Boum

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Image de Printemps 2013
1

Cela faisait au moins cinq minutes, que la jolie jeune femme avait laissé son caddie dans l’allée « conserves de légumes » du supermarché de Draivinnes.
Cette dame, accompagnée de sa petite fille, lui avait demandé si elle pouvait le laisser sous sa garde, pendant qu’elle conduisait l’enfant aux toilettes.
Naturellement, il avait accepté avec un petit sourire adressé à la gamine, qui en avait fait autant sous l’œil bienveillant de sa maman.
Avant de quitter le caddie du regard, il s’était assuré que la cliente n’avait pas oublié son sac à main, un réflexe de professionnel habitué des vols dans les grands magasins.
Et pendant ces cinq premières minutes, Gérard Dumont, l’employé au réassortiment des rayons, n’y avait plus fait attention.
Mais maintenant, cette surveillance occasionnelle le mettait dans l’embarras.
Il faut dire, qu’on voit tellement de caddies abandonnées par des clients pressés ou indélicats, qu’il craignait une nouvelle source de corvée.
Remplir un chariot de victuailles diverses en vue d’une bonne soirée pouvait encore passer pour un plaisir, discutable, certes, mais nettement plus agréable que le vider petit à petit.
Une plaisanterie ? Peut-être mais de mauvais goût.
Si réellement c’en était une, il n’était pas disposé à rire.
Il avait bien trop de travail et beaucoup de ses collègues étaient en vacances pendant ce mois de Juil-let, alors, décidément non, il n’était pas disposé à rire.
Il se voyait déjà obligé de reporter toutes les marchandises dans leurs rayons respectifs et cela ne lui plaisait pas.
Le réflexe du professionnel avait changé, Gérard inspectait le petit chariot tout en se rapprochant dou-cement.
Il faisait mentalement le trajet qu’il aurait à parcourir, le moment venu, pour vider le caddie.
Au fur et à mesure qu’il découvrait, sans les toucher, les articles qui remplissaient le chariot métalli-que, Gérard se persuadait qu’il n’était pas victime d’une blague stupide de la part d’une cliente idiote.
Des vêtements, une poupée, des petits berlingots de jus de fruits, des petits fromages,... le caddie contenait vraiment trop de marchandises pour la petite fille.
Quelle mère aurait pu prendre ces articles, les montrer à son enfant et les abandonner dans le maga-sin ?
Elles reviendront, c’est sûr.

2

Et si la mère avait puni sa fille ?
La question venait de surgir comme un coup de fouet dans l’esprit de Gérard Dumont.
Il s’imaginait à nouveau, poussant le caddie vers l’entrée du magasin où ce trouvait le rayon textile, c’est à dire l’endroit le plus éloigné de son rayon actuel.
L’idée ne lui plaisait pas plus que tout à l’heure, mais il la chassa par une autre théorie.
Et si la petite était malade ?
Egoïstement, il l’espéra.
Car dans ce cas, l’abandon du caddie ne serait plus un abandon volontaire,... donc il n’y aurait pas d’acte de malveillance,... donc après ce malaise passager, elles devraient revenir.
Elles reviendront, c’est sûr, elles doivent.

3

Au bout d’un quart d’heure, une inquiétude plus sérieuse, une pensée bien plus effrayante que les pré-cédentes avait pris possession de son esprit.
Il lui avait semblé voir de la fumée s’échapper de sous un sac en plastique.
Finalement, et si ce chariot anodin était piégé ?
Une bombe !!!
C’est possible, avec tout ce qui arrive dans le monde actuel.
Un caddie piégé, conduit par une femme et une gamine, on aura tout vu.
Son imagination lui jouait un sale tour, pourtant il y a un quart d’heure qu’elles sont parties, on ne laisse pas son caddie pendant un quart d’heure.
Voici venir le temps de la peur.
Ce n’était plus en imagination cette fois, Gérard commençait vraiment à se diriger vers l’entrée du magasin, rayon textile, c’est à dire l’endroit loin, le plus loin possible de son rayon actuel .
Mais sans le caddie.
Pour une fois, il aurait souhaité qu’une caissière le fasse appeler pour un renseignement prix, il aurait pu partir de cet endroit.
Il s’éloignait doucement, trop doucement à son goût, mais il ne pouvait pas quitter son poste sans raison valable, la sienne lui semblait excessivement valable, mais qui la croirait ?
Certainement pas son supérieur, il ne croit en rien d’autre qu’aux chiffres des ventes, du coup, Gérard ne se sentait pas enthousiasmé pour évoquer son excuse «excessivement » valable avec lui.
L’idée que son supérieur pouvait surgir et lui demander ce qu’il faisait, le bloqua sur place, à moins de vingt mètres de la bombe.
Il se demandait, s’il s’était suffisamment éloigné, mais en se posant la question, il ne trouvait pas la réponse réjouissante pour son futur immédiat.
Il était encore trop près, d’ailleurs n’était-ce pas un tic-tac d’horlogerie qui parvenait à ses oreilles, et cela, malgré la musique diffusée par les haut-parleurs.
Il se sentait encore beaucoup trop près.

4

D’autres clients continuaient de passer à proximité, mais heureusement, le caddie ne gênait pas le pas-sage et personne ne songeait à le déplacer.
Gérard était seul à pressentir le danger.
La crainte d’être surpris à bailler aux alouettes lui avait imposé de reprendre son travail.
Des gouttes de sueur naissaient sur son front, son chef aurait été surpris mais aurait adoré voir ça.
Ses yeux allaient des conserves vers le caddie, du caddie vers les conserves, son instinct guidait le moindre de ses mouvements et malgré la pression dans sa tête, il ne se trompait pas dans son range-ment.
Mais pourquoi les autres ne se rendent-ils compte de rien, est-il possible que je sois le seul à sentir venir la mort s’interrogeait-il.
Dans sa détresse, il les enviait de continuer à vivre comme si rien ne se passait, au moins ils ne souf-friront pas avant l’explosion qui les déchiquetterait tous.
Lui seul savait, lui seul souffrait intérieurement, mais lui seul aurait pu les sauver et il n’en avait pas conscience.
La peur d’être ridicule, s’il n’y avait pas de bombe, surpassait la peur de mourir, s’il y en avait une.
Et bien qu’il soit mort de peur à l’idée de mourir, il se taisait et continuait son activité, entouré d’hommes, de femmes et d’enfants qui allaient bientôt être projeté aux quatre coins du supermarché de Draivinnes, par une superbe après-midi du mois de Juillet.
Il la devinait superbe cette journée, en voyant les tenues estivales que portaient les futures victimes .

5

Qui est visé, qui revendiquera cet assassinat, en tout cas il ne connaissait pas les poseuses de bombe.
Etait-ce le magasin qui était visé ?
Dans l’époque actuelle, il ne faudrait pas s’étonner d’une sombre affaire de racket, mais pourquoi devrait-il mourir dans cette affaire là, il n’est pas responsable.
Où alors ne serait-ce pas cet étudiant qui a été renvoyé il y a trois semaines, Gérard croyait se rappeler qu’il suivait des cours de chimie, il ne savait plus très bien, mais ce jeune avait des fréquentations bizarres, il pouvait être en contact avec des chimistes même s’il ne suivait pas leurs cours .
Mais pourquoi avoir laissé ce caddie, chargé de mort, auprès de lui.
Il l’aimait bien, lui, ce garçon qui avait volé des compact-discs.
Il avait seulement appris le vol le lendemain, donc il n’était pas responsable de la dénonciation.
Alors pourquoi avoir laissé ce foutu caddie près de lui.
Pourquoi aujourd’hui, pourquoi maintenant, pourquoi LUI ?

6

Il y avait vingt minutes qu’elles étaient parties.
Il avait entendu dire, qu’avant de mourir on revoyait les moments importants de sa vie, et il commen-çait à attendre le début du spectacle.
Qui sait, peut-être était-ce lui la victime principale, dont la mort assouvirait le désir de vengeance d’un ou d’une proche qui resterait, pour lui, à jamais inconnu.
Il tentait de revenir dans son passé, mais ses pensées revenaient incessamment vers l’engin de destruc-tion.
Il se demandait, s’il entendrait la déflagration, s’il verrait la lueur vive de l’explosion, s’il aurait mal ou juste un grand trou noir qui viendrait par surprise... et puis, plus rien.
C’est bête, mais jusqu'à la venue de ces deux maudites terroristes et de leur caddie maléfique, il s’était cru immortel et il ne s’était jamais imaginé qu’il devrait mourir, lui aussi, comme tout le monde.
Et il se mit à penser à ses proches, du moins à ceux qui, espérait-il, ne lui voulaient pas de mal.
Il en eut vite fait le tour, peu de gens viendraient à son enterrement et il se replia encore un peu plus.
Tout en lui se lamentait sur son sort .
Et vint le temps de la révolte.
Il était trop jeune, bon sang, quarante ans, c’est beaucoup trop jeune, il avait encore tellement de cho-ses à voir et à accomplir.
Il avait encore tellement de gens à rencontrer, des gens qui viendraient l’accompagner lors de son der-nier voyage, s’il avait la chance de mourir vieux et en paix avec lui et les autres.
Il fallait qu’il ameute les clients, qu’ils s’en aillent très vite, très loin, qu’ils sauvent leur vie comme lui voulait sauver la sienne, et tant pis s’il s’était trompé.
Tant pis si ce caddie ne contenait que des marchandises passives et si on riait encore de lui dans cent ans, mais il devait faire quelque chose, il ne pouvait pas simplement attendre que la bombe explose.
Et tant pis si on riait de lui, ou plutôt... tant mieux, sa vie et celles des autres valaient bien ce prix.
Ainsi vint le temps d’être courageux.

7

Gérard venait d’aspirer profondément tout l’air possible pour remplir ses poumons au maximum.
Il allait hurler de toutes ses forces, de toutes ses peurs, de toute son envie de vivre.
Il savait que sa panique ne faciliterait pas une évacuation dans le calme, mais il ne fallait pas trop lui en demander, il n’était pas un héros après tout, c’était déjà bien ce qu’il allait faire.
Et à bien y réfléchir, c’était même très bien.


8

Voici le temps de la folie.
Il vit les premiers clients se retourner sur lui, sa bouche et ses yeux grands ouverts.
Avant ça, il était invisible pour eux, leurs regards glissaient sur lui sans jamais s’arrêter, sauf en cas de besoin.
Mais maintenant ce n’était plus un esclave de supermarché qu’ils voyaient, ils ne regardaient qu’une sirène d’alarme à forme humaine avec un tablier, qui semblait les avertir d’un danger très proche mais imperceptible .
Il vit les premiers clients suivre son doigt tremblant au bout de son bras tendu et ensuite voir ce qu’il indiquait.
Il vit les premiers clients reculer devant un caddie habituel, d’apparence inoffensive, mais il était le seul, encore pour quelques secondes, à savoir que ce caddie n’était innocent qu’en apparence, malheu-reusement.
Il vit les premiers clients se retourner de nouveau vers lui, soudain inquiets et inquisiteurs sur les rai-sons de cette panique soudaine et incompréhensible pour eux.
Il vit les clients suivants, ceux qui étaient arrivés après les premiers, suivre le même cheminement que les précédents.
D’abord le regarder, lavec son doigt tremblant au bout de son bras tendu, ensuite reculer et regarder le caddie d’apparence innocente, de nouveau revenir vers lui, des questions au bord des lèvres.
Il vit les premiers clients, ainsi que les suivants et de plus en plus, se regrouper autour de lui .
Et lui, il se vit aussi, de dos, de face, de côté.
« Attention, partez vite, il y a une BOMBE ! ! ! »
Il vit, alors, les premiers clients et tout les autres se pousser, se bousculer, renverser leurs caddies, innocents ceux là, les marchandises s’éparpiller et rouler sous leurs pieds devenus maladroits et désé-quilibrés.
Il vit cette « chère clientèle » partir en criant, se faire tomber et se piétiner, sans distinction, hommes, femmes, enfants, tous égaux devant le danger.
Il vit des rayons s’ébouler sur des gens étendus et conscients du désastre qui s’abattait sur eux.
Il entendit des os qui se brisaient, des cris, des appels, des râles, des pleurs.
Il entendit son supérieur qui lui demandait ce qui se passait, titubant en se tenant la tête d’où dégouli-naient deux traînées de sang rouge vif, ça au moins, il allait le croire, se dit-il.
Gérard se tenait au milieu de l’allée « conserves de légumes », et tout s’était écroulé devant, derrière, autour de lui mais rien ne l’avait touché, rien ne l’atteignait, il était physiquement absent de ces scè-nes de cauchemar.
Il savait déjà qu’il en rêverait la nuit.
Il voyait le chaos, avant qu’il ne se produise.
Il ressentait le désastre, alors que la bombe..........
OH NON,...... LA BOMBE,...........IL NE FAUT PAS LA T.........
Monsieur Matteck, son supérieur hiérarchique, venait de s’écrouler, vaincu par ses blessures, sur le caddie piégé et il eut instantanément les réponses aux questions qu’il s’était posées depuis à peu près dix minute .
Il entendit la déflagration qui lui déchira les tympans, il fut aveuglé par l’éclair de l’explosion avant que ses yeux n’éclatent sous la chaleur répandue de la bombe.
Et il eut mal, extrêmement mal, il eut bien le temps de souffrir.... et puis.... plus rien.

9

Il devait avoir une allure bizarre dans son rayon, quelques clients le regardaient d’un air méfiant et amusé à la fois.
Il venait de se créer une hallucination et avait eu bien du mal pour en sortir.
Tout était tellement réel et pourtant il n’avait pas encore hurlé, et il ne le ferait certainement pas, sur-tout après ce qu’il venait de voir.
C’était terrible, le bruit, les blessés, les morts.
Si tout ce déroulait comme il venait de le vivre intensément, de l’intérieur, on saurait qu’il savait, et ce serait lui le responsable, à cause de ses angoisses et de son manque de sang froid.
Non, personne ne rirait de lui pendant le siècle à venir et il le déplorait maintenant.
Il resterait dans l’histoire de son entreprise, comme le seul employé qui avait déclenché une panique mortelle dans un des supermarchés de la chaîne.
A cette minute précise, il espérait avec impatience ce qui pourrait mettre fin à son calvaire, c’est à dire, une bonne vieille crise cardiaque.
Fatale ou pas, elle arrêterait le sentiment de culpabilité qui l’inondait, il ne voulait pas vivre la suite consciemment.
Personne ne devait savoir, à part lui et c’était déjà de trop, que lui, Gérard Dumont, l’employé au ré-assortiment des rayons, avait repéré le caddie piégé et qu’il n’avait rien fait pour sauver ceux qui au-raient pu l’être.
Sa mort n’ouvrirait aucune polémique, au contraire, il serait parmi les malheureuses victimes innocen-tes de ce carnage.
Probablement que sa photo paraîtrait dans le journal trimestriel du groupe commercial auquel appar-tenait son magasin, il n’espérait tout de même pas devenir l’employé du mois à titre posthume, mais sait-on jamais.

10

Cette stupide idée de photo dans un magazine, lui avait fait prendre conscience que sa mort n’était pas nécessaire dans ce drame et tant pis pour cette photo qu’il ne verrait, de toute façon, en aucun cas.
Le temps de la lâcheté avait fait son entrée, et avec lui, la peur de mourir faisait sa réapparition, comme des siamoises indissociables des émotions humaines.
Gérard avait décidé, définitivement, de ne rien dire et de ne rien faire qui le rendent ridicule aux yeux des autres, et de ne pas, bêtement, attendre ce qui allait arriver.
Plutôt la fuite, qu’être responsable du carnage pré-explosion.
S’il y a une bombe, il ne l’avait pas placée là où elle se trouvait, il n’aurait rien pu faire pour ces mal-heureux qui devaient rencontrer leur destin ce jour-là, donc il n’était pas LE responsable.
S’il n’y en a pas, il ne se passera rien, ce sera bien comme ça, autant ne pas provoquer une catastro-phe et il ira ranger cet idiot de caddie et ses marchandises pourries, il sera seul à rire de lui.
Il était temps de fuir.

11

La tête rentrée dans les épaules, les yeux à demi fermés en prévision du vacarme, les muscles prêt à bondir en avant, si l’explosion se produisait alors qu’il n’avait pas encore quitté l’allée, celle qui fe-rait, demain, « la une » dans tous les journaux du pays et des environs.
De nouveau, Gérard s’éloignait doucement, toujours trop doucement à son goût, mais il ne pouvait pas se précipiter, de quoi aurait-il l’air ?
Perdu dans sa concentration, il ne voyait pas son chef direct qui l’observait depuis le début de l’allée.
Au fur et à mesure que Gérard mettait de la distance entre lui et le caddie, il se rapprochait d’un autre péril, et il n’avait pas préparé d’excuse excessivement valable, à part la vérité.
Dés qu’ils ne furent plus qu’à trois mètres l’un de l’autre, le supérieur de Gérard (le lâche) se mit de-vant celui-ci, les mains derrière le dos, le regard soupçonneux.
« Mais où allez-vous, Monsieur Dumont ? », l’interrogea-t-il.
Gérard s’arrêta net sur place, surpris dans ses pensées et terrifié par la présence de l’homme qu’il avait vu mourir, il y a moins de cinq minutes.
Cela lui flanqua un tel choc, qu’il crut bien que la crise cardiaque qu’il avait tant espéré, arrivait pour le délivrer de cette mauvaise situation.
Il mit la main sur son cœur, le tremblement de ses membres et la pâleur de son visage n’étaient pas feint.
Sa réponse lui traversa l’esprit, et son état physique la rendait encore plus plausible, excessivement valable.
« Monsieur Matteck, bafouillait-il, il y a dans ce caddie..., il indiquait LE CADDIE en se retournant vers lui et le montrant du doigt,...une,... une odeur qui m’indispose, je voudrais aller à l’infirmerie . »
L’aspect général de son employé, impressionnait le chef de service, « Attendez-moi ici, je vais aller voir dans ce caddie ensuite je vous accompagnerai . », ordonna-t-il néanmoins.
Gérard venait d’envoyer Monsieur Matteck à une mort certaine, il s’appuya contre une planche du rayon, celle des haricots mexicains, et il regarda son chef s’avancer, en ayant une drôle de sensation, celle d’avoir déjà vu ça.
« Monsieur Matteck...,il hurlait à s’en rompre la gorge, comme pour se libérer de ses terreurs .
Toutes les personnes se trouvant dans l’allée, sursautèrent en entendant ce hurlement inhabituel dans un endroit pareil.
Monsieur Matteck se retourna, il était à moins de dix mètres du caddie abandonné.
S’il n’y avait eu un badge nominatif sur son tablier aux couleurs du magasin, il n’aurait pas reconnu le membre du personnel qui se trouvait au bout du rayon et qui hurlait son nom.
Il comprit tout de suite, qu’il se passait quelque chose de sérieux, il trouvait ça normal, c’était sa fonc-tion de comprendre les choses immédiatement.
Il comprit tout de suite que Monsieur Dumont avait un grave malaise, en le voyant glisser lentement vers le sol.
Ce qu’il ne comprit pas, c’était pourquoi cet employé sans histoire, était prit d’un fou rire hystérique et regardait une cliente, les bras chargés de nouveaux vêtements, s’approcher du caddie, renseigné comme malodorant, y déposer ses achats, prendre une petite fille par la main et quitter l’allée, sans un regard pour eux.
12

Monsieur Matteck se rapprochait de Monsieur Dumont, gisant sur le sol carrelé de l’allée « conserves de légumes », l’homme à terre murmurait cette phrase, auquel personne ne pouvait donner de signifi-cation, pas même un supérieur,
« Boum, quand votre cœur fait BOUMMMMMMMMMMMMMM ».
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