Beurre Out

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A bout de souffle un beau matin je me suis arrêté de courir et ma vie a changé. Réapprendre à regarder tout autour, à marcher de travers, à écrire en plein et delié, à vivre grâce a ... [+]

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La soirée a été affreuse.
Je ne supporte plus sa bande de potes du moment. C'est vrai ; ils arrivent, se jettent sur les packs de bières dans le frigo puis dévorent comme des crèves la faim salades et tartes salées qu'elle a préparées avec tant d'amour et d'attention. Pourtant, elle les aime ses pseudo amis d'un « toujours » construit à la va-vite sur les fondations faites de teufs et de relations du milieu artistique.
J'aime pas le show-biz, voilà tout.
Je ne veux pas dire que ce que je fais vaut mieux, mais les gens que je fréquente ressemblent à de vrais gens dans une vraie vie. En fait, je crois que je préfère la compagnie de mes milles-feuilles plutôt que celles de ces dizaines d'énergumènes qui empilent leur arrogance. Vraiment, la simplicité de mes éclairs au café réalisés au petit matin vaut mieux que la décharge de suffisance déversée par ce jeune gratin à la nuit tombée.
Je travaille juste en dessous de l'appartement ; la pâtisserie que je viens d'ouvrir fait face à l'église du village. Elle ne supporte plus les cloches le dimanche matin. Pourtant, la campagne lui plaisait tellement au début. Nous avons refait la déco de la boutique ensemble, arpenté les vide-greniers du coin pour donner à la devanture un esprit broc et bohème. Nous avons trouvé le nom ensemble.
« À la Bonne... »
Annie Cordy a tourné en boucle dans la voiture. Elle a adoré l'imiter. L'idée est géniale, car chacun y met ce qu'il veut après les points de suspension. Même ses potes artistes ont adoré, c'est dire le consensus.
Aujourd'hui, le trajet quotidien jusqu'à Paris la fatigue. La fréquence des trains, leurs lenteurs et leurs retards, tout cela l'épuise. Pourtant, je ne lui ai rien vendu. Elle a seule adopté l'idée de s'installer ici avec moi ; de m'adopter par la même occasion.
— Un air de campagne... Ah ! La bonne idée ! m'avait-elle dit, tout excitée de déménager rapidement.
Ces amis fidèles avaient presque tous trouvé des prétextes impérieux pour ne pas venir aux aurores vider son studio rue du Cherche-Midi. Par contre, le soir pour la bamboche, tous nourrissaient des grandes ambitions : à celui qui se mettrait une mine le premier, à celle qui vomirait le plus joliment, à ceux qui dormiraient le plus inconfortablement dans le jardinet du presbytère juste à côté.
Je ne me suis pas couché cette nuit-là pour l'aider à tout ranger avant de partir préparer mes pâtisseries du dimanche. J'ai mis les bouchées doubles pour préparer à toute cette brochette de viande saoule de quoi se beurrer la gueule de bois avec mes viennoiseries. À défaut de remerciements, j'ai assisté à un débat surréaliste et houleux entre deux camps : les pains au chocolat d'un côté, les chocolatines de l'autre. Pour être très honnête et rendre à la France ce qui appartient à la France, ce conflit de comptoir de boulangerie qui divise notre pays est de la plus haute importance et à jamais insoluble. Personnellement, j'ai tranché de manière helvétique en les rebaptisant : « Gourmandine all choco ». Un petit clin d'œil au passage aux States.
Quelques mois ont passé. Nous voilà au lendemain d'une bien étrange soirée ; en ce matin du premier jour de l'année, j'ai décidé de ne pas ouvrir la boutique.
À la bonne heure !
Je suis debout depuis 6 heures tapantes et encore, j'ai tiré un peu sur le sommeil en me recouvrant de son parfum sous la couette. Ce sont ses petits ronflements qui m'ont décidé à me lever, je lui pardonne déjà. Du coup, j'ai fait un bref inventaire dans mes stocks, un soupçon de compta et un brin de ménage près des fourneaux. Quand on ne fait pas ce qu'on sait très bien faire, on se surprend vite à vivre l'effroyable solitude.
Il est 9 h 30. Elle dort toujours.
Son sommeil est de plomb et nous ne sommes pas dimanche. Il y en a pour un bon moment encore avant qu'elle émerge avec son sourire un peu « grammé » que j'aime tant. Je ne suis pourtant pas sûr qu'il soit de sortie vu le déroulement de la soirée du réveillon hier chez son ami et acteur Corentin. Le thème costumé déjà m'avait posé problème : « La France vue d'en bas ! » J'ai demandé à me faire expliquer la chose en détail, de peur d'avoir trop bien compris. Je ne m'étais pas gouré ; le peuple, les petites gens, la campagne, la ruralité et j'en passe sur les clichés désobligeants. Rien qu'en y repensant, la colère remonte. Je tente de faire diversion pour passer mes nerfs.

Je prends des œufs.

Elle m'a dit ceci :
— Je suis désolée, Steve, mais Corentin est le meilleur acteur dont je m'occupe, je ne peux pas le décevoir en ne venant pas. On ne rentrera pas tard...
— Minuit et 20 minutes alors ! Elle n'a pas franchement ri, mais pas franchement fait la gueule non plus. Elle sait comment je suis quand je n'aime pas une situation imposée.

Je les mélange avec du sucre.

Timidement, sa riposte tente de me convaincre. Je ne suis pourtant pas difficile à persuader quand il s'agit de sa carrière ; j'ai envie qu'elle perce.
— Stevie chéri, arrête tes bêtises ! Je sais bien que le thème est borderline, c'est l'humour de Corentin, voilà tout...
Je déteste définitivement mon père parce qu'il a trop aimé Mc Queen. J'en veux à ma mère parce qu'elle se prenait pour Super Jaimie dans les bras de l'homme qui valait 3 milliards : le fameux Steve Austin. Je vis avec mon prénom depuis bientôt 30 ans et ce n'est pas la chose la plus facile à porter tous les jours.

Je tamise la farine pour la mélanger petit à petit au mélange précédent.

Nous sommes arrivés les premiers. Ainsi, je pensais bêtement pouvoir repartir le premier. Parfois, je suis assez basique comme garçon. Pour être original, je me suis habillé en pâtissier. Le pire est que j'ai fait sensation grâce au réalisme de ma tenue. De son côté, elle s'est inspirée du film « Profs » et du rôle d'Isabelle Mergault pour se transformer en truculente institutrice roucoulante ; zozotante de vérité.

Après avoir bien mélangé pour éviter les grumeaux je verse le jus et les zestes de citron vert.

Je ne sais pas pourquoi ces agrumes, pourquoi à ce moment-là, mais cette recette me vient de façon innée, instinctive, inattendue. Un peu comme la manière dont j'ai envoyé promener le toute frais et dernier « meilleur espoir féminin » quand elle a perdu de vue d'où elle venait. Le respect que l'on peut garder pour le petit artisan du bas de la cité qui résiste pour ne pas se carapater de cette zone de non-droit s'était évaporé.
— Salut ! On s'connait pas, mais t'es beaucoup plus sexy que le vieux con de boulanger de mon ancien quartier qui passait son temps à pester contre la jeunesse ! Il est bon ton éclair, au moins, dis-moi ?
Je n'ai pas pu m'en empêcher, ma réponse a fusé.
— Il était bon son pain, dis-moi, jamais congelé ? Tu les aimais ses viennoiseries ? Il avait toujours tes bonbons préférés ?
Elle m'a regardé, interloquée, une flûte à la main. Les bulles avaient perdu de leurs superbes.
— Bah oui ! Oui à toutes tes questions... tu fais quoi dans la vie ? T'es dans l'métier ?
C'est à ce moment précis que j'ai su que je tenais entre mes doigts mon toute premier « jeune espoir ». Que je n'avais plus qu'à presser pour la rendre définitivement liquide. Sûrement le pourquoi de mon envie de citron vert corsé dans cette composition improvisée de gâteau, ce matin.
— Pâtissier, je suis pâtissier... j'ai ça dans le sang. J'aime mes clients de la cambrousse, je respecte les anciens et m'excède parfois face à la jeunesse, l'inverse peut être vrai aussi. Mais, je sais que tu ne viendras jamais dans mon établissement...
— Ah oui ? Et pourquoi ça, monsieur le bon samaritain des pâtisseries ?
La jeune étoile montante a l'air d'avoir repris du poil de la bête. Ce qu'elle n'imagine pas à ce moment-là, c'est que j'écris seul le scénario et c'est moi qui vais marquer le clap de fin de cette scène. Je dois faire vite, car je suis observé à l'autre bout de la pièce par un œil méfiant aux courants porteurs de jalousie.
— Primo, je suis à plus de 50 km du cœur de Paris, dans la pampa que les Parisiens n'aiment fréquenter qu'à l'occasion d'une soirée festive. Secondo, la simplicité de mes créations se marierait très mal avec la – déjà – très haute estime que tu as de ton parcours. Enfin tertio : je n'aime pas le melon dans mes pâtisseries. Bonne soirée à toi...

J'ajoute le lait et je mélange.

La musique est trop forte et pas à mon goût. Ça fume trop au regard du nombre de fenêtres ouvertes et j'ai horreur de l'odeur du Shit ; trop synthétique. Je regarde sa montre, il est 23 h 15. Elle me demande de venir danser, j'y vais parce que j'aime être près de son corps quand il s'imprègne du son et qu'il me sort de ma zone de confort. Je ne pensais pas partir si loin dans les minutes qui vont suivre, la faute à ses hanches qui peuvent appeler au crime dans ces moments-là.

Je verse la préparation dans un moule beurré et fariné.

Corentin est assez beau gosse. Il a revêtu une combinaison verte d'agriculteur avec « MASSEY FERGUSON – filière porcine » floquée dans le dos ; des bottes en caoutchouc gris foncé qui vont bien ensemble. Il me salue à peine, mais ça, je m'en tape pas mal. Si tout roule normalement dans une heure, voire deux max, on sera parti. Il a ouvert la fermeture Éclair jusqu'au commencement de ses abdos, il transpire comme un porc ; le comble pour un éleveur de sa trempe. Le souci majeur est qu'il la colle un peu beaucoup à mon goût. Je lui laisse la fin du titre de Bruno Mars, après je m'occupe de lui trouver une autre planète sur laquelle aller danser. Malheureusement, il ne le comprend pas et sa confiance parait inébranlable.

J'enfourne dans la partie basse du four et je laisse cuire pendant une heure environ (pas plus surtout)

Je m'étais prévenu, ça ne pourrait pas durer bien longtemps. Il a voulu inventer la « choré » du Nouvel An des gens d'en bas sans imaginer que j'en faisais partie. Les mains moites de cet éleveur d'un soir s'aventurent sur les fesses remuantes de ma belle institutrice amoureuse des cris d'oiseaux. Mon poing part sèchement dans sa combi vert kaki à la rencontre de son foie déjà bien enflammé. Elle n'a pas vu le coup partir. Lui l'a senti arriver, tombant inerte sur le sol. Je tourne les talons, remonte ma jolie veste de chef pâtissier au col MOF• et sors en la prenant par la main.

Après cuisson, je laisse le gâteau refroidir dans le four avec la porte ouverte.

Elle est partagée entre stupéfaction, indignation et spéculation sur son avenir. Je conduis, car au contraire de ma ravageuse maîtresse d'école, je n'ai pas bu ce soir. Il est 23 h 55. Je ne souhaite pas que l'on passe à l'année qui suit en se faisant la gueule.
— Je l'appellerai demain pour m'excuser. Je pense qu'il prendra tout de même conscience de sa goujaterie. Entre mecs, on saura s'en expliquer franchement.
Elle ouvre sa fenêtre en tournant la manivelle, ça couine un peu, mais c'est la magie des vieilles caisses. Ma Golf 1 cabriolet l'a toujours impressionnée, pourvu que ça dure encore demain.
— Ma carrière est anéantie, Steeeeve... Je suis grillée dans le milieu, c'est certain...
Elle ne pleure pas. Elle ne s'énerve pas. Au fond, je crois qu'elle comprend ce que j'ai pu ressentir. Elle s'allume une clope. L'allume-cigare est encore d'origine et chauffe comme au premier jour ; comme notre amour. Cette bagnole est extra, tout comme elle.

Une fois que le gâteau a bien refroidi, je peux le démouler et le décorer avec du sucre glace ou du caramel. Ou ne rien mettre dessus... à ma guise.

Il est presque midi, elle doit encore dormir.
J'ai inventé la recette d'un gâteau sans beurre. Je m'en coupe une part pour être sûr de ne pas lui proposer un machin immonde et immangeable. Le résultat est aussi stupéfiant qu'inattendu : moelleux et crémeux à souhait. En ouvrant la porte de l'appart, je sens l'odeur du café fraîchement coulé. Lorsque je pénètre dans la cuisine, son regard et son sourire m'ont déjà tout pardonné. Je lui tends une part en lui avouant que c'est une création matinale en pensant à nous ; en m'ennuyant d'elle.
Elle le goûte, m'en redemande, me dit qu'elle l'aime. Je la ressers. Elle le dévore encore, en veut une autre part. Elle me dit qu'elle m'aime.

Deux ans ont passé. Le gâteau a fait le buzz sur internet après qu'elle a posté une vidéo se mettant en scène aux fourneaux de la pâtisserie en vantant les mérites de la recette. Elle a pris tout de même le soin de ne pas tout révéler pour garder une part de mystère autour d'un gâteau à la simplicité déroutante ; celle des gens d'en bas.
Il est devenu célèbre. L'établissement l'est également et nombreux sont les Parisiens qui défilent le week-end pour venir chercher leur commande.
Aussi incroyable que cela puisse paraître, il m'a fallu lui trouver un nom à ce gâteau sans beurre, ni huile, ni levure. Baptiser ce tout « jeune espoir » sans prétention, mais qui a quand même fait sa star de cinéma sur internet.
J'ai emprunté le prénom de la fille qui me l'a inspiré, car ce dessert est un peu le sien. Honneur a été rendu à ses parents qui ont été aussi folkloriques que les miens en la prénommant de la sorte. Après, c'est le hasard qui a délicieusement fait les choses afin que nos prénoms se rencontrent.
Ce gâteau en est l'histoire.

Le FARRAH FAWCETT-MAJORS
By Steve


• Meilleur Ouvrier de France
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A. C.H. · il y a
Un texte délicieux, pas trop gras.
La recette qui ponctue presque musicalement la montée de la tension.

Le col MOF...la classe !

Et puis un bel amour qui marche quoi...! Enfin du positif dans ce monde de brutes.

Une histoire qui fait du bien, dans un style vif et sympa. On s'en pourlèche les babines !

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Mijo Nouméa · il y a
J'ai aussi apprécié cette alternance d'une recette, et l'évocation de gourmandise entre les péripéties de deux vies qui se croisent, s'apprivoisent, s'aiment. Cette tension monte en même temps que notre envie d'en croquer de ce gâteau. C'est très habile? Bravo.Mon soutien.
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Clémentin RAFFRAY · il y a
Merci Mijo ;-) goûtez le pour de vrai, c’est un régal !
A bientôt
Clémentin

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JAC B · il y a
Un texte porté par une écriture vive et spontanée qui accroche tout de suite et une histoire qui suscite la gourmandise, celle d'en savoir plus . Cette alternance de recette est une excellente idée pour dérouler la montée en tension du récit de la soirée décrit avec beaucoup d'humour. Les personnages attirent l'empathie puisqu'ils font de leurs parcours dans des milieux totalement opposés (voire opposants), une heureuse complémentarité, l'amour résiste. Je like, bonne continuation Clémentin.
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Clémentin RAFFRAY · il y a
Un vrai et grand merci pour votre retour fourni et bienveillant, quel plaisir d’avoir des appréciations construites plutôt que simplement des « j’aime ». Je vais vous lire très vite.
A bientôt
Clémentin

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Fred Panassac · il y a
Texte surprenant avec une bonne intrigue et de bonnes reparties sur le thème du mépris de classe et des nouveaux bobos citadins émigrant à la campagne (c’est d’actualité). Ironie et un style plutôt alerte et branché, que j’apprécie, et une fin optimiste qui met de bonne humeur et réveille les papilles.
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Clémentin RAFFRAY · il y a
Merci pour ce retour qui fait plaisir. Vous prendrez bien une part de gâteau pour la peine…c’est la maison qui régale ,-))
A bientôt

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Fred Panassac · il y a
Merci pour ce succulent gâteau, Clémentin.
C’est justement l’heure du p’tit déj…
La journée commence très bien !

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Marie Pouliquen · il y a
Et moi qui adore le citron... Merci pour cette gourmandise, le texte est aussi savoureux que semble l'être la recette !
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Clémentin RAFFRAY · il y a
Régalez vous ! Et merci pour votre message
A bientôt

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Carl Pax · il y a
Un texte très agréable à lire, empreint de tendresse et d'un humour accrocheur. L'alternance successive entre le lendemain de fête en parallèle avec la confection de la pâtisserie, et le souvenir désagréable de la soirée est réussie et la chute est sympathique :)
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Clémentin RAFFRAY · il y a
Merci pour votre retour très riche
N’hésitez pas à goûter Laere gâteau ;-)
A bientôt

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Annabel Seynave- · il y a
Une histoire bien menée, symbolique, et qui donne faim ! Bon texte !
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Eva Dayer · il y a
Deux mondes qui s'opposent, le réalisme du pâtissier, le m'as-tu-vu de certains pseudo-artistes. La légèreté du gâteau saura
s'imposer aux becs enfarinés ...

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Clémentin RAFFRAY · il y a
😜merci beaucoup
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Marianne TIMSILINE · il y a
C’est doux, c’est fin, ça se mange sans faim. Bravo ! et la recette en prime c’est la cerise sur le gâteau
Image de Clémentin RAFFRAY
Clémentin RAFFRAY · il y a
Merci 🙏 goûtez-le, Il est délicieux
A bientôt

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J. Raynaud · il y a
Bravo pour la modernité et pour la recette en filigrane. J'ai tout marqué sur un carnet !
Image de Clémentin RAFFRAY
Clémentin RAFFRAY · il y a
Merci beaucoup pour votre retour. La recette est simple mais efficace, régalez vous ;-)

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