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Blanche-Fesses

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Cannelle&Cumin

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Chapitre Un : Le Chalet Déferlant

L'été dernier, ma cousine est venue me rendre visite de Paris pour deux semaines de vacances. Ma cousine est grande, mince, a les cheveux blonds, le visage fin et une paire de seins qui sont moins petits qu'ils ne voudraient le faire croire. Elle est en tout point différente de moi et il m'est arrivé, je le reconnais, d'en être jalouse. C'est sans doute ce qui explique ce que j'ai fait.
Quand nous étions plus jeunes, ma cousine, lorsqu'elle venait chez moi, passait son temps à lire dans sa chambre. Elle ne me parlait guère, et faisait mine de se montrer sympathique avec moi. La vérité, c'est que je n'étais ni assez jolie, ni assez spirituelle pour la fréquenter. Elle venait pour faire le point dans son existence et ne repartait que lorsqu'elle avait un cap à tenir sur ses projets et  les moyens de les réaliser (je le sais parce qu'il m'est arrivé plusieurs fois de lire en cachette ses carnets). Bourreau de travail, ma cousine ne savait pas vivre autrement jusqu'ici.
Elle arriva avec le train de dix heures du soir, et se coucha immédiatement. Cela ne changeait pas mes habitudes : elle allait encore passer son temps le nez plongé dans les bouquins et ne m'adresserait pas la parole pour autre chose que la politesse ou ses besoins personnels. 
Lécanore (c'est son prénom, un prénom rare et très snob, mais ma cousine n'aurait pas pu s'appeler Marguerite comme tout le monde, comme moi par exemple, de toute façon) commença en grande forme, l'esprit clair, à faire la conversation. Elle raconta ses périples dans le métro, comment sa patronne l'emmerdait et comment elle parvenait toujours à lui rendre la monnaie de sa pièce et pourquoi est-ce qu'il lui semblait préférable de voter pour un homme politique de droite. Mes parents, guère habitués à autant de bavardages, se montrèrent étonnés, puis franchement ravis lorsque Lécanore leur proposa de faire la vaisselle ; avant ce séjour, jamais Mademoiselle n'avait dû laver une assiette à la maison : sous prétexte que ce n'était pas leur fille, mes parents n'osaient rien lui dire. Quand elle proposa de jardiner, mes parents faillirent s'étouffer de stupeur, mais moi, je n'étais pas dupe. 
Lécanore alla se promener toute la journée. C'est elle-même qui me le raconta le soir quand je rentrai du boulot. Elle m'accompagna dans la salle de bains et pendant que je me décrassais de ma journée, elle insista pour me shampouiner, c'est là que je su qu'elle était devenue folle. Elle coiffa mes cheveux et dans la glace, je me trouva moins laide qu'à l'ordinaire. Pas jolie, mais moins laide. C'était déjà beaucoup. C'est comme ça qu'elle m'a eue.
Après le dîner au cours duquel Lécanore se montra très drôle et parfaitement attentive à chacun – à ce rythme, personne n'allait accepter qu'elle reparte – Lécanore me posa la question :
—  Et toi, Marguerite, tu comptais faire quelque chose ce soir ?
— Je vais voir mes potes du Chalet, répondis-je trop vite.
— C'est parfait, glissa Lécanore, 
J'ai mis plusieurs minutes – je ne suis pas une fille rapide – à comprendre que sa réponse signifiait qu'elle venait avec moi ; je ne savais pas comment elle s'y étais pris, mais c'était acté : Lécanore m'accompagnerait au Chalet. Sous le regard de mes parents conquis par le charme nouveau de ma cousine, je n'ai rien pu dire. Dans ma tête, j'essayais de recoller les morceaux, de préparer ce que je dirais en arrivant : « Salut, c'est ma cousine qui vient de Paris, je vous la présente parce que j'ai trouvé sympa de vous l’amener ?! ». Ça ne collait pas, mais alors pas du tout. Ailleurs, je dis pas, mais mes potes du Chalet, c'est autre chose... Du coup, je prévoyais d'y passer une petite heure ou moins, puis prétexter une grosse fatigue, rentrer roupiller, la jouer plus serré le lendemain-soir. J'étais pris dans mes réflexions, j'ai entendu Lécanore dire :
— Je suis prête Marguerite.
Elle avait mis une robe blanche avec de grosses fleurs rouges dessus, à moins qu'il ne s'agisse d'énormes points rouges. Toujours est-il que sa robe bras-nus descendait au niveau des genoux. J'ai réfléchi, je me suis dit que je n'avais plus le choix et j'ai dit :
— Ok.
Dans la voiture, je me suis aperçue qu'elle s'était parfumée. Je lui ai fait la remarque. Elle a ri et m'a caressé le cou avec son poignet. Après ça, je sentais bon comme elle. 
J'ai garé ma voiture devant le Chalet, et nous sommes descendues. C'est là qu'elle a compris que le Chalet n'est pas un bar. Le Chalet est une maison abandonnée que mes potes et moi squattons le soir pour vider des bouteilles. Je n'aime pas tellement la compagnie des filles. Mes potes, c'est que des mecs ; je les ai tous présentés à Lécanore le plus rapidement possible, en espérant qu'ils ferment leur gueule sur ma nouvelle coiffure. Ils furent trop étonnés pour réagir (la nouveauté les rend timide), je comptais bien sur un effet de ce genre-là. J'ai emmené Lécanore au « salon », le coin le plus reculé du Chalet ; nous y avons installé de vieux fauteuils à ressorts. Je lui ai filé une bière, de ma réserve. Nous nous sommes assises, nous avons trinqué. Alors qu'à côté les mecs riaient bêtement, nous avons bu nos bières. J'ai regardé ma montre. Je pensais que dans trente minutes, nous étions parties. Les potes continuaient d'étreindre le baby foot : ils avaient tous compris qu'il ne fallait pas m'embêter ce soir et que je voulais la paix avec ma cousine. Je leur avais présenté pour la forme. Après sa bière, ma cousine en a voulue une autre. Je n'allais pas lui dire non, j'ai été lui en chercher une. Quand je suis revenue, elle n'était plus assise sagement sur son siège. C'est là que j'ai failli péter un câble, mais je me suis retenue parce qu'elle n'aurait pas compris pourquoi. 
Les mecs flanquaient une fessée à Geoffroy et ma cousine regardait sans commentaires en sirotant sa bière, une bière que je croyais qu'elle avait finie, puisqu’elle m'en avait demandé une autre ! 
— Il se passe quoi là, exactement, m'a-t-elle demandé ?
Son ton était calme, mesuré. Son visage me disait qu'elle trouvait ça drôle.
—Geoffroy, le mec-juste-là, a perdu la partie alors il prend une fessée. 
Elle a souri, comme si c'était la meilleure blague du monde et puis, elle m'a suivie en m'expliquant qu'elle aimait beaucoup l'endroit. Si elle se demandait pourquoi mes potes ne lui adressaient pas la parole, elle n'en a rien laissé paraître. Je me demandais si elle était habituée à rencontrer une meute d'orangs-outans comme celle-là. 
—Ils font souvent des trucs comme ça ?
— Parfois, c'est pire, mais oui, en général, dès qu'ils perdent à un jeu, il y a un gage, et comme on joue souvent...
— Et toi, tu as déjà pris la fessée, fit-elle, narquoise ?
— Moi, je ne perds jamais, répondis-je très sérieusement.
Plus tard, à cause de la bière, je suis allée au petit coin. Quand je suis revenue, ma cousine était plantée devant le baby-foot. Je l'ai entendue demander :
— Qui veut jouer avec moi ?
Les mecs sont sont restés immobiles, forcément, alors j'ai dit :
— Pour jouer au baby-foot, je suis désolé Lécanore, mais il y a des règles...
— Des règles, m'a demandé ma cousine ?
— Ouais, des règles qu'on a fixées tous ensembles, sinon, c'était le bordel, pas vrai les gars ?
— Ça c'est sûr, ricanèrent-ils.
Ma cousine ne se laissa pas démonter :
— Bon alors, il faut faire quoi pour jouer au baby-foot ? Si c'est le coût de la partie, le problème, je peux...
— Gagner aux dés, l'ai-je coupée.
J'ai posé le dé sur la table de baby-foot.
— Si tu fais un 6, c'est bon, tu pourras jouer.
Les mecs se chuchotaient entre eux des blagues salaces et moi, j'essayais de comprendre ce qui allait se passer. Je pensais que c'était trop débile pour qu'elle accepte. Elle aurait pu demander  davantage de précisions, vérifier qu'elle avait bien compris, mais elle nous toisait. Elle a pris le dé et sans que j'ai pu ajouter quoi que ce soit, elle l'a lancé sur la table du baby-foot et c'est le 4 qui est sorti. Pas un 6. Le 4.
—  Bon, ben, je recommence, fit-elle.
— Non, clarifiai-je.
— Surprise, et même un peu agacée, elle m'a regardée avec des yeux sévères.
— Tu as perdu, Lécanore, donc…
— LA FESSÉE, s'exclamèrent d'une seule voix les orangs-outans !
— On se calme ! Je ne vais quand même pas prendre une fessée parce que j'ai perdu aux dés. Ce serait ridicule…  On joue maintenant, fit-elle en agitant les poignées du baby ?
Ils me regardèrent, attendant mon verdict.
— Lécanore, ici, si tu perds à un jeu, c'est un gage et là, le gage, c'est la fessée. Tu connaissais les règles... Tu as joué. Tu as perdu. Maintenant tu prends une fessée ou tu es exclue définitivement du Chalet, annonçai-je.
Ça m'arrangeait. J'étais certaine qu'elle ne voudrait jamais plus revenir au Chalet après un coup pareil. C'est tout ce que je cherchais. Je ne voyais pas en quoi je pouvais me tromper, mais c'est souvent pour ça qu'on se trompe, non ? On ne voit pas pourquoi parce que si on voyait… on ne se tromperait pas, c'est logique ! Ma cousine allait nous un sortir un « Ok, j'ai compris, je me casse »et je la raccompagnerais dans un silence hostile. Je n'en demandais pas plus, mais j'ai entendu Lécanore déclarer avec un ton faussement résigné, comme si ces enfantillages la fatiguaient :
— Ok, j'ai compris, la fessée.
J'étais trop surprise pour réagir. Et puis, elle n'était plus une petite fille. Geoffroy apporta les deux planches. Elles sont percées de deux demi-cercles. Jointes, elles enferment les bras de celui qui est prisonnier. Il a montré qu'il adaptait l'instrument selon la taille des poignets en plaçant des bandes de moquette. Lécanore n'aurait pas mal aux poignets. Les siens seraient simplement maintenus.
— Attendez, le gars là-bas (elle voulait parler de Geoffroy), il n'a pas eu ça, lui, se défendit-elle !
— Lui, il a perdu au baby-foot, pas au dé, expliquai-je.
Éberluée, ma cousine m'a regardée et je lui ai fait mon petit air :  « mais si tu veux te dégonfler, tu peux encore, bien sûr... ». Elle a dû penser qu'elle était nouvelle, qu'à l'évidence, tous les mecs voulaient déjà sortir avec elle, et que donc, ils seraient gentils, que ça les exciterait sûrement et qu'elle aurait un moyen de pression sur eux, du pouvoir. Alors, elle s'est accoudée sur le baby-foot et pendant que Geoffroy fixait la planche, elle a dit en rigolant :
—  Mettez-moi une bonne fessée, alors, hein, je compte sur vous !
Les mecs riaient avec elle et la rassurait en disant qu'ils avaient compris, que ce n'était qu'une petite fessée de toute façon. Geoffroy lui a fermé les planches sur ses bras, puis a fixé le dispositif à la table de baby-foot. Quand j'ai vu ma cousine à moitié allongée sur la vieille table de baby dans sa robe blanche à poids rouges, ça m'a fait quelque chose de bizarre au ventre. J'ai dit :
—Chef de file.
J'ai expliqué à ma cousine que ça voulait dire que c'était moi qui allait commencer. Elle a trouvé ça rassurant. Je lui ai aussi dit que c'était le chef de file qui choisissait les modalités.
— Quelles modalités ?
— Cela peut être le martinet, le foulard, ou rien du tout, faut réfléchir…
— Rien du tout, c'est bien, non, fit-elle, avec une petite plainte amicale dans sa voix qui m'a décidée !
— Le foulard, annonçai-je aux autres.
— La salope ! Attendez, c'est quoi, le foulard, s'enquit-t-elle.
— C'est pour que tu ne saches pas qui exactement te fesses, clarifiais-je. Cela évite les représailles. Même si, à la longue, tu finiras par le savoir : chacun des gars a son caractère, sa manière. Son style. 
— J'ai compris.
— J'espère que tu apprécieras les différences…
—Ne me fait pas rigoler, me dit-elle, un peu inquiète, puis elle ajouta à la cantonade : j'ai un peu peur quand même.
— N'aie pas peur, lui dirent-ils, on va être gentils, puis Geoffroy déposa le foulard autour de sa tête et le referma sur ses yeux.
— Est-ce que ça va, demandai-je ?
— Je ne vois plus rien, mais ça va, fit-elle.
—Lécanor, chacun ne peut te mettre qu'une seule fessée. Comme nous somme sept, tu vas donc en recevoir sept. Si tu en reçois une de plus, tu es en droit de te plaindre. C'est compris ?
— Quoi, tu… Tu vas m'en mettre une, toi aussi ?
— Pourquoi pas ? Tu as perdu, non ?
— Bon. Pas trop fort quand même, répéta-t-elle, hein les gars ?
Tandis que lentement, je soulevai sa robe, il y eut du chahut .
— Qu'est-ce que vous faites, fit-elle !
— Je remonte ta robe.
En effet, je la remontai sur sa taille. Une culotte blanche enserrant des fesses rebondies finit par se montrer. 
— C'est important pour les fessées déculottées, fis-je.
Les orangs-outangs se mirent  à brailler et à s'octroyer de grandes et viriles claques dans le dos 
— C'est pas drôle, s'exclama ma cousine !!!
— Je ne riais pas.
Sur ces paroles, j'attrapai l'élastique de sa culotte, la tira le long de ses cuisses et la descendit jusqu'à ses chevilles. Tandis que Geoffroy se servait de sa culotte pour tenir ses jambes qu'elle balançait, les mecs observèrent ce cul altier duquel une pincée de poils sombres émergeait. Sans attendre davantage, j'expédiai sur ses fesses blanches comme la crème une claque molle qui les firent trembler.
— Oh! Toi, la salope, fit ma cousine...
— Une, firent les gars.
— Compte avec nous, Lécanore, ajoutai-je.
Le premier s'avança si près qu'il se rinça l’œil de ce cul qui virait déjà au rose tendre, et d'un coup latéral net, précis quoique brusque, il gifla les deux fesses. En équité. 
— Oh! Deux, cria ma cousine  !!!
Elle voulait être la première à le dire et mes potes, déconcentrés, avaient oublié de compter. Faut dire qu'elle se tortillait, ne sachant visiblement pas si elle devait écarter les jambes, ce qui nous laissait une vue panoramique, ou les serrer, ce qui rendrait inévitablement plus douloureux les fessées à venir. A moins qu'à cause du foulard, elle n'oublie ce genre de considérations. Quoi qu'il en soit, sèche, brutale, sans concession, la troisième fessée la sortit de son indécision. 
— Trois, fit-elle, en écartant les jambes au maximum - on aurait dit que sa culotte sur ses chevilles la gênait maintenant !
Son cul semblait nous dévisager, exactement comme si elle se rappelait qu'elle nous montrait quand même son cul et que si elle prenait les fessées, nous ne pouvions pas, de notre côté, nier cette marque de mépris. D'ailleurs, cessant de se tortiller sur le baby-foot, en dépit de sa culotte qui l'empêchait d'écarter les jambes, elle se cambra en arrière. Sans doute pour amortir le choc, sans doute aussi pour nous narguer. Si elle n'avait aucune idée du spectacle, ce que nous vîmes parfaitement à cet instant, c'était un cul qui réclamait, non, qui suppliait la fessée. Avec de telles manœuvres, elle eut raison de l'assurance de Thibaut qui frappa trop faiblement selon moi. Je regrettais que mon tour soit déjà passé. Ma cousine n'avait pas perdu le contrôle. Pas encore.
—  MMH, oh oui, c'est bon, c'est une bonne fessée, ça me plait…
Puis, elle conclut, comme pour elle-même :
—  Quatre !
 C'est probable que son cul devait déjà la chauffer fort, mais ça, elle ne le disait pas. Elle n'était pas loin de la moitié. Encouragés par ses provocations, deux potes se mirent en ligne. On voyait qu'ils ne comptait la la louper. Ils frappèrent fort, l'un après l'autre, à une seconde et demi d'intervalle. PAN et PAN. Une sur chaque fesse. C'est un truc qu'ils avaient travaillé : ça fait travailler le sang. Elle ne s'y attendait certes pas ; la surprise lui fit lâcher les petits cris qu'ils espéraient et même un peu plus :
— Oh ! Aaaaah, rugit-elle.
Elle se reprit. Ses fesses étaient écarlates et tous les mecs étaient ravis de l'avoir fait crier. J'ai remonté sa culotte, baissé sa jupe. Geoffroy a libéré ses mains et j'ai retiré son foulard. Elle s'est redressée, elle a soupiré, elle nous a dévisagé et elle a dit :
—  Ben alors, et la dernière ?
—  Il y en toujours un qui s'abstient, lui expliquai-je. Comme ça, tu ne peux jamais être certaine que celui à qui tu causes ne t'aies jamais fessée. Donc, tu ne peux en vouloir à personne.
En effet, ils avaient tous pris leurs têtes d'innocents et rivalisaient de gentillesse. Les garçons s'installèrent pour vider des bières. Je lui ai demandé si elle voulait toujours jouer au baby-foot et elle a dit :
— Demain. Peut-être…
Elle était cramoisie. Elle a dit encore :
— On rentre ?
Et nous sommes reparties dans la nuit, ma cousine et moi. Sa fessée en moins.
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