Blanche-Neige et le cristal magique (oeuvre jeunesse)

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Le baiser d’amour de Florian avait sauvé Blanche-Neige du sommeil éternel auquel sa méchante belle-mère l’avait condamnée avec sa pomme empoisonnée.
Le puits aux souhaits avait réalisé son vœu. L’élu de son cœur s’apprêtait à l’emmener dans son château pour l’épouser. Le moment était donc venu de quitter la chaumière des nains. Le prince installa sa dulcinée sur son beau destrier blanc. Mais, avant de partir, Blanche- Neige fit ses adieux aux sept petits hommes avec le plus grand soin. Heureusement, ce n’était qu’un au revoir puisque le mariage à venir allait bientôt les réunir à nouveau. Cependant, elle embrassa le sommet du crâne de chacun d’eux avec beaucoup de tendresse et d’affection. Sous le coup de l’émotion, Atchoum fut pris d’une crise d’éternuements et Grincheux oublia de rouspéter. Puis, remplie d’espoir, elle s’en alla vers son destin. Tous les animaux des alentours lui emboîtèrent le pas et l’escortèrent jusqu’à l’orée des bois. Seule Magic, la petite mésange bleue, demeura sur son épaule tout au long du voyage et ferait partie intégrante de sa nouvelle vie.
Florian guida son cheval à travers une forêt aussi belle que luxuriante. Aucun recoin n’échappa au regard émerveillé de la jeune princesse. Elle eut peine à croire que ce même paysage lui avait fait si peur la nuit où elle avait fui le royaume de sa terrible marâtre. Elle se revit déambuler dans un labyrinthe sans issue où des ombres difformes ne cessaient de l’assaillir et où les ténèbres transformaient chaque tronc, chaque branche, chaque feuillage en horribles monstres. Elle laissa très vite ces mauvais souvenirs de côté pour profiter du bonheur présent. Peu à peu, cette nature si magnifique se fit plus discrète pour laisser le palais féerique de son prince pointer à l’horizon.

Pendant ce temps, par-delà les montages, deux vautours planaient en dessinant des cercles dans un ciel obscur. Ils ne tardèrent pas à se poser en haut d’un mont rocailleux au point de vue inégalable. Ils observèrent alors scrupuleusement le panorama à l’affût du moindre signe de vie de leur maîtresse : la maudite belle-mère de Blanche-Neige. Tandis qu’ils s’apprêtaient à reprendre leur vol, ils entendirent des cris quelque peu étouffés et se laissèrent guider par ces éclats de voix. Ils finirent par découvrir, au pied d’une f alaise, leur reine ensevelie sous de grosses pierres. Ils l’extirpèrent de là tant bien que mal et la ramenèrent dans son château. Elle se rendit aussitôt dans son laboratoire pour se défaire de son apparence de veille sorcière. Elle concocta et avala une potion en un temps record. Elle se rua ensuite dans sa pièce secrète pour interroger son miroir magique.

«  oh, miroir magique au mur.....
Blanche-Neige n’est plus.....
Dis-moi qui est à présent d’une beauté absolue.... »

Le visage mystérieux de miroir apparut dans un nuage de fumée et sa réponse ne se fit pas attendre.


«  Majesté,
Vous avez retrouvé vos plus beaux attraits
Votre apparence est bien sûr synonyme de beauté
Mais il existe quelque part, là-bas de l’autre côté
Une jeune fille au visage parfait
Au cœur pur et si belle d’être aimée
Et cette jeune fille c’est......Blanche-Neige »

La reine n’en crut pas ses oreilles. Son plan machiavélique avait échoué mais elle n’en resterait pas là. Elle rumina sa colère quelques instants et commença à songer à sa vengeance qui promettait d’être terrible !

Dès qu’elle foula le sol du royaume de son prince, Blanche-Neige se sentit chez elle. Une légère brise caressa son visage et une douce sensation de bien-être l’envahit. Magic quitta alors son épaule pour aller virevolter et découvrir le vaste espace qui s’offrait à lui.
Les parents de Florian se tenaient sur le perron du château. La reine Barbara et le roi Stanislas l’accueillirent à bras ouverts et la considérèrent immédiatement comme l’une des leurs.
La jeune princesse fut invitée à suivre Eléonore, la gouvernante du Palais, afin de rejoindre ses appartements et de se préparer pour le dîner de fiançailles donné le soir même.
Le Prince attendit sa belle au pied du grand escalier. Il fut subjugué lorsqu’elle arriva vêtue d’une robe rouge vaporeuse dont les paillettes argentées scintillaient de mille feux.
Lors de cette merveilleuse et inoubliable soirée, tous les moindres détails de l’organisation du mariage furent évoqués. Blanche-Neige put alors ficeler l’invitation des sept nains à la patte de Magic qui prit instantanément le cap de leur chaumière.

Rongée par sa jalousie et sa rancune, la méchante reine compulsa son plus ancien grimoire. « Si Blanche-Neige a échappé à son sommeil de mort, c’est qu’un prince charmant l’en a délivrée » s’exclama-t-elle. « Il faut absolument que je trouve un moyen imparable de les éliminer tous les deux » ajouta-t-elle en ricanant sournoisement.
C’est dans les dernières pages de son livre de sorcellerie, qu’elle trouva l’inspiration pour fourbir un complot. Elle comptait évidemment sur l’aide de ses deux acolytes à plumes : Diablo et Vaurien.
Certaine que les nains devaient tout savoir de la vie de la jeune princesse, elle décida d’envoyer ses deux oiseaux de mauvais augure en éclaireurs. « Allez espionner discrètement les sept petits hommes. Ne revenez-pas avant d’avoir récolté un maximum d’informations » leur recommanda-t-elle avant de les regarder s’éloigner en direction du logis des fidèles amis de Blanche-Neige.

Comme presque tous les jours, les nains s’affairaient dans la mine pour en extraire diamants et autres pierres précieuses. Ils ne se doutaient pas de ce qui les attendait dans la galerie qu’ils venaient de commencer à creuser. Quelle ne fut pas leur surprise lorsqu’ils découvrirent des cristaux d’une pureté incroyable. Chacune de leurs facettes renvoyait la lumière des lanternes avec tant d’intensité que les nains furent inondés d’une pluie d’étoiles. « Ces cristaux sont extraordinaires ! » s’écria Prof.
Le jour n’allait pas tarder à s’éclipser pour laisser la nuit prendre ses quartiers et les wagonnets remplis de toutes ces richesses devaient être mis à l’abri dans la réserve. Simplet et Dormeur furent chargés de cette mission de la plus haute importance. Intrigué par ce qu’il transportait, Simplet attrapa un cristal pour l’observer de plus près. « Repose-le immédiatement ! C’est fragile ! Il est interdit de jouer avec ! » le réprimanda Dormeur en s’extirpant de sa torpeur. Simplet s’exécuta mais, profitant d’un des nombreux moments d’inattention de son compère, il ne résista pas à la tentation de glisser un fragment de ce trésor dans sa poche.
A présent, il était temps pour eux de regagner leur foyer. Tout au long du chemin, ils entonnèrent la nouvelle version de leur traditionnel refrain « Oh hé....oh hé....on a fini de bosser.....« Oh hé....oh hé....on a fini de bosser ». Lorsqu’ils arrivèrent devant leur maisonnette, Grincheux remarqua quelque chose d’inhabituel. Deux vautours, perchés en haut du grand chêne, les observaient étrangement. « Cela ne me dit rien qui vaille » murmura-t-il dans sa barbe. Pour l’instant, il décida de n’en souffler mot à personne. Perdu dans ses pensées, les cris de joie de ses camarades mirent un certain temps à attirer son attention. « Nous venons de recevoir le faire-part de mariage de Blanche-Neige » annonça Joyeux avec une mine encore plus réjouie qu’à l’accoutumée. « Nous sommes invités au Palais le premier jour du printemps » balbutia Timide dont la couleur des joues s’apparentait à celle d’une tomate. Grâce à cette bonne nouvelle, les nains allèrent se coucher le cœur en fête et la tête pleine de rêves.
Le lendemain, avant de partir pour la mine, Grincheux alla inspecter les environs. Très vite, il repéra deux paires d’yeux malveillants qui le fixaient. Ne pouvant plus garder ça pour lui, il courut prévenir ses compagnons : «  Les amis, deux rapaces ressemblant étrangement à ceux de cette affreuse harpie nous espionnaient. Je viens de les voir s’envoler vers le château maléfique ». Affolés, et ne sachant quoi faire, les nains s’agitèrent dans tous les sens. « Mais voyons, calmez-vous ! Cette femme malfaisante a été happée par les profondeurs d’un gouffre. Nous l’avons vu tomber de nos propres yeux. Il n’y a vraiment rien à craindre » dit Prof. « Justement....je n’en suis pas si sûr. J’ai le mauvais pressentiment que Blanche-Neige et son fiancé sont en danger. Hâtons-nous de les prévenir » lui rétorqua Grincheux. Les nains s’enfoncèrent alors dans l’épaisse forêt pour rejoindre le domaine du Prince Florian.

Depuis la plus haute tour de son donjon, la marâtre attendait avec impatience le retour de Diablo et Vaurien. Lorsqu’elle les aperçut, elle se précipita à leur rencontre et leur laissa à peine le temps de se poser sur leur branche favorite. Grâce à ses espions, elle disposait maintenant de toutes les données nécessaires à l’accomplissement de son funeste dessein.
Elle ne pouvait pas user du même stratagème que la première fois et se grimer à nouveau. Elle risquerait d’éveiller les soupçons et d’être très vite démasquée. Elle mit donc au point une formule pour transformer Diablo et Vaurien en respectables vignerons. Quelques cris d’effroi ponctuèrent leur métamorphose. Elle remit à chacun d’eux un panier rempli de bouteilles de vin empoisonnées et leur exposa point par point son stratagème démoniaque. « Rendez-vous au château de Blanche-Neige et de son bien-aimé. Présentez-leur la cuvée spéciale produite pour leur mariage. Faites leur goûter vos fameux grands crus. Après la première gorgée, ils mourront.....et je serai à nouveau la plus belle ! ». Mais, avant de les laisser s’en aller, elle glissa une fiole mystérieuse dans leurs poches et leur chuchota à l’oreille « En cas de problème, buvez cette potion ».

Au royaume de la reine Barbara et du roi Stanislas, les préparatifs du mariage battaient leur plein. De nombreux sujets étaient venus leur prêter main forte et tout le monde s’attelait à organiser une somptueuse réception. Alors qu’il aidait son épouse à cueillir des fleurs, l’attention du monarque fut attirée par deux hommes qui se tenaient derrière les hautes grilles du parc. Curieux, il se dirigea vers eux pour les accueillir. Ravi de recevoir des artisans locaux, il les emmena dans l’un des salons du château pour les présenter à Blanche-Neige et Florian. Ensemble, ils s’apprêtaient à se livrer à une séance de dégustation. Alors que Blanche-Neige portait un verre à ses lèvres, elle fut interrompue par des cris essoufflés. « Non....non....non....ne buvez surtout pas princesse » entendit-elle au loin tout en apercevant les sept nains courir vers elle ventre à terre. « Cette boisson est certainement empoisonnée. C’est encore un mauvais tour de votre marâtre démoniaque ». Le Prince Florian s’insurgea en ces termes : « Nous pensions tous que cette sorcière avait péri au fond d’un précipice ». Grincheux pris à son tour la parole pour exposer la situation. Dans son récit, il s’attarda sur la succession d’événements qui l’avait amené à conclure que leur ennemie jurée n’était pas morte.
Profitant de la diversion créée par l’arrivée soudaine des petits hommes, Diablo et Vaurien avalèrent d’un trait le breuvage énigmatique contenu dans la fiole que leur avait confiée leur maîtresse. Ils redevinrent sur-le-champ les deux vautours habités par les forces du mal qu’ils avaient toujours été. Les effets pervers de la potion leur conférèrent une dimension monstrueuse. Devenus immensément grands, ils semèrent la panique et tous ceux qui le pouvaient tentèrent de fuir. Magic, toujours perché sur l’épaule de Blanche-Neige, n’écouta que son courage et se risqua à combattre l’adversaire. Mais, d’un violent coup d’aile, Diablo balaya le petit oiseau qui tomba à terre inanimé. Bien qu’il soit pétrifié, Simplet retrouva son sang-froid. Il glissa une main au fond de sa poche pour attraper le cristal enchanté chapardé à la mine. Il le brisa en deux morceaux qu’il lança vers les assaillants prêts à bondir sur le couple princier. Les cristaux leur transpercèrent le cœur et leur pureté rompit le maléfice. En une fraction de seconde, ils furent réduits en poussière. La joie succéda alors à la peur mais celle de Blanche-Neige fut de courte durée. En larmes, elle prit le corps inerte de Magic au creux de ses mains. Inconsolable, elle ne pouvait s’arrêter de sangloter. « Ne pleurez pas Princesse. J’ai une idée qui pourrait peut-être lui donner un second souffle » déclara fièrement Prof pour la rassurer. Il ramassa quelques éclats de cristaux tombés au sol et les déposa délicatement sur le plumage de la mésange. La magie opéra et elle fut ramenée à la vie. Ils pouvaient tous désormais savourer le bonheur retrouvé. Seul Grincheux n’était pas complétement serein. « Mes amis, nous devons rester prudents. La méchante reine n’en restera pas là. Elle vient de nous prouver qu’elle cherchera toujours à se venger. Il faut la mettre définitivement hors d’état de nuire ». Ses paroles résonnèrent comme une mise en garde à ne pas prendre à la légère. Les sept nains se concertèrent et décidèrent d’agir en utilisant à nouveau les pouvoirs du cristal. Ils se rendirent à la mine pour s’en procurer et filèrent au château de la redoutable souveraine. Pour éradiquer à jamais les forces du mal, ils brisèrent son miroir magique à l’aide de leur pierre miraculeuse. Tout comme Diablo et Vaurien, elle se désintégra.
Soulagés et victorieux, les sept petits hommes rejoignirent ensuite le cœur de la forêt ou le mariage fut finalement célébré. Blanche-Neige et son prince se jurèrent un amour éternel entourés de tous les êtres chers à leurs cœurs et furent heureux jusqu’à la fin des temps.
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