués dans des affaires de mœurs, comme l’écrit pudiquement la presse. Ils aiment trop faire la bringue. Parfois même ils échangent leurs rejetons qui se font lutiner lors de partouzes copieusement arrosées. C’est véridique. C’était écrit dans un livre.
-Et si quelqu’un se plaint ? Ou dévoile la vérité ? Qu’arrive-t-il ?
-Peu de choses. D’abord il faut prouver. Et il y a trop de beau monde impliqué.
-Alors on ne les punit pas ?
-Je crois que c’est rare. On s’engueule peut-être dans certaines familles, mais plutôt parce qu’on s’est fait piquer. Si ces saletés remontent à la surface et se répandent dans les rues, il y a de quoi éclabousser bien des réputations.
-Les gros vicieux...
-Ils étouffent les scandales entre eux derrière les volets clos. Discrétion avant tout.
-C’est décourageant. Impossible donc de châtier ces sagouins...
-Les vioques adorent la chair fraîche. Les bonnes femmes aussi participent aux réjouissances. Pourquoi seraient-elles exclues d’abord ? Du moment qu’elles respectent la loi du silence...
-Les salopes !
-Termine ta lecture. On attend la suite.
-Le journaliste ajoute que c’est peut-être relié à une histoire du même genre à la périphérie de la ville. Un mystérieux réseau y aurait également sévi, mais cette fois il est question de ballets bleus... C’est multicolore cette chorégraphie !
-Les ballets bleus ça concerne les garçons. Des jeunots.
-Eux aussi se font tripoter ?
-Caresser le cul, caresser... Et sodomiser. Gare à nous les mecs !
-Pourtant la plupart de ces notables doivent être mariés.
-Et alors, imbécile ? Avec les années ils n’éprouvent plus aucun plaisir à honorer Madame. Ils ne la tringlent plus, ils cherchent du piment, de l’inhabituel.
-Si c’est ainsi, les épouses ont raison de se rattraper. Elles ne vont quand même pas finir au couvent !
-Elles se défoulent aussi dans ces coucheries débridées. Ces femelles se tapent des étalons et les maris dépucellent des mineures. On ne pourra jamais l’empêcher je crois. Et au fond la Justice a assez de boulot avec les événements actuels... Les bombes, les meurtres...
-C’est quand même anormal toutes ces lois élaborées par des vieux. Tout est à leur profit. Il faudrait au moins une révolution pour changer tout ça. Si l’un de nous se faisait pincer alors qu’il est en train de peloter une gonzesse, il se prendrait une belle raclée !
-Au dortoir des plus grands, il y a un vantard qui prétend coucher avec une vieille de quarante piges, une amie de sa mère. D’après lui, ce qui excite le plus sa maîtresse c’est le risque de se faire surprendre en pleine action.
Lion ricana. Puis il hocha la tête.
-Attention les copains, le mono ne va pas tarder à se pieuter à côté.
Lièvre semblait songeur. Il soupira.
-Je suis jaloux du veinard dont tu parles. Si on écoutait nos vieux, il faudrait attendre jusqu’à vingt -et une piges pour sauter une donzelle. Quelle est loin la majorité !
-Oui, s’écria Castor, il nous faut des gonzesses ! Au secours les copains !
Buffle imita son ami en riant. Et aussitôt éclata un chahut que le fracas d’une porte stoppa net. Robert venait d’apparaître.
-Qu’est-ce qui vous passe par la tête, petits cons ? Extinction des feux ! Et ne m’obligez pas à me relever, car ce ne sera pas pour jouer au foot.
Chacun se coucha immédiatement. Et les derniers chuchotements cessèrent.
***

0

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lire la charte

Pour poster des commentaires,