Bianca chez le Docteur Kushima - 3

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Marquise aime se jouer des mots autant que de la vie // Marquise likes to play with words as much as with life  [+]

CHAPITRE 3

 

Bianca réajuste sa robe et entre dans le cabinet. Une secrétaire médicale, la cinquantaine revêche, chevelure improbable, jette un œil sur elle tout en terminant une conversation téléphonique sans amabilité.

 

-          Madame ?

 

-          de Toqueville répond Bianca.

 

-          Ah oui, c'est vous, dit-elle en la dévisageant... Vous aviez rendez-vous à 10h. Il est.. 10h10. En principe, le docteur Kushima ne reçoit pas les patientes en retard, vous devez le savoir ?

 

-          Je sais Madame, je suis navrée... la circulation est particulièrement difficile ce matin, un grand nombre de rues est blo...

 

L'assistante ne lui laisse pas finir sa phrase et soupire :

 

-          Prenez place dans la salle d'attente, nous viendrons vous chercher.

 

-          Très bien Madame.

 

La confortable salle d'attente de ce cabinet huppé est lumineuse et décorée avec goût. Elle est seule et devrait donc être reçue sans tarder.

 

Face à elle, les murs sont parsemés d'esquisses de nus féminins réalisés au fusain. Ils représentent des femmes à différentes étapes de leur maturité sexuelle. De la jeune fille à la femme enceinte, en passant par l'icône de la mère mais aussi de femmes plus mûres dont on sent l'âge peser sur la chair... Au milieu de ce paysage pictural, l'œil de Bianca est attiré par un croquis beaucoup plus audacieux. Il pourrait presque passer inaperçu pour qui ne prendrait pas le temps de scruter le mur. Deux femmes assises se font face, en appui sur leurs coudes, et semblent reliées par... un gode visiblement bicéphale. Pendant que Bianca se perd en pensées dans les traits du tableau, la porte s'ouvre.

 

-          Madame de Tocqueville ?

 

Un jeune homme en blouse d'infirmier, la sort de ses divagations. Son sourire contraste avec le ton détestable de sa précédente interlocutrice. Il est même plutôt très mignon.

 

-          Euh oui... c'est moi s'étonne Bianca.

 

-          Vous me suivez ?

 

Bianca opine sans dire un mot mais se dit qu'elle pourrait volontiers le suivre n'importe où...

 

-          Pardon, je ne me suis pas présenté, je suis infirmier sage-femme en formation

 

-          Ah oui... ça arrive même aux meilleurs, glisse Bianca avec un brin d'espièglerie.

 

-          J'épaule les praticiens du cabinet de gynécologie auprès des patientes primipares...

 

-          Excusez-moi mais il doit y avoir une erreur, pour ma part, j'ai RDV pour un contrôle avec le Docteur Kushima. Je ne suis pas enceinte et ce n'est pas dans mes projets.

 

-          Ne vous inquiétez pas, ça va bien se passer...

 

-          « Bien se passer »... répète Bianca en levant les yeux au ciel. Vous permettez, j'ai rendez-vous...

 

et dans une volonté claire d'abréger la conversation, elle passe devant lui et toque elle-même à la porte de la salle de consultation.

 

Le Docteur Kushima est encore assis derrière son bureau et se lève pour l'accueillir.

 

-          Bianca de Tocqueville.. Vous êtes moins en retard que d'habitude, que vous arrive-t-il ?

 

-          Je fais des efforts, docteur...

 

Kushima se tourne vers l'infirmier resté en retrait et lui précise :

 

-          Sylvestre, je recevrai Madame de Tocqueville, seul.

 

-          Très bien Docteur, si je peux être utile en quoi que ce soit, n'hésitez pas bien sûr... dit-il avant de refermer la porte derrière lui.

 

-          Docteur ?

 

-          Oui belle enfant ?

 

-          Qui est Sylvestre ?

 

-          C'est une excellente question... Je dirais, de prime abord, un magnifique jeune-homme qui fait fantasmer toute la patientèle de la rive gauche... beaucoup plus inspirant que le portrait flétrissant de l'homme qui est assis face à vous, chère Bianca...

 

-          Cher Kushima, j'ai encore quelques facultés d'interprétation visuelle, mais j'avais cru comprendre que vous étiez plus enclin à vous entourer d'un personnel féminin éminemment dévoué, habituellement...

 

-          Il est vrai, bella, que vos goûts vous portent davantage vers les seins que vers les queues, j'avais cru comprendre... bien que j'ai toujours eu quelques doutes sur votre appétence sexuelle que je soupçonne sans beaucoup de limite, permettez-moi de vous le dire, jolie blonde...

 

Bianca tente une protestation mais se trouve immédiatement interrompue :

 

-          Nous n'avons pas que ça à faire, belle enfant. Allez, on se déshabille. Vous passez à côté et vous mettez en position... enfin, vous vous installez, n'est-ce pas...

 

La jeune femme obtempère sans en rajouter.

 

Elle a l'habitude des consultations chez Kushima. Cela fait quelques années qu'ils se connaissent et elle a tendance à lui pardonner tous ses écarts de langage qui l'amusent d'ailleurs prodigieusement, rendant les consultations toujours truculentes.

 

Bianca a de l'humour et bien que Kushima exagère parfois, elle a l'œil qui frise et tout finit souvent en éclat de rire... avant de nourrir des conversations enjouées avec ses amies qui s'impatientent chaque fois des débriefings post consultation. Bouches ébahies, regards éberlués mais franches rigolades au prochain tea time... !

 

-          Et ne me faites pas l'offense de ne vous dévêtir qu'à moitié, lance-t-il, aujourd'hui, c'est l'examen complet scande le vieux gynéco derrière le paravent.

 

-          C'est sûr que mise à part la lorgnette que vous offre votre portique, vous ne devez pas palper du sein galbé tous les jours. Je compatis sur vos vieux jours, tance malicieusement Bianca en se dénudant.

 

La jeune-femme pose ses vêtements sur la chaise qui jouxte la table d'auscultation puis s'installe, prenant soin d'abaisser son bassin au ras du banc et de poser ses pieds dans les étriers pendant que Kushima se lave les mains.

 

-          A nous, ma chérie ! Des informations particulières à me transmettre depuis la dernière fois ? Lise est toujours votre partenaire ?

 

-          Oui bien sûr...

 

Kushima, commence à palper méthodiquement ses seins volumineux.

 

-          Quand je pense que tant de mâles se pâmeraient devant d'aussi beaux obus... j'ai parfois du mal à comprendre que vous priviez la gent masculine de tant d'inspiration...

 

-          C'est à dire que... Je vais vous faire un aveu... Tous les goûts sont dans ma nature, Docteur...

 

-          Oh belle enfant... qu'il me plaît d'entendre cela... racontez-moi... Il va de soi que ce qui se dit ici, ne sort pas d'ici.

 

-          Je n'ai rien à cacher docteur.

 

-          Parlez, pendant que je prends le temps d'examiner ces masses imposantes avec toute l'attention qu'elles méritent... nous avons le temps. En certaines situation, il convient de se consacrer pleinement à la tâche...

 

Bianca redresse la tête et établissant un constat sans appel, s'exclame :

 

-          Docteur, mais ça vous fait bander !

 

-          Mais ma chérie, j'ai beau avoir l'âge que j'ai, je ne suis pas un homme de bois... Rassurez-vous, toutefois, ces velléités dépassent rarement la frontière du caleçon... j'ai l'âge de mes artères et abuser de citrate de sildénafil m'exposerait à l'accident cardiaque... vous le savez bien, sinon... Il y a belle lurette que je vous aurais croquée...

 

A ces mots, Bianca sent la pression sur ses seins s'intensifier et commencer à lui tordre le ventre par ricochet... Il y a décidément des connexions sans faille...

 

-          Citrate de sildénafil ?

 

Ses seins se déploient et sa peau se fait de plus en plus réceptive...

 

-          Viagra, si vous préférez.

 

-          Je ne préfère rien... sauf une consultation attentive, je suis venue pour ça...

 

-          Vous avez toute mon attention... J'ai d'ailleurs l'impression que votre corps réagit fort bien aux stimuli, mon enfant... c'est un indéniable signe de vitalité.

 

Bianca ferme les yeux et pour la première fois, dans l'enceinte du cabinet, elle sent que la situation peut potentiellement déraper. L'emprise des mains de plus en plus fermes de Kushima sur ses seins la plonge dans un début d'abîme sensoriel... Son entrecuisse se réchauffe et luit sans doute déjà... Ce qui n'échappera pas au vieux vicieux qui semble bien décidé à la faire basculer dans une consultation aux desseins inédits...

 

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